Bataille de Ponte Novu

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Bataille de Ponte Novu
Ponte novu
Ponte novu
Informations générales
Date 8 au 9 mai 1769
Lieu Ponte Novu, Castello-di-Rostino
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Flag of Corsica.svg République corse
Commandants
Noël de Jourda, comte de Vaux Pasquale Paoli
Charles Bonaparte
Forces en présence
5 000 hommes 1 200 à 2 500 hommes
Pertes
400 à 800 morts 500 à 1000 morts
Batailles
Guerres d'indépendance corse

Vescovato (1564) · Calenzana (1732) · Furiani (1763) · Traité de Versailles (1768) · Borgo (1768) · Ponte Novu (1769) · Farinole (1793) · Saint-Florent (1794) · Bastia (1794) · Calvi (1794) · Traité de Bastia (1814)

Coordonnées 42° 29′ 06″ N 9° 16′ 48″ E / 42.485, 9.2842° 29′ 06″ Nord 9° 16′ 48″ Est / 42.485, 9.28

Géolocalisation sur la carte : Corse

(Voir situation sur carte : Corse)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Ponte Novu.

La bataille de Ponte-Novu, qui eut lieu du 8 au 9 mai 1769, est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli — composées de Corses et de mercenaires allemands — et les armées du roi de France, Louis XV aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse.

Préambule[modifier | modifier le code]

Après la défaite subie à Borgo Louis XV changea sa tactique : il tenta d'abord, à plusieurs occasions et sans succès, de faire assassiner Pascal Paoli et essaya de corrompre certains de ses lieutenants ; puis, sous le commandement du comte de Vaux, il envoya un corps expéditionnaire de 22 000 hommes avec une artillerie nombreuse.

Du côté Corse, l'armée nationale pouvait compter sur 20 000 hommes, dont des mercenaires prussiens et suisses mais avec très peu de canons.

Afin d'en finir avec le gouvernement rebelle corse de Pascal Paoli, le commandement français décide de se porter sur Corte en passant par le passage du Golo à Ponte Novu.

Prélude[modifier | modifier le code]

Le comte de Vaux décide d'engager dans cette action 15 000 hommes. Du 1er au 4 mai il met en place son dispositif. Alors qu'il commande la force principale, au centre, son aile droite est commandée par le colonel d'Arcambal[1],[2] et son aile gauche est sous le commandement de Marbeuf.

Le 5 mai, les opérations débutent par la prise de Murato et San Nicolao brisant ainsi les défenses corses du Nebbio. Pendant ce temps, Marbeuf prend Borgo et franchit dans le mouvement le Golu.

Le 6 mai, les troupes françaises prennent la Custera.

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

Le 7 mai, après avoir pris Santo Pietro et Lento le comte de Vaux y installe son quartier général.
Pendant ce temps, 2 000 hommes des troupes Corses, dont des mercenaires prussiens et suisses, sous le commandement d'Antoniu Gentili, se positionnent à Ponte Novu pour bloquer la progression des troupes françaises[3].

Le 8 mai, voulant reprendre Lento aux Français, Pascal Paoli décide d'attaquer le village de 3 côtés. Les troupes commandées par Pietro Colle mènent l'attaque principale vers Tenda et Lento dans la vallée du Golo où sont stationnées les troupes du comte de Vaux. Après un premier assaut acharné, les troupes françaises plient, les troupes corses progressent. Les renforts français venus de Lento et Canavaggia repoussent les troupes corses. Une contre attaque française oblige les Corses à se retirer, en ordre, sur la rive droite du pont, côté Rostino, où 1 200 soldats français avaient déjà pris place sur les hauteurs.
Assaillit de tous côté, les Corses tentent alors de repasser sur l'autre rive, mais dans le désordre mêlée à la confusion dans le commandement, les troupes en retraites de Pietro Colle se font tirer dessus par les mercenaires prussiens chargés de défendre le pont.
Assaillit d'un côté par les Français et empêchées de l'autre de passer le pont, les troupes corses sont laminées.

Voltaire, dans Le Précis du Siècle de Louis XV (1ère édition en 1768)[4], écrit, admiratif, à l'occasion de ce combat :

« L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

Pourtant les combats ne cessèrent pas après cette bataille. D'autres combats acharnés eurent lieu comme, du 1er au 5 juin, dans la région de Vico entre les troupes de Clemente Paoli et celles du comte de Narbonne[5], commandant militaire d'Ajaccio. Dans la même période, les Corses s'opposèrent vainement, à l'avance des troupes Françaises comme dans le Fiumorbo ou à Vivario.

Les Français cherchaient à capturer Pascal Paoli, qui réussi à s'échapper, avec 300 fidèles, en s'embarquant à Porto-Vecchio le 13 juin 1769 pour Livourne.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Suite à cette défaite, Paoli prendra le chemin de l'exil. Il faut noter que dans les mois qui suivirent près d'une centaine de familles corses, parmi les plus influentes, furent anoblies par Louis XV, dont la plupart de celles qui avaient participé à la bataille aux côtés de Paoli (l'exemple des Buonaparte est le plus connu). Ponte Novu marque la fin de l'indépendance paoliste, qui aura donc duré quatorze ans, de 1755 à 1769. Ainsi s'achève le rêve d'un royaume corse indépendant, doté d'une constitution, d'un drapeau (qui précède notamment le drapeau tricolore), de sa monnaie, son armée, sa marine, son université où sont admis des boursiers sélectionnés selon leurs mérites, et où, sous conditions d'être chef de famille, les femmes avaient le droit de vote - lorsque aucun peuple européen, sans distinction de sexe, ne disposait encore de ce droit. Pour ses réalisations, Paoli, ainsi chu à Ponte Novu, bénéficia de nombreux témoignages d'admiration et demeure connu, aux États-Unis en particulier, comme l'un des principaux inspirateurs de la déclaration d'indépendance de 1776 et de la constitution américaine.

La bataille d'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui encore, la bataille de Ponte Novu est commémorée chaque année avec ferveur, et donne le plus souvent lieu à des reconstitutions en costumes d'époque. D'aucuns trouvent curieux que les patriotes Corses ou déclarés tels célèbrent une défaite aux effets radicalement destructeurs pour une nation qui avait déjà pris corps à la suite de la première déclaration d'indépendance opérée le 30 janvier 1735, avec l'aval des autorités religieuses locales (ceci à la suite d'une dispute théologique ayant duré quatre ans, de 1731 à 1735). A l'exception de l'éphémère royaume anglo-corse de 1794, la Corse n'a pas regagné son indépendance depuis. D'autres objectent que ces commémorations rappellent que l'histoire s'est arrêtée là, et c'est là qu'elle reprendra.

Le pont génois (ci-contre) reliant les deux rives du Golo à Ponte Novu, lieu d’affrontement direct entre troupes paolistes composées de corses et de mercenaires prussiens, et les armées françaises auxquelles se rallient néanmoins de nombreux combattants corses notamment des familles Boccheciampe d'Oletta, Casabianca de Vescovato, Rossi d'Ajaccio (…) a été détruit durant la Seconde Guerre mondiale. Il est aujourd'hui, pour tous les Corses, le symbole d'une résistance héroïque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Joseph d'Eslacs du Bouquet, marquis d'Arcambal
  2. La Légion d'ARCAMBAL ou Légion CORSE 1769-1775
  3. Dictionnaire historique de la Corse par Antoine Laurent Serpentini
  4. Chapitre XL (p.355), De la Corse, ajouté en 1769.
  5. Jean-François Pelet comte de Narbonne-Pelet-Fritzlar également appelé Jean-François Narbonne-Pelet-Fritzlar. Il fut lieutenant-général des armées du Roi et gouverneur de la Corse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Pomponi (sous la direction de), Le Mémorial des Corses, t. 2, SARL Le Mémorial des Corses, Ajaccio, 1981.
  • Dalisu Paoli - Roccu Multedo, Pontinovu : Campagne du Comte de Vaux, Cismonte è Pumonti Edizione, Nucariu, 1988.