Jacques Sadoul (homme politique)

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Jacques Sadoul
Jacques Sadoul.jpg
Jacques Sadoul en 1922 en Russie.
Fonction
Maire
Sainte-Maxime
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Partis politiques
Distinction

Jacques Sadoul ( - [1],[2]) est un militant communiste et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jacques Sadoul est le deuxième des trois fils d'un fonctionnaire et de son épouse propriétaire d'un magasin réputé de corsets, rue de la Paix. Il poursuit ses études de droit à Paris, devient le secrétaire d'un grand filateur du Nord, Wilbaux, qui l'emmène en voyage dans le Montana aux États-Unis pour ses affaires[3]. Avocat initialement socialiste, collaborateur du ministre SFIO Albert Thomas, le capitaine Sadoul fit partie de la mission militaire française envoyée en Russie en 1917 pour tenter de maintenir ce pays dans la guerre aux côtés des Alliés, alors que les Bolchéviks voulaient l'en sortir. Rallié au communisme à Moscou, il y reste et exerce diverses fonctions auprès du régime bolchévique pendant la guerre civile russe. Collaborateur de Christian Rakovsky en Ukraine, il organisa la propagande bolchévique en direction des troupes d'occupation françaises basées à Odessa[4]. Il fut aussi un temps inspecteur militaire de l'Armée rouge. Délégué français lors du deuxième congrès de l'Internationale communiste, en 1920, il travailla quelques années pour l'exécutif de l'Internationale. Sa condamnation à mort par contumace pour trahison ayant été annulée, Jacques Sadoul rentra en France où il demeura membre du PCF, sans y exercer de responsabilité majeure, mais en revanche, de 1932 à 1939, il fut le correspondant en France du journal soviétique Izvestia et il écrivit aussi dans L'Humanité.

Victor Serge, qui avait sympathisé avec lui en Russie, écrit : « J'aimais son intelligence vive et moqueuse, sa nonchalance d'épicurien, sa finesse politique. Le PC français ne lui permettait aucune activité, bien qu'il eût pu faire un leader parlementaire de premier plan. Sa pensée et sa nature étaient d'un socialiste modéré, tout à fait voisin du libéralisme éclairé, mais le besoin de bien vivre l'attachait au service de l'État soviétique[5]. »

En novembre 1936, Laval le reçoit à Châteldon comme émissaire de Staline avec Ian Roudzoutak : ils sondent Laval pour éventuellement remplacer Léon Blum avec le soutien des communistes ; Laval ne donne pas suite à la proposition.

En 1937, il appliqua les consignes du Komintern en écrivant dans L'Humanité des articles calomnieux contre Victor Serge, alors victime d'une campagne de dénigrement de la part de la presse stalinienne.

Témoin de la défense au procès d'Eugène Schueller accusé de collaboration après la Seconde Guerre mondiale, il contribue ainsi à la relaxe d'un des financiers de la Cagoule, fondateur du Mouvement social révolutionnaire.

Du 29 avril 1945 au 19 décembre 1947, Jacques Sadoul fut maire de Sainte-Maxime dans le Var où il fit souche. Il avait épousé Yvonne Mezzara (1889-1993), militante socialiste avant-guerre, cousine de Renan, qui a publié chez Grasset en 1978 Tel qu'en mon souvenir. Leur fils Ary, jeune réalisateur de cinéma qui collabora un temps à Moscou avec Eisenstein, meurt en 1936. Il avait quelque temps auparavant épousé la fille d'Élie Faure.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1919, Notes sur la révolution bolchévique
  • 1922, Quarante Lettres de Jacques Sadoul
  • 1946, Naissance de l’URSS. De la nuit féodale à l’aube socialiste, Édition Charlot

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jacques Sadoul (1881-1956) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 17 mars 2016)
  2. « Dirigeants, responsables, militants, personnalités du monde ouvrier », sur Les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis (consulté le 17 mars 2016)
  3. Yvonne Sadoul, op. cit.
  4. Pierre Broué, Rakovsky ou la Révolution dans tous les pays, Fayard, (ISBN 2-213-59599-2), 1996, p. 177
  5. Victor Serge, Mémoires d'un révolutionnaire, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-09250-3), p. 695

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]