Denise René

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Denise René
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Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité
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Denise René, de son vrai nom Denise Bleibtreu, née en juin 1913 et morte le , est une galeriste parisienne[1].

Histoire de la galerie[modifier | modifier le code]

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Galerie pionnière, connue depuis sa création pour l’extrême cohérence de ses choix esthétiques, le nom de la galerie Denise René est inséparable de l’histoire de l’art moderne. Elle a révélé et assuré une reconnaissance internationale aux courants de l’abstraction géométrique et du cinétisme — rebaptisé op art aux États-Unis - dont elle continue aujourd’hui à suivre les développements à travers de nouvelles générations d’artistes.

Née en 1944 dans l’effervescence de la Libération de Paris, avec la première exposition personnelle de Vasarely, la galerie s’impose d’emblée en montrant à coté des grandes signatures de l’art moderne et des surréalistes Max Ernst, Picabia, Toyen, Ubac une nouvelle génération d’artistes engagés dans la modernité : dès 1946, elle pose les fondements de sa politique artistique avec « Peintures abstraites », en montrant Deyrolle, Dewasne, Marie Raymond, Hartung et Schneider, puis Atlan, Domela, Poliakoff, Herbin et Beothy qui marquent son engagement dans la voie de l’abstraction.

L’orientation définitive est donnée en 1948 : l’exposition « Tendances de l’Art abstrait » avec Arp, Max Bill, Calder, Robert et Sonia Delaunay, Gilioli, Gorin, Jacobsen, Kandinsky, Pevsner, Kupka, Mondrian, Magnelli et les artistes du « groupe Denise René» autour de Vasarely, affirme le choix d’une tendance « construite »  de l’art abstrait qui définit désormais l’identité  de la galerie.

Le succès de « Klar Form » qui présente l’avant-garde de l’abstraction dans toute la Scandinavie en 1951, préfigure l’ouverture aux milieux artistiques internationaux qui deviendra l’une des caractéristiques majeures de la galerie.

D’emblée, elle consacre une place importante à la sculpture, avec Gonzalez, Calder, Arp, Brancusi, Jacobsen, Gilioli, Schöffer, et s’intéresse à des supports, tapisseries ou sérigraphies, autorisant une diffusion plus large que les originaux uniques.

La galerie entre définitivement dans l’histoire de l’art moderne en 1955, avec l’exposition « Le Mouvement », considérée comme « la seconde révolution de la deuxième moitié du XXe siècle, exactement comme le cubisme fut celle de la première moitié.[réf. nécessaire] » Une nouvelle génération d’artistes Agam, Soto, Pol Bury, Tinguely ou Jacobsen y rencontre Duchamp, Calder, ou Vasarely, à l’origine du Manifeste jaune qui marque l’acte officiel de naissance du cinétisme, cette « nouvelle beauté mouvante et émouvante[réf. nécessaire] » qui renoue avec une tendance artistique née des travaux de Naum Gabo, Pevsner, Moholy Nagy.

Devenue le pôle incontournable de l’abstraction géométrique, la galerie poursuit un travail de redécouverte et de promotion des différentes formes d’expression de cette tendance, en assurant à la fois :

  • la transmission de l’héritage historique, qu’elle contribue à faire connaître : Arp et Sophie Taeuber-Arp en 1950, Josef Albers, Le Corbusier en 1952, Malevitch, Kassak et les « Précurseurs de l’art abstrait en Pologne », sans oublier Mondrian dont elle organise en 1957 la première exposition personnelle en France) ;
  • l’émergence de nouvelles générations d’artistes illustrant la vitalité internationale de cette tendance de l’art abstrait, que la galerie attire de gdrl’Europe à l’Amérique latine : Cruz Diez, Le Parc, Claisse, Aurélie Nemours, Tomasello, M. Boto, Vardanega, Picelj, Gerstner, Equipo 57.

À partir des années 1960, tout en approfondissant le lien avec les grands anciens de l’abstraction (Sonia Delaunay, Marcelle Cahn, Max Bill) la galerie conforte son assise et son ancrage international :

  • dans les grandes manifestations internationales (Biennales de Venise et de Sao Paulo, « Dokumenta » de Cassel), par l’ouverture de nouvelles galeries à l’étranger (Krefeld, Düsseldorf, New York) et l’extension outre-Atlantique (exposition « The Responsive Eye » au MoMA, 1964) ;
  • en renouvelant un engagement artistique au service de la société, que traduisent les interventions artistiques des membres du Groupe de Recherche d'Art Visuel, ou la volonté de démocratisation culturelle qui amène la galerie à développer en pionnière une politique d’édition d’œuvres originales multiples (graphiques et multiples tri-dimensionnels numérotés et signés) pour la diffusion desquelles elle ouvre en 1966 à Paris un nouvel espace Rive Gauche.

Le premier choc pétrolier du milieu des années 1970 va contraindre la galerie à recentrer ses activités à Paris pour surmonter la crise et de poursuivre son aventure.

L’ouverture en 1991, sous l’impulsion de Denis Kilian, d’un nouvel espace aménagé par l’architecte Dominique Perrault, dans le quartier du Marais, donne un nouvel élan à la galerie qui collabore avec de nouveaux artistes issus de plusieurs continents : Gun Gordillo, Fraek, Jeltov, W. Leblanc, Luque, Naraha, Perez-Flores, Sunagawa, Anne Blanchet.

En 2001, le Musée national d’art moderne a rendu hommage au travail mené par la galerie dans l’exposition « Denise René l’intrépide, une galerie dans l’aventure de l’art abstrait », au Centre Pompidou.

Depuis la disparition de Denise René en 2012, la galerie poursuit son travail spécifique pour inscrire le présent de la création contemporaine dans un cursus historique de référence en montrant la relation entre l’héritage de l’abstraction constructive et du cinétisme et les productions les plus récentes d’artistes émergents sur la scène internationale qui, comme Elias Crespin, Pe Lang, Vincent Leroy, Zimoun, Santiago Torres ou le collectif LAb[au] inscrivent leur travail dans la continuité d’une ligne esthétique clairement revendiquée dont ils enrichissent sans cesse les formes d’expression.

Quelques artistes exposés[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Biblio-filmographie[modifier | modifier le code]

  • Denise René, film de Camille Guichard avec la participation d'Anne Tronche, 52 min, une production Terra Luna Films[2], France 5, Centre Georges Pompidou
  • Conversations avec Denise René, Catherine Millet, Adam Biro éd., 1991 (réédité en 2001)
  • Cinquante ans d’art construit, hommage à Denise René, éditions Ronald Hirlé, 1995 (ISBN 2-910048-38-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décès de la galeriste Denise René » sur lefigaro.fr du 9 juillet 2012.
  2. Site de Terra Luna Films.