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Germaine Montero

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Germaine Montero
Description de cette image, également commentée ci-après
Germaine Montero en 1946 (photo studio Harcourt)
Nom de naissance Germaine Berthe Caroline Heygel
Naissance
Paris 9e
Décès (à 90 ans)
Orange
Activité principale Comédienne
Activités annexes Chanteuse
Collaborations Jean Vilar, Pierre Mac Orlan, Jacques Prévert
Conjoint Jean-Mario Bertschy (1911-2002)
Récompenses Grand Prix de l'Académie Charles-Cros

Germaine Montero, nom de scène de Germaine Berthe Caroline Heygel, née le à Paris et morte le à Orange (Vaucluse), est une comédienne et chanteuse française.

Exigeante et passionnée, elle créa et donna de grandes interprétations en tant que comédienne et chanteuse, et fut proche notamment de Federico Garcia Lorca, Jean Vilar, Jacques Prévert, Pierre Mac Orlan.

Germaine Montero naît le 22 octobre 1909 au domicile de ses parents au pied de Montmartre, 34 rue Rodier, Paris 9e. Son père Paul Richard Heygel, 44 ans, est fabriquant de vernis, d'origine alsacienne. Sa mère Berthe Marie Pauline, née Lejard, 40 ans, est d'origine normande[1].

Sa mère meurt de tuberculose avant qu'elle n'atteigne l'âge de 13 ans. Son père veut qu'elle apprenne l'anglais et l'espagnol : il l'envoie à Valladolid où elle loge chez une Française, veuve d'un Espagnol[2],[3].

Le 25 octobre 1930 elle épouse à Montrouge (Seine) le violoniste Manuel Francisco del Corazon de Jesus Perez[1],[2]. Elle vit avec lui en Espagne, où elle intègre une troupe d'acteurs parrainée par le poète Federico Garcia Lorca. Elle devient amie du poète et débute comme comédienne (en langue espagnole) en 1932. Elle choisit son pseudonyme pour les besoins d'un film qui ne sera pas tourné, car l'insurrection de Juillet 1936, point de départ de la guerre d'Espagne, l'oblige à rentrer en France en 1936.

En 1938, Germaine Montero paraît sur scène à Paris comme comédienne dans Font aux cabres de Lope de Vega, puis Noces de sang de Garcia Lorca (rôle de la jeune fille). C'est ainsi grâce à elle que l'on découvre Lorca en France. Elle joue également Le Bal des voleurs de Jean Anouilh (1938). Jacques Copeau lui propose d'entrer à la Comédie française, ce qu'elle refuse, n'appréciant pas le côté "concierge" qui y règne[4].

Engagée au cabaret « Chez Agnès Capri » pour interpréter ses chansons espagnoles, elle y rencontre Jacques Prévert. Durant l'Occupation, elle monte un tour de chant consacré aux œuvres de ce dernier avec Josef Kosma au piano, qu'elle mène à travers la Zone libre et jusqu'en Suisse à la fin de la guerre.

En 1941-1942, elle se produit dans des cabarets de la zone libre (Nice, Cannes, Marseille), participe à des feuilletons radiophoniques et passe au cabaret « Chez Gilles » à Lausanne, où elle effectue quelques enregistrements.

Le 5 juin 1944 à Neuchâtel (Suisse), elle épouse le cinéaste Jean-Mario Bertschy (1911-2002)[1].

En 1945, alors qu'elle est à Montpellier, elle travaille avec Joseph Kosma, qui est en vacances à Palavas-les-Flots, pour monter un récital de chansons de Jacques Prévert qui souhaite qu'elle interprète ses chansons. Elle donne ensuite ce récital de retour à Paris au théâtre de l'Athénée.

En 1947, son ami Jean Vilar lui demande de participer à la création du festival d'Avignon. Elle y prend part de 1947 à 1949, aux côtés de Gérard Philipe et de Jeanne Moreau. En 1951, elle joue Mère Courage de Bertolt Brecht au Théâtre national populaire, pièce qui aura un très grand succès et qu’elle reprendra plus tard à partir de 1959.

Germaine Montero est connue pour ses rôles dramatiques au théâtre (notamment chez Jean Vilar), entre autres dans Noces de sang, Yerma ou La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca.

Réservant ses prestations scéniques au théâtre, (Festival d'Avignon en 1947, T.N.P. de Chaillot, en 1951), à partir de 1948 elle consacre au disque l'essentiel de sa carrière de chanteuse. Son répertoire comporte principalement des chansons de Béranger, Bruant, Prévert, Desnos, Ferré, Ducreux, MacOrlan ... Au micro de Martin Pénet, âgée de 88 ans, elle évoquera les souvenirs de sa carrière avec une sincérité et une verve demeurées intactes, avec Bronislav Horowicz, ancien réalisateur à France-Culture et Maurice Grosjean ancien directeur artistique aux Disques Vega.

Elle chante et enregistre Jacques Prévert (qui écrit notamment la chanson Je suis comme je suis pour elle[4]). Pierre Mac Orlan la contacte car il souhaite qu'elle interprète ses chansons. Ainsi, c'est Germaine Montero qui crée l'intégralité des chansons de Pierre Mac Orlan[4], qui la considère comme étant sa meilleure interprète[4]. Elle enregistre notamment ses Chansons pour accordéon. Elle chante aussi des auteurs qu'elle aime, comme Aristide Bruant, Léo Ferré[5], Béranger, ainsi que les chansons de Mère Courage. Elle chante également en espagnol, notamment ses interprétations remarquables des chansons folkloriques recueillies par Federico Garcia Lorca. Son disque Paseando por España obtient le grand prix du disque en 1953.

Peu présente au cabaret, Germaine Montero se consacre à la radio, au théâtre, et tourne dans quelques films. Elle passe à l’Olympia en 1957 et obtient le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1970.

En 1966, elle décide d'arrêter la scène (car elle n'y trouve plus d'intérêt)[4] et se consacre dorénavant à la radio.

En 1984, à l'occasion du tournage d'un téléfilm, elle va en Espagne où elle n'était pas revenue depuis 1936 et y revoit les lieux qu'elle avait fréquentés jeune. Ce sera son dernier tournage[4].

Germaine Montero meurt dans une clinique à Orange (Vaucluse) le [6],[7]

Son mari le cinéaste Jean-Mario Bertschy sera inhumé avec elle au cimetière de Montrouge[8].

Filmographie

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Émissions de télévision

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Discographie CD

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Les enregistrements de Germaine Montero (près de 225 chansons) ont, par chance, presque tous été réédités en CD.

  • 1993 : Germaine Montero chante Mère Courage, Le Chant du monde - réédité en 1999 - 1 CD
  • 1993 : Germaine Montero, Présence de Lorca, Paseando por España, Le Chant du monde - réédité en 1999 - 1 CD
  • 1993 : Germaine Montero, EMI Music/Odéon Label Group - réédition des enregistrements Pathé (volume 1) - 2 CD
  • 1998 : Germaine Montero, chansons Espagnoles, chansons de Prévert, Rym Musique - réédition des enregistrements réalisés pour les disques VEGA - 2 CD
  • 1999 : Germaine Montero, EMI Music/Odéon Label Group - réédition des enregistrements Pathé (volume 2) - 2 CD
  • 2004 : Germaine Montero chante Federico Garcia Lorca, EMI Music/Capitol - réédition des enregistrements Pathé (volume 3) - 2 CD
  • 2005 : Germaine Montero, Chansons à mon plaisir, EPM, collection Chanson de poètes - compilation d'enregistrements Pathé et Le chant du monde (certains titres n'avaient jamais été réédités) - 1 CD
  • 2006 : Jacques Prévert, Le poète dénudé, EPM 985 342 - 1 CD - réédition du 33 tours 25 cm Chansons de Jacques Prévert enregistré en 1953 (Decca LF 133 033). Ajout de 3 titres extraits de la bande sonore du film Aubervilliers d'Elie Liotar (1945); Chanson de la Seine (avec Fabien Loris), Chanson de l'eau, Chanson des enfants.
  • 2012 : Germaine Montero - De l'Espagne à la France, vingt ans de chansons 1944-1961, Frémeaux et Associés, sous la direction artistique de Jean Buzelin et Marc Monneraye - 4 CD

Les premiers enregistrements des chansons de Pierre Mac Orlan réalisés par la Radiodiffusion française en 1951 n'ont jamais été édités (émission La Chanson de mes villes). Il est également étonnant que la première (et sublime) version Pathé de La chanson de Margaret endisquée par Germaine Montero en 1955 avec l'orchestre de Philippe-Gérard n'ait jamais été rééditée en CD. Elle était parue sur le 45 tours Pathé 45 EG 142.

Décorations

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Bibliographie

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  • Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. (ISBN 978-88-908494-4-2)

Notes et références

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  1. a b et c Archives de Paris, Etat civil de Paris, 9e arrondissement, acte no. 1003.
  2. a et b Hélène Hazera, [https://www.liberation.fr/portrait/1997/08/02/germaine-montero-reedite-ses-chansons-de-mac-orlan-et-reve-en-provence-de-son-passe-avec-jean-vilar-_213898/ "Germaine Montero réédite ses chansons de Mac Orlan et rêve, en Provence, de son passé avec Jean Vilar et Garcia Lorca", Libération, 2 août 1997.
  3. Émission radio Chansons d'écrivains, par Jean Chouquet, Paris IV, 22 février 1953. [1]
  4. a b c d e et f Germaine Montero, une chanteuse comédienne témoin de son siècle, par Martin Pénet, émission Opus, France Culture, 01/1998.
  5. Jusqu'à ce qu'elle se fâche avec Léo Ferré quand il a mis en musique Rimbaud et surtout Apollinaire, car pour elle, ces poèmes contiennent intrinsèquement leur musique et se passent d'un quelconque accompagnement musical.
  6. Insee, « Fichier des personnes décédées », sur data.gouv.fr, (consulté le ).
  7. Pierre Philippe, "Germaine Montero" (nécrologie), Le Monde, 1 juillet 2000.
  8. Bertrand Beyern, « 50 célébrités du cimetière de Montrouge », sur bertrandbeyern.fr (consulté le ).
  9. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Articles connexes

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Liens externes

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