Luminance

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La luminance est une grandeur mesurable correspondant à la sensation visuelle de luminosité d'une surface. Une surface très lumineuse présente une forte luminance tandis qu'une surface parfaitement noire aurait une luminance nulle.

En photométrie, la luminance lumineuse ou luminance visuelle, couramment nommée luminance, se définit comme le quotient de l'intensité lumineuse de la surface source par l'aire de cette source projetée sur la perpendiculaire à la direction d'observation. Son unité SI est la candela par mètre carré (cd⋅m-2). Elle dépend de la sensibilité de l'œil humain. Son équivalent radiométrique, la luminance énergétique, est utilisé en physique lorsque la visibilité ou non du rayonnement électromagnétique importe peu.

En colorimétrie, de nombreux systèmes de représentation des couleurs décomposent la sensation visuelle d'un stimulus de couleur en deux parties supposées indépendantes, la luminance et la coloration. L'objet de la colorimétrie étant de comparer des sensations visuelles colorées, la valeur absolue de la luminance des stimulus n'a pas d'importance. On utilise généralement une luminance relative, par rapport à la luminance maximale d'un écran ou d'une surface éclairée. La luminance évolue dans ce cas entre une valeur nulle pour le noir et une valeur de 1[note 1] (ou 100 %) pour le blanc pris comme référence. La luminance relative utilisée en colorimétrie est la luminance absolue de la photométrie à un facteur près qu'il est rarement utile de connaître.

En technique vidéo couleur, on appelle luminance ou signal de luminance (luma en anglais) la partie du signal, commune avec la vidéo noir et blanc, qui transporte l'information de luminosité de chaque élément de l'écran. La luminance est associée aux signaux de chrominance (simplement chrominance ou chroma en anglais) afin de permettre la reproduction des couleurs à l'écran.

Luminance en photométrie[modifier | modifier le code]

La photométrie se propose d'associer des grandeurs mesurables à la perception de la lumière. Ce programme implique un étalon auquel comparer les grandeurs. Pour des raisons de commodité, et parce que le premier objectif des études photométriques était de comparer les moyens d'éclairage, cet étalon a été défini comme une source de lumière, une bougie, qui a donné son nom à l'unité d'intensité lumineuse : la candela. Mais par définition, l'intensité lumineuse ne peut être définie que si la source est considérée comme ponctuelle, parce que suffisamment petite ou suffisamment éloignée. Si la source est étendue c'est la luminance qui caractérise la luminosité de chacun des points de sa surface, quelle que soit sa forme. La candela est l'une des sept unités de base du Système international d'unités et l'unité fondamentale de la photométrie. C'est pourquoi la luminance doit se définir à partir de l'intensité lumineuse. Les autres grandeurs photométriques s'en déduisent également à partir de raisonnements purement géométriques.

Définition[modifier | modifier le code]

Schéma représentant les paramètres de la définition de la luminance

La luminance est l'intensité lumineuse \mathrm d I d'une surface élémentaire \mathrm d \Sigma source dans une direction donnée, divisée par l'aire apparente, \mathrm d \Sigma \cdot \cos\alpha_{\Sigma}, de cette source dans cette même direction.

L = \frac{\mathrm d I}{\mathrm d \Sigma \cdot \cos\alpha_{\Sigma}}

.On peut aussi la définir comme l'intensité lumineuse par unité de surface perpendiculairement à la direction d'origine de l'émission[1], ce qui est équivalent. La luminance peut encore la définir comme la « densité spatiale du flux » lumineux[2], ou encore par la formule (BIPM 1983, p. 5)

L = \frac{\mathrm d^2 \Phi}{\mathrm d \Omega_{\Sigma}\cdot\mathrm d \Sigma \cdot \cos\alpha_{\Sigma}} = \frac{\mathrm d^2 \Phi}{\mathrm d^2 G}
où :
\mathrm d \Sigma et \mathrm d S sont les éléments de surface respectivement émettrice et réceptrice ;
\mathrm d  \Phi est le flux élémentaire émis par \mathrm d \Sigma en direction de \mathrm d S ;
\mathrm d I est l'intensité lumineuse de la surface \mathrm d \Sigma dans la direction de \mathrm d S ;
\mathrm d M est l’exitance lumineuse de la surface \mathrm d \Sigma dans la l'angle solide \mathrm d \Omega_{\Sigma} ;
\mathrm d G est l'étendue géométrique du pinceau de rayons lumineux qui joint \mathrm d \Sigma et \mathrm d S ;
\mathrm d \Omega_{\Sigma} est l'angle solide élémentaire sous lequel on voit \mathrm d S depuis le point source ;
\alpha_{\Sigma} est l'angle entre la normale à la surface émettrice et la droite joignant les deux surfaces.

La luminance[2] est également nommée luminance lumineuse[3] ou luminance visuelle[4].

Unités[modifier | modifier le code]

Dans le Système international d'unités[3], la luminance lumineuse s'exprime en candela par mètre carré, symbole cd⋅m-2. L'unité de son équivalent radiométrique, la luminance énergétique, qui comprend tous les rayonnements visibles ou non, est le watt par mètre carré et par stéradian, symbole W·m-2⋅sr-1[2].

Perception visuelle et luminance[modifier | modifier le code]

La sensibilité de l’œil est caractérisée par la fonction d'efficacité lumineuse spectrale en vision photopique (en rouge) et scotopique (en bleu).

Principalement en raison de la sensibilité des récepteurs de la rétine (les trois types de cônes et les bâtonnets), la sensibilité de l'œil humain n'est pas la même sur l'ensemble du spectre visible, entre 380 et 780 nm. Cette sensibilité spectrale varie aussi selon la quantité de lumière.

  • On parle de vision diurne lorsque seuls les cônes sont sensibles à la lumière : il s'agit du domaine photopique qui s'applique à des objets observés dont des luminances s'étendent de quelques candelas par mètre carré (cd⋅m-2) à quelques milliers de candelas par mètre carré ; au-delà on entre dans le domaine de l'éblouissement. Une lumière importante permet de distinguer les couleurs car trois types de cônes coexistent ; le jaune-vert, au centre du spectre, est la couleur pour laquelle il faut le moins d'énergie pour créer la même impression de luminosité.
  • Si les les surfaces observées ont des luminances inférieures à 10-3 cd.m-2, seuls les bâtonnets sont sensibles : c'est le domaine scotopique, on parle de vision nocturne. La vision des couleurs n'est plus possible car il n'existe qu'un seul type de bâtonnet. Le maximum de sensibilité se situe vers qui serait un bleu à plus forte luminosité.
  • Entre les deux domaines précédents se trouve le domaine mésopique où cônes et bâtonnets fonctionnent conjointement : on parle de vision crépusculaire, la sensibilité aux couleurs se décale vers le bleu à mesure que la luminosité diminue, c'est l'effet Purkinje.

La luminosité perçue n'est pas proportionnelle à la luminance. Elle dépend de la plus forte luminance de la scène, et dans ce contexte, elle varie, selon les auteurs modernes suivant Stanley Smith Stevens, selon une loi de puissance. La Commission internationale de l'éclairage définit une luminosité colorimétrique standard.

Cas des surfaces à luminance uniforme[modifier | modifier le code]

La luminance d'une surface peut généralement varier d'un point à un autre ou selon la direction d'observation ou de mesure. On peut simplifier les relations dans les cas particuliers où

  • la luminance est identique sur toute la surface : la luminance est alors dite uniforme spatialement[5] ;
  • la luminance est identique dans toutes les directions : la luminance est alors dite uniforme angulairement, la source est orthotrope ou lambertienne[5] ;
  • la luminance est identique sur toute la surface et dans toutes les directions : la luminance est uniforme spatialement et angulairement[5].

Sources à luminance uniforme spatialement[modifier | modifier le code]

Dans l'hypothèse simplificatrice d'une surface plane d'aire \Sigma (en m2), suffisamment petite pour être supposée ponctuelle, dont la luminance L est uniforme spatialement et présentant un angle \alpha_{\Sigma} par rapport à la direction du récepteur, la relation se simplifie :

I = L \cdot \Sigma \cdot \cos\alpha_{\Sigma}.

Une surface d'aire Σ (en m²) et de luminance L produit, dans la direction perpendiculaire, une intensité lumineuse L × Σ.Au niveau du récepteur, l'éclairement dû à cette surface, faut alors :

E = \frac{I\cdot \cos \alpha_S}{d^2}
= \frac{L \cdot \Sigma \cdot \cos\alpha_{\Sigma}\cdot \cos \alpha_S}{d^2}
=L \cdot \Omega_S \cdot \cos \alpha_S.

Un objet qui, vu depuis un point de mesure, occupe un angle solide ΩS (en stéradians) avec une luminance L produit au point de mesure un éclairement L × ΩS sur un élément de surface perpendiculaire à la direction de la source.Si la source, ou l'objet, sont trop étendus pour qu'on puisse considérer qu'elle comporte un seul élément, visible sous un angle donné avec un angle d'éclairement donné, comme ce serait le cas par exemple pour une grande feuille de papier éclairée de près par un Tube_fluorescent, on divise les surfaces en éléments aussi petits que nécessaire, et on ajoute tous les résultats dans une opération d'intégration.

Sources orthotropes[modifier | modifier le code]

Une source lumineuse orthotrope répartit uniformément dans toute la demi-sphère face à lui tout le flux lumineux qu'elle émet. La loi de Lambert en découle : la luminance est égale dans toutes les directions à l'exitance divisée par π. Le corps noir est une source primaire orthotrope et le Soleil en est un assez bon exemple.

Les surfaces mates ou rugueuses peuvent souvent être considérées comme des sources secondaires orthotropes aussi appelées diffuseurs orthotropes : à l'inverse des miroirs, la part de réflexion spéculaire est négligeable devant la réflexion diffuse. Les particules diffusantes ne doivent pas avoir de forme régulière ou d'orientation privilégiée et doivent baigner dans un milieu de même indice de réfraction que le milieu extérieur, ce qui exclut les tissus et la certaines peintures[6]. Les surfaces ne renvoient qu'une fraction de la lumière qui les touche : elles présentent ordinairement un facteur de réflexion \rho variable selon la longueur d'onde du rayonnement (sa couleur). La luminance peut alors s'exprimer :

L = \frac{M}{\pi} 
= \frac{\rho \cdot E}{\pi}.

La luminance d'une surface d'un facteur de réflexion ρ illuminée avec un éclairement E est égale à ρ × E ÷ π.

Les cas plus complexes, tant en ce qui concerne la couleur que le brillant, sont des objets d'étude de la colorimétrie.

Diffuseur parfait[modifier | modifier le code]

Le diffuseur parfait est un modèle théorique correspondant à un diffuseur orthotrope qui renvoie la totalité du flux lumineux qu'il reçoit, alors \rho = 1. Il sert à définir le facteur de luminance.

Mesure de la luminance[modifier | modifier le code]

La mesure de la luminance peut être effectuée à l'aide d'un luminancemètre (en). Un capteur électronique convertit un éclairement reçu sur sa surface en signal électrique. À la différence des luxmètres qui captent la lumière provenant d'une demi-sphère, les luminancemètre ne prennent en compte que la lumière provenant d'une petite surface, dans un petit cône. Des filtres appropriés adaptent la sensibilité du capteur à celle de la vision humaine définie conventionnellement par l'observateur de référence[7]. L'éclairement reçu est proportionnel à la luminance de la surface visée.

En technique photographique l'équivalent de cet appareil s'appelle communément un spotmètre : il permet d'effectuer les réglages afin d'obtenir la bonne exposition pour une surface donnée. Les spectromètres peuvent aussi déterminer la luminance en pondérant la valeur radiométrique mesurée par bande fréquence au pas d'environ 0,5 à 1 nm selon la précision, à condition qu'ils n'interceptent qu'un petit cône de lumière..

Les premières mesures furent effectuées par comparaison à l'aide d' appareils optiques qui permettaient d'observer côte à côte une source à évaluer et une source de référence, en faisant varier la transmission de la lumière de l'une des deux : c'est de cette manière que la photométrie s'est établie dans ses débuts.

Ordres de grandeur et exemples[modifier | modifier le code]

  • Au niveau de la mer, par temps clair, la luminance énergétique du soleil est de 1,5×107 W⋅sr−1⋅m−2 et sa luminance visuelle vaut 1,5×109 cd⋅m−2.
  • Le phénomène d'éblouissement se produit principalement quand une surface très lumineuse de faibles dimensions se trouve isolée sur un fond de luminance beaucoup moindre ; mais une luminance au-delà de 10 000 cd⋅m−2 produit un éblouissement quelle que soit la surface, et au-delà de 30 000 cd⋅m−2, il y a un risque de lésion rétinienne (Sève 2009, p. 26).
  • La limite basse du niveau photopique correspondant à la vision diurne se situe entre 1 et 3 cd⋅m−2.
  • Les normes légales en France demandent qu'un plan de travail soit éclairé par 300 lux. Une feuille de papier blanc ordinaire, d'une réflectance de 0,4 et d'un brillant suffisamment faible pour qu'on la considère comme un diffuseur parfait, et ainsi que la loi de Lambert s'applique, a une luminance d'à peu près 40 cd⋅m−2.
  • La recommandation sRGB prévoit que la luminance (absolue) du blanc des écrans est de 80 cd⋅m−2 (IEC1966 v.2.1 1998 p. 6).

Luminance relative[modifier | modifier le code]

Dans de nombreux domaines on se contente de donner à la luminance une valeur relative à celle du blanc le plus clair[8],[9]. Pour les systèmes d'affichage (informatique, vidéo ou télévisuels), le blanc de référence prendra une valeur de luminance maximale. Pour les mesures par réflexion, c'est-à-dire sur des surfaces éclairées par une ou des sources primaires, la valeur maximale de la luminance est attribuée à la surface diffusante la plus blanche dont on dispose : partie blanche d'une mire, papier blanc vierge, etc.

Luminance en colorimétrie[modifier | modifier le code]

Du fait de la vision trichromatique de l'être humain, la description des couleurs repose sur trois caractéristiques dont l'une, dans de nombreux, cas décrit la luminosité de la couleur (luminance, clarté, valeur, intensité, etc.).

Plusieurs systèmes colorimétriques[note 3] utilisent la luminance comme l'une des trois caractéristiques des couleurs. Elle est noté Y dans le système CIE 1931 XYZ qui fut le premier à utiliser cette notion. Elle peut être définie de la même manière qu'en photométrie, mais, dans la plupart des cas pratiques, elle ne lui est égale qu'à un facteur près, essentiellement pour des raisons de simplification des mesures : il s'agit alors d'une luminance relative[8],[9] bien qu'elle soit nommée simplement « luminance ». En effet, généralement, la luminance est comparée à un blanc de référence, que ce soit le blanc le plus intense que l'on peut produire, celui renvoyé par une mire ou tout autre étalon colorimétrique.

Luminance des écrans[modifier | modifier le code]

En informatique, ou en vidéo, lorsqu'un utilisateur travaille devant son écran (infographie ou postproduction) la luminance permet de comparer la luminosité des différents points qui forment l'image par rapport aux valeurs extrémales du blanc et du noir. Étant donné que les utilisateurs peuvent travailler dans des ambiances ou avec des réglages différents, la valeur transmise est une luminosité relative sur l'échelle de celles que produit l'écran[10]. La luminosité relative est obtenue en prenant celle du blanc le plus clair du terminal comme unité de mesure. Elle correspond à un rapport de contraste non-linéaire. La luminance relative d'un point peut s'établir par une mesure de luminance, dont le résultat se divise par la luminance trouvée pour le blanc. Une fonction de puissance permet de passer de la luminance relative à la luminosité relative, toujours entre 0 et 1. Le voile (lumière parasite, (en) flare[11]) est la luminance de l'écran quand les trois canaux sont à zéro. Il vient en partie de l'écran, et en partie de l'éclairage autour de lui, dont la recommandation sRGB précise les valeurs. Le voile est négligeable pour les valeurs élevées de luminosité, mais important pour les zones les plus sombres.

En pratique la luminance d'un écran peut être modifiée globalement de façon proportionnelle à l'aide du réglage du contraste[12].

En infographie, selon le système utilisé[note 4], la luminosité (lightness) d'une couleur est associée à la lettre L ou V (pour valeur, value) : elle peut facilement être modifiée en agissant sur ce paramètre. On néglige l'influence de la luminosité sur la coloration (effet Bezold-Brücke). Le lien entre les composantes R, G et B de la couleur et la luminance varie d'un système à l'autre. En postproduction photographique, on peut s'aider d'un histogramme qui est la représentation graphique de la fonction discrète qui associe à chaque valeur de luminance le nombre de pixels prenant cette valeur.

Facteur de luminance des surfaces[modifier | modifier le code]

Le facteur de luminance est un élément de caractérisation des surfaces pour leur définition colorimétrique : il est le rapport de sa luminance à celle du diffuseur parfait éclairé et observé dans les mêmes conditions[13].

Indicatrice de luminance[modifier | modifier le code]

L'indicatrice de luminance, pour un élément de surface et un éclairage donnés, est l'ensemble des vecteurs dont le module est égal à la luminance de cette surface dans sa direction.

Pour un diffuseur idéal, quel que soit l'éclairage, l'indicatrice de luminance est égale pour toute les directions. Une surface brillante présente, en éclairage spéculaire, c'est-à-dire qui vient d'une seule direction, un pic dans la direction où la lumière est réfléchie.

Signal de luminance en vidéo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Signal vidéo.

Dans le domaine de l'audiovisuel, la luminance désigne la partie du signal vidéo qui transporte l'information de luminosité[14].

Le terme luminance s'emploie de manière approximative en vidéo et par voie de conséquence, pour les écrans d'ordinateurs. Le signal de luminance ne représente pas la luminance de l'écran, mais une grandeur plus proche de sa luminosité perçue, qui lui est reliée par une fonction non-linéaire (Poynton 2012, p. 122).

Le signal vidéo nécessite une information de luminance et deux informations de chrominance afin de reconstituer les trois couleurs primaires rouge, vert et bleu (RGB) de l'affichage couleur qui utilise le principe de la synthèse additive. Ce choix fut historiquement guidé par la nécessité d'assurer la compatibilité des téléviseurs noir et blanc lors de la naissance des standards NTSC, PAL puis SÉCAM[15], et après avoir observé que la vision humaine présente une sensibilité moindre à la couleur qu'à la luminosité[16],[17]. Cette dernière observation conduit dans de nombreux cas à sous-échantillonner le signal de chrominance.

Le signal de luminance Y est construit à partir des trois primaires R, G et B captées selon des coefficients dépendant de la norme utilisée. Après divers traitements effectués (corrections de défaut, accentuation des détails, etc.) par le processeur de signal numérique (DSP) de la caméra, les composantes subissent un correction gamma avant l'opération de matriçage qui construit les trois signaux.

Correction gamma[modifier | modifier le code]

Caractéristique de transfert et correction des tubes cathodiques
Article détaillé : Correction gamma.

Initialement, la correction gamma permet de compenser la non-linéarité des écrans à tube cathodique[18],[19] (CRT), En effet, la luminance d'un point de l'écran n'est dans ce cas pas proportionnelle à la tension qui lui est associée, elle est décrite par une fonction de la forme : L = k.V^\gamma avec \gamma \approx 2,2. Par conséquent, pour reproduire la luminance correcte, il faut compenser pour chaque composante R, G et B la tension qui lui est associée.

V =
 \begin{cases}
 1,099.L^{0,45}-0.099 & \text{pour}\ 1 \ge L \ge 0,018 \\
 4,500.L & \text{pour}\ 0,018 > L \ge 0 
 \end{cases}.
  • Selon la recommandation sRGB[20], la correction est effectuée par :
V =
 \begin{cases}
 1,055.L^{1/2,4}-0.055 & \text{pour}\ 1 \ge L > 0,0031308 \\
 12,92.L & \text{pour}\ 0,0031308 \ge L \ge 0 
 \end{cases}.

Avec :

  • L : luminance de l'image entre 0 et 1 pour chaque composante R, G et B ;
  • V : signal électrique associé entre 0 et 1.

Matriçage[modifier | modifier le code]

L'opération de matriçage peut ensuite avoir lieu. Il permet de construire les signaux de luminance Y' et de chrominance Cb' et Cr'

  • Selon les recommandations ITU-R BT 709, le signal de luminance est défini par :
Y' = 0.2126\cdot R' + 0.7152\cdot G' + 0.0722\cdot B'.
  • Selon la recommandation ITU-R BT 601, le signal de luminance est défini par :
Y' = 0.299\cdot R' + 0.587\cdot G' + 0.114\cdot B'.
R', G' et B' sont les signaux pré-corrigés.

Cette opération se justifie d'abord par des choix technologiques historiques. En télévision analogique, elle permettait aux récepteurs noir et blanc d'afficher l'image en n’utilisant que le signal de luminance ; les signaux de chrominance permettaient aux récepteurs couleur de reconstruire les composantes R, G et B quel que soit le principe d'affichage (CRT, LCD, projection, etc.).

Cette opération est toujours justifiée à l'heure actuelle car le signal de luminance occupe une place prépondérante pour la restitution de la qualité de l'image à diffuser car la vision humaine présente une sensibilité moindre à la couleur qu'à la luminosité[16],[21]. C'est pourquoi de nombreux standards numériques utilisent une structure d'échantillonnage 4:2:2 qui signifie que chaque signal de chrominance (2) contient deux fois moins d'informations que le signal de luminance (4) : le sous-échantillonnage de la chrominance permet de réduire le débit des données sans trop affecter la qualité perçue de l’image.

Normalisation du signal[modifier | modifier le code]

Les valeurs normalisées limitent la valeur de la tension du signal vidéo analogique entre 0 V pour le noir et 0,7 V pour le blanc. Les valeurs inférieures à 0 V et jusqu'à –0,3 V servent pour les signaux de synchronisation.

Pour le signal vidéo numérique, selon la recommandation ITU-R BT 709 (TVHD), le codage peut se faire sur 8 bits (de 0 à 255) ou 10 bits (de 0 à 1023). Sur 8 bits le noir est codé par la valeur 16, le blanc par la valeur 235. Sur 10 bits le noir prend la valeur 64 et le blanc la valeur 940.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BIPM, Principes régissant la photométrie, Sèvres, France, BIPM,‎ , 32 p. (lire en ligne)
  • Yves Le Grand, Optique physiologique : Tome 2, Lumière et couleurs, Paris, Masson,‎ .
  • Robert Sève, Science de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ , p. 308-311
  • (en) Jànos Schanda, Colorimetry: Understanding the Cie System, Wiley-Blackwell,‎ (ISBN 978-0470049044)
  • Jean Terrien et François Desvignes, la photométrie, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 1467),‎ , 1e éd.
  • Philippe Bellaïche, Les secrets de l'image vidéo, Eyrolles,‎ , 6e éd. (ISBN 2-212-11783-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. En informatique, on quantifie fréquemment une valeur comprise entre 0 et 1 sur un répertoire d'entiers de 0 à 2n − 1, pour un codage sur n bits.
  2. Le lumen est l'unité de flux lumineux, et 1 lm = 1 cd⋅sr.
  3. C'est le cas des systèmes colorimétriques CIE 1931 XYZ (2°) et CIE 1964 X10Y10Z10 (10°) où Y porte seule l'information de luminance, ou encore CIE 1960 UVW (aujourd'hui obsolète) et CIE 1976 U'V'W', ou la composante V et V' porte l'information de la luminance.
  4. Systèmes TSL, HSL, TSV, HSV.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Taillet, Loïc Villain et Pascal Febvre, Dictionnaire de physique, Bruxelles, De Boeck,‎ (ISBN 9782804102487, lire en ligne), p. 329
  2. a, b et c Terrien et Desvignes 1972, p. 17
  3. a et b BIPM 1983, p. 5 ; BIPM, Le Système international d'unités, Sèvres, France, BIPM,‎ , 8e éd., 92 p. (ISBN 92-822-2213-6, lire en ligne), p. 27
  4. Luminance sur le site de la Commission électrotechnique internationale.
  5. a, b et c [PDF] Jean-Louis Meyzonnette, Radiométrie et détection optique, Chapitre I Notions de photometrie, p. 17-19 (lire en ligne), sur le site BibSciences.org.
  6. Terrien et Desvignes 1972, p. 40.
  7. Terrien et Desvignes 1972, p. 125.
  8. a et b Poynton 2012, p. 258
  9. a et b Jànos Schanda 2007, p. 29
  10. (en) W3C, « Relative luminance », sur w3.org ; Poynton 2012, p. 258, 334.
  11. Commission électrotechnique internationale CEI 60050 « Vocabulaire électrotechnique international », section « Diffusion son, télévision, données », « 723-06-73 « (distorsion de) lumière parasite » », sur electropedia.org.
  12. (en) Charles Poynton, « “Brightness” and “Contrast” controls », http://www.poynton.com/,‎ (lire en ligne)
  13. Commission électrotechnique internationale, Commission internationale de l'éclairage, IEC 60050 « Vocabulaire électrotechnique international », Electropedia ; Sève 2009, p. 331, 177
  14. Bellaïche 2006, p. 37
  15. Bellaïche 2006, p. 201
  16. a et b Bellaïche 2006, p. 226
  17. Poynton 2012, p. 121
  18. Poynton 2012, p. 316
  19. Nicolas Vandenbroucke et Ludovic Macaire, « Représentation de la couleur en analyse d'image », Techniques de l'ingénieur, no S7602,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  20. (en) « sRGB », sur International Color Consortium (consulté le 22 avril 2015)
  21. Poynton 2012, p. 121