Judith Jasmin

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Judith Jasmin
Radio. Marcelle Barthe - Berthe Lavoie - Judith Jasmin BAnQ P48S1P23171.jpg

Trois réalisatrices de la radio de Radio-Canada (CBF) en 1945. De gauche à droite : Marcelle Barthe, Berthe Lavoie et Judith Jasmin.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 56 ans)
MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Judith Jasmin (née le à Terrebonne, morte le à Montréal à l'âge de 56 ans) est une journaliste et actrice québécoise. Elle est la première femme au Québec à s'imposer comme grand reporter[1].

Avant de faire carrière comme journaliste, elle fait partie de la distribution du feuilleton radiophonique La Pension Velder. Elle a entamé sa carrière de journaliste chez Radio-Canada vers la fin des années 1940 en tant que correspondante internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Le père de Judith Jasmin, Amédée Jasmin, était notaire de profession. Il fut également le fondateur du journal mensuel l'Écho de Terrebonne, fondé en 1917. Anticlérical, Amédée Jasmin fut un libre-penseur, prônant notamment l'instruction gratuite et obligatoire et la séparation des pouvoirs : « [... ] sous la signature du directeur et principal rédacteur de l'Écho, [il] se révèle un journaliste au franc-parler qui interpelle les pouvoirs en place et défend avec vigueur des idées peu orthodoxes, voire sacrilèges pour l'époque[2].» Sa mère, Rosaria Desjarlais, partageait une même curiosité intellectuelle et un même goût pour la culture :« l'indépendance d'esprit et le goût de l'aventure rapprochent ces deux être idéalistes, aux caractères par ailleurs fort différents[2] ».

Ils eurent trois enfants : Judith, Claude et Jean-Jacques. Très jeunes, les enfants furent exposés au pluralisme d'idées et de croyances. Leur enfance s'est passée dans un milieu libéral où la curiosité intellectuelle fut toujours encouragée.

Études[modifier | modifier le code]

En 1921, Amédée Jasmin vend son étude de notaire et décide d'aller s'établir en France. C'est là que Judith Jasmin commença son école primaire. En 1929, la famille doit rentrer au Québec, faute de ressources. Ce retour sera difficile pour la famille : « Le « Paris des années folles » ne sera plus pour les Jasmin que le souvenir d'une des périodes les plus exaltantes de leur vie[2] ».

Mais Judith continuera, pendant encore deux ans, ses études au Lycée des jeunes filles de Versailles. En 1931, Judith revient au Québec, où elle poursuivra son cours classique. Par manque d'argent, son rêve d'études universitaires s'éloigne petit à petit.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Au tout début, pour gagner sa vie, elle jouera de petits rôles dans certaines pièces de théâtre. Par la suite, un rôle important lui sera offert dans un radio-roman, La pension Velder. Plus tard, elle réalise des émissions de radio, fait des entrevues, des critiques de théâtre.

En 1947, à l'âge de trente ans, elle devient speakerine et réalisatrice à l'emploi du Service international de Radio-Canada. Vers 1952, elle anime une émission radiophonique avec René Lévesque, Carrefour. En 1953, elle se spécialise dans les nouvelles télé : Reportage et Conférence de presse.

Elle descend dans la rue pour écouter les gens, dans le but de dénoncer les injustices. Elle s'intéressera à la cause des Noirs aux États-Unis, à la condition de vie des Inuit et des Amérindiens, à la cause des femmes.

Elle est l'une des membres fondatrices du mouvement laïque de langue française.

Elle passe plusieurs années à l'étranger afin de partager avec le public québécois ses rencontres avec les grands noms de l'époque. Malgré des conditions parfois difficiles pour réaliser ses reportages et les embûches semées sur sa route, son talent et sa détermination en font la première femme au Québec à s'imposer comme grand reporter. En 1966, elle est nommée correspondante de Radio-Canada à l'ONU, puis à Washington, D.C.

Atteinte d'un cancer, elle rentre à Montréal en 1970 où elle poursuit malgré tout son travail de reporter aux nouvelles, puis aux affaires publiques.

Judith Jasmin s'éteint le 20 octobre 1972.

Le fonds d'archives de Judith Jasmin est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[3].

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1972, elle reçoit le prix Olivar-Asselin, grand prix du journalisme québécois créé en 1955 et décerné par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Ce prix est remis à un journaliste québécois qui s'est démarqué relativement à la défense du français au Québec.

En 1975 fut créé le prix Judith Jasmin. Ce prix récompense annuellement les meilleurs reportages écrits et électroniques de la presse québécoise.

Le pavillon Judith-Jasmin de l'UQAM est nommé en son honneur[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. ROBERT MALTAIS, « Judith Jasmin », The Canadian Encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c Beauchamp, Colette., Judith Jasmin, 1916-1972 : de feu et de flamme, Boréal, (ISBN 9782890527638, OCLC 35931739, lire en ligne)
  3. Fonds Judith Jasmin (P143) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  4. « Pavillon Judith-Jasmin (J) », sur uqam.ca (consulté le 23 février)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  •  David Finch et Maureen Marovitch, Judith Jasmin: une journaliste engagée, Lachine (Québec), Picture This Productions Inc., 2000, 42 minutes.

Liens externes[modifier | modifier le code]