La France renaissante

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La France renaissante
La France renaissante avec metro ligne 6.jpg
La France renaissante avec la ligne 6 du métro de Paris en arrière-plan.
Artiste
Date
Type
Statue équestre
Technique
Statue en bronze
Localisation
Coordonnées
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La France renaissante est une statue équestre installée sur le pont de Bir-Hakeim à Paris, réalisée par Holger Wederkinch en 1930, et donnée à la municipalité par la communauté danoise.

Localisation[modifier | modifier le code]

Cette statue est installée au centre d'une placette située entre les deux rives de la Seine, correspondant à la pointe amont de l'île aux Cygnes, dont elle est isolée par le pont de Bir-Hakeim, et qui sert également de belvédère donnant sur la Tour Eiffel.

Bien que sise à la limite entre deux arrondissements, les 16e et 15e, elle est administrativement rattachée à ce dernier.

La France renaissante devant le pont de Bir-Hakeim.

Description[modifier | modifier le code]

La statue représente une guerrière en cotte de mailles, coiffée d'un casque entouré par un nimbe, brandissant un glaive à lame ondulée de la main droite, tout en retenant un étendard de la main gauche[1]. Elle chevauche un coursier dont les quatre pieds sont réunis, tandis que son museau et sa queue sont relevés, accentuant l'impression de mouvement[1].

L'ensemble est « d'un lyrisme frénétique et assez superbement dressé face au cours de la Seine »[2].

Sujet représenté[modifier | modifier le code]

La statue était initialement supposée représenter Jeanne d'Arc, dont elle est la cinquième statue à Paris, érigée tardivement après celles de la fin du XIXe siècle[3],[4],[5] :

Mais son caractère jugé trop emphatique et trop guerrier, contraire à l'iconographie habituelle et au « sentiment national attaché à l'image de Jeanne d'Arc »[6], n'a pas été apprécié par le conseil municipal de Paris et a fait émettre en février 1956 un avis défavorable à la Commission centrale des monuments commémoratifs, dépendant du ministère de l'Intérieur.

L'ambassade du Danemark, qui était associée à Wederkinch dans ce projet depuis 1930[7], est intervenue[8] et, pour éviter un incident diplomatique qui aurait pu être causé par l'oubli dans un dépôt, ou même la démolition, d'un cadeau de la communauté danoise[7], la statue a été rebaptisée La France renaissante. En effet, cette solution permettait de lui retirer sa portée commémorative et de lui donner un simple statut décoratif : ainsi pouvait-elle être érigée malgré l'avis de la Commission, celle-ci n'étant consultée que pour les monuments commémoratifs. Cette érection a été autorisée par un décret du 3 août 1956[9] et l'inauguration a eu lieu en 1958 en présence de l'ambassadeur du Danemark[10],[11],[7].

De plus, ce nom permettait d'en faire une allégorie du discours tenu par de Gaulle le 18 juin 1942 au Royal Albert Hall de Londres, dans lequel il faisait référence à la bataille de Bir Hakeim, qui a donné son nom en 1949 au pont où la statue est installée[12] :

« Quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France. »

Divers[modifier | modifier le code]

Il en existe une maquette en bronze patiné, d'une hauteur de 98 centimètres, vendue aux enchères en 2007 par la famille du sculpteur[13].

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Georges Poisson, Guide des statues de Paris : Monuments, décors, fontaines, Hazan, coll. « Les Guides visuels » (no 2), , 157 p. (ISBN 2-85025-216-6), p. 23.
  2. Jean-Jacques Lévêque, Guide des parcs et jardins de Paris et de la région parisienne, Horay, coll. « Guides Horay » (no 10), , 330 p. (ISBN 2-7058-0094-8).
  3. Christel Sniter, « La gloire des femmes célèbres : Métamorphoses et disparités de la statuaire publique parisienne de 1870 à nos jours », Sociétés & Représentations, no 26,‎ , p. 153–170 (DOI 10.3917/sr.026.0153).
  4. Christel Sniter, « Les statues de femmes célèbres érigées à Paris de 1870 à nos jours : Entre lieux de mémoire et espace d'investissement », dans Sylvette Denèfle (dir.), Femmes et villes (texte issu du colloque Femmes et villes qui s'est tenu à Tours en mars 2002), Tours, Maison des sciences de l'homme-Villes et territoires, Presses universitaires François-Rabelais, coll. « Perspectives Villes et Territoires » (no 8), , 539 p. (ISBN 2-86906-184-6, DOI 10.4000/books.pufr.426), p. 529–539 [533].
  5. Christel Sniter, « Étude des statues de femmes célèbres (de 1870 à nos jours) », dans Christine Bard (dir.), Le Genre des territoires : Masculin, féminin, neutre, Angers, Presses de l'Université d'Angers, , 348 p. (ISBN 2-903075-98-0), p. 255–270 [256].
  6. (de) Volker Hunecke, « Republikaner und Monarchen zu Pferd. Denkmalkulturen in Paris und Berlin », dans Jan Cölln (dir.) et Annegret Middeke (dir.), Dioskuren, Konkurrenten und Zitierende: Paarkonstellationen in Sprache, Kultur und Literatur, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, , 360 p. (ISBN 978-3-8471-0300-4, DOI 10.14220/9783737003001.55), p. 55–84 [66].
  7. a b et c Philippe Krief, Paris en histoires : XIXe et XXe siècles, Massin, , 268 p. (ISBN 978-2-7072-0576-6), p. 72–74.
  8. Lanfranchi 2004 : « À la préfecture de la Seine l'embarras est grand car l'ambassade du Danemark est intervenue afin que le monument soit érigé. »
  9. Décret du 3 août 1956 portant approbation de projets de monuments commémoratifs, JORF no 186 du 11 août 1956, p. 7729, sur Légifrance.
  10. Jacques Lanfranchi, Les statues des grands hommes à Paris : Cœurs de bronze, têtes de pierre, L'Harmattan, coll. « Histoire de Paris », , 297 p. (ISBN 2-7475-6645-5), p. 124–125.
  11. Christian Dupavillon, Paris côté Seine, Seuil, , 381 p. (ISBN 2-02-051688-8), p. 228 et 366.
  12. François Broche, Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, Bir Hakeim : La France renaissante, Italiques, , 253 p. (ISBN 2-910536-26-2), p. 250.
  13. (da) « Modern: Malerier, skulpturer og grafik », catalogue de la vente no 772, Bruun Rasmussen (da), 6–7 juin 2007, p. 116–117, item no 254.

Lien externe[modifier | modifier le code]