Aldo Romano

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Aldo Romano
Description de l'image Aldo Romano.jpg.
Informations générales
Naissance (79 ans)
Belluno (Vénétie)
Genre musical Jazz. Avant-garde jazz, Jazz fusion, Rock
Instruments batterie, chant
Labels Blue Note Records, Disques Barclay, Disques Dreyfus, ECM, Enja Records, Fontana Records, Impulse!, Label Bleu, Mercury Records, Naïve Records, Philips, Phonogram, PolyGram Music, Pygmalion Records, RCA Italiana, RCA Victor, Universal Music France, Universal Music Group, Verve Records

Aldo Romano est un batteur et, dans une moindre mesure, chanteur de jazz italien né à Belluno le et émigré très jeune en France avec ses parents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aldo Romano naît le à Belluno[1]. Il émigre en France avec ses parents, à l'âge de six ans, en 1947[2].

Ouvrier carreleur le jour, Aldo Romano danse au Tabou et au Caveau de la Huchette la nuit, à la fin des années 1950[3],[2]. Il apprend la batterie en 1961, après avoir étudié la guitare, il joue dans différents styles, avec de nombreux musiciens, parmi lesquels Bud Powell, Jackie McLean, Johnny Griffin, Gordon Beck, Dexter Gordon ou encore Keith Jarrett.

En 1974, Jasper van't Hof fonde le groupe Pork Pie, avec Philip Catherine à la guitare, Charlie Mariano au saxophone, Aldo Romano à la batterie et Jean-François Jenny-Clark à la contrebasse. Ils font paraître deux albums, dont Transistory qui sort en 1974. Aldo Romano a aussi collaboré au Zhivaro, un collectif de musiciens fondé en 1987. Il est parmi les artistes programmés et engagés par Jazz 70, une association française créé en 1970 et basée à Nîmes.

Il a toujours conservé des liens étroits avec le jazz italien, collaborant dès les années 1960 avec Enrico Rava notamment, ou plus récemment dans la période 1987-1993, lorsqu'il réunit une formation entièrement italienne, avec Paolo Fresu, Franco D'Andrea et Furio Di Castri (it), avec lesquels il enregistre les disques Ritual, To Be Ornette to Be, Dreams and Waters et Non Dimenticar. Il fait paraître en 1978 son premier album, Il Piacere, sous son propre nom[2].

Jazz et Afrique[modifier | modifier le code]

Il est surtout connu aujourd'hui grâce au trio qu'il forme en 1995 avec Louis Sclavis et Henri Texier. Après un voyage en Afrique en compagnie du photographe Guy Le Querrec, ils publient un premier album : Carnet de routes, devenu un album essentiel du jazz français[4]. À la suite d'un autre voyage, quelques années plus tard, ils publient Suite africaine[5]. Un troisième album, African Flashback, sorti à la fin du 2005, complète cette série[6].

En 1995 Aldo Romano fonde le quartet mythique « Palatino » du nom du train de nuit qui reliait Paris à Rome ; la singularité de cette formation est de se dispenser du piano. Il est accompagné de Michel Benita à la contrebasse, de Glenn Ferris au trombone et de Paolo Fresu à la trompette. Trois albums, entre 1995 et 2001 et un retour sur scène, en 2011, qui donnera le live Back in Town.

Aldo Romano a également chanté et, sous les encouragements de Francis Dreyfus, fait paraitre en un album intitulé Aldo Romano chante qui ne rencontra cependant pas de succès[2].

Il est aussi un proche ami de Claude Nougaro – chez qui il a vécu deux ans, dans les années 1990[2] – pour qui il a écrit une quinzaine de chansons et à qui il a dédié un album Threesome en .

Le , il participe au Sunside à un hommage à Michel Petrucciani, avec Franck Avitabile au piano, Diego Imbert à la contrebasse et Olivier Ker Ourio à l'harmonica. Au répertoire de ce concert figure le titre Pasolini, composé par Aldo Romano après que le corps du cinéaste Pier Paolo Pasolini a été découvert sur la plage d'Ostie le . Au sujet de ce titre, Aldo Romano déclare : « Si la mélodie est joyeuse, c'est qu'elle évoque le souvenir de l'homme et pas celui de sa mort ».

Aldo Romano est parrain du festival Jazz à Porquerolles depuis sa création, en 2002.

Activité politique[modifier | modifier le code]

Aldo Romano était une des personnalités signataires en 1990 de « L'appel des 250 »[7], acte fondateur de Ras l'front, un réseau associatif français ayant pour but de lutter contre le Front national et ses idées. Cette association semble avoir perdu la plupart de ses militants et, en 2008, le réseau Ras l'front était en grande partie dissous[8].

Live[modifier | modifier le code]

Festivals de jazz
Clubs de jazz
Théâtres
Autres

Discographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Aldo Romano, Ne joue pas fort, joue loin. Fragments de jazz, Éditions des Équateurs, , 191 p. (ISBN 978-2-84990-332-2)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le musicien qui remporte ce prix reçoit 200.000 couronnes danoises et une sculpture en bronze de Jørgen Haugen Sørensen.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Romano Aldo », sur universalis.fr (consulté le 18 août 2019).
  2. a b c d et e Jean-Yves Dana, « La jeunesse retrouvée d’Aldo Romano », La Croix, 9 mai 2013.
  3. Jazzman, avril 2004, propos recueillis par Renaud Czarnes.
  4. Louis Victor, « Carnet de Routes : les 20 ans d'un album culte du jazz français », Télérama, 3 mars 2015.
  5. Lire Arnaud Robert sur Suite Africaine : « [...] Louis Sclavis tient sa clarinette ou son sax soprano comme un sceptre envoûté. Le son vole et parcourt l'espace. Au-delà des intentions. Ses barrissements ne ressemblent pas à ceux du jazzman émancipé, ils effraient comme le rhombe dans le bois sacré. De même pour Aldo Romano et Henri Texier qui tissent une relation fébrile, tortueuse. Comme si ces musiciens et, a fortiori, ce photographe s'acharnaient en vain à rendre les bruissements africains qui bousculent leur tête. » Arnaud Robert, « Disque: Aldo Romano, Louis Sclavis, Henri Texier: Suite Africaine », sur www.letemps.ch, (consulté le 14 septembre 2020).
  6. Lire Valérie Nivelon sur African Flashback : « [...] Cette fois, ce n'est pas l'idée de reprendre la route qui a dominé, mais plutôt celle de clore le triptyque, sans se répéter. Et c'est encore Guy Le Querrec qui a trouvé le motif : ses trente ans de reportages photographiques en Afrique. Le photographe a sorti ses cartons de rouleaux et ses planches contacts, pour se plonger dans son Afrique en noir et blanc. Il a retenu et proposé quatre images à chacun des musiciens, sources d'inspirations pour autant de compositions. » Valérie Nivelon, « Henri Texier, Aldo Romano et Louis Sclavis », sur musique.rfi.fr, (consulté le 14 septembre 2020).
  7. Collectif, « Deux cent cinquante intellectuels et artistes appellent à la "résistance" contre le Front national », sur lemonde.fr, (consulté le 18 septembre 2020)
  8. Lire Michel Contat sur Aldo Romano : « [[...] Lui qui a quitté l'école à 14 ans est sans doute, de tous les jazzmen de sa génération, celui qui a le plus lu. Sa culture littéraire, sa curiosité pour les expériences spirituelles, son intérêt pour la philosophie, la psychanalyse, la politique, ses engagements de musicien socialement conscient et politiquement peu correct, c'est-à-dire réfractaire aux partis, son intransigeance esthétique et la variété de ses goûts et son humour lui ont donné dans le milieu musical une figure de patriarche de la juvénilité. » Michel Contat, « Le free de la passion », sur www.telerama.fr, (consulté le 14 septembre 2020).
  9. (it) « Istituto Italiano di Cultura di Parigi - Festival di musica italiana - Top Jazz : Aldo Romano in concerto con Michel Benita e Dino Rubino », sur iicparigi.esteri.it, (consulté le 14 septembre 2020).
  10. Ne joue pas fort, joue loin d'Aldo Romano sur le site des éditions des Équateurs.

Liens externes[modifier | modifier le code]