Judit Reigl

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Judit Reigl
Image dans Infobox.
Judit Reigl dans son atelier de Marcoussis (février 2012).
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 97 ans)
MarcoussisVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Nom de naissance
Marianna Judith ReiglVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activité
Formation
Lieu de travail
Distinctions
Site web

Judit Reigl, née le à Kapuvár[1] (Hongrie) et morte le [2], est une artiste peintre française d'origine hongroise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Judit Reigl suit les cours de l'académie des beaux-arts de Budapest de 1941 à 1946. Bénéficiant d'une bourse d'études, elle quitte Budapest au mois de pour Rome où elle réside jusqu'en .

Après huit tentatives, elle réussit à quitter la Hongrie le . Arrêtée en Autriche, dans la zone occupée par les Britanniques, elle est emprisonnée deux semaines dans un camp d'où elle s'enfuit. Après un voyage le plus souvent effectué à pied, en passant par Munich, Bruxelles et Lille, elle arrive à Paris le , où elle est accueillie par son compatriote Simon Hantaï, qui lui présente André Breton.

Elle rencontre ainsi le groupe surréaliste parisien en 1950. En 1954, sa première exposition est organisée à la galerie L'Étoile scellée. La préface du catalogue est écrite par André Breton, qui la reprendra dans l'édition de 1965 de son ouvrage Le Surréalisme et la peinture. En 1956, elle fait partie, avec Jean Degottex, Simon Hantaï et Claude Viseux, de l'exposition Tensions à la galerie René Drouin.

De 1958 à 1965, elle développe la série des Guano, toiles ratées posées sur le parquet et sur lesquelles Judit Reigl a « travaillé, marché, déversé de la matière picturale qui coulait, imbibait, s'écrasait sous [mes] pieds », faisant ainsi intervenir le « hasard objectif » cher à Breton. En 1966, elle commence une série de torses humains. Puis à partir de 1973, dans la série intitulée Déroulements, elle aligne des taches de couleur sur différents fonds en marchant le long d'une toile non tendue. Dans cette série, comme dans la série suivante Entrée-Sortie (1986-1988), le procédé original entraîne une diffusion des couleurs à travers les fibres de la toile qui produit un effet moiré par transparence.

Elle réalise également des séries de dessins en 1958-1959, 1965-1966 et 2009-2010. Pour la première série qui porte le titre Présence, elle souffre de tendinite et se consacre pendant un an à des petits formats 21 x 27 cm sur papier à l'encre de Chine. Elle s'inspire des musiciens tels Bach, Luciano Berio, Mozart. Dans la troisième série, elle dessine des grands formats où le noir et le blanc ont une valeur égale. Elle réalise tel un musicien une partition rythmée de vide et de plein. Elle déploie à même le sol de son atelier de longs rouleaux de papier de 70 cm de large, sur une longueur de 7 à 10 m. Elle engage un combat avec tout son corps, une grande liberté de gestes. Son œuvre terminée, elle découpe la bande de papier pour cadrer les dessins réalisés[3].

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ses œuvres sont conservées au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (Paris)[7],[8], au Museum of Modern Art (New York)[9], au Metropolitan Museum of Art (New York), à la Tate Modern (Londres), au musée d'art moderne de la ville de Paris[10], au musée des beaux-arts de Budapest.

Prix[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • Flambeau des noces chimiques, 1954[13]
  • Ils ont soif insatiable de l'infini[14], 1954, d'après une phrase de Lautréamont[15]
  • Lueurs de fièvre, 1954[16]
  • Centre de dominance, 1958, huile sur toile, 148 × 180 cm[17]
  • Guano, 1958-1965, série
  • Déroulements, 1973, série
    • Strette, de la série Déroulements, 1978, huile sur toile, signé et daté au dos, 195 × 300 cm, musée d'Évreux
  • Entrée-Sortie, 1986-88, série[18]
  • Déroulement, 1978, acrylique et huile sur toile, 195,5 x 200,5 cm, musée national des Beaux-Arts du Québec[19]
  • Espace entre deux mouvements, 1980, huile et glycérophtalique sur toile, 195,8 x 300,7 cm, musée national des Beaux-Arts du Québec[20]
  • Porta dolente, 1988, technique mixte sur toile, 220 × 195 cm[21]
  • Face à…, série, 1989, technique mixte sur toiles[21]

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Brochure du musée des beaux-arts de Nantes pour l'exposition « Depuis 1950, le déroulement de la peinture », du 9 octobre 2010 au 2 janvier 2011.
  2. Voir sur lejournaldesarts.fr.
  3. Michel Bohbot, « L'écriture peinture de Judith Reigl », Art absolument, no 38,‎ .
  4. Arrêté du 10 février 2016 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  5. « Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres janvier 2011 »
  6. Décret du 15 novembre 2018 portant promotion et nomination.
  7. Voir sur le site du Centre Pompidou.
  8. Œuvres de Judit Reigl dans la collection du MNAM, site du Centre Pompidou.
  9. Voir sur le site du MoMA.
  10. Œuvres de Judit Reigl dans la collection du MAMVP
  11. (hu) « Reigl Judit festőművész átvette a Kossuth-díjat » sur kultura.hu.
  12. « Revue Art Absolument - Les expositions : prix AWARE 2018 », sur artabsolument.com (consulté le 21 juillet 2018).
  13. Cité dans Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du Livre, Fribourg, Suisse et Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 354.
  14. Voir sur andrebreton.fr.
  15. Cité dans Beaux arts magazine no 74, décembre 1989, p. 117.
  16. A. Biro et R. Passeron, op. cit., p. 354.
  17. Kalman Maklary fine arts, Budapest. Reproduction dans Connaissance des arts, no 707, p. 90.
  18. Cité dans Beaux arts magazine, no 74, décembre 1989, p. 116.
  19. « Déroulement | Collection musée national des Beaux-Arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le 3 mai 2019).
  20. « Espace entre deux mouvements | Collection musée national des Beaux-Arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le 3 mai 2019).
  21. a et b Reproduction dans Beaux arts magazine, no 74, décembre 1989, p. 116.
  22. Voir sur le site du musée de Nantes.
  23. Du au .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrage général[modifier | modifier le code]

Ouvrages consacrés à Judit Reigl[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Expositions, interviews, analyses et apparitions à la télévision.

Liens externes[modifier | modifier le code]