Laurent de Wilde

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Laurent de Wilde
Description de l'image Laurent_de_Wilde_portrait.jpg.
Informations générales
Naissance
Washington
Genre musical Jazz
Instruments piano
Labels Gazebo
Site officiel http://www.laurentdewilde.com

Laurent de Wilde, né en 1960 à Washington, est un pianiste de jazz, compositeur et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né en 1960 à Washington[1] et vivant en France à partir de 1964[1], il intègre l’École normale supérieure[1] en 1981, section philosophie. En 1983, à l’occasion d’une bourse d’études musicales, il se rend à New York[1] au Brooklyn campus de l’université de Long Island. À l’expiration de sa bourse six mois plus tard, il décide de s’installer à New York. Avec les encouragements et les conseils de ses aînés, il se produit en ville et entre dans le groupe du trompettiste Eddie Henderson.

Premiers enregistrements[modifier | modifier le code]

En 1987, il enregistre le premier d’une série de quatre disques pour Ida Records Off The Boat avec Eddie Henderson et Ralph Moore, auxquels se joignent à la basse Ira Coleman et Billy Hart à la batterie. En 1989, paraît Odd And Blue avec Coleman et Jack DeJohnette à la batterie. En 1990, Colors of Manhattan, avec Coleman, Henderson et le batteur Lewis Nash. Laurent de Wilde revient à Paris pour s’y installer mais retourne à New York en 1992 enregistrer un album en trio, Open Changes, avec Coleman et Billy Drummond à la batterie. Le succès de ce disque lui vaudra en 1993 le prix Django-Reinhardt[1],[2], récompensant le meilleur musicien de l’année. Il partage alors son temps à Paris entre sa carrière de leader et celle d'accompagnateur auprès de Barney Wilen, Aldo Romano et André Ceccarelli.

En 1995, il signe et enregistre pour Sony Jazz The Back Burner. En 1996 paraît dans la collection « L’Arpenteur » de Gallimard sa biographie de Thelonious Monk, l’un des pianistes les plus célèbres et les plus controversés de l’histoire du jazz. L’ouvrage rencontre un succès immédiat[réf. nécessaire] et entrera en octobre 1997 dans le catalogue permanent de la collection Folio. Il reçoit en 1996 le prix Charles Delaunay du meilleur livre sur le jazz ainsi que le prix Pelléas[3]. Cet ouvrage a été traduit et publié à New York, Londres, Tokyo Barcelone et Milan.

En 1997, Laurent de Wilde sort son album en trio et quartet chez Sony Jazz, Spoon-a-Rhythm (calembour sur le mot anglais « spoonerism » qui signifie « contrepèterie »), qui lui vaudra une récompense aux Victoires du jazz 1998 comme nouvel artiste jazz de l’année[réf. nécessaire]. Son trio tournera intensément en Europe, aux États-Unis et au Japon pendant plus de deux ans.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Laurent de Wilde s’intéresse alors à la révolution électronique qui, selon lui, redéfinit radicalement le jazz contemporain[réf. nécessaire]. Il entre dans le groupe d’Ernest Ranglin, père fondateur du reggae jamaïcain et multiplie les rencontres avec des univers musicaux aussi variés que Samia, Cosmik Connection ou Roudoudou.

Il en résulte un album qui, en rupture avec les formations acoustiques précédemment enregistrées, revendique un jazz en mutation : Time For Change (Warner Jazz, 2000). Le groupe (composé de Flavio Boltro, Gaël Horellou, Minino Garay, Jules Bikoko et Stéphane Huchard) donnera plus d’une centaine de concerts en France et à l’étranger. Enrichi de cette expérience, Laurent de Wilde entre à nouveau en studio en 2002 et enregistre Stories, paru au printemps 2003. Ce nouveau groupe, qui accueille DJ Ben aux platines et Julien Charlet à la batterie, tournera toute l’année. Durant cette même période, Laurent de Wilde réalise l’habillage musical des programmes pour enfants sur France 3, T O 3 et compose la musique de plusieurs longs métrages télévisés pour TF1 et France 2[réf. souhaitée].

À l'automne 2004, avec une nouvelle formation, Organics, Laurent de Wilde enregistre un nouvel album paru en octobre chez Nocturne. Le groupe est composé de Gaël Horellou au saxophone et machines, Philippe Bussonnet à la basse et Yoann Serra à la batterie. Cette même année, de Wilde collabore avec André Ceccarelli (Dreyfus), Eddie Henderson (Marge) et Rick Margitza (Nocturne).

En février 2006, Laurent de Wilde se tourne à nouveau vers le trio acoustique avec Laurent Robin (batterie) et Darryl Hall (basse). Il en résulte un album riche et rythmé, The Present (Nocturne). Au printemps, Laurent rencontre Abd Al Malik, pour lequel il est sideman et arrangeur de 2006 à 2008[4].

Entre deux tournées, Laurent de Wilde profite de ce répit pour confronter les deux mondes qu’il parcourt depuis vingt ans et enregistre la rencontre d’un piano acoustique et d’un ordinateur. Sous forme d’un duo avec Otisto 23, Laurent de Wilde produit des sons issus de son piano, avec ou sans clavier, sons qu’Otisto enregistre à la volée pour les mettre en boucle, les traiter et construire la musique en avançant au gré des propositions du piano ou de l’ordinateur. L’album, PC Pieces parait chez Nocturne en septembre 2007 et se présente sous forme d’un petit livre dans lequel Laurent raconte le long chemin aboutissant à ce disque. À l’intérieur, un Dualdisc propose la musique sur une face et de la vidéo sur l’autre : des clips synchrones à la musique et une captation de concert.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Photo de pochette pour Over the Clouds.

En 2010, le projet perdure et un deuxième volume paraît. Intitulé FLY ! l’album est issu des expériences de tournée et des découvertes sonores du groupe. La formation s'enrichit sur scène de la présence du vidéaste Nico Ticot (XLR Project).

Entre-temps, Laurent de Wilde réalise et tourne avec le projet jazz de Diane Tell autour de Boris Vian (Dr Boris and Mister Jazz, Celluloïd). Il produit quatre volumes de contes d'Afrique avec Souleymane Mbodj pour les éditions Milan et publie des nouvelles (Jazz Me Blue, 2009, Au Duc des Lombards, 2010) tout en participant à la coécriture et présentation d’un documentaire pour Arte autour de Thelonious Monk et du livre qu'il lui a consacré.

Fort du succès de la première diffusion de Monk par Arte, de Wilde est de nouveau sollicité pour la coécriture et la présentation de l'épisode de la série produite par Zadig productions : Mingus. Simultanément, et sous la houlette du festival de Coutances Jazz sous les pommiers, Laurent de Wilde et le comédien Jacques Gamblin présentent - avec un sextet formé par Laurent de Wilde pour l'occasion comprenant Alexandre Tassel, Guillaume Naturel, Jérôme Regard, Donald Kontomanou et DJ Alea - un spectacle de lectures musicales autour de textes de Sartre, Gerber, Carles et Comolli, Hancock, Gamblin et de Wilde, entre autres.

Laurent de Wilde et Ray Lema en 2016.

Laurent de Wilde publie son disque Over the clouds, en trio acoustique en avril 2012. Il y est rejoint par Ira Coleman à la basse et Clarence Penn à la batterie. La session d’enregistrement a lieu à Paris en janvier 2012. L’album remporte depuis tous les suffrages : Choc et choc de l'année de Jazz Magazine/Jazzman, 4 clés Télérama[5]...

En 2016 parait Riddles album sur lequel les deux pianistes Ray Lema et Laurent de Wilde imaginent de jouer sur 2 pianos « le moins de notes possible et juste les bonnes[6]. » Leur projet prend toute sa mesure en concert et on retrouve le duo très régulièrement sur scène.

En 2017, à l'occasion du centenaire de la naissance de Thelonious Monk et vingt ans après la publication de Monk, paraît New Monk Trio, un disque en trio en hommage au pianiste. Accompagné de Jérôme Regard et de Donald Kontomanou, Laurent de Wilde y revisite le répertoire de Monk : « Modifications du tempo original, altération des formes, éclatement des harmonies, rapprochement de plusieurs mélodies dans un seul morceau furent quelques-uns des outils à ma disposition[7]. »

Discographie[modifier | modifier le code]

En tant que leader ou co-leader[modifier | modifier le code]

New Monk trio

En tant que sideman[modifier | modifier le code]

Avec Barney Wilen
  • 1992 : Essential Ballads (Ida)
  • 1994 : Talisman (Ida)
  • 1999 : The Osaka concert (Trema)
Avec Philippe Laudet
  • 1994 : Beautiful love (Djaz records)
Avec Gilles et Guillaume Naturel
  • 1995 : Naturel (Jms)
Avec Lee Konitz
  • 1997 : Dig dug dog (Sony Japan)
Avec Michael Franti, Finley Quaye, Ernest Ranglin
  • 1998 : Red hot and rhapsody (Verve)
Avec Cosmik connection
  • 2001 : Cosmik connection : II (La baleine)
Avec Roudoudou
  • 2001 : Just a place in the sun (Delabel)
Avec Christophe Rime
  • 2003 : Heavy loud funk menuet (Night and day)
Avec Dj Ben
  • 2003 : B-komin (Infra tunes)
Avec Rick Margitza
  • 2004 : Bohemia (Nocturne)
Avec Eddie Henderson
  • 2004 : Echoes (Futura marge)
Avec André Ceccarelli
  • 2004 : Carte blanche (Dreyfus jazz)
Autres
  • 2002 : Fillet of soul (Nocturne)
  • 2005 : Fillet of soul, vol.2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Biographie de Laurent de Wilde », sur laurentdewilde.com (consulté le 11 octobre 2017).
  2. a et b « Palmarès 1993 du prix Django-Reinhardt », sur academiedujazz.com (consulté le 11 octobre 2017).
  3. a et b « Monk de Laurent de Wilde », sur gallimard.fr (consulté le 11 octobre 2017).
  4. Annie Yanbékian, « Le pianiste Laurent de Wilde nous invite «Over the clouds» », sur culturebox.francetvinfo.fr, (consulté le 19 octobre 2017).
  5. « Page d'Over the clouds », sur laurentdewilde.com (consulté le 11 octobre 2017).
  6. Laurent de Wilde, notes de pochette de l'album Riddles, 2016.
  7. Laurent de Wilde, notes de pochette de l'album New Monk Trio, 2017.
  8. Frédéric Mitterrand, « Nomination ou promotion dans l'Ordre des Arts et des Lettres, », sur france-phaleristique.com, (consulté le 11 octobre 2017).
  9. « Palmarès 2017 - Académie du jazz », sur www.academiedujazz.com (consulté le 30 janvier 2018)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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