Lento

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Lento
Vue de Lento
Vue de Lento
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Golo-Morosaglia
Intercommunalité Communauté de communes de Marana-Golo
Maire
Mandat
Adam Orsini
2014-2020
Code postal 20252
Code commune 2B140
Démographie
Gentilé Lentois
Population
municipale
113 hab. (2014)
Densité 4,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 22″ nord, 9° 16′ 57″ est
Altitude 550 m
Min. 131 m
Max. 1 469 m
Superficie 23,72 km2
Localisation

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Lento est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse. Le village appartient à la microrégion de la Custera.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Lento

Situation[modifier | modifier le code]

Lento se situe dans un territoire appelé jadis les Costiere devenus ensuite la piève de Bigornu. Celle-ci qui couvre la rive gauche de la basse vallée du Golo, comprenait les habitats de Bigorno, Lento, Campitello, Volpajola et Scolca.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

Rose des vents Piève Piève Piève
Bigorno
Rose des vents
Pietralba N Bigorno
O    Lento    E
S
Canavaggia Canavaggia, Castello-di-Rostino Bisinchi

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Lento fait partie de l'en « deçà des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'île par opposition au « delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest. La commune se trouve dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit au-delà du Golo, avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.

Son territoire s'étend au sud du massif de Tenda, sur la rive gauche du Golo jusqu'à une crête dont les plus hauts sommets sur la commune sont le Monte Reghja di Pozzo (1 469 m) et le Monte Sant'Anghjulu (1 389 m).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Au sud-est, le Golo traverse le territoire communal qu'il sépare de celui de Bisinchi. L'extrémité méridionale de la commune est longée par le ruisseau de Navetta[Note 1], affluent du Golo.

Le principal ruisseau de la commune est le ruisseau de Pidocchiosa qui alimente le ruisseau de Sanguinelli[1], affluent du Golo.

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Le tapis végétal est composé majoritairement de chênes verts et d'un haut maquis dense, depuis le fleuve jusqu'à l'étage des 600 m. Au-delà de cette limite, la végétation arborescente, qui se résume en quelques châtaigniers et bosquets de chêne, laisse place à des prairies rases et sèches dès l'été venu. Sur les hauteurs, la pierre schisteuse lustrée est à nu.

Voies de communication et transport[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Le village est desservi par la D5, partie de la route corniche des Costiere qui traverse tous les villages en surplomb du Golo sur sa rive gauche. Il y a également la route qui a été construite pendant la Seconde Guerre mondiale par les prisonniers allemands pour relier Ponte Novu, et Lentù. Elle permet un accès direct entre la T 10 située dans la vallée et la départementale. Reliant les deux métropoles de Corse que sont Ajaccio et Bastia, la T 10 longe le Golo durant la traversée de la commune.

Transports[modifier | modifier le code]

La voie ferrée de la CFC longe également le Golo durant la traversée de la commune. Toutefois il n'y a pas d'arrêts, les gares les plus proches étant à Barchetta (Volpajola) et à Ponte Novu (Castello-di-Rostino).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Les gens vivent groupés au village qui est bâti à plus de 600 m autour de son église Sainte-Marie-Madeleine restaurée, au pied du Monte Maggiore (Monte Maiò - 1 101 m) et du Monte Tasso (Monte Tassu - 1 372 m). De nos jours, les maisons ayant été crépies au XXe siècle, ont presque toutes perdu leur toit en lauze pour des couvertures de tuiles rouges. Néanmoins, de plus en plus de maison, le crépis étant abimé, retrouvent leurs pierres apparentes d'origine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Lento est surtout connu pour avoir été le site du campement de l'armée française lors de la bataille de Ponte Novu (1769) qui a marqué le début de l'entrée de la Corse dans le royaume de France.

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • -271 - Après s'être emparé de la Sicile, Carthage occupe la Sardaigne et la Corse.
  • -259 - Alalia est libérée par Rome. Carthage l'avait annexée en -280 contrairement aux accords de -508 (la Corse ouverte à tous). Mais très vite, Rome fait comprendre qu'il lui faut du blé, des esclaves et des mercenaires… Les Corses traités en vaincus et non en "libérés" s'insurgent et malgré quelques aides puniques ne peuvent que se faire massacrer : les deux tiers des Corses sont tués en un siècle !
  • -111, Rome pacifie la Corse exsangue et usurpe maints domaines, chassant les Vanacini de la plaine d'Orto, au sud de Mantinum (Bastia). À cette époque Rome crée de nombreuses localités : Mariana, Mercuri (Luri), Vicus Aureglianus (Rogliano), Tamarone, Minervio, Conchiglio, Nuntia (Nonza)… et organise l'île en environ 200 pièves. Vignes et blés remplacent maintes forêts[2].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle une lente et anarchique reconquête sur les Maures et leur roi Ferrandino est entreprise par Ugo Colonna, patricien romain nommé comte de Corse par le Pape. La féodalité apparaît vers 860. Amondo Nasica l'un des compagnons "mayençais" surnommés "les Français" car venus du royaume franc d'Austrasie, aide Ugo Colonna dans sa tâche. Il fonde la souche des Amondaschi seigneurs de Supietra-Omessa, puis Serravalle, Ferlaggia. Les Amondaschi dominaient un vaste territoire de l'île comprenant Casacconi, Rustinu, Giovellina, Niolu, Talcini, Venaco, Casinca, Marana et Costiere.

Les Costere, qui comprenait la communauté de Lento, étaient une pieve s'étalant entre une ligne de crête partant de Monte Reghia di Pozzo (1 469 m) jusqu'à Pointe d'Evoli (1 151 m), et le lit du Golo, depuis la basse vallée de l'Asco à l'ouest jusqu'à Vignale à l'est.

Au XIIe siècle, les Costiere ainsi que l'Orto et la Marana, sont administrées avec l'aide de Pise par les de Bagnaria, une puissante famille enrichie dans le commerce (vins, bois, poissons de Chiurlino) qui les avaient promus seigneurs en 1130.

Entre le 28 juillet et le 5 août 1289 sont désignés les gonfaloniers de plusieurs pièves. Brunum de Casseta est celui de la piève de Bigorno et de Biguglia.

« Ces magistrats, désignés par l'autorité génoise, devaient donc être des responsables politiques de la communauté, voire des responsables militaires. Néanmoins, à notre connaissance, en Corse, la piève n'est jamais appelée iudicaria. »

— Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte militaire concernant le secteur du Tenda en 1768

Lento faisait partie de la pieve de Bigornu qui, vers 1520, avait pour lieux habités : Lento, lo Pogio, la Ficagiola, San Marcello, le Tegie, Campitello, lo Panicale, lo Bagnolo, la Volpajola, lo Carcheto, l’Erbagio, la Scolca.

En 1564, dans une bataille contre les troupes françaises du général général De Thermes ayant sous ses ordres des officiers corses dont le colonel général du régiment royal corse Sampiero d'Ornano dit Sampiero Corso, le général génois Negri fut blessé. Réfugié dans l'église de l'Annonciation à Volpajola, il y fut achevé d'une balle par un volontaire corse.

En 1565 s'ensuivit une expédition punitive, dirigée par Étienne Doria le nouveau gouverneur nommé par Gênes. Celui-ci saccagea et brûla une partie de la piève de Bigornu dont les villages de Volpajola et de Lento.

Au XVIIIe siècle la pieve qui a pour nom Bigornu, sera renommée pieve des Costere (Custera ou Costiere) lorsque la Corse passe sous administration française en 1769.

Le 7 mai 1769, au lendemain de la reddition de la piève de Bigornu, le Comte de Vaux qui commandait le corps expéditionnaire français envoyé par Choiseul pour mater la rébellion et soumettre la Nation corse à l'obéissance, investit le village et y établit son quartier général. Ses troupes s'installent sur la commune, à la chapelle San Cipriano et à la chapelle San Cervone, avant de livrer combat et remporter la bataille de Ponte-Novo le 8 mai 1769.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, Lento a fourni plusieurs officiers à l'armée coloniale.

En 1954, le canton de Campitello était composé avec les communes de Bigorno, Campitello, Canavaggia, Lento, Scolca et Volpajola. Lento comptait alors 512 habitants.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Adam Orsini DVG Professeur de sport
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[4],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 113 habitants, en diminution de -2,59 % par rapport à 2009 (Haute-Corse : 5,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
475 519 417 424 550 552 540 560 565
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
540 538 521 573 472 565 531 557 544
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
529 557 534 539 528 508 503 512 207
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014 -
156 143 162 76 91 116 116 113 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Il y a un bâtiment à Lentu aujourd'hui appelée « groupe scolaire » mais plus aucun cours n'y ont lieu depuis les années 80. Les enfants suivent donc un enseignement primaire, et secondaire dans la vallée, et l'enseignement universitaire le plus proche est à Corte.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

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À Lento, l'été, période durant laquelle la population du village est la plus nombreuse, deux grandes fêtes rassemblent tous ses habitants.

  • Le 22 juillet, une messe est célébrée pour la Sainte Marie-Madeleine dans l'église du même nom; suivie d'une procession dans le village, durant laquelle la statut de la sainte est portée au devant de la procession.

Il y a ensuite, dans chaque foyer et au bar également, un festin rassemblant les familles du village.

  • Le 16 août, lendemain de l'Assomption, fête nationale corse, qui rassemble de nombreux villageois, la Saint Roch, patron des bergers, provoque l'affluence pour la célébration eucharistique, également suivie d'une procession, jusqu'à la chapelle Saint Antoine, située dans le haut du village, avec la statut devant.
  • Il y a aussi fin août, la célébration en avance de la Saint Cyprien, dans la chapelle située sur le long de la route reliant Ponte Novu et Lentù, mais en raison de la distance, et de la date (la plupart des vacanciers étant repartis), celle-ci rassemble moins de villageois.

Santé[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Sainte-Marie-Madeleine, récemment restaurée.
  • Chapelle San Cipriano
  • Chapelle San Antonio
  • Chapelle San Cervone
  • Le monument aux morts

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

La commune est concernée par une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de 2e génération :

Massif du Tenda et Monte Astu

La zone concerne dix communes. Son périmètre est fixé sur la crête du massif de Tenda et s’étend plus ou moins de part et d’autre. Le massif du Tenda situé dans le nord de l'île, assure la transition entre la chaîne du Cap Corse et celle de San Petrone en Castagniccia[7].

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Sites d'Intérêt Communautaire (Dir. Habitat)
Massif du Tenda et forêt de Stella
Le massif du Tenda et forêt de Stella abrite un SIC de la directive "Habitats, faune, flore", d'une superficie de 3 056 ha, représenté par une végétation et une flore très originale, spécifique à cette région. Il est inscrit à l'Inventaire national du patrimoine naturel sous la fiche FR9400598 - Massif du Tenda et forêt de Stella[8].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • François-Antoine Gaffori, dit Gafforiu, fils de Jean-Pierre (Corte 1744-1796). Capitaine des milices de Pascal Paoli (1744), il fit partie du Conseil suprême de la Nation corse (1767) et participa à la bataille de Borgo (1768). En 1769, chargé de la défense de Lentu, il laissa passer les Français. Il en fut récompensé avec les galons de major dans la Légion corse du marquis d’Arcambal (1773) puis ceux de colonel à la tête du Régiment provincial (1777). En 1774 il avait participé à la fameuse répression du Niolu. En 1778, il était général de brigade. Opposé à la Révolution française, il émigre en Italie sous la Convention, et, rappelé par Sir Gilbert Elliot, rentre en Corse à l’époque du gouvernement anglo-corse pour mourir l’année suivante[9].
  • Paul-Mathieu Novellini (Lentu 1831 - Aiacciu 1921). Peintre.
  • Marie Ferranti (née en 1959 à Lento, sous le nom de Marie-Dominique Mariotti). Écrivain français, elle vit et écrit à Saint-Florent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le ruisseau de Navetta prend sa source sur Canavaggia où il porte le nom de ruisseau de Canavaggia
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]