Homme de Florisbad

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Homo helmei)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Homo helmei

Homme de Florisbad
Image illustrative de l’article Homme de Florisbad
Crâne reconstitué de l'Homme de Florisbad
Coordonnées 28° 46′ sud, 26° 04′ est
Pays Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud
Province Orange
Localité voisine Florisbad
Daté de 259 000 ans AP
Période géologique Pléistocène moyen
Époque géologique Paléolithique moyen
Découvert le 1932
Découvreur(s) Thomas F. Dreyer et G. Venter
Particularités Plus ancien Homo sapiens connu en Afrique australe
Identifié à Homo sapiens

Géolocalisation sur la carte : [[Modèle:Géolocalisation/Orange]]

[[Fichier:Modèle:Géolocalisation/Orange|280px|(Voir situation sur carte : [[Modèle:Géolocalisation/Orange]])|class=noviewer]]
Homme de Florisbad

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Homme de Florisbad

Géolocalisation sur la carte : Afrique du Sud

(Voir situation sur carte : Afrique du Sud)
Homme de Florisbad

L'Homme de Florisbad est le nom donné à un crâne fossile humain partiel, découvert en 1932 par Thomas F. Dreyer à Florisbad (État libre d'Orange), en Afrique du Sud. Le fossile est daté d'environ 260 000 ans avant le présent (AP). Il était associé à une industrie lithique du Paléolithique moyen d'Afrique, autrement appelé Middle Stone Age.

À l'origine attribué par son découvreur à l'espèce Homo helmei, ce spécimen est considéré depuis 2017 comme une forme archaïque de l'espèce Homo sapiens, à l'image des fossiles un peu plus anciens trouvés à Djebel Irhoud (Maroc), et datés en 2017 d'environ 300 000 ans.

Historique[modifier | modifier le code]

Thomas F. Dreyer et G. Venter découvrirent les fragments fossiles d'un crâne humain en 1932 à Florisbad, à 45 km au nord-nord-ouest de Bloemfontein, en Afrique du Sud. Thomas Dreyer créa pour eux en 1935 l'espèce Homo helmei. Le nom spécifique, helmei, lui avait été donné en l'honneur du capitaine C. Egerton Helme qui avait apporté son soutien financier aux opérations de fouilles[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le crâne de Florisbad original comprend la partie droite de la face, l'essentiel de l'os frontal, une partie du maxillaire, et des fragments de l'occipital et des os pariétaux. Une reconstruction du crâne a été opérée, avec comblement des parties manquantes. Une dent isolée, la troisième molaire supérieure droite, a aussi été trouvée.
Ce fossile a une capacité endocrânienne de 1 400 cm3, comparable aux humains modernes[2].

Datation[modifier | modifier le code]

La datation du fossile est longtemps restée sous-estimée en raison de l'absence de techniques de datation fiable avant les dernières décennies du XXe siècle.

En 1996, des prélèvements d'émail de la dent isolée ont été soumis à la technique de datation directe par résonance de spin électronique, ce qui a conduit à dater le fossile entre 294 et 224 000 ans (259 +/- 35 ka), soit environ 259 000 ans avant le présent[3].

Culture[modifier | modifier le code]

Le fossile a été découvert parmi un assemblage d'outils du Paléolithique moyen[4],[5], période qui démarre en Afrique autour de 400 000 ans avant le présent.

Faune associée[modifier | modifier le code]

Le site de Florisbad a aussi produit durant plusieurs décennies de fouilles de nombreux fossiles d'une faune diverse. Les restes de petits vertébrés comme des gerboises, lapins, et autres rongeurs ou reptiles, ont apporté aux chercheurs des informations sur l'environnement de l'Afrique du Sud intérieure au cours du Pléistocène moyen. Les nombreux mammifères trouvés suggèrent l'existence à cette époque d'une forme de prairie avec des ressources en eau dans le voisinage immédiat[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

En 2019, une étude des paléoanthropologues français Aurélien Mounier et espagnole Marta Mirazón Larh, publiée dans la revue Nature, a recherché, parmi les plus anciens fossiles africains connus attribués à Homo sapiens, lesquels préfiguraient le mieux la morphologie finalement acquise par l'Homme moderne. Ayant étudié de nombreux crânes fossiles d'hommes modernes, cette étude propose une morphologie virtuelle du dernier ancêtre commun de l'humanité actuelle, et la compare à 5 crânes africains relativement complets datés d'au moins 200 000 ans : Irhoud 1 (Maroc), Florisbad, Eliye Springs (Kenya), Omo Kibish 2 (Éthiopie), et LH 18 (Tanzanie). Le crâne de Florisbad est jugé le plus proche de notre ancêtre virtuel, devant celui d'Eliye Springs[7],[8]. Cette étude apporte la confirmation finale de l'appartenance de l'Homme de Florisbad à l'espèce Homo sapiens.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M.R. Drennan, « The Florisbad Skull and Brain Cast », Transactions of the Royal Society of South Africa, vol. 25, no 1,‎ , p. 103-114 (DOI 10.1080/00359193709519748, lire en ligne, consulté le 16 mars 2019)
  2. (en) Jeffrey H. Schwartz et Ian Tattersall, The Human Fossil Record, Craniodental Morphology of Genus Homo (Africa and Asia), John Wiley & Sons, (ISBN 9780471326441, lire en ligne)
  3. (en) Rainer Grün, James S. Brink, Nigel A. Spooner, Lois Taylor, Chris B. Stringer, Robert G. Franciscus et Andrew S. Murray, « Direct dating of Florisbad hominid », Nature, vol. 382, no 6591,‎ , p. 500–501 (DOI 10.1038/382500a0, lire en ligne)
  4. (en) « Homo helmei », sur Bradshaw Foundation (consulté le 18 novembre 2015)
  5. (en) G. Philip Rightmire, « Middle and later Pleistocene hominins in Africa and Southwest Asia », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 106, no 38,‎ , p. 16046–16050 (ISSN 0027-8424, PMID 19581595, PMCID 2752549, DOI 10.1073/pnas.0903930106, lire en ligne)
  6. (en) Patrick J. Lewis, James S. Brink, Alicia M. Kennedy et Timothy L. Campbell, « Examination of the Florisbad microvertebrates », South African Journal of Science, vol. 107, nos 7/8,‎ (DOI 10.4102/sajs.v107i7/8.613, lire en ligne)
  7. (en) Aurélien Mounier et Marta Mirazón Lahr, « Deciphering African late middle Pleistocene hominin diversity and the origin of our species », Nature,‎ (lire en ligne)
  8. Laure Cailloce, « À quoi ressemblait l’ancêtre d’Homo sapiens ? », Le Journal du CNRS,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Thomas F. Dreyer, « A Human Skull from Florisbad, Orange Free State, with a Not one the Endocranial Cast, by C. U. Ariëns Kappers », Koninklijke Akademie van Wetenshappen te Amsterdam, vol. 38, no 1,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]