Hamburger film sandwich

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Hamburger Film Sandwich
Titre original The Kentucky Fried Movie
Réalisation John Landis
Scénario ZAZ
Musique Igo Kantor
Sociétés de production KFM Films
United Film Distribution Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie à sketches
Durée 83 minutes
Sortie 1977


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Hamburger Film Sandwich (The Kentucky Fried Movie) est un film américain réalisé par John Landis et sorti en 1977.

Il s'agit d'un film à sketches dont le fil conducteur est la parodie de films (Une poignée de yens, Il était une fois Armageddon, ...) - tous signés du réalisateur fictif Samuel L. Bronkowitz, de publicités (Sanhedrin, Willer, ...) ou encore de documentaires scolaires (L'oxyde de zinc et vous) des années 1970 avec généralement la voix d'un narrateur en toile de fond.

Synopsis[modifier | modifier le code]

A.M. Today

Un journal télévisé avec des annonces quelque peu insolites et un gorille en furie qui décime tout le plateau.

Argon

Dans ce spot publicitaire, un représentant de la société Argon, affublé d'un casque de chantier, explique comment Argon pallie le manque de pétrole en cherchant d'autres sources de production : les visages des adolescents, les peignes usagés, l'huile des fast-foods ainsi qu'un gaz (très) naturel.

La sirène

Un jeune homme pénètre dans sa voiture et une sirène se déclenche aussitôt. Après avoir fermé la porte, levé le loquet, mis sa ceinture, la sirène persiste. Il parvient à l'arrêter en fermant sa braguette qui était restée ouverte.

Lycéennes catholiques en chaleur (Catholic High School Girls in Trouble)

Il s'agit d'une bande-annonce parodique d'un film érotique.

Le Touchorama (Feel-around)

Un jeune homme se rend dans un cinéma où est projeté le film See You Next Wednesday en « Touchorama ». Une fois installé, un homme vient se placer derrière lui et reproduit fidèlement l'action du film : il lui lance une bouffée de cigarette, l'arrose de parfum, vide de l'eau sur son pantalon… jusqu'à ce que l'héroïne du film menace son mari avec un couteau ! Le spectateur s'en sort tout de même indemne, mais refuse de voir le film suivant, Gorge profonde.

Ronflex P.M. (Nytex P.M.)

Dans ce spot publicitaire, le narrateur vante les mérites d'un analgésique tandis qu'une femme tente par tous les moyens de réveiller un adepte du produit.

Hign Adventure

Le présentateur Paul Burmaster reçoit l'aventurier Claude LaMont pendant qu'un micro se promène ostensiblement dans le champ.

Sanhedrin (Headache Clinic)

Dans ce spot publicitaire, le réalisateur Bill Bixby nous présente l'analgésique Sanhedrin, mis au point dans une clinique pas vraiment conventionnelle.

Les odeurs (Household Odors)

Une femme reçoit ses amies, qui sont aussitôt incommodées par des odeurs nauséabondes.

Le sexe dans la joie (Sex Record)

Un jeune homme et une jeune femme se préparent à l'acte amoureux, avec les commentaires d'un narrateur. Lorsque le jeune homme s'avère souffrir d'éjaculation précoce, Big Jim Slade, « l'esclave de l'amour », débarque en trombe pour satisfaire la jeune femme.

Pour une poignée de yens (A Fistful of Yens)

Ce sketch durant plus d'une demi-heure parodie de façon fidèle l'intrigue du film Opération dragon avec Bruce Lee.

Willer (Willer Beer)

Après avoir importuné les passants durant toute la journée, des membres d'une secte se rendent dans un bar pour déguster la Willer, une bière.

Les doigts dans le nez (Scot Free)

Un spot publicitaire vantant les mérites d'un jeu de société où deux équipes s'affrontent, l'une venant d'abattre le président et devant maquiller son forfait, l'autre devant au contraire réunir toutes les preuves.

Il était une fois Armageddon (That's Armageddon)

Une bande-annonce pour un film catastrophe « à chier dans son froc ».

Le Front Unifié pour les Décédés (United Appeal for the Dead)

Une association quelque peu étrange prône le maintien des cadavres dans leur milieu familial.

Courtroom

Reconstitution en noir et blanc d'un procès concernant un carambolage.

Cléopâtre Schwarz (Cleopatra Schwarz)

La bande-annonce d'un film narrant les aventures d'un couple atypique : une femme noire issue des quartiers difficiles et au caractère bien trempé s'allie avec un rabbin pour nettoyer la racaille, dans la veine des films de blaxploitation des années 1970, et notamment Cleopatra Jones.

L'oxyde de zinc et vous (Zinc Oxide And You)

Une ménagère s'interroge sur l'utilité de l'oxyde de zinc présenté par le narrateur. Ce dernier cite les multiples applications pratiques tandis que les objets cités disparaissent un à un de la scène, semant le désastre dans la cuisine.

Danger Seekers

Devant la caméra, Rex Kramer, cascadeur d'un genre particulier, enfile son casque puis s'immisce dans un groupe de Noirs, hurle « Sales nègres ! » et s'enfuit en courant, poursuivi par une meute d'hommes furieux.

Eyewitness News

Pendant qu'un jeune couple s'étreint sur un fauteuil devant le journal télévisé, le présentateur a de plus en plus de mal à masquer son émotion. Il est bientôt rejoint par les techniciens.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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  • Titre français : Hamburger Film Sandwich
  • Titre original : The Kentucky Fried Movie
  • Réalisation : John Landis
  • Scénario : ZAZ (David et Jerry Zucker et Jim Abrahams)
  • Direction artistique : Rick Harvel
  • Costumes : Deborah Nadoolman
  • Photographie : Stephen M. Katz
  • Montage : George Folsey Jr.
  • Musique : Igo Kantor
  • Production : Robert K. Weiss
Producteur délégué : Kim Jorgensen
Producteur associé : Larry Kostroff

Distribution[modifier | modifier le code]

A.M. Today
Argon
Lycéennes catholiques en chaleur
Le Touchorama
Ronflex P.M.
Hign Adventure
Sanhedrin
Les odeurs
Le sexe dans la joie
Pour une poignée de yens
Willer
Les doigts dans le nez
Il était une fois Armageddon
Le Front Unifié pour les Décédés
Courtroom
Cléopâtre Schwarz
L'oxyde de zinc et vous
Danger Seekers
Eyewitness News

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

David Zucker, Jerry Zucker et Jim Abrahams démarchent plusieurs studios à Hollywood avec leur concept de film à sketches[2]. Il est rejeté par toutes les sociétés de production car, selon elles, le public ne veut pas voir des films à sketches. Mais le trio ZAZ croit en son idée qu'ils ont bien affutée avec leur troupe d'improvisation théâtrale Kentucky Fried Theater. Ils décident alors de développer eux-mêmes le film[3].

Un riche investisseur immobilier propose de financer leur film s'ils présentent un script. Après l'achèvement d'un scénario, l'homme d'affaires se rend compte qu'il ne peut financer le projet seul. Ils demandent aux ZAZ de tourner un segment de 10 minutes pour convaincre d'autres investisseurs. Mais lorsque les trois scénaristes lui proposent le budget pour tourner ce court métrage, il abandonne[4]. Les scénaristes ne se découragent pas et financent eux-mêmes le test de 10 minutes pour 35 000 $, avec lequel ils prospectent à nouveau à Hollywood. Ils sont alors rejoints par le jeune réalisateur John Landis. Ils l'avaient repéré dans le Tonight Show starring Johnny Carson alors qu'il faisait la promotion de son premier long métrage, Schlock (1973)[5]. Là encore, les studios refusent le projet[4].

Curieux de voir comment le public percevra leur court métrage, le trio parvient à persuader un exploitant de salles, Kim Jorgenson, de le diffuser juste avant sa programmation habituelle. Kim Jorgenson le trouve hilarant et est très impressionné. Il décide de leur trouver un financement pour tourner un film complet. Un budget de 650 000 $ est alors récolté avec l'aide d'amis financeurs[4]

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Christopher Lee décline l'offre de tourner dans ce film, trouvant son rôle trop proche de Fu Manchu, qu'il estimait n'avoir déjà que trop joué[2].

David Letterman a auditionné pour le rôle du présentateur[2].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu de janvier à mars 1977 en Californie (Pasadena, South Pasadena et Los Angeles)[6].

En raison du faible budget, certaines scènes d'intérieurs sont tournées à l'extérieur afin de profiter de la luminosité ambiante (et gratuite)[2].

Accueil[modifier | modifier le code]

À sa sortie, le film reçoit des critiques partagées. Variety décrit un film avec « d'excellentes qualités de production et un esprit authentique » mais aussi un film « juvénile et insipide »[7]. Lawrence Van Gelder, du The New York Times, écrit une critique négative dans laquelle on peut notamment lire « Beaucoup de gens aimeront probablement The Kentucky Fried Movie, tout comme ils aiment le Kentucky Fried Chicken et les hamburgers McDonald's. Mais la popularité n'est toujours pas une raison pour déifier la médiocrité »[8]. Gene Siskel, du Chicago Tribune, note le film 24 et préfère les petits sketches car, selon lui, les segments plus longs sont moins réussis[9]. Gary Arnold, du Washington Post, parle quant à lui d'une « anthologie satirique divertissante à succès »[10]. Kevin Thomas, du Los Angeles Times, écrit : « Comme il est inévitable dans de telles entreprises, il y a des moments puérils, mais dans l'ensemble, Kentucky Fried Movie est, assez étonnamment, presque continuellement drôle »[11].

Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 81% d'opinions favorables pour 31 critiques et une note moyenne de 6,6010[12]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 61100 pour 10 critiques[13].

Côté box-office, le film est un succès. Produit pour seulement 650 000 $, le film récolte 7,1 millions de dollars aux Etats-Unis[4], ce qui en fait l'un des films les plus lucratifs des années 1970. En France, il enregistre 158 805 entrées[14].

Distinction[modifier | modifier le code]

Le film obtient le grand prix du festival du film d'humour de Chamrousse 1979[réf. nécessaire].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Clins d’œil et références[modifier | modifier le code]

Dans le sketch A.M. Today, un gorille entend les commentaires peu flatteurs faits sur lui et enrage lorsque l'on commente sa prétendue impuissance. Cela rappelle le précédent (et premier) film du même réalisateur, Schlock, dans lequel un gorille sème la terreur dans une bourgade de Californie tout en faisant preuve d'une certaine intelligence. Il est interprété par le spécialiste des effets spéciaux Rick Baker, qui utilisa pour l'occasion le prototype qu'il avait fabriqué pour King Kong (1976).

La scène de Mme Burke, du segment Lycéennes catholiques en chaleur, fait référence à une publicité pour Grape Nuts dans laquelle un homme confond la mère de sa petite amie avec cette dernière. Par ailleurs, le nom de l'actrice de films pornographiques Linda Chambers est un mélange entre Linda Lovelace et Marilyn Chambers[2].

Le Touchorama est une parodie des divers modes de projection originaux qu'a connus le cinéma dans les années 1950 et qui ne survivaient parfois pas au film où ils apparaissaient. La scène principale fut tournée avec une seule caméra, ce qui ne facilita pas la synchronisation avec les paroles du film projeté. À noter une affiche de Schlock, le précédent film de John Landis, visible à l'intérieur du cinéma.

Pour Pour une poignée de yens (parodie du film Opération dragon avec Bruce Lee), la plupart des nombreux combattants furent recrutés dans les gymnases avoisinants en raison du faible budget du film. La séquence finale où le héros se réveille au lit avec des couettes dans un univers en noir et blanc et entouré de ses proches, est une parodie de la séquence finale du Magicien d'Oz. On aperçoit même un plan (les chaussures rouges de Dorothy) tiré du film original.

Le jeu de société présenté dans la fausse publicité Les doigts dans le nez — basé sur le principe du Monopoly — est manifestement inspiré de l'assassinat de John F. Kennedy. On peut notamment y apercevoir une case Oswald House (« maison d'Oswald ») et une carte Jack Ruby Kills (« Jack Ruby tue »).

Une fausse bande-annonce du film Il était une fois Armageddon (That's Armageddon) est une parodie des films catastrophe en vogue dans les années 1970, et notamment de La Tour infernale et Tremblement de terre.

Courtroom est une parodie des séries télévisées présentant des procès fictifs de façon plus ou moins réaliste. Les personnages de Wally et Beaver sont inspirés de la série télévisée Leave It to Beaver des années 1950. Dans ce sketch, deux avocats sont nommés Hornung et Taylor. Paul Hornung et Jim Taylor étaient des joueurs des Packers de Green Bay dans les années 1950-1960[2].

Il est ici fait mention du film See You Next Wednesday, un running gag de la filmographie de John Landis[2].

Censure[modifier | modifier le code]

En Irlande, le segment Catholic High School Girls in Trouble est retiré de la version sortie en salles dans le pays[2].

Influences et postérité[modifier | modifier le code]

La chaîne de télévision américaine Bravo classe le film à la 87e place du classements des 100 films les plus drôles[2].

Le film influencera le réalisateur allemand Uwe Boll pour son premier film, intitulé German Fried Movie, sorti en 1991[2]. L'idée du sketch Danger Seekers sera reprise par Les Inconnus dans leur sketch Ushuaïa dans son froc.

Suite ?[modifier | modifier le code]

Un autre film à sketches, Cheeseburger Film Sandwich (1987), est parfois présenté — à tort — comme une suite de ce film, tous deux étant basés sur un style similaire et John Landis ayant réalisé plusieurs sketches de ce dernier. Les deux films n'ont cependant aucun lien car Hamburger Film Sandwich et Cheeseburger Film Sandwich sont des titres choisis par les distributeurs des films en France et ne sont pas du tout les titres originaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Release info sur l’Internet Movie Database
  2. a b c d e f g h i et j (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  3. (en) Mark Litwak, Reel Power: The Struggle For Influence and Success in the New Hollywood, New York, William Morrow & Company, , 135 p. (ISBN 0-688-04889-7)
  4. a b c et d Litwak, p. 136
  5. (en) filmSCHOOLarchive, « John Landis on "Schlock" & "Kentucky Fried Movie" », sur YouTube, (consulté le )
  6. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  7. (en) « The Kentucky Fried Movie », Variety,‎ (lire en ligne)
  8. Lawrence Van Gelder (11 août 1977). "'Kentucky Fried' A Yolky Film". The New York Times. 55.
  9. Siskel, Gene (4 octobre 1977). "Parody is overcooked, so 'Kentucky Fried Movie' doesn't quite pan out". Chicago Tribune. Section 2, p. 5.
  10. Arnold, Gary (13 octobre 1977). "Kentucky Fried Movie". The Washington Post. B15.
  11. Thomas, Kevin (11 août 1977). "'Kentucky Fried' Ribaldry". Los Angeles Times. Part IV, p. 18.
  12. (en) « The Kentucky Fried Movie (1977) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le )
  13. (en) « The Kentucky Fried Movie Reviews », sur Metacritic, CBS Interactive (consulté le )
  14. « Hamburger film sandwich », sur JP's Box-office (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]