Hubertine Auclert

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Hubertine Auclert

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Hubertine Auclert en 1910

Naissance
Saint-Priest-en-Murat
Décès (à 65 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Féministe

Hubertine Auclert, née le à Saint-Priest-en-Murat (Allier) et morte le à Paris, est une militante féministe française en faveur du droit de vote des femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une famille de la classe moyenne, elle est mise au couvent par sa mère à la mort de son père ; elle a alors treize ans. Elle pense devenir nonne, mais quitte le couvent à l’âge de 16 ans pour rejoindre la maison de son oncle où réside également sa mère. À la mort de cette dernière, elle est cependant contrainte de retourner en pension dans l'établissement religieux. Elle le quitte définitivement en 1869 et monte à Paris à une époque où la chute de Napoléon III et l'avènement de la Troisième République ouvrent la voie à l’activisme des femmes qui exigent des changements dans le code napoléonien en faveur de l'éducation, l'indépendance économique pour les femmes et le divorce.

Inspirée par les activités de Maria Deraismes et de Léon Richer dont elle devient par la suite la secrétaire, Hubertine Auclert s'engage dans le mouvement pour les droits des femmes et devient semble-t-il la première militante française à se déclarer « féministe »[1]. Sa vie passée au couvent avait fait d’elle, comme nombre de féministes républicaines de l’époque, une militante anticléricale. Alors que le mouvement féministe français oriente majoritairement son action sur des changements légaux, Auclert exige pour les femmes le droit de se présenter aux élections en arguant que les lois injustes n’auraient jamais été votées si les voix des législatrices avaient été prises en compte. En 1876, elle fonde la société Le droit des femmes qui soutient le droit de vote pour les femmes et qui devient en 1883 Le suffrage des femmes.

En 1878, le Congrès international sur les droits des femmes tenu à Paris ne soutient pas, à la contrariété d’Hubertine Auclert, le suffrage des femmes. Résolue, elle lance, à partir de 1880, une révolte des contribuables en défendant l’idée que, faute de représentation légale, les femmes ne devraient pas être imposables. Un de ses conseillers juridiques est l’avocat Antonin Lévrier qu’elle a épousé par la suite. Le , elle lance la Citoyenne, un journal qui, plaidant avec force pour la libération féminine, reçoit le soutien de l’élite du mouvement féministe comme Séverine (Caroline Rémy) et de la mondaine Marie Bashkirtseff qui y écrit plusieurs articles. En 1884, Auclert dénonce la loi sur le divorce en raison de sa polarisation flagrante contre les femmes qui ne leur permettait toujours pas de garder leur salaire. Elle propose l’idée alors radicale d’un contrat de mariage entre conjoints avec séparation de biens.

En 1888, elle s’établit pour quatre ans avec son mari en Algérie avant de revenir à Paris. Contrainte pour des raisons financières de mettre un terme à l'expérience de La Citoyenne, Auclert continue son activisme. En 1894, elle collabore au journal La Libre Parole d'Edouard Drumont[2]. En 1900, elle compte au nombre des créatrices du Conseil national des Françaises, une organisation pour les groupes féministes français qui devait bientôt soutenir le vote des femmes.

En 1908, les Françaises mariées ont finalement reçu le contrôle de leurs propres salaires mais, à l’âge de 60 ans, Auclert continue de pousser en faveur de l’égalité complète. Cette année-là, elle brise symboliquement une urne à Paris lors des élections municipales et, en 1910, elle défie, de concert avec Marguerite Durand, les autorités en se présentant comme candidate aux élections législatives.

Considérée comme une figure centrale dans l’histoire du mouvement des droits des Françaises, Hubertine Auclert a poursuivi son activisme jusqu’à sa mort. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris. La sculpture sur son tombeau commémore « le Suffrage des Femmes ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubertine Auclert, les Femmes arabes en Algérie, Paris, Société d'éditions littéraires, 1900
  • Mona Ozouf, Les Mots des suffragettes, Paris, Fayard, 1995
  • Steven C. Hause, The French suffragettes, Londres, Yale University Press, 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Perrot, Mon histoire des femmes, Seuil, 2006, p. 210.
  2. http://voycev.over-blog.com/article-hubertine-auclert-edouard-drumont-89376506.html