Un prince à New York

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Un prince à New York
Titre original Coming to America
Réalisation John Landis
Scénario David Sheffield (en)
Barry W. Blaustein (en)
Musique Nile Rodgers
Acteurs principaux
Sociétés de production Eddie Murphy Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie romantique
Durée 116 minutes
Sortie 1988

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un prince à New York (Coming to America) est un film américain réalisé par John Landis, sorti en 1988.

Eddie Murphy y incarne un prince africain venant s'installer à New York. Pour la première fois de sa carrière, l'acteur incarne par ailleurs plusieurs autres personnes, ce qu'il refera par la suite dans d'autres films. Un prince à New York reçoit des critiques partagées à sa sortie. En revanche, c'est un total succès commercial dans le monde. Une suite, Un prince à New York 2, est sortie en 2021.

Synopsis[modifier | modifier le code]

À son 21e anniversaire, Akeem — prince de Zamunda, une riche nation africaine — doit se marier à une femme qu'il n'a jamais vue auparavant, selon la tradition de la maison royale. Le prince décide de rompre avec la tradition et va chercher l'amour de sa vie aux États-Unis. S'installant à New York, il fait croire qu'il est un homme pauvre afin de trouver une femme qui soit véritablement attirée par lui et non par sa richesse et son pouvoir.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

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Distribution[modifier | modifier le code]

*Ces deux personnages sont doublés en français par Med Hondo.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

En 1982, Art Buchwald écrit un premier traitement de scénario, intitulé It's a Crude, Crude World (plus tard King for a Day). Il présente ensuite l'idée à Jeffrey Katzenberg de Paramount avec l'intention d'en faire un film avec Eddie Murphy, alors sous contrat avec le studio. Paramount met une option sur ce premier traitement en 1983. Plusieurs scénaristes se succèdent à l'écriture et John Landis est engagé comme réalisateur. Paramount abandonne le film en . Le projet est alors repris par Warner Bros. À l'été 1987, la Paramount développe un nouveau projet basé sur une histoire imaginée par Eddie Murphy. L'acteur-humoriste fait alors à nouveau appel à John Landis, qui l'avait dirigé dans Un fauteuil pour deux (1983)[3],[2].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Pour la première fois de sa carrière, Eddie Murphy incarne plusieurs personnages différents en plus du personnage principal : le chanteur soul Randy Watson, Saul (le client juif blanc du barbershop) et enfin Clarence, propriétaire du barbershop. Cela deviendra ensuite une « marque de fabrique » qu'il réitèrera dans Un vampire à Brooklyn (1995), Le Professeur foldingue (1996), La Famille foldingue (2000) et Norbit (2007). Selon John Landis, Eddie Murphy a voulu jouer un juif blanc pour rappeler les comédiens humoristes juifs qui avaient recours aux blackfaces dans les années 1900[2].

Sidney Poitier est initialement envisagé pour le rôle du roi Jaffe Joffer[2]. Le rôle reviendra finalement à James Earl Jones. Le rôle de Lisa McDowell a quant à lui été proposé à Vanessa Lynn Williams[2].

John Landis voulait que Paul Gleason reprenne son rôle de Clarence Beeks de Un fauteuil pour deux, mais l'acteur est alors occupé par le tournage de Piège de cristal (1988)[2].

À noter, les apparitions de Samuel L. Jackson (l'homme du hold-up), Cuba Gooding Jr. (l'homme qui se fait faire une coupe de cheveux).

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu de janvier à . Il se déroule à Los Angeles (notamment les Paramount Studios), dans le Big Sky Movie Ranch de Simi Valley et à New York (Brooklyn, Elmhurst, Manhattan, Park Avenue, aéroport international de New York - John-F.-Kennedy, ...)[4].

Les maquillages sont réalisés par Rick Baker. Pour tester celui du personnage de Saul (un juif blanc), Eddie Murphy se balade dans les studios Paramount et personne ne le reconnait[2].

Le tournage est marqué par de nombreux désaccords et altercations entre John Landis et Eddie Murphy. Ils avaient auparavant collaboré dans Un fauteuil pour deux (1983), alors que l'acteur débutait sa carrière. Le réalisateur déclarera plus tard en interview : « Le gars de Un fauteuil pour deux était jeune et plein d'énergie et curieux et drôle et frais et génial. Le gars de Un prince à New York se comportait comme un porc... Mais je pense toujours qu'il est merveilleux dans le film[5]. » Malgré cela, les deux hommes travailleront à nouveau ensemble pour Le Flic de Beverly Hills 3 (1994).

Bande originale[modifier | modifier le code]

Coming To America
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de divers artistes
Sortie 1988
Genre pop rock, rap
Label Atco Records

La musique du film est composée par Nile Rodgers. L'album commercialisé par Atco Records ne contient cependant que des chansons pop rock. Plusieurs titres de l'album sont édités en singles : Coming to America, Better Late Than Never et Come into My Life. On retrouve également Comin' Correct du groupe de rap féminin J.J. Fad et écrite par les membres de NWA.

Liste des titres[6]
  1. Coming to AmericaThe System (3:49)
  2. Better Late Than NeverThe Cover Girls (4:02)
  3. All Dressed Up (Ready to Hit the Town)Chico DeBarge (en) (4:50)
  4. I Like It Like That — Michael Rodgers (4:01)
  5. That's the Way It IsMel and Kim (3:25)
  6. Addicted to YouLeVert (en) (3:54)
  7. Comin' CorrectJ.J. Fad (3:56)
  8. Livin' the Good LifeSister Sledge (3:46)
  9. TransparentNona Hendryx (3:50)
  10. Come into My LifeLaura Branigan & Joe Esposito (4:39)
Autres chansons présentes dans le film

Accueil[modifier | modifier le code]

Le film reçoit des critiques partagées mais assez positives. Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 67% d'opinions favorables pour 45 critiques et une note moyenne de 5,9010[7]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 47100 pour 16 critiques[8].

Côté box-office, le film est un immense succès commercial. Produit pour 28 millions de dollars, il rapporte 288 752 301 $ dont 128 152 301 $ sur le sol américain[9]. Il est le 3e meilleur film au box-office 1988 au Canada et aux États-Unis. En France, il attire 1 937 163 spectateurs en salles[1]. Il s'agit du 12e meilleur résultat au box-office France 1988.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source : Internet Movie Database[10]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Clins d'œil[modifier | modifier le code]

  • Tout comme dans Série noire pour une nuit blanche, également réalisé par John Landis, lors de la scène se déroulant à l'aéroport on peut entendre une annonce demandant un certain Frank Oznowicz. Il s'agit du véritable nom de l'acteur Frank Oz, qui a déjà tourné six fois sous la direction de Landis[2].
  • Le prince Akeem est surnommé Kunta Kinte par les coiffeurs, en référence au livre Racines (Roots en anglais). Dans la mini-série Racines, qui en est tirée, John Amos (le père de Lisa) interprétait Kunta Kinte adulte, Madge Sinclair (la reine Aoleon) celui de la femme de Kunta Kinte, tandis que James Earl Jones (le roi Jaffe Joffer) interprétait Alex Haley Jr. dans Racines : La Nouvelle Génération[2].
  • Les deux personnages auxquels le prince Akeem donne de l'argent sont interprétés par Ralph Bellamy et Don Ameche, et reprennent leur rôle des frères Duke d’Un fauteuil pour deux, également réalisé par John Landis. Ils y jouent deux clochards à qui Murphy donne une liasse importante de billets. Randolph déclare alors : « c'est reparti ! » Son frère Mortimer juste après à Murphy : « Merci infiniment ! Déjeunons un de ces jours ! »
  • Le nom du pays fictif africain Zamunda vient d'un mot souvent employé par l'humoriste Richard Pryor qui en fait une tribu fictive dans ses sketches. Dans le générique du film, la Zamundun Film Commission est remerciée, bien qu'elle n'existe pas réellement elle aussi[2].
  • Quand le roi Jaffe Joffer (incarné par James Earl Jones) fait une visite surprise à Akeem au restaurant McDowell's, il dit « No. Do not alert him to my presence. I shall deal with him myself. ». Cela rappelle une réplique de Dark Vador (doublé en anglais par James Earl Jones) dans Le Retour du Jedi (1983) « No. Leave them to me. I will deal with them myself »[2].

Poursuite en justice[modifier | modifier le code]

En 1990, Art Buchwald intente un procès contre Eddie Murphy et Paramount Pictures, pour ne pas avoir été crédité en tant que coauteur de l'histoire originale et pour ne pas avoir été rémunéré. Il poursuit la production pour rupture de contrat car il devait être dédommagé si un film était un jour fait à partir de son premier jet.

La cour de justice de Californie donne ensuite raison à Art Buchwald en raison de nombreuses preuves montrant que la production a eu accès à son traitement et en raison des nombreuses similitudes de l'intrigue. Art Buchwald sera dédommagé à hauteur de 900 000 $[11].

Dans une interview rétrospective pour la sortie en DVD du film en 2007, John Landis et les scénaristes Barry Blaustein et David Sheffield ne font aucune mention d'Art Buchwald et maintiennent que l'idée vient d'un traitement de 25 pages écrit par Eddie Murphy. Ce dernier déclarera en interview avoir eu l'idée de départ en tournée. Dans le livre John Landis (2008) de Giulia D'Agnolo Vallan, John Landis revient sur le procès qu'il juge inutile :

« Je précise cela en disant que je ne connais pas Art Buchwald et que je n'ai rien contre lui. Je dois souligner que malgré toute l'attention médiatique accordée à cette affaire, personne ne mentionne jamais Barry Blaustein et David Sheffield, les hommes qui ont réellement écrit le scénario ! Chaque film dans lequel j'ai été impliqué et qui a été un grand succès a amené des gens à poursuivre le studio en disant que c'était leur idée. Nous vivons dans une société très litigieuse. Vous pouvez poursuivre n'importe qui pour n'importe quoi ici[12]. »

Il ajoute que le procès a eu un fort retentissement médiatique pour une raison précise :

« Eh bien, parce que c'était Art Buchwald ! Il est un vieux chouchou des médias côte Est. Les autres procès venaient de personnes moins célèbres. Je me souviens que sur American College, il y a eu quatre ou cinq poursuites en justice. Et Universal vient de les régler, car c'était moins cher que de se battre et même de prévaloir ! Art Buchwald n'est pas seulement sur la côte Est, c'est aussi un journaliste. La presse va prendre son parti. L'ironie de cette affaire est que les seules personnes qui ont bénéficié de son procès étaient Eddie Murphy et moi parce que cela a forcé Paramount à ouvrir leurs livres[13]. »

Projet de série télévisée et suite[modifier | modifier le code]

Après le succès du film, CBS produit le pilote d'un éventuel spin-off télévisé. Tommy Davidson y incarne le prince Tariq alors que Paul Bates reprend son rôle d'Oha. Le pilote ne donnera finalement pas lieu à une série. Il sera cependant diffusé le dans le cadre du programme CBS Summer Playhouse[2].

Une suite, Un prince à New York 2 (Coming 2 America), est sortie en 2021. Eddie Murphy, Arsenio Hall, John Amos, Shari Headley, Louie Anderson, Vanessa Bell Calloway ou encore Paul Bates y reprennent leurs rôles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Un prince à New York », sur JP's Box-office (consulté le )
  2. a b c d e f g h i j k l et m (en) Trivia sur l’Internet Movie Database
  3. http://www.degenevieve.com/files/Buchwald%20v%20Paramount.pdf « https://web.archive.org/web/20070810112608/http://www.degenevieve.com/files/Buchwald%20v%20Paramount.pdf# »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Buchwald v. Paramount, pp.18
  4. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  5. « The Collider Interview: John Landis, Part II » [archive du ], sur Collider, (consulté le )
  6. Various – Coming To America (Original Motion Picture Soundtrack) - Discogs
  7. (en) « Coming to America (1988) », sur Rotten Tomatoes, Fandango Media (consulté le )
  8. (en) « Coming to America Reviews », sur Metacritic, CBS Interactive (consulté le )
  9. (en) « Coming to America », sur Box Office Mojo (consulté le )
  10. (en) Awards sur l’Internet Movie Database
  11. (en) Buchwald, Partner Win $900,000 From Studio - Los Angeles Times
  12. John Landis, cited in John Landis by Giulia D'Agnolo Vallan. (2008, M Press), pp.125–126
  13. John Landis, cited in John Landis by Giulia D'Agnolo Vallan. (2008, M Press), p.126

Liens externes[modifier | modifier le code]