Mouvement autonome en France

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Le mouvement autonome en France désigne des groupes et individus qui se réclament de l’autonomie prolétarienne : autonomie par rapport aux syndicats, autonomie par rapport à l’État (refus de l’électoralisme ou de pratiques encadrées par la loi) et autonomie par rapport au capitalisme (refus des rapports marchands)[1].

Description[modifier | modifier le code]

Rassemblant des idéologies diverses allant de l’anarchisme au maoïsme en passant par l’opéraïsme, la mouvance autonome se distingue essentiellement des autres composantes de l’extrême gauche par un certain nombre de pratiques de type spontanéiste : squats, autoréductions, émeutes, sabotage et pratique clandestine de la lutte armée[1].

Les autonomes se distinguent aussi par leur forme d’organisation, reposant sur la démocratie directe et l’autonomie de chaque groupe. Cette forme d’organisation peut se décliner de différentes manières : coordinations composées de délégués de chaque groupe, assemblées générales, mais aussi et le plus souvent réseau informel, voire inorganisation ou désorganisation. Ce qui fonde le mouvement autonome en France, c’est avant tout le rejet de l’extrême gauche institutionnelle, que ce soit sous sa forme trotskyste, maoïste ou anarchiste[1].

Issu de l’après Mai 68, le mouvement autonome en France définit l'ensemble des initiatives hors partis et organisations qui, en prise directe avec les nouveaux mouvements sociaux et en parallèle avec les courants identiques en Italie et dans la plupart des pays européens et américains, prônent une forme organisationnelle antiautoritaire, voire libertaire, et insurrectionnelle révolutionnaire. Cet aspect violent et antiétatique spectaculaire est souvent mis en avant par les médias.

Si un consensus général se dégage pour situer l’apogée du mouvement entre 1977 et 1979, suivant la génération d'activistes, la naissance et la disparition du mouvement sont situées à des dates différentes. Pour ceux qui ont participé au mouvement de 1968, le mouvement autonome est parfois perçu comme le simple prolongement de celui-ci. Mais pour ceux qui n’ont pas connu 1968, il y a une rupture en 1976-1977 avec le mouvement précédent. Cette génération de 1977 se démarque aussi généralement de la mouvance des années 1980[1].

Historiographie[modifier | modifier le code]

La naissance d'un mouvement autonome ou d'une mouvance autonome est difficile à dater précisément en France. On peut néanmoins remarquer que l'autonomie politique en tant que pratique connaît un développement nouveau à partir de Mai 1968.

Selon la politologue Isabelle Sommier, à partir de quelques travaux existants, les caractéristiques de cette mouvance « se confond avec celles du courant libertaire car les deux mouvances partagent la même logique du regroupement par affinité, de l’anarchisme individualiste pour la question de l’action directe et des courants d’extrême gauche ou anarchistes car elles ont de nombreuses luttes communes (la situation des personnes placées en rétention, l’antibiométrie, les prisonniers) »[2].

Émeute[modifier | modifier le code]

Dans le langage courant, parler des autonomes ou du mouvement autonome tend à faire référence aux pratiques émeutières de certains groupes à la fin des années 1960 et dans les années 1970. Cela s'explique par le fait que la dynamique autonome connaît un emballement médiatique à partir de 1976, où certains journalistes et responsables politiques vont chercher à se situer par rapport au « phénomène autonome ». Cette exposition va connaître son apogée entre 1977 et 1979, puis se terminer brutalement, certains attribuant cette disparition à la naissance d'Action directe, d'autres à l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981.

Violence[modifier | modifier le code]

À partir de 1968, un débat important va se développer au sein des groupes et individus autonomes sur la question de la violence. Une partie importante de la mouvance va rejeter les pratiques de violence systématique mise en avant par certains groupes, en particulier vis-à-vis des services d'ordre des organisations d'extrême-gauche.

Le débat intellectuel du mouvement s'est nettement démarqué de la volonté de lutte armée prônée par certains sur le modèle italien. Il a été estimé que les contradictions de la société française n'étaient pas telles que la lutte armée soit justifiée. C'est une des raisons qui a évité à la France les « Années de plomb » connues notamment en Italie et en République fédérale d'Allemagne. On note toutefois une activité de lutte armée contre le régime franquiste avec des groupes tel que les GARI, qui s'illustrent dans la lutte anti-franquiste, puis plus tard Action directe[3].

Différences[modifier | modifier le code]

Il apparaît rapidement plusieurs pôles de sensibilités différentes dont le consensus se faisait autour de l'opposition aux partis et syndicats, sans pour autant endosser les idées libertaires spécifiquement anti-État et anticapitalistes.

Une large partie du mouvement autonome n'était pas opposée à l'idée d'un État fort, notamment dans la perspective ultérieure de défendre les acquis de l'autonomie. Les différentes sensibilités étaient liées aux parcours des différentes familles politiques qui se sont rejointes, notamment ceux issus du mouvement pro puis post-Internationale situationniste appelés les situs et parfois les enragés, et ceux que l'on appelait les militaristes, mao-spontanéistes issus de l'ex Gauche prolétarienne autour du journal La Cause du Peuple (qui a été dirigé par Jean-Paul Sartre), dont l'expérience donnera naissance au journal Libération avec Serge July. Les différentes sensibilités étaient aussi liées à la pratique et la situation sociale de chacun, avec notamment, des pôles étudiants (Normale sup', Paris Dauphine, Nanterre, et autres universités parisiennes et de province), des pôles de jeunes représentant les « nouvelles marges » de banlieue, et des pôles ouvriers et internationalistes dans les régions minières, et les grandes villes industrielles (Nantes, Toulouse, Marseille, etc ) avec une forte proportion d'immigrés de divers pays[réf. nécessaire].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Années 1960 et 1970[modifier | modifier le code]

1968

L'apparition de groupes autonomes libertaires (pro-situationnistes souvent) à Paris, et dans différentes régions date d'avant les dits événements de Mai-juin 1968[4]. Ils signent rarement leurs tracts Groupes Autonomes Libertaires (regroupés dans l'U.G.A.L.) ou Groupes autonomes d'action. Ils se distinguent par l'anonymat et la clandestinité, se fondant avec les « inorganisés » dans les mouvements sociaux en les radicalisant, changeant systématiquement de nom à chaque action et publication, par des apparitions émeutières dans les manifestations, des dommages causés à divers bâtiments publics (casernes, gendarmeries, perceptions, etc.), leurs soutiens actifs aux anarchistes ibériques, et la pratique de la « récupération prolétarienne » par le vol dans les entreprises.

La plupart de ces groupes avaient aussi une façade légale, sous d'autres noms, et avec le statut d'associations loi 1901, ou de coopératives, gérant des lieux ouverts au public, comme des cafés-librairies-bibliothèques, imprimeries, des embryons de coopératives biologiques, et organisant diverses manifestations culturelles : conférence-débats, concerts, et expositions artistiques, en essayant de rompre avec les dualismes artistes/spectateurs, conférenciers/auditeurs, producteurs/clients.

Peu nombreux, prônant et pratiquant la révolution[5] et la recherche des plaisirs immédiats, y compris et surtout dans la vie quotidienne par la pratique de la vie en communauté, l'amour libre, la consommation d'alcool et ensuite d'autres substances comme la résine de cannabis, et le L.S.D., la production et l'échange de produits alimentaires, s'isolant volontairement des groupes gauchistes plus traditionnels, en dehors d'alliances techniques avec la Gauche Prolétarienne, ces groupes s'auto-dissolurent au début des années 1970 après que certains de leurs dirigeants ont décédé, ont été gravement blessés, ou ont été emprisonnés lors d'actions violentes en France et en Espagne. Les autres dirigeants se sont investis à titre individuel dans d'autres groupes violents comme les G.A.R.I, ou dans la fondation des premiers groupes non-violents d'écologie politique, les groupes féministes et homosexuels, les squats associatifs, l'anti-psychiatrie, la dépénalisation du cannabis, la défense des prisonniers, des mineurs, le tiers-mondisme, le syndicalisme, la création de coopératives, d'exploitations agricoles et de lieux de vie autonomes à tout point de vue, y compris énergétiques, et la création artistique[6].

  • Publications :
    • De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel, et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, Mustapha Khayati, A.F.G.E.S et éditions de l'Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) de l'Université de Strasbourg, 1966
    • Collectif U.G.A.L, Vivre sans temps mort, jouir sans entraves, revue, no 1, 1969
    • Groupe Pour en finir avec le lycée, Montpellier, Crève salope, tract en couleur et illustré,1970
    • Anonyme, G.A.L Montpellier-Cévennes, Après les vendanges de la mort, les vendanges de l'amour !, brochure illustrée, 1971
1971

Apparition du groupe autonome les Guérilleros du Plaisir. Ouverture du 18-22 rue des Caves.

1974

Fondation du groupe Marge, par Gérald Dittmar et Jacques Lesage de La Haye, groupe qui à partir de 1977, se réclame de l'« autonomie désirante ». Parution de la revue Marge, à laquelle collaborent Serge Livrozet, Frédéric Nathan et Daniel Ladovitch. Certains numéros sont tirés à 10 000 exemplaires. Daniel Guérin, Walter Jones et Grisoune Jones ont milité dans Marge.

1976

Naissance du groupe « Camarades » et de la revue du même nom, animé par Yann Moulier-Boutang qui a édité entre 1972 et 1973 la revue Matériaux pour l'intervention inspiré des thèses de l'opéraïsme italien.

  • 15 avril 1976

A Paris, lors d'une manifestation dans le cadre du mouvement étudiant contre le « plan Saunier-Seité » qui rassemble plusieurs milliers (voire dizaines de milliers) de lycéens, étudiants et enseignants, quelques centaines d'« éléments incontrôlés » ont affronté pendant une demi-heure sur le pont de Sully les CRS qui bloquaient le boulevard Saint-Germain, puis ont attaqué vers 18h00 le cortège de tête des organisateurs de la manifestation, tout en laissant derrière eux « vitrines brisées, parc-mètres défoncés, magasins d'antiquités saccagés ». Les affrontements ont fait plusieurs blessés du côté des manifestants[7].

  • 14 mai 1976

Jean Bilski[8], anarchiste autonome (« terroriste solitaire et délicat »[9]), abat Jacques Chaine, PDG du Crédit lyonnais, avec un P.38, puis se suicide avec son arme[10].

1977
Article détaillé : Pierre Overney.
  • 27 mars : incendie sur l'aire de stationnement de l'usine Renault-Flins, revendiqué par les NAPAP.
  • 3 avril : attentat contre la Confédération française du travail, revendiqué par les NAPAP.
  • 1er mai : à l'occasion de la fête du Travail, manifestation qui rassemble 100 000 personnes à Paris, des autonomes déploient, rue Saint-Antoine entre deux immeubles à 12 mètres de haut, une banderole de 15 mètres de long sur laquelle est inscrit « Fête de l'aliénation !! ». Cette action, qui immobilise la tête de la manifestation pendant 25 minutes, participe de la critique du travail et de la lutte contre les organisations syndicales.
  • 13 mai : arrestation puis incarcération de trois sympathisants des NAPAP, lors d'un contrôle routier où ils ont été découverts en possession d'armes à feu.
  • 6 juin : attentat et coups de feu contre Chrysler France, revendiqués par les NAPAP.
  • 8 juin : manifestation à la mémoire de Pierre Maître[11], gréviste des Verreries mécaniques champenoises, les VMC, tué par balle dans la nuit du 4 au 5 juin 1977 par deux hommes membres du Service d'action civique (SAC), membres de l’encadrement de Citroën et de la CFT (Confédération française du travail). Environ 4 000 personnes manifestent, dont 200 autonomes casqués et armés de barres de fer. Une société de vigiles, place de la Nation, est attaquée à coup de cocktails Molotov.
  • 31 juillet : manifestation contre le nouveau réacteur nucléaire Superphénix à Creys-Malville (souvent dite manifestation ou bataille de Malville). Afin d'éviter l'affrontement, les services d'ordre des organisations gauchistes dévient la manifestation, ce qui a pour effet de le précipiter. Environ 5 000 CRS et gendarmes mobiles se sont violemment opposés aux 60 000 manifestants antinucléaires. Plusieurs centaines d'autonomes sont présents. L'utilisation par la police de grenades offensives a causé la mort d'une personne, Vital Michalon. Par ailleurs, une centaine de manifestants sont blessés, dont deux sont amputés d'une main pour l'un et d'un pied pour l'autre. Une dizaine de CRS ou gendarmes mobiles sont également blessés, dont un a la main arrachée par l'explosion d'une grenade : 2 500 grenades à effet de souffle ont été lancées par la police. Cette manifestation violente a été d'une relative importance dans l'évolution du mouvement autonome : « Malville a recomposé brutalement tous ceux qui étaient partis à la dérive depuis 1972 » (revue Camarades, no 6, 1978).
  • 8 octobre : attentat contre le domicile d'Alain Peyrefitte, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, revendiqué par les NAPAP. Alain Peyrefitte est à l'origine des projets de lois « Sécurité et Libertés » et « Anticasseurs ».
  • 14 octobre : attentats contre le palais de Justice de Paris et le ministère de la Justice, revendiqués par les NAPAP.
  • 20 octobre : première réunion de l'AGPGA (Assemblée générale parisienne des groupes autonomes) à Jussieu.
  • 21 octobre : manifestation à Saint-Lazare, à l'appel de l'OCL, pour contester la version « suicide » de la mort d'Andreas Baader, de Gudrun Ensslin et de Jan-Carl Raspe à la prison de haute sécurité de Stuttgart-Stammheim, perçue comme un assassinat perpétré par l'État fédéral allemand. La manifestation, illégale, entraîne l'interpellation de 300 personnes.
  • 23 octobre : 150 autonomes occupent les locaux parisiens du journal Libération, leur reprochant une Une titrée « RFA - RAF : la guerre des monstres », comprise comme une désolidarisation totale avec le groupe de lutte armée ouest-allemand Fraction armée rouge, de la part d'un journal qui jusque-là était la voix des autonomes (il publiait certaines analyses et leurs communiqués). Des inscriptions telles que « Tout journaliste est un flic » et « July, bientôt ton heure » sont relevées. L'édition du lendemain est annulée. Cette action est considérée comme la première organisée par l'AGPGA.
  • 24 octobre : à l'appel de l'AGPGA, une manifestation est organisée devant le Palais de Justice, en soutien à Klaus Croissant à l'occasion du premier procès visant à son extradition vers la RFA. La police procède à 70 interpellations.
  • 29 octobre : entre 400 et 500 personnes participent à la première assemblée générale d'envergure de l'AGPGA, qui a lieu à l'université de Jussieu.
  • 15 novembre : un cortège autonome se forme lors de la manifestation d'extrême-gauche la veille du troisième procès de Klaus Croissant. Des dégradations sont commises contre un garage Mercedes et une agence Siemens.
  • 17 novembre : assemblée générale de l'AGPGA à Jussieu avec 600 participants.
  • 18 novembre : pour protester contre l'extradition de Klaus Croissant qui a eu lieu deux jours auparavant, une manifestation est organisée de la place de la République à la place de la Nation par des groupes et organisations d'extrême-gauche. Environ 10 000 personnes participent à la manifestation, dont 2 500 autonomes. Ces derniers vont s'affronter, tout au long de la manifestation, à la police et aux services d'ordre des organisations d'extrême-gauche. Des véhicules de police ainsi que des banques sont incendiées. Les affrontements durent jusque dans la nuit.
  • Nuit du 19 au 20 novembre : vague d'attentats sur tout le territoire français : 23 de ces attaques contre des intérêts d'EDF et de l'industrie nucléaire sont revendiquées par la CARLOS (Coordination Autonome des Révoltés en Lutte Ouverte contre la Société) et nommée « nuit bleue antinucléaire ». Cette « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome », immédiatement dissoute à la suite des attentats, est un premier pas dans les rencontres entre différents groupes autonomes (dont les NAPAP et les Groupes d'action révolutionnaire internationalistes (GARI), entre autres) et dans le cheminement vers la formation d'Action directe.
  • 24 novembre : émeute (affrontements, barricades, cocktails Molotov, ...) dans le XIVe arrondissement de Paris, à la suite de l'expulsion illégale des habitants de quatre squats d'autonomes.
  • 26 novembre : émeute opposant un millier de personnes à la police pour contester l'expulsion du squat du XIVe arrondissement. Le siège de la SEMIREP, impliquée dans la rénovation du quartier, est incendié à l'aide de cocktails Molotov.
  • 19 décembre : attentat contre Fauchon, revendiqué par le groupe autonome « Les Smicards en Pétard ».
1978
  • 22 janvier : organisation à Strasbourg d'un « week-end contre l'Europe des polices » (contre l'espace Schengen). FR3 parle de la venue de « deux mille étrangers, armés et casqués ». Le rassemblement est interdit, et les 4 000 policiers déployés procèdent à de nombreuses arrestations. L'organisation Camarades se distancie du mouvement autonome en refusant de venir et d'appeler à ce rassemblement.
  • 7 mars : manifestation violente partie d'un amphithéâtre de l'université de Jussieu (un ordinateur de la faculté est détruit à coups de barres de fer), pour protester contre la mort a priori par suicide (égorgé) de José Tronelle (sympathisant des NAPAP), le 20 février de la même année, à la prison de la Santé alors que celui-ci allait être jugé le jour même, avec trois autres personnes (tous sympathisants des NAPAP), pour détention d'armes, d'explosifs et de faux-papiers (la femme de José Tronelle réfute la thèse du suicide). Le tournage d'un film de Claude Lelouch est perturbé par l'attaque d'un café, une centaine de vitres sont détruites sur le parcours de la manifestation. Des cocktails Molotov sont lancés contre le Paradis Latin. Une personne est arrêtée en possession d'un Luger Parabellum 7,65 mm.
  • 8 mars : manifestation de 300 femmes. Rue de Saint-Denis, à Paris, des sex-shops et un cinéma pornographique sont saccagés et partiellement détruits.
  • 5 avril : des autonomes organisent une attaque physique et frontale contre le service de sécurité du KCP au Bataclan. L'agression est revendiquée « Marée noire ».
  • 6 avril : en Bretagne, 10 000 personnes manifestent contre la marée noire. Affrontements entre des autonomes et la police. Une voiture de police est incendiée ; 21 personnes sont interpellées.
  • 1er mai : à la manifestation parisienne pour la fête du Travail, les autonomes s'affrontent tout au long du cortège à la police et au service d'ordre de la CGT : 200 d'entre eux prennent temporairement la tête de la manifestation. Plusieurs motos de police sont incendiées et 83 vitrines sont brisées. Des magasins sont pillés. Au moins cinq barricades sont montées. On compte une trentaine de blessés et au moins 45 interpellations (dont 8 passeront devant le tribunal pour « violence à agent »).
  • 2 mai : à Paris, attentats contre trois ANPE, revendiqués par un « Groupe pour l'extension du premier mai aux jours suivants ».
  • 9 mai : à Poissy, attentat contre une ANPE, revendiqué par « Marée rouge ».
  • 10 mai : condamnation à 3 ans de prison, dont 1 an avec sursis, pour Henri P., arrêté lors de la manifestation sauvage du 7 mars 1978 en possession d'une arme à feu.
  • 12 mai : les « Bombeuses à chapeaux », groupe autonome de femmes, saccagent la Librairie de Femmes.
  • 13 mai : cent cinquante CRS tentent d'expulser le squat de la rue Lahire.
  • 23 mai : expulsion du squat de la rue Lahire.
  • 15 juin : à Metz, la moitié des 1800 parcmètres de la ville sont sabotés avec de la résine Syntofer.
  • 15 novembre : à Caen, affrontements avec les forces de l'ordre sur les ponts de l'Orne dans le cadre d'une manif intersyndicale contre le chômage
  • 18 novembre : à Caen, à la suite des affrontements du 15 novembre, une nouvelle manif intersyndicale a lieu. Après la dislocation, des autonomes tentent de s'en prendre à la préfecture. Ils sont repoussés dans le centre ville où plusieurs vitrines sont brisées. Quelques commerces sont pillés.
1979
  • 13 janvier : à Paris, en fin d'après-midi, une cinquantaine d'autonomes cagoulés et masqués s'attaque à la barre de fer et à la batte de baseball au quartier des grands magasins, près de la gare Saint-Lazare, pour protester contre le coût de la vie. Les vitrines de douze commerces de luxe sont brisées, la recette générale des impôts et une agence de travail intérimaire sont attaqués, un cinéma est incendié, six policiers et quelques passants sont blessés. En outre, neuf personnes sont arrêtées. Selon la police, l'action est revendiquée par les « Brigades autonomes révolutionnaires »[12].
  • 22 janvier : procès de quatre personnes arrêtées lors du saccage du quartier Saint-Lazare. Les inculpés sont condamnés de deux à quatre années de prison ferme. 150 personnes qui manifestaient en soutien devant le tribunal sont arrêtées par la police.
  • 11 février : à Grenoble, un groupe autonome de grévistes, les Piratélés, détruit le matériel et dégrade les locaux de la chaîne FR3.
  • 31 janvier : à Paris, le domicile du magistrat qui a condamné les « inculpés de Saint-Lazare » est investi et dégradé par le « Groupe autonome du 22 janvier », lors du repas familial. La riposte policière est immédiate : une quinzaine de personnes sont arrêtées et le siège de l'OCL est perquisitionné.
  • 23 mars [13]: à Paris, manifestation des sidérurgistes lorrains. Dans la matinée, la police procède à une rafle « préventive » dans les squats parisiens et entre 82 et 150 autonomes ou présumés tels sont arrêtés. Cinq cortèges défilent depuis cinq mairies communistes de la banlieue est de Paris, afin de converger place de la République vers 15h00. Aux environs de midi, plusieurs centaines d'autonomes casqués, armés de barres de fer et munis de boulons et de cocktails Molotov, s'affrontent au service d'ordre CGT du cortège qui passait la porte de Pantin. Entre 60 000 et 100 000 (certaines sources[14] parlent même de 300 000) sidérurgistes et syndicalistes (dont 5 000 rien que pour le service d'ordre) se réunissent place de la République pour défiler jusqu'à la place de l'Opéra. La police charge la place de la République vers 15h00 pour en chasser les autonomes, ce qui n'aura pour effet que de déchaîner les ouvriers manifestants contre elle. Un peu plus tard, les autonomes s'affrontent une nouvelle fois au service d'ordre de la CGT autour de la porte Saint-Martin. Peu après 17h00, les premiers arrivés place de l'Opéra commençant à se disperser, les autonomes s'affrontent aux CRS ainsi, encore une fois, qu'au service d'ordre de la manifestation. La police, débordée, s'en prend alors aussi aux ouvriers qui se défendent malgré les vaines tentatives du service d'ordre de les en empêcher. Les affrontements entre police et service d'ordre d'un côté, et autonomes et ouvriers de l'autre, ne se terminent qu'au moins vers 20h00, autour de la gare de l'Est assiégée par la police (les autonomes s'y étaient retranchés) et dans le quartier de la Goutte-d'Or. Selon la Préfecture de police de Paris, les incidents ont débouché sur 24 arrestations pour « pillage », « port d'arme », ou « coups et blessures ». En outre, 3 commissaires de police, 20 gendarmes, 25 CRS et 20 gardiens de la paix ont été blessés dans les affrontements avec les autonomes et les sidérurgistes. Ces chiffres sont cependant à relativiser, puisque le communiqué de la préfecture de police est tombé avant la fin des affrontements. Sur le nombre d'arrestations, Jean-Baptiste Casanova parle de 131[15], chiffre nettement plus crédible que celui de la police puisque plus de 30 personnes seront condamnées en justice pour des faits de violence lors de la manifestation et des affrontements. En ce qui concerne les blessés du côté des forces de l'ordre, plusieurs sources[16] avancent le nombre de 116. Trois photographes et caméramans de presse, ainsi que de nombreux manifestants et passants ont été blessés, dont 8 grièvement. Au niveau matériel, 121 vitrines ont été brisées, 54 magasins ont été pillés, des dizaines de voitures ont été incendiées et quelques barricades ont été montées en travers des rues. Enfin, selon l'AFP, des « Brigades autonomes » auraient revendiqué par téléphone l'attaque de 130 magasins sur le boulevard Haussmann.
  • 1er mai : à Paris, lors de la manifestation traditionnelle de la fête du Travail, les autonomes dressent, de la même manière que l'année précédente, une banderole sur laquelle est inscrit « Arbeit macht frei » (en allemand : « Le travail rend libre », expression nazie) pour critiquer les syndicats et la sacralisation du travail par ceux-ci. Le service d'ordre de la Ligue communiste révolutionnaire charge les autonomes à plusieurs reprises avant d'être attaqué place de la République par les CRS à la suite de l'agression de ces derniers par les autonomes. Il y aura douze blessés du côté des trotskystes. Deux cars de police sont incendiés à la suite d'une pluie de cocktails Molotov des autonomes contre la police. Le mitraillage de la façade du siège parisien du CNPF est revendiqué par un nouveau groupe issu de la lutte armée antifranquiste, maoïste et de l'Autonomie parisienne : Action directe. Dans la nuit, à Paris, une douzaine d'attentats à la bombe contre des intérêts économiques et politiques (banques, commissariats, permanences politiques, ANPE…) est revendiquée par la « Coordination d'actions révolutionnaires ». Un groupe autonome revendique le bris d'une vingtaine de vitrines dans le 6e arrondissement de Paris.
  • 23 avril : à Paris, un meeting contre la répression est organisé par les autonomes à la Mutualité et réunit plus de 2 000 personnes.
  • Collectifs à Montpellier (façades associatives légales avec locaux ouverts au public) : le Dédale culturel (1968- 1973) , L'Oustal / le Music-hall cause (1976-77) : café-concert, cantine, auberge de jeunesse, coopérative biologique, salle de réunions : Montpellier Écologie, groupe de lycéens, d'étudiants, d'étrangers, de femmes, Groupe de Libération Homosexuelle (G.L.H.), Collectif Cannabis, Groupe d'information sur les Psychotropes, Groupe de Réflexion et d'Action sur les Prisons ( G.R.I.A.P. ) etc , organisations de concerts et foires associatives sur les places publiques, hébergement de personnes en difficultés, etc .

Années 1980[modifier | modifier le code]

Le mouvement se retranche dans les squats parisiens, et en des tas d'autres lieux en province, mais apparaît encore dans certaines émeutes :

Le 5 juin à Paris, la manifestation anti-sommet de Versailles (sommet du G7) regroupe plusieurs milliers de manifestants à l'appel de l'extrême gauche (selon P. Turpin dans son ouvrage Les révolutionnaires dans la France social-démocrate : 20 000 personnes), en tête du cortège 200 à 300 autonomes très organisés (source Schiffres dans sa chronologie du mouvement autonome en France) qui empêchent, même physiquement, les déprédations non ciblées, autres que celles qu'ils ont choisies : banques et agences d'intérim ! Plusieurs de ces dernières fermeront définitivement après cette journée.

  • De 1986 à 1994, cofondé par le groupe Prolétaires pour le communisme et des squatters autonomes, le comité des mal logés met en pratique dans ses luttes, ses occupations d'immeubles HLM, et son organisation interne les principes du conseillisme, il fédéra plusieurs dizaines d'immeubles en lutte et regroupa jusqu'à cinq cents mal logés de toutes origines géographiques à Paris et Banlieue de 1986 à 1994. Toutes les décisions étaient prises en assemblée générale avec refus de délégation de représentativité, ses membres sur leur lieu de travail, majoritairement dans les entreprises de nettoyage (COMATEC par exemple), se fédéraient à la CNT. Une dizaine de ses militants se sont réunis pour rédiger une brochure[17] de bilan de cette expérience lorsque scission et dissolution ne faisait quasiment plus de doute tant les forces politiciennes de la gauche de gouvernement se sont liguées pour obtenir la dislocation du comité[18]

Les autonomes se mobilisent également beaucoup pour la libération des prisonniers.

Principaux collectifs[modifier | modifier le code]

  • Les Fossoyeurs du vieux monde, (1977-1983)
  • Collectif autonome Tolbiac (CAT, 1981-1982)
  • Association des prisonniers en lutte (APEL, 1981-1994)
  • Centre autonome occupé (CAO, 1983-1984)
  • Collectif U.S.I.N.E., squat de Montreuil (1985)
  • Collectif P.R.O.L.O.S., (1986)
  • Coordination autonome pour des espaces libérés (CAEL, 1983-1984)
  • Os Cangaceiros (1985-1992)
  • Association des parents et amis de détenus (APAD, 1985-1994)
  • Narbé L'Hermitte (1987-1989)
  • Squatters et précaires associés (1987-1989)
  • Prolétaires pour le communisme (1986-1991)
  • Comité des Mal-Logés (1987-1994)
  • Sans-cravates (1989)
  • A Montpellier et sa région dans les années 1980: Vivre au présent; Vivre Vite; Le diable au corps; Transparence; Coordination des squatteurs-La Gaillarde;

Médias et publications[modifier | modifier le code]

  • CAT Pages (1981-1982)
  • Tout ! (1982-1985)
  • Molotov et Confetti (1984)
  • Radio Pirate (1984-1985)
  • Cash (1984-1989)
  • Radio Mouvance (1985)
  • Parloir libre (1985-2000)
  • Quilombo (1988-1993)

Principaux squats parisiens[modifier | modifier le code]

  • rue de l'Est (1981-1982)
  • rue Piat (20e, 1982-1983)
  • rue des Cascades (20e, 1982-1983)
  • rue de Tlemcen (20e, 1982-1983)
  • L'Usine L’Utilisation subversive des intérêts nuisibles aux espaces (Montreuil, 1984-1985)
  • rue Caplat (18e, 1987-1989)
  • rue Lignier (20e, 1989-1990)
  • Et une trentaine d'autre de 1986 à 1991, dont des barres d'HLM entières, ouverts et soutenus par :
    • le Comité des Mal-Logés, comité résolument Autonome et Assembléiste de lutte sur la question du logement en Région Parisienne, rassemblant jusqu'à cinq cents personnes[18],
    • et les jeunes autonomes squatteurs issus du squat autonome U.S.I.N.E. de Montreuil géré par le collectif du même nom en 1985, du CAO (Centre autonome occupé) et des squats de concert comme Pali-Kao, dont le premier et le plus emblématique fut le soixante-sept (rue des Vignoles, dans le 20e arrondissement de Paris) malgré sa tardive récupération par les forces organisées de la future Gauche-Plurielle fortement épaulée par des Pro-Situs organisés, dont à partir de cette date on peut fortement douter de leur degré d'autonomie[18]
    • Principaux squats associatifs montpelliérains : avenue Saint Maur (1980-1983), rue de la Gaillarde, accueillant une vingtaine d'associations (1982-1983); route de Lodéve, dans les anciens locaux de la CAF (1986-1988)

Années 1990[modifier | modifier le code]

1992

Le groupe « Apaches » quitte le SCALP.

1993
1994

Un collectif autonome est créé à l'occasion du mouvement anti-CIP : le « MARS » (Mouvement d'Action et de Résistance Sociale). La Coordination des sans-abris ouvre un squat avenue de Breteuil (7e) puis rue Saint-Sauveur (2e). Apparition du Collectif d'agitation pour un revenu garanti optimal (CARGO) et de « Travailleurs, Chômeurs, et Précaires en colère » (TCP).

Le 4 octobre, à la suite d'un braquage à Pantin, une fusillade éclate dans Paris entre la police et deux autonomes, Audry Maupin et Florence Rey. Trois policiers et un chauffeur de taxi sont tués. Audry Maupin est abattu par la police. Florence Rey est arrêtée puis incarcérée quelques jours plus tard.

1995

Campagne contre les vigiles du métro (TRAUM, Tribune de résistance active des usagers du métro). Création durant la grève du mois de décembre du Collectif d'aide aux manifestants interpelés (CAMI).

Parution de Tic-Tac : huit numéros jusqu'en 1997. T...I...C, T...A...C..., T'es ici, t'en as assez, Tic-Tac, Si t'en as ta claque de tout ce mic-mac, Sois frénétique, freine pas l'attaque, Pas fanatique mais feinte l'attaque, Sois systématique, le système attaque, Pas trop plastique et place ta claque.

1996

Collectif Des papiers pour tous : actions de solidarité avec les étrangers en situation irrégulière.

1997
  • Coordination de résistance et de lutte anti-capitaliste (CRELAC)
1998

Le 30 septembre, Florence Rey est condamnée à vingt ans de prison pour sa participation à la fusillade du bois de Vincennes.

1999

Parution du premier numéro de Tiqqun : Organe conscient du Parti Imaginaire - Exercices de Métaphysique critique, 162 pages, auto-édition.

Principaux squats parisiens[modifier | modifier le code]

  • rue Popincourt (11e, 1990-1991)
  • rue Didot (14e, 1993)
  • avenue de Breteuil (7e, 1993-1994)
  • rue Saint-Sauveur (2e, 1994-1996)
  • rue Amelot (11e, 1994-1995)
  • rue de Bagnolet (le 105) (20e, 1994-1996)
  • rue de Charonne (11e, 1997-1998)
  • avenue Jean Jaurès (19e, 1998)
  • rue des Orteaux (les Zörtös) (20e, 1998-1999)
  • rue des Maraîchers (20e, 1998-2000)
  • rue des Couronnes (20e, 2002-2003)

Un livre, publié en 2008, évoque cette scène squat parisienne : Parisquat - Des squats politiques à Paris 1995-2000[19] ; il s'agit d'un recueil de documents et de témoignages de squatteurs-autonomes des années 1990.

Années 2000[modifier | modifier le code]

2000

Création du collectif Pour en finir avec toutes les prisons.

Publications :

  • Tout le Monde dehors ! : « feuille d'info sur les prisonniers en lutte »
  • L'Envolée (journal de prisonniers)
2001

Parution du second numéro de Tiqqun : Organe de liaison au sein du Parti Imaginaire - Zone d'Opacité Offensive", 292 pages, éditions Belles-Lettres.

Campagne pour la libération de Werner Braeuner, militant anarchiste emprisonné en Allemagne pour le meurtre d'un directeur d'ANPE.

2002

Du 19 au 28 juillet, un campement No Border est organisé à Strasbourg, pour l'abolition des frontières et des nations, la liberté de circulation et d'installation, et l'arrêt des expulsions de « sans-papiers ».

2003

Autodissolution de Pour en finir avec toutes les prisons dans une éphémère Coordination anticarcérale européenne.

Ouvrages :

  • Appel (Appel à la création de communautés autonomes) rédigé au « 508 », squat politique[20].
  • Une Fièvre impossible à négocier : roman publié par Flammarion dans lequel Lola Lafon décrit de manière particulièrement romancée une histoire s'appuyant sur sa connaissance de la mouvance autonome parisienne.

Revues :

  • Asymétrie : « bulletin communiste pour la guerre civile ».
  • Macache : « Macache : expression de la négation, rien. Rien, parce que, de cette société de classe, il n'y a rien à vouloir, de sa démocratie rien à attendre. Rien, parce que, face au capital, il n'y a rien à négocier, face à l'État rien à revendiquer. Rien, rien que la guerre sociale ! ».
2004

Publications :

  • Meeting : « Revue internationale pour la communisation ». Revue plutôt proche de l'ultra-gauche. Voir aussi les Éditions Senonevero[21] qui publient des textes sur la « communisation » et aussi un ouvrage sur l'opéraïsme : À l'assaut du ciel - Composition de classe et lutte de classes dans le marxisme autonome italien de Steve Wright.
  • Vidange : technophobie, squats, et lutte contre la répression.
  • Mathieu Amiech et Julien Mattern, Le Cauchemar de Don Quichotte : sur l'impuissance de la jeunesse d'aujourd'hui, Éditions Climats. Critique du mode de production industriel.
2005
  • Autodissolution du Collectif anti-expulsion et début de la mobilisation « antirafles ».
  • Parution de Outrage : bulletin édité par Action-K (collectif de propagation de contre-culture).
  • Parution du Riot Magazine, revue papier à publication aléatoire, informations et pratiques insurrectionnelles.

À Paris, durant le mouvement anti-CPE de mars 2006, l'École des hautes études en sciences sociales a été occupée durant quatre jours par plusieurs centaines de personnes, dont au moins 200 anarchistes et autonomes réunis en assemblée générale autonome. Le matériel d'enseignement et informatique a été saccagé, et les murs couverts de graffitis. Le tag « Mort à la démocratie » a notamment fait scandale auprès des médias (notamment au journal télé de France 2 du 24 mars 2006[22]). Ce tag a d'ailleurs inspiré à Léon de Mattis le titre de son livre publié chez L'Altiplano. Les locaux de Charlie Hebdo sont aussi attaqués [23].

2006-2007

Création du groupe Action Autonome.

Incarcération durant deux mois de Michel Gaucher alias Paco et Damien Signoret à la suite de la tentative d'incendie, le 10 mai, d'un véhicule garé devant le restaurant Le Fouquet's, où Nicolas Sarkozy avait fêté son élection quelques jours plus tôt [24].

Le 11 novembre, dix personnes sont arrêtées, suspectées d'avoir saboté des lignes TGV, huit d'entre elles sont libérés début décembre et une autre en janvier 2009. Seul Julien Coupat, présenté comme le « leader », est resté plus de six mois en détention sous des accusations de terrorisme.

2009

Lors d'un rassemblement de soutien à la suite de l'évacuation du squat « La clinique » à Montreuil, un sympathisant perdra un œil du fait d'un tir de flash ball. Les blessures reçues par les autres personnes touchées étant toutes localisées sur le haut du corps[25].

Dans son édition du jeudi 5 novembre, le quotidien Le Monde consacre sa couverture et deux pages à ce qu'il nomme L'archipel des Autonomes.

Années 2010[modifier | modifier le code]

2014

Fin 2014, le mouvement autonome continue d'exister, sous différentes formes et divers appellations[26] .

2016[modifier | modifier le code]

Ils sont présents dans les manifestations d'opposition à la Loi El-Khomri. Ils font partie des casseurs qui détruisent les vitrines de la quasi-totalité des banques, agences immobilières, abribus ou panneaux publicitaires qui se trouvent sur le parcours le 14 juin. Ils brisent notamment un laboratoire d’imagerie médical, les fenêtres du ministère de l’Outre-mer et les vitres de l’Hôpital Necker-Enfants malades[27].

En ce qui concerne l'hôpital Necker, un reportage d'Envoyé spécial (réalisation Thierry Vincent) intitulé « Nous sommes tous des casseurs » et diffusé en mars 2017 montrerait plutôt l'acte d'un individu isolé, acte arrêté d'ailleurs rapidement par un autre manifestant.

On peut trouver un nombre conséquent de vidéos sur les manifestations contre la loi El Khomri et les "débordements" auquel elle a donné lieu de la part de manifestants " autonomes" sur le site Taranisnews.com. ( vidéos sur Paris, Nantes et Rennes ) ou Street Politics ( via Youtube ) De même les revues Lundi Matin sur Internet ou CDFQ version papier ont consacré des articles à ce mouvement et aux tendances radicales qui s'y sont affirmées. Le site principal qui collationne les nouvelles, rendez-vous, agenda et compte rendu des actions menées ou à venir restant sur internet celui de Paris-luttes.info. Une courte synthèse de leurs positions sur le printemps 2016 est publiée début 2017 : "Fumigènes et communisme."

Une rencontre nationale des personnes se reconnaissant dans les actions de 2016 est organisée à Paris, le week-end du 28 et 29 janvier pour dixit "discuter et s’organiser autour de la thématique des élections présidentielles, pour celles et ceux qui ne veulent plus être gouverné-e-s." Cette rencontre a lieu le samedi au CICP rue Voltaire à Paris, le dimanche à la Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil, métro Croix-de-Chavaux. Elle est organisée sous le titre " Génération Ingouvernable". Un compte rendu de ces 2 journées est disponible via Internet sur le site Gazette Debout. Parmi les actions envisagées "une semaine de résistances du 20 au 26 février avec notamment des actions contre le meeting du FN" De fait le 25 février de violents affrontements ont lieu à Nantes entre les forces de l'ordre et un cortège "autonome" de plusieurs centaines de personnes. Le lendemain dimanche 26 un petit groupe très mobile arrive à bloquer une voie d'accès à Nantes et à arroser de peinture un des cars amenant les partipant(e)s au meeting de Marine Le Pen ( petite video sur cette action sur Taranisnews.com )

Fin février et début mars 2017 de petits rassemblements ou petites manifestations de protestation contre les violences policières ( affaire Théo entre autres ) ont lieu à Paris à l'appel de militants non organisés, à Menilmontant, Belleville, Barbes, Place des Fêtes ........ quelques cortèges "sauvages" arrivent à échapper aux forces de l'ordre et se livrent à des destructions de vitrines de banques ou agences immobilières.

Le 7 mars lors de la journée d'action des personnels de santé et de la montée sur Paris, juste devant le cortège de Sud, un petit groupe de manifestant ( surtout lycéen ) d'environ 150 à 200 personnes défile sans problèmes jusqu'à Invalides.

19 mars, une "Marche pour la Justice et la Dignité", appelée par un certain nombre de familles de "victimes de la violence policière " (ou de la gendarmerie), a lieu à Paris entre la Place de la Nation et celle de la République. En fin de manifestation ( elle a réunie environ 15 000 personnes selon les organisateurs et 7000 selon la police ) il y a un cortège "autonome" assez fourni : quelques incidents sont à noter, entre autres " 200 personnes munies de capuches ont lancé des fumigènes et des projectiles sur les forces de l'ordre, à proximité du Bataclan." (France Info)

Quelques jours auparavant avait circulé sur les sites comme Paris Luttes-info  : " Pour un black bloc qui n’a plus rien à prouver" invitant à respecter le caractère non violent de cette manifestation.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Bachibouzouk (Hiver 2006-2007)
  • CNT-AIT Toulouse, L'anarcho-syndicalisme questionné (essai de synthèse pour la réactualisation des pratiques et idées anarchistes, à la lumière des expériences anarcho-syndicalistes, conseillistes et de l'autonomie ouvrière)
  • Comité invisible[28], L'Insurrection qui vient, La Fabrique, 2007
  • Le Jardin s'embrase, Les mouvements sont faits pour mourir...[29] , Tahin Party, 2007
2008

Réapparition de bulletins et journaux à parution plus ou moins régulières : Non Fides[30] de Paris, Tout doit partir [31] de Belgique et Bulletin de Contre-Info en Cévennes[32], entre autres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Schifres, La Mouvance autonome en France de 1976 à 1984, Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine et sociologie politique, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2004, texte intégral.
  • Sébastien Schifres, Le Mouvement autonome en Italie et en France (1973-1984), mémoire de master II de sociologie politique, Université Paris-VIII, septembre 2008, texte intégral.
  • Rémy Piperaud, Radiographie du mouvement autonome, mémoire de master II, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, 2009.
  • Clément Barette, La pratique de la violence politique par l’émeute. Le cas de la violence exercée lors des contre-sommets, mémoire de DEA, Université Panthéon-Sorbonne, 2002.
  • Paolo Stuppia, L’Héritage des mouvances situationniste, autonome et anti-industrielle dans les tracts du mouvement du printemps 2006, dossier de recherche de master 1, Université Panthéon-Sorbonne, 2007.
  • Jean-Baptiste Casanova, « Les Autonomes. Le mouvement autonome parisien de la fin des années 1970 », Dissidences, n°2, 28 septembre 2011, texte intégral.
  • Isabelle Mandraud, Caroline Monnot, « L'archipel des autonomes », Le Monde, 7 novembre 2009, texte intégral.
  • Gaël Cogné, Autoportraits d’autonomes, Libération, 18 février 2009, texte intégral.
  • Collectif, L’Autonomie, le mouvement autonome en Italie et en France, Éditions Spartacus, n°90, mars-avril 1978, extrait en ligne.
  • Laurent Greilsamer, « La galaxie des autonomes », Le Monde, 25 et 26 janvier 1978.
  • Internationale situationniste, réédition des 12 numéros de 1958 à 1969, Éditions Arthème Fayard, 1997 et 2004.
  • De la misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel, et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, Mustapha Khayati, éditions de l'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) de l'Université de Strasbourg, 1966 ; multiples rééditions dont : éditions Champ Libre, 1976 et Éditions Sulliver, 1995
  • Guy Debord, La société du spectacle, Éditions Buchet-Castel, 1967
  • Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations , Éditions Gallimard, 1967
  • Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations , René Vienet, Éditions Gallimard,1968
  • L’Autonomie. Le mouvement autonome en France et en Italie, éditions Spartacus, 1978
  • Jan Bucquoy et Jacques Santi, Autonomes, ANSALDI, 1985
  • Parisquat - Des squats politiques à Paris 1995-2000, Jean Berthaut, Atelier de création libertaire, 2008.
  • Action directe. Du terrorisme français à l’euroterrorisme, Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, Seuil, 1986
  • Paroles directes. Légitimité, révolte et révolution : autour d’Action Directe, Loïc Debray, Jean-Pierre Duteuil, Philippe Godard, Henri Lefebvre, Catherine Régulier, Anne Sveva, Jacques Wajnsztejn, ACRATIE, 1990
  • Pascal Dumontier, Les situs et mai 68, éditions IVREA, 1997
  • Guy Dardel, Un Traître chez les totos, Actes Sud, 1999 (roman)
  • Anarcho-syndicalisme et Autonomie populaire, CNT-AIT, 2001
  • Sergio Ghirardi, Nous n'avons pas peur des ruines - les situationnistes et notre temps, préface de Raoul Vaneigem, Éditions L'Insomniaque, 2003
  • Autonomie populaire et désobéissance civile : Les autoréductions en Italie suivi de La grève de 1979 à Renault Véhicule Industriel (RVI), CNT-AIT Caen, Cahiers de l'anarcho-syndicalisme (CAS), 2007
  • Les mouvements sont faits pour mourir…" sur le mouvement anti-CPE Collectif « Le jardin s’embrase », 2007 (ISBN 978-2-912631-16-9) 220p. consultable en version PDF sur http://tahin-party.org/jardin.html
  • Patrick Marcolini, Le mouvement situationniste - une histoire intellectuelle, Éditions L'échappée, 2012
  • Contre la loi travail et son monde. Argent, précarité et mouvements sociaux " Davide Gallo Lassere Editions Eterotopia 2016. Traitement du sujet d'un point de vue proche des opéraïstes en avançant l'idée "de la socialisation des revenus et son lien avec les luttes antiraciales"

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sébastien Schifres, La Mouvance autonome en France de 1976 à 1984, Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine et sociologie politique, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 2004, texte intégral.
  2. Édith Gaillard, Habiter autrement : des squats féministes en France et en Allemagne. Une remise en question de l’ordre social, Thèse de sociologie, Sciences de l’Homme et de la Société, Université François-Rabelais de Tours, 11 février 2013, page 206.
  3. Sur cette branche voir entre autres Ni vieux ni traitres
  4. Guy Debord, « La question de l'organisation pour l'I.S », Internationale situationniste., Paris, Éditions Arthème Fayard, vol. no 12, no Réédition complète,‎ 1968, 1969, 1997 et 2004, p. 112 et 113 du Modèle:N°12, et pages 680 et 681 de la réédition (ISBN 2-213-59912-2) :

    « nous ne pouvons reconnaître de groupe autonome sans milieu de travail autonome; ni la réussite durable d'un groupe autonome sans action unie avec les ouvriers … (avril 1968) »

  5. Guy Debord, Asger Jorn, Michèle Bernstein, Ralph Rumney et Abdelhafid Khatib, « Rapport sur la construction des situations et sur les conditions de l'organisation et de l'action de la tendance situationniste internationale : Révolution et contre révolution dans la culture moderne », Internationale situationniste, no Annexe 2 de la réédition des 12 numéros,‎ 1957, 1997 et 2004, p. 689 à 701 (ISBN 2-213-59912-2)
  6. (en) Kristof Greedy, « The influence of the french student movement on the society : Unter dem Pflaster, der Strand », Students - From revolution to stagnation ?, Innsbruck, Autriche, no 1,‎ , p. 16 et 17
  7. Voir le journal télévisé d'Antenne 2 du 15 avril 1976 au soir.
  8. article du journal Le Monde, numéro 9739 paru le 16/05/1976
  9. [1]
  10. [2] ou [3]
  11. http://www.che-resistencia.com/article-10731597.html
  12. Voir le journal télévisé d'Antenne 2 du 14 janvier 1979. Voir aussi Une offensive gauloise, sur le site internet de l'Observatoire de Téléologie.
  13. Voir le journal télévisé de TF1 au soir de la manifestation, un texte et un autre de l'Observatoire de Téléologie, un reportage écrit de Jean-Baptiste Casanova, et enfin le mémoire de maîtrise de Sébastien Schifres sur la mouvance autonome (voir particulièrement les entretiens).
  14. Mars 1979 : La « république populaire de Longwy » : « Le 23 mars 1979, près de 300 000 personnes participent à la marche des sidérurgistes de Longwy sur Paris. »
  15. Les Autonomes. Le mouvement autonome parisien de la fin des années 1970.
  16. Le 23 mars 1979, à Paris, sur le site de l'Observatoire de Téléologie, ainsi que le texte de Jean-Baptiste Casanova, cité dans la source précédente.
  17. Brochure
  18. a, b et c [PDF] Brochure du Comité des mal logés.
  19. http://www.atelierdecreationlibertaire.com/article.php3?id_article=571
  20. http://rebellyon.info/article5691.html
  21. http://senonevero.communisation.net
  22. [4]
  23. chronologie du CPE dans Tahin Party : « les mouvements sont faits pour mourir »
  24. Autoportraits d'autonomes, Gaël Cogné, Libération, 18 février 2009.
  25. Flashball : l'IGS pointe un non-respect des règles, nouvelobs.com
  26. Jacques Philipponneau et René Riesel, « Un état qui règne au-dessus du volcan : Face à la domination sociale et au chaos géopolitique mondial, se dresse une jeunesse qui refuse de jouer le jeu du complexe économico-industriel. S'inventent ainsi des solidarités concrètes et d'autres modes de vie . », Le Monde, no 21736,‎ , p. 19
  27. Mathias Destal, « Manif du 14 juin : la démonstration de force des autonomes », sur Marianne, (consulté le 17 juin 2016)
  28. http://www.bloom0101.org/ci.html
  29. http://tahin-party.org/jardin.html
  30. http://www.non-fides.fr/spip.php?rubrique12
  31. http://basseintensite.internetdown.org/spip.php?mot60
  32. http://basseintensite.internetdown.org/spip.php?mot62

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • Philippe Roziès, Lutter... ici et maintenant, LCP-Assemblée nationale, KUIV productions, 2013, 60 minutes, voir en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]