Partie de campagne (film)

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Partie de campagne, ou Une partie de campagne[1], est un film français de Jean Renoir tourné durant l'été 1936, sorti seulement le 8 mai 1946. Il est l'adaptation de la nouvelle homonyme de Guy de Maupassant.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Été 1860. M. Dufour, un commerçant parisien, vient passer une « journée à la campagne » en famille pour la fête de son épouse, avec sa belle-mère, sa fille Henriette et son commis et futur gendre Anatole. Ils s'arrêtent à l'auberge du père Poulain près de Bezons (alors en Seine-et-Oise), pour déjeuner sur l'herbe au bord de l'eau. Rodolphe et Henri, deux canotiers, entreprennent de séduire Mme Dufour et Henriette...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Tournage et production[modifier | modifier le code]

Le tournage ne fut pas simple : difficulté du montage financier, mésententes au sein de l'équipe, météorologie très défavorable entraînant l'interruption du tournage, jamais repris.

Lors de sa sortie, le générique indique que le film

« n'a pu être, pour des raisons de force majeure, tout à fait terminé. En l'absence de Jean Renoir, actuellement en Amérique[2], soucieux de respecter son œuvre et d'en conserver le caractère, nous avons décidé de vous le présenter tel qu'il est. »

Des dialogues additionnels ont été écrits par Jacques Prévert[3], après le tournage, à la demande de Pierre Braunberger, le producteur, pour « terminer » le film, mais n'ont pas été utilisés. Selon Pierre Braunberger[4], Renoir a déclaré à l'époque : « J'ai déjà réalisé Le Crime de monsieur Lange, je ne vais pas recommencer à travailler sur du Prévert. »

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le montage final de 40 minutes — dans lequel il manque quelques plans remplacés par deux cartons — est celui d'une œuvre achevée[5], dans laquelle Jean Renoir laisse s'épanouir ses thèmes de prédilection (sensualité, relation à la nature et à l'eau, satire sociale, ordre et désordre) dans une nature qui fait penser aux peintures de son père Auguste Renoir.

Selon Claude Beylie, « de l'opposition hardie de deux mondes, le tendre et le grinçant, naît le véritable drame. » Pour André Bazin[6], « la scène d'amour dans l'île est l'un des moments les plus atroces et les plus beaux du cinéma universel. » Scène qui fait écrire à Jean-Bertrand Pontalis :

« Sylvia Bataille dans Partie de campagne de Renoir : la balançoire et surtout, merveille des merveilles, la scène où elle s'abandonne, couchée dans l'herbe, à ce qui soudain lui arrive, la surprend, l'envahit : ce plaisir qui n'a pas de nom[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme dans l'édition DVD de StudioCanal sortie en 2005
  2. Où il s'est réfugié en janvier 1941 pour échapper à l'Occupation allemande et où il tourne 6 films de 1941 à 1946.
  3. Carole Aurouet, Les scénarios détournés de Jacques Prévert, Dreamland, 2003, 256 p., pp.11-39.
  4. Pierre Braunberger, Cinémamémoire, biographie, propos recueillis par Jacques Gerber, préface de Jean-Luc Godard, Paris, Centre Georges-Pompidou, CNC, 1987, p. 114 (ISBN 2858504210).
  5. Selon André Bazin, « Partie de campagne est un film parfaitement terminé. »
  6. André Bazin, Jean Renoir, éd. Champ Libre, 1971 (ISBN 2-85184-221-8).
  7. Jean-Bertrand Pontalis, Elles, Gallimard, 2007, p. 10 (ISBN 978-2-07-078474-5).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Une partie de campagne. Éli Lotar, photographies du tournage, sous la direction de Guy Cavagnac, avec la participation de Jean-Pierre Pagliano, L'Œil, 2007 (ISBN 2351370341 et 9782351370346)
  • Olivier Curchod, La Méthode Renoir, Partie de campagne et La Grande Illusion, Armand Colin, 2012 (ISBN 9782200283056)
  • Marie Robert, « Partie de campagne : un film « inachevé » ? », in 1895. Revue de l'association française de recherche sur l'histoire du cinéma, no 57, p. 98-124, 2009, [lire en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]