Nonnos de Panopolis

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Nonnos de Panopolis (en grec ancien Νόννος) est un poète grec né à Panopolis, en Égypte, ayant vécu de la fin du IVe jusqu'au milieu du Ve siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

On sait très peu de choses sur la vie de Nonnos. La présence de son nom sur certains manuscrits ainsi qu’une référence dans l’épigramme 9.198 de l’Anthologie palatine[N 1] indiquent qu’il serait né à Panopolis (aujourd’hui Akhmîm) en Haute-Égypte[1]. Enrico Livrea avait suggéré plus tôt que le poète pourrait être identifié comme étant l’évêque syrien d’Édesse portant le même nom[2]. Les spécialistes croient qu’il aurait vécu de la fin du IVe jusqu’au milieu du Ve siècle, se basant sur le fait qu’il semble familier avec la Gigantomachie[N 2] de Claudien (v. 370- v. 408), mais avant qu’Agathias le Scholastique (v. 532-v.580) fasse allusion à lui dans son Histoire (4.23) comme à un « auteur récent »[3].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Nonnos fait partie d'une vague d'auteurs égyptiens amateurs de poésie grecque, comme Tryphiodore, Musée ou Palladas. Il est l'auteur des Dionysiaques (Διονυσιακά / Dionusiaká), un recueil épique en deux groupes de 24 chants sur les légendes liées à Dionysos, probablement composé entre 450 et 470. Chaque chant débute par une invocation à la Muse et un prélude. L'ensemble est composé selon les lois de la rhétorique et entend rivaliser avec les textes homériques. Un manuscrit de ce texte, inédit alors, a été découvert au XVIe siècle à Tarente par Sambucus et publié peu de temps après par Christophe Plantin.

Nonnos est également l'auteur d'une Paraphrase de l'Évangile selon Jean en hexamètres dactyliques, ouvrage qu'il aurait écrit après s'être converti au christianisme, ou bien, en ayant d'abord été chrétien, avant de se convertir au paganisme[N 3]. Quoi qu'il en soit, la datation de la Paraphrase est encore un sujet de débat, comme l'évolution religieuse présumée de son auteur. Dans sa Chronique des derniers païens (Les Belles Lettres, 1990), Pierre Chuvin étaye (cf. chapitre XIII) la théorie d'un Nonnos d'abord chrétien, puis « séduit par la théologie païenne ».

Le texte grec des œuvres de Nonnos a été révisé et édité, avec une traduction française par le comte de Marcellus : Dionysiaques, 1855 ; Paraphrase de l'Évangile de Jean, 1861.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aussi appelée Anthologia Palatina — Codex Palatina 23. Il s’agit d’une collection de poèmes et d’épigrammes grecs découverte en 1606 dans la bibliothèque palatine d’Heidelberg. Elle se base sur une collection rassemblée par Constantin Céphalas au Xe siècle, réunissant des œuvres allant du VIIe siècle av. J.-C. à 600 ap. J.-C., ayant constitué la majeure partie de l’Anthologie grecque et qui incluait également une Anthologie de Planude.
  2. Poème mythologique inachevé qui raconte la lutte que les Géants livrèrent aux Dieux de l'Olympe.
  3. Voir à ce sujet l'introduction du tome I des Dionysiaques, publié dans la collection des Universités de France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir à ce sujet Gigli Piccardi 1998, p. 61-82 et 161-181.
  2. Livrea 1987, p. 97-123.
  3. Fornaro 2006, p. 812-815.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions anciennes :

  • Les Dyonysiaques ou Bacchus (trad. Comte de Marcellus), Paris, Firmin Didot Frères, (lire en ligne).
  • Nonnos de Panopolis (trad. Comte de Marcellus), Paraphrase de l'Évangile selon saint Jean, Paris, Firmin Didot Frères, (lire en ligne).

Éditions modernes et traductions des Dionysiaques :

  • ((en) Dionysiaca (trad. W. H. D. Rouse, introduction mythologique et notes de H. J. Rose, notes et critique de L. R. Lind), Cambridge, Loeb Classical Library, .
  • F. Vian (dir.), Nonnos de Panopolis, Les Dionysiaques, Paris, CUF, 1976-2006.
  • (it) D. Gigli Piccardi (dir.), Nonno di Panopoli, Le Dionisiache, Milan, BUR, 2003-2004.
  • (it) D. del Corno (trad. M. Maletta, notes de F. Tissoni), Nonno di Panopoli, Le Dionisiache, Milan, .
  • (it) F. Tissoni, Nonno di Panopoli, I Canti di Penteo (Dionisiache 44-46). Commento, Florence, .

Éditions modernes et traductions de la Paraphrase :

  • (en) Mark Anthony Prost (trad. M. A. P. Ventura), Nonnos of Panopolis, The Paraphrase of the Gospel of John, The Writing Shop Press, (ISBN 978-0971317048).
  • Une équipe d’universitaires s’est attelée à la tâche de rééditer les textes de la Paraphrase, livre par livre, y compris les introductions et notes. Ont été publiés à ce jour :
    • (it) C. De Stefani, Nonno di Panopoli: Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto I, Bologne, .
    • (it) E. Livrea, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto B, Bologne, .
    • (it) M. Caprara, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto IV, Pise, .
    • (it) G. Agosti, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto V, Florence, .
    • (it) R. Franchi, Nonno di Panopoli. Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni: canto sesto, Bologne, .
    • (en) K. Spanoudakis, Nonnus of Panopolis. Paraphrase of the Gospel of John XI, Oxford, .
    • (it) C. Greco, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, canto XIII, Alexandrie, .
    • (it) E. Livrea, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto XVIII, Naples, .
    • (it) D. Accorinti, Nonno di Panopoli, Parafrasi del Vangelo di S. Giovanni, Canto XX, Pise, .

Sur Nonnos et le contexte historique :

  • D Accorinti et P. Chuvin (dir.), Des Géants à Dionysos. Mélanges de mythologie et de poésie grecques offerts à Francis Vian, Alexandrie, Edizioni dell'Orso, (ISBN 978-8-876-94662-2).
  • (en) S. Fornaro, « Nonnus », dans Hubert Cancik et Helmuth Schneider (dir.), Brill's New Pauly, vol. 9, Leiden, , p. 812–815.
  • (it) D. Gigli Piccardi, « Nonno e l’Egitto », Prometheus, vol. 24,‎ , p. 61-82 et 161-181.
  • (it) E. Livrea, « Il poeta e il vescovo : la questione nonniana e la storia », Prometheus, vol. 13,‎ , p. 97-123.
  • (en) L. Miguélez-Cavero, Poems in Context. Greek Poetry in the Egyptian Thebaid 200-600 AD, Berlin et New York, Walter de Gruyter, (ISBN 978-3-110-20273-1).
  • (en) Robert Shorrock, The Challenge of Epic. Allusive Engagement in the Dionysiaca of Nonnus, Leiden, Brill, (ISBN 978-9-004-11795-2).
  • (en) Robert Shorrock, Myth of Paganism: Nonnus, Dionysus and the World of Late Antiquity, Bristol, Bristol Classical Press, (ISBN 978-0-715-63668-8).
  • (en) K. Spanoudakis (dir.), Nonnus of Panopolis in Context. Poetry and Cultural Milieu in Late Antiquity with a Section on Nonnus and the Modern World, Berlin et New York, Walter de Gruyter, (ISBN 978-3-110-33937-6).
  • F. Vian, L'épopée posthomérique : recueil d'études, Alexandrie, D. Accorinti, (ISBN 978-8-876-94862-6).

Sur la métrique :

  • (la) J. G. Hermann, Orphica, (ISBN 978-1-271-87684-6).
  • (de) Ludwich Arthur, Beiträge zur Kritik des Nonnus, Ostpreussische Zeitungs- und Verlags-Druckerei, .
  • (la) C. Lehrs, Quaestiones epicae, .

Sur la Paraphrase :

  • (en) Konstantinos Spanoudakis, « Icarius Jesus Christ? Dionysiac Passion and Biblical Narrative in Nonnus' Icarius Episode (Dion. 47, 1–264) », Wiener Studien, vol. 120,‎ , p. 35–92.
  • (en) Mary Whitby, « The Bible Hellenized: Nonnus' Paraphrase of St. John's Gospel and 'Eudocia's Homeric Centos », dans J. H. D. Scourfield (dir.), Texts and Culture in Late Antiquity: Inheritance, Authority, and Change, Swansea, The Classical Press of Wales, , p. 195-232.
  • (en) David Hernández de la Fuente, « Nonnus' Paraphrase of the Gospel of John: Pagan Models for Christian Literature », dans Juan Pedro Monferrer-Sala (dir.), Eastern Crossroads: Essays on Medieval Christian Legacy, Piscataway, Gorgias Press LLC, , p. 169–190.

Article reliés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]