Fusil de Tchekhov

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Le fusil de Tchekhov est un principe dramaturgique, attribué au dramaturge russe Anton Tchekhov, dans lequel chaque détail mémorable dans un récit de fiction doit être nécessaire et irremplaçable et où aucun de ces éléments ne peut être supprimé[1],[2],[3].

« Supprimez tout ce qui n'est pas pertinent dans l'histoire. Si dans le premier acte vous dites qu'il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu'un coup de feu soit tiré avec au second ou au troisième acte. S'il n'est pas destiné à être utilisé, il n'a rien à faire là. »

— Anton Tchekhov

Cette proposition existe sous différentes variations :

  • « Il ne faut jamais placer un fusil chargé sur scène s'il ne va pas être utilisé. C'est mal de faire des promesses que l'on n'a pas l'intention de tenir » lettre de Tchekhov, à Alexandre Semenovitch Lazarev (sous le pseudonyme de A. S. Gruzinsky), le 1er novembre 1889[4],[5],[6]. Ici, le «fusil» est un monologue que Tchekhov jugea superflu et sans lien avec le reste de la pièce ;
  • « Si, dans le premier acte que vous avez accroché un fusil sur le mur, alors dans la suivante, il devrait être utilisé. Autrement, n'en mettez pas là. » Réminiscences of A. P. Tchekhov de Gurlyand dans Teatr je iskusstvo, N ° 28, 11 juillet 1904, p. 521[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Foreshadowing
  • Hareng rouge, utilisé pour attirer l'attention sur un certain élément dans le but de tromper
  • MacGuffin, un prétexte avec peu ou pas d'explication utilisé pour le développement du scénario
  • Le rasoir d'Occam, un rasoir philosophique qui indique que, toutes choses étant équivalentes, les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Petr Mikhaĭlovich Bit︠s︡illi, Chekhov's art, a stylistic analysis, Ardis,‎
  2. (en) Daniel S. Burt, The Literature 100: A Ranking of the Most Influential Novelists, Playwrights, and Poets of All Time, Infobase Publishing,
  3. (en) Valentine T. Bill, Chekhov: The Silent Voice of Freedom, Philosophical Library,
  4. « Quotations by Berlin », ox.ac.uk
  5. (ru) Чехов А. П., « Чехов — Лазареву (Грузинскому) А. С. », Чехов А. П. Полное собрание сочинений и писем, АН СССР. Ин-т мировой лит.,‎
  6. (en) Leah Goldberg, Russian Literature in the Nineteenth Century: Essays, Magnes Press, Hebrew University, , p. 163
  7. En 1889, Ilia Gurlyand nota ces paroles d'une conversation de Tchekhov: « Si dans l'Acte I vous avez un fusil accroché au mur, alors un coup de feu doit être tiré avec dans le dernier acte. »