Le Vin des morts

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Le Vin des morts est le premier roman de Romain Gary.

Longtemps resté inédit, Le Vin des morts est publié aux éditions Gallimard en mai 2014[1], dans une édition établie et présentée par Philippe Brenot.

Ce roman de jeunesse est en réalité une œuvre maîtresse pour la compréhension de l'homme-Gary et un réservoir pour l'œuvre qui sera celle de Romain Gary. De nombreux passages du Vin des morts, écrit en 1937, se retrouvant de façon quasi littérale sous la plume d'Ajar en 1974. Philippe Brenot montre comment Romain Gary n'est pas simplement devenu Ajar, mais plutôt redevenu Roman Kacew, c'est-à-dire « lui-même »[2].

Histoire du manuscrit[modifier | modifier le code]

Écrit sous son nom de naissance, Romain Kacew, de 1933 à 1937[3], le manuscrit du Vin des morts fut donné en 1938 par Romain, en gage de son amour, à Christel Söderlund (elle sera Brigitte dans La Promesse de l'aube) qui le conservera avec elle, en Suède, jusqu'en 1992. Philippe Brenot, qui a alors acquis ce manuscrit, en comprendra progressivement l'importance et permettra sa publication (Gallimard, 2014) afin de mieux comprendre la vie et l'œuvre de Romain Gary.

Histoire narrée par Philippe Brenot dans Le Manuscrit Perdu, Romain Gary de Kacew à Ajar Edition L'Esprit du Temps

Le Vin des morts[modifier | modifier le code]

Le Vin des morts est l'histoire d'un jeune héros, Tulipe, qui cherche désespérément la sortie d'un souterrain peuplé de squelettes et qui prend conscience que le monde d'en bas, celui de la mort, n'est pas si différent que celui d'en haut, qui les retrouve toutes les turpitudes de la vie et les travers d'une bourgeoisie que dénonce avec violence le jeune Gary en germe dans ce premier écrit.

Importance de ce roman dans l'œuvre[modifier | modifier le code]

Romain Gary parle ouvertement de ce roman premier dans son autobiographie La Promesse de l'aube : « Je passai mon temps libre au café des deux garçons (à Aix-en-Provence) où j'écrivis un roman, sous les platanes du cours Mirabeau »[4], manuscrit qui fut alors refusé par plusieurs éditeurs dont Robert Denoël qui l'avait donné en lecture à la psychanalyste Marie Bonaparte. Romain Gary citera encore ce premier roman, à deux reprises, dans son testament littéraire, Vie et mort d'Émile Ajar, en précisant : « Car il se trouve que ce roman de l'angoisse, de la panique d'un être jeune face à la vie devant lui, je l'écrivais depuis l'âge de 20 ans… »[5] Romain Gary portera avec lui ce roman tout au cours de sa vie, « à travers guerres, vents, marées et continents » d'Afrique en Angleterre, en Amérique… Car il apparaît comme un laboratoire d'idées qui, au fil des romans, va nourrir l'œuvre garyenne. Gary empruntera des passages du Vin des morts pour Éducation européenne, premier roman publié sous son nom de plume, puis dans l'ensemble de son œuvre signée Ajar : Le Vin des morts contient la clé du premier roman signé Ajar, Gros-Câlin ; il contient déjà le trou juif de Madame Rosa de La Vie devant soi ; et enfin plusieurs passages du délire de Pseudo.

Le Vin des morts est une œuvre clé pour comprendre la vie et l'œuvre de Romain Gary, et surtout la trajectoire hors du commun de l'homme Gary.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. Gary, Le Vin des morts, Cahiers de la NRF, Gallimard, 2014.
  2. P. Brenot, Romain Gary, de Kacew à Ajar, L’Esprit du Temps, 2014.
  3. M. Anissimov, Romain Gary, le caméléon, Denoël, 2004, p. 121.
  4. R. Gary, La promesse de l'aube, Gallimard, Biblos, 1990, p. 735.
  5. R. Gary, Vie et mort d’Émile Ajar, Gallimard, 1981, p. 20-21.