Apothéose

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Le terme d'apothéose (en grec ancien ἀποθέωσις / apothéosis) renvoie au thème de la divinité et reçoit deux acceptions principales : l'une liée à la civilisation romaine, et l'autre, son prolongement, dans le domaine de l'histoire de l'art.

Apothéose antique[modifier | modifier le code]

Dans la Rome antique, l'apothéose (ou divinisation) était le rite funéraire le plus honorifique, qui élevait le défunt au rang des dieux. Elle se marquait par le lâcher d'un aigle depuis le bûcher funèbre, qui accompagnait l'âme du défunt vers le séjour céleste des dieux. Le défunt recevait alors le qualificatif de divus (divin).

Au contraire de l'apothéose, on peut citer la « damnatio memoriae ».

Liste des souverains divinisés[modifier | modifier le code]

Jules César fut le premier à recevoir l'apothéose, sur décision du Sénat romain. Le Sénat décida l'apothéose pour la plupart de ses successeurs, y compris pour Constantin Ier et Constance II.

Les souverains de cette liste ont tous régné avant l'année 336, cadre de la conversion non officielle de Constantin Ier au christianisme :

Thème artistique[modifier | modifier le code]

L'apothéose en histoire de l'art désigne un thème iconographique (utilisé dans la sculpture autant que dans la peinture) visant à représenter la réception d'un personnage principal parmi les dieux, au domaine des cieux ou avec le panthéon de sa civilisation.

C'est la glorification suprême pour le sujet du tableau. Mise en scène orchestrée du pouvoir, le Palazzo Vecchio de Florence présente une impressionnante apothéose de son souverain, le Grand Duc de Médicis, dans la salle des Cinq-Cents, parmi le plafond à caissons ; le tondo central le représente en majesté avec tous les blasons des cités conquises, et les palets d'héraldique de la famille Médicis ; un ange lui porte son sceptre, et un autre lui place une couronne au-dessus de la tête.

Le tondo du Palazzo Vecchio de Florence, au centre du plafond de la salle d'apparat

Le visiteur doit lever la tête au ciel pour voir cette peinture plus de huit mètres au-dessus de lui : c'est l'apothéose.

Les Sforza, rendus maîtres de Milan aux dépens des Visconti, voulurent également inscrire leur majesté avec une statue équestre rappelant la geste d'Alexandre le Grand ; ils firent appel à Léonard de Vinci, qui mit la statue sur plans. Cette dernière ne fut par contre jamais fondue.

Fonction[modifier | modifier le code]

Bien que cette pratique puisse paraître ridicule lorsqu'elle est évaluée selon les critères usuels de l'époque contemporaine, nous pouvons remarquer que cette apothéose est également un moyen de glorifier les puissants ; en associant pouvoir, classe politique, création artistique et religion, cette démarche perpétue le credo selon lequel les dirigeants auraient une essence divine ou une inspiration émanant d'un arrière-monde. Ce rite se trouve être en continuité directe de l'époque romaine, comme l'explique le premier paragraphe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]