Gunnar Myrdal

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Gunnar Myrdal
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Gunnar Myrdal en 1937.
Naissance
Gagnef (Drapeau de la Suède Suède)
Décès (à 88 ans)
Danderyd (Drapeau de la Suède Suède)
Nationalité suédois
Domaines Économie
Distinctions Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel(1974)

Gunnar MyrdalGagnef, - Danderyd, (à 88 ans) –, économiste suédois et lauréat du prix dit Nobel d'économie en 1974 (en même temps que Friedrich Hayek).

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1944, il publie un rapport sur le statut des Noirs aux États-Unis (An American Dilemma). Son autre contribution majeure traite des conditions économiques de l'Asie du Sud-Est (Asian Drama). Il est particulièrement pessimiste à propos d'un éventuel développement de l'Asie.

Sa femme, la militante, diplomate et femme politique Alva Reimer Myrdal, s'est vue décerner le prix Nobel de la paix en 1982 pour son œuvre en faveur du désarmement[1], en même temps que Alfonso García Robles.

Il est député à partir de 1933 puis entre 1945 et 1947. Il est ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de Tage Erlander.

Conception de l'économie morale[modifier | modifier le code]

De formation intellectuelle marquée par les enseignements de Knut Wicksell, Eli Heckscher et Gustav Cassel, Gunnar Myrdal soutient sa thèse intitulée « Le problème de la formation des prix et le changement économique » en 1927. Myrdal aurait pu être un économiste orthodoxe mais son analyse institutionnaliste le classe dans les hétérodoxes sociaux démocrates. Figure de « l'école suédoise » (« école de Stockholm ») ses travaux serviront à une analyse dynamique de l'équilibre général, dont se servira John Hicks dans Value and Capital (1939). Myrdal exprime des résultats voisins de ceux de John Maynard Keynes. Ses thèses exposées dans L’Équilibre monétaire attirent la bienveillance des économistes néoclassiques et furent prolongées par le « courant de la synthèse » entre néoclassiques et keynésiens.

Son adhésion à l'institutionnalisme s'effectue dans les années 1930, période au cours de laquelle il s'engage dans la vie politique avec sa femme, Alva Myrdal, et oriente ses travaux vers l'étude des problèmes sociaux. Ils adhèrent en 1931 au Parti social-démocrate et entreprennent ensemble des recherches sur les problèmes démographiques et de logement. Ils publient en 1934 État critique du problème démographique, dans lequel est préconisé le développement de réformes sociales natalistes, lesquelles influenceront fortement les politiques sociales suédoises. À cette même période, Myrdal, membre d'un comité sur le chômage, rédige Les Effets économiques de la politique fiscale (1934). Ces différents travaux témoignent d'une volonté de répondre aux nouveaux enjeux de l'époque, marquée par la crise de 1929.

Gunnar Myrdal incarne l'économiste soucieux de travailler en interdisciplinarité (science politique, sociologie, économie) afin de magnifier une science morale contribuant au bien-être par l'intervention de l’État.

Publications[modifier | modifier le code]

Couverture du livre Kris i befolkningsfrågan.
  • Kris i Befolkningsfrågan (La question de la population en crise ; en anglais «  The Crisis in the Population »), 1934, avec Alva Reimer Myrdal
  • An American Dilemma: The Negro Problem and Modern Democracy, 1944
  • Asian Drama: An Inquiry into the Poverty of Nations, 1968

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Marichalar (Iris - Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), « Regard sur… L'intellectuelle suédoise Alva Myrdal », Travail, genre et sociétés,‎ , p. 186-194. (lire en ligne)
  2. (en) « Alva Reimer Myrdal | Swedish diplomat », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Dostaler, Diane Éthier, Laurent Lepage dir., Gunnar Myrdal et son œuvre, Montréal, Presses de l'université de Montréal / Paris, Economica, 1990, 230 p.
  • Gilles Dostaler, « Les premiers travaux économiques de Gunnar Myrdal », L'Actualité économique, 67, n° 2, 1991, p. 192-217 (en ligne).
  • Ludovic Frobert et Cyrille Ferraton, L'Économie politique, 2003/4, n°20, p. 100-112.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]