Nimbe

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Bouddha portant un nimbe.

Un nimbe est un cercle, un disque de lumière, que les peintres et les sculpteurs placent, depuis l'Antiquité, autour de la tête des personnages sacrés, des héros divinisés, de Dieu ou des saints, à la différence de l'auréole qui est l'irradiation du corps entier.

Dès le vie siècle, Isidore de Séville lui donnait ce nom: « Lumen quod circa angelorum capita pingitur, nimbus vocatur »[1]. Le Moyen Âge appela le nimbe indifféremment couronne ou diadème.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Dans l'iconographie chrétienne[2], il signifie la sainteté acquise, c'est-à-dire la béatitude céleste ; et, secondairement, la puissance et la souveraineté : aussi le donne-t-on aux rois, par exemple à Hérode dans la mosaïque de Sainte Marie-Majeure (ve siècle,), aux vents, aux saisons et même à la bête à sept têtes.

Il signifie une gloire sans fin, rendue dans le bréviaire par ce verset : « Gloria et honore coronasti emn, Domine » (Ps 8:5 : Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence). La gloire est encore mieux accusée par les gemmes : « Posuisti, Domino, super caput ejus coronam de lapide pretioso », dit aussi la liturgie romaine (répons bref du commun d'un martyr)[3].

Types de nimbes[modifier | modifier le code]

Il y a différentes sortes de nimbes[2] :

  • Nimbe carré : attribut utilisé pour représenter des personnages élevés en dignité et encore vivants (papes, empereurs, rois), suivant la règle posée par Jean Diacre, dans la Vie du pape Grégoire-le-Grand[2]. Le carré par ses quatre angles exprime les quatre vertus

cardinales, fondement d'une vie aspirant à la perfection.

  • Nimbe rond : attribut utilisé pour représenter des personnages défunts.
  • Nimbe rayonné : disque appliqué aux dieux antiques.
  • Nimbe perlé
  • Nimbe diffus : la tête rayonne et projette sa lumière autour d'elle, mais sans que les contours en soient délimités. Le rayonnement a été réservé par le Saint-Siège, a une époque récente, aux bienheureux, pour les distinguer des saints, parce que leur gloire n'est pas encore complète ; or, le complément consiste précisément dans un contour délimité et non vague[2].
  • Le nimbe triangulaire a été emprunté par Raphaël aux Grecs qui en parent la Trinité, tandis que lui l'a réservé au Père éternel.
  • Le nimbe en étoiles est spécial à la Vierge : « Et in capite ejus corona stellarum duodecim » (Ap 12:1 : Un grand signe parut dans le ciel, une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.).

Le type ordinaire est le nimbe circulaire ou en disque.

Le nimbe se place verticalement derrière la tête dont il épouse la forme : parfois, il est surhaussé, c'est-à-dire élevé au-dessus du cou. Ou bien, il est appliqué obliquement au sommet de la tête, pratique très usitée en Italie; ou encore, réduit à l'état de filet, il est vu en perspective au-dessus do la tête à laquelle il ne touche pas[2].

La couleur vraie du nimbe est l'or ou le jaune, parce que tous les deux rendent mieux l'idée d'une lumière brillante. Mais cette règle n'est pas absolue et le Moyen Âge a souvent employé les couleurs liturgiques : le blanc, couleur d'innocence et de chasteté ; le bleu, couleur céleste ; le rouge, emblème du martyre et de la charité ; le vert, symbole d'espérance; le violet, qui exprime l'humilité et la pénitence[2].

Nimbe crucifère[modifier | modifier le code]

Vitrail du Bon Samaritain à Chartres  : Dieu le Père, nimbé d'une croix, prévenant Adam et Ève de ne pas manger le fruit de l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal[4]

Dit encore crucigère ou radié, le nimbe crucifère est propre aux trois personnes divines[2]. Une de ses variétés est le nimbe en losange, préféré des Italiens du xvie siècle. Ce cercle dans lequel s'inscrit une croix désigne le plus souvent Jésus-Christ, ou parfois les autres personnes de la Trinité, plus rarement représentées.

Le nimbe crucifère est la variété la plus importante du nimbe orné. Une croix le traverse et le coupe en quatre parties égales. Dans le principe, les branches de la croix sont droites, puis elles deviennent pattées aux extrémités, enfin elles forment des courbes gracieuses[2].

Les Grecs y inscrivent les deux mots ο ων, car Dieu est l'être par excellence ; et les Latins y ajoutent des pierres précieuses. Ce nimbe a été précédé, dans les premiers siècles, par un nimbe spécial, marqué du chrisme ou monogramme du nom du Christ. À partir du xvie siècle, souvent, la croix seule subsiste, comme aux hautes époques[2].

Le nimbe crucifère, dans sa forme normale, offre une croix rouge sur champ d'or ou une croix d'or sur champ rouge, parce que le rouge équivaut à la pourpre royale et, pour le Christ., rappelle le sang versé sur l'instrument du salut. Mais cette croix est d'or quand elle est seule et sans nimbe, réduite à trois rayons pour chaque branche ou à trois Heurs de lis, emblème de royauté[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Isid. Hispalen., lib. XIX, cap. 31
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Traité d'iconographie chrétienne
  3. Posuisti domine super caput ejus coronam de lapide pretioso sur Cantus Index.
  4. (en) « Chartres Cathedral Stained Glass - Bay 44 (Good Samaritan) Panel 16 », sur medievalart.org.uk (consulté le 3 juin 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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