Marie Manière

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Marie Manière
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Marie Léonie DeschampsVoir et modifier les données sur Wikidata
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Conflit

Marie Léonie Manière, née Marie Léonie Deschamps le à Marey-sur-Tille (Côte-d’Or) et morte le à Paris (10e arrondissement) est une institutrice qui fut militante républicaine pendant la Commune de Paris en 1871.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant la Commune de Paris, Manière, veuve, crée le 3 avril 1871 l’atelier-école provisoire laïc pour filles de plus de 12 ans dont elle est directrice au No 38 rue de Turenne[1],[2],[3]. Manière s'investit beaucoup pour l'éducation des jeunes filles[4]. Le 3 avril 1871, elle expose d'ailleurs son programme dans Le Vengeur, un journal ayant existé avant et pendant le siège de Paris en 1870 et la Commune en 1871. Il s'agit pour elle de mettre en place des ateliers-écoles pour élèves âgées de douze ans qui recevraient un enseignement à la fois théorique et pratique. Le corps professoral serait formé d'ouvrières et d'intellectuelles[1]. Manière explique que « L’échange de connaissances qui aurait lieu entre ces diverses intelligences, s’exerçant côte à côte, constituerait un milieu très favorable à un enseignement progressiste entièrement dégagé de préjugés. »[2].

Manière est arrêtée à Sèvres le 16 avril 1871 en possession de journaux communards et d'affiches appelant la province à rejoindre la Commune[1]. Elle était aussi chargée de mobiliser la province à la cause de la Commune[5].

Lors du Congrès ouvrier de France, elle présente son point de vue le 6 octobre 1876 lors de la session dédiée à l'apprentissage et l'enseignement professionnel. Elle requiert « l’égalité d’enseignement pour les hommes et les femmes et le développement d’écoles professionnelles par les chambres syndicales. »[1],[6].

La Xe chambre correctionnelle la juge, ainsi que Jules Guesde, Gabriel Deville et Marie Bonnevial, pour association non autorisée dans l'organisation d'un congrès ouvrier international prévu le 5 septembre 1878 à Paris[7]. Elle ne fut pas condamnée[1].

Le 16 mars 1879, le Comité central socialiste de secours aux Amnistiés et aux non amnistiés est créé pour promouvoir une amnistie totale et une collecte des fonds pour aider les communards déportés ou interdits de séjour en France[8]. Manière en devient la secrétaire et signe un appel aux société ouvrières et groupes constitués de France[9]. De façon surprenante à l'époque, l’exécutif du comité est ouvert aux femmes et compte également Hubertine Auclert et Victoire Tinayre[9].

Manière rejoint en 1885 le Comité des femmes de Jules Allix, militant socialiste et ancien communard[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Axel Barenboim, Justinien Raymond, « MANIÈRE Marie, Léonie née DESCHAMPS, Marie, Léonie - Maitron », sur maitron.fr, (consulté le 14 novembre 2020)
  2. a et b « LA COMMUNE DE PARIS 1871 par Rues - Paris révolutionnaire », sur www.parisrevolutionnaire.com (consulté le 14 novembre 2020)
  3. (en) D. Barry, Women and Political Insurgency: France in the Mid-Nineteenth Century, Springer, (ISBN 978-0-230-37436-2, lire en ligne), p. 121
  4. « Les "inconnues" de la Commune... », sur commune1871.org (consulté le 14 novembre 2020)
  5. (en) D. Barry, Women and Political Insurgency: France in the Mid-Nineteenth Century, Springer, (ISBN 978-0-230-37436-2, lire en ligne), p. 119
  6. Séances du Congrès ouvrier de France, session de 1876, tenue à Paris du 2 au 10 octobre... ([Reprod.]), (lire en ligne)
  7. « BONNEVIAL Marie - Maitron », sur maitron.fr, (consulté le 14 novembre 2020)
  8. « UN COMITÉ SOCIALISTE POUR L’AMNISTIE EN 1879 », sur www.commune1871.org (consulté le 16 novembre 2020)
  9. a et b Comité central socialiste de secours aux Amnistiés et aux non amnistiés... Appel aux Sociétés ouvrières et groupes constitués de France . (Signé : Léonie Manière.), (lire en ligne)
  10. (en) Charles Sowerwine, Women and Socialism in France 1871-1921: Socialist Women's Groups from Leonie Rouzade to Louise Saumoneau, University of Wisconsin., (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]