Gavin McInnes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Gavin McInnes
Gavin-McInnes-2015.png
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Gavin Miles McInnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Gavin Miles McInnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
The Anthony Cumia Network (en), Taki's Magazine (en), The Rebel Media (en) (jusqu'au )Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaine
Religion
Genres artistiques
Humour d'observation, mémoires, commentaire social (en), punk rockVoir et modifier les données sur Wikidata

Gavin McInnes, né le à Hitchin en Angleterre, est une personnalité médiatique canado-britannique résidant aux États-Unis.

Tour à tour écrivain, musicien, polémiste, acteur, humoriste et militant politique, McInnes est connu pour avoir été le cofondateur du magazine Vice dans les années 1990 ; son activité au sein du magazine lui valut notamment d'être qualifié de « parrain » de la mouvance hipster[1],[2]. Après avoir quitté Vice en 2008, il a également fondé un site Internet, StreetCarnage.com, ainsi que le groupuscule nationaliste Proud Boys[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Gavin Miles McInnes[4] naît le 17 juillet 1970 à Hitchin, dans le comté d'Hertfordshire en Angleterre. Il passe une partie de sa jeunesse à Ottawa, où il participe à la scène punk locale en jouant au sein du groupe « Anal Chinook »[2],[5]. Il étudie à l'Université Carleton d'Ottawa où il obtient un diplôme en science politique, puis étudie la littérature anglaise à Carleton et à l'Université Concordia à Montréal[5].

En 2005, il épouse Emily Jendrisak, une publicitaire[4] amérindienne de la tribu Ho-Chunk, appartenant à la nation sioux[6]. Le couple vit dans le comté de Westchester, au nord de New York, avec ses trois enfants[7]. Autrefois athée, McInnes affirme que la paternité l'a fait croire en Dieu et se convertir au catholicisme[8]. Il évoque, au cours d'une vidéo tournée pour The Rebel, son appartenance aux chevaliers de Colomb[9].

Il vit aux États-Unis en tant que résident permanent[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Vice[modifier | modifier le code]

En 1994, Gavin McInnes, Suroosh Alvi (en) et Shane Smith (en) fondent à Montréal le fanzine Voice of Montreal qui sera plus tard rebaptisé Vice[1],[10]. Aux débuts du magazine, McInnes y rédige des articles sous plusieurs pseudonymes[1]. Au sein de Vice, il se fait connaître par ses articles sous forme de « guides » satiriques[1] ; il anime aussi la rubrique DOs & DON'Ts où il dispense, sur un ton sarcastique, ses commentaires sur les habitudes vestimentaires de ses contemporains[5]. Il participe à l'écriture de deux ouvrages liés à Vice : The Vice Guide to Sex and Drugs and Rock and Roll, et Vice Dos and Don'ts: 10 Years of VICE Magazine's Street Fashion Critiques[2]. En 2002, lors d'un entretien avec le New York Press, McInnes tient des propos sur l'immigration qui font polémique et amènent Vice à publier des excuses (voir section « Controverses »).

En 2008, McInnes quitte la rédaction de Vice pour cause de « désaccords créatifs », sans donner plus de détails[5]. En 2013, lors d'un entretien avec le New Yorker, il confie qu'à l'époque, son goût pour la provocation le mettait de plus en plus en conflit avec ses associés, alors que ces derniers cherchaient à attirer les annonceurs[1].

L'après-Vice[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté Vice, McInnes fonde avec Derrick Beckles le site Internet StreetCarnage.com dans le but d'y publier du contenu similaire à ce qu'il produisait dans Vice, tout en profitant d'Internet pour éviter la censure et la dépendance aux revenus publicitaires[11]. Il participe aussi à la création de l'agence de publicité Rooster en tant que directeur artistique[12] et tourne notamment une publicité pour les chaussures Vans[13]. En 2012, il écrit How to Piss in Public, un livre où il raconte divers événements et anecdotes insolites de sa vie[2] ; en tournée pour faire la promotion du livre, il s'essaie au stand-up[2], une expérience qu'il couvrira dans son documentaire The Brotherhood of the Traveling Rants. Il commence également une carrière au cinéma en jouant des rôles secondaires dans plusieurs films. En 2013, il coécrit le scénario d'un long-métrage, How to Be a Man (en), dans lequel il joue également le rôle principal.

Parallèlement, il rédige des chroniques sur divers sites Internet politiquement orientés à droite et à l'extrême-droite, tels que Taki's Magazine (en)[14] ou TruthRevolt (en)[15], ainsi que le site canadien The Rebel Media (en) pour lequel il produit des vidéos[7], et CRTV, un service de vidéos en ligne américain appartenant à Conservative Review (en), où il anime une émission nommée Get Off My Lawn[16]. Il a aussi sa propre émission, The Gavin McInnes Show, sur le site de vidéos payant Compound Media (en)[7]. Il est régulièrement apparu comme chroniqueur sur le plateau de l'émission Red Eye (en), sur la chaîne de télévision américaine Fox News[2], jusqu'en 2017[17].

En 2014, après avoir publié un texte sur Internet qui lui vaut des accusations de transphobie et un appel à boycotter l'agence de publicité Rooster, McInnes se voit incité à quitter ses fonctions au sein de Rooster « pour une durée indéterminée » (voir section « Controverses »).

Proud Boys[modifier | modifier le code]

Article connexe : Proud Boys.

En 2016, pendant la campagne présidentielle américaine, Gavin McInnes fonde Proud Boys, une organisation dédiée à la « défense des valeurs occidentales », dont l'adhésion est réservée aux hommes[3],[7],[18]. Le groupe, qui s'adresse aux hommes qui « refusent de s'excuser d'avoir créé le monde moderne », entend défendre entre autres le port d'armes à feu, « l'entreprenariat » et la « femme au foyer », tout en s'opposant au « politiquement correct » et à l'immigration[18]. Les Proud Boys ont été accusés de liens avec la mouvance d'extrême droite alt-right[3], ce à quoi le groupe répondit en disant préférer l'appellation alt-lite (jeu de mots avec light/lite qui signifie « éclairé » et « léger, modéré »)[18]. Les membres du groupe ont été impliqués dans plusieurs manifestations et contre-manifestations, ainsi que dans des affrontements avec des militants Antifa[3],[18].

En 2018, McInnes annonce la fin du site StreetCarnage.com par manque de temps et d'intérêt pour s'y consacrer[11]. Plus tard dans l'année, les Proud Boys se retrouvent entourés de polémique, certains membres ayant été par ailleurs impliqués dans plusieurs incidents violents au travers des États-Unis[19], ce qui place le groupe et son fondateur dans la tourmente[20]. Les comptes de McInnes et du groupe Proud Boys sont notamment fermés sur plusieurs réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter, ainsi que sur les services en ligne PayPal, Mailchimp et iTunes[20],[21],[22].

En octobre 2018, une rixe se produit dans les rues de Manhattan, New York, entre des militants cagoulés se revendiquant de la mouvance Antifa et un groupe de personnes (dont parmi elles des Proud Boys) venues assister à un discours de McInnes[23],[24]. Plusieurs Proud Boys et militants Antifa sont alors recherchés par la police[23]. Le mois suivant, alors que sept membres des Proud Boys sont jugés pour leur implication dans les violences à Manhattan[20], la presse anglo-saxonne, se basant sur un rapport interne aux forces de l'ordre américaines, rapporte que le FBI aurait identifié le groupe comme « extrémiste »[25], information plus tard démentie par le FBI[26]. McInnes fait alors une déclaration publique dans laquelle il annonce ne plus être associé aux Proud Boys[20], tout en précisant qu'il a pris sa décision uniquement sur l'avis de ses conseillers juridiques, et qu'il n'a « jamais été le chef du groupe, seulement son fondateur »[20].

Fin 2018, le site CRTV, où McInnes anime une chronique intitulée Get Off My Lawn, fusionne avec TheBlaze, groupe de médias appartenant à l'animateur de télévision Glenn Beck, pour devenir Blaze Media (en). Une semaine plus tard, Blaze Media annonce rompre tout lien avec McInnes, sans donner d'explications[27]. Le site de contenu vidéo YouTube ferme également le compte de McInnes sur sa plateforme, citant des infractions au copyright[21].

Invité sur le plateau de l'émission Nightline pour un entretien, il reconnaît sa « part de responsabilité » dans l'évolution des Proud Boys et dit « regretter » certains de ses propos concernant l'usage de la violence; il estime cependant ne pas avoir d'excuses à exprimer en leur nom[21].

En février 2019, McInnes porte plainte contre l'association antiraciste américaine Southern Poverty Law Center pour « diffamation », l'association ayant par le passé désigné les Proud Boys comme un groupe « d'incitation à la haine » et accusé McInnes et le groupe de tenir un discours misogyne et anti-musulmans, ce que McInnes conteste[22]. Il justifie par ailleurs sa plainte en affirmant que les propos de l'association auraient personnellement porté atteinte à sa carrière et à sa réputation[22].

Controverses[modifier | modifier le code]

Interview du New York Press[modifier | modifier le code]

En 2002, lors d'un entretien entre les fondateurs de Vice et le journal New York Press, McInnes se félicite du fait que la plupart des résidents de Williamsburg (où se trouve alors la rédaction de Vice) sont blancs[28]. Ces propos créent la polémique et un lecteur de Vice lance une campagne de mécontentement envers le magazine qui incite ce dernier à publier des excuses au nom de McInnes[28]. Contacté par le New York Times, McInnes précise « aimer être blanc », refuser de voir « [sa] culture diluée » et ajoute : « Nous devons immédiatement fermer nos frontières et laisser chacun s'intégrer dans un mode de vie occidental, blanc et anglophone » (We need to close the borders now and let everyone assimilate to a Western, white, English-speaking way of life)[1],[28]. Le journal en conclut qu'il est « bien plus à droite que le Parti républicain »[28]. Ce portrait amène McInnes à envoyer une lettre ouverte au site Gawker où il explique que ses propos étaient à prendre au second degré, mais qu'ils ont été sortis de leur contexte[29].

Accusations de transphobie[modifier | modifier le code]

En 2014, McInnes publie sur le site Internet Thought Catalog (un site communautaire où les utilisateurs peuvent soumettre leurs textes) un article intitulé Transphobia Is Perfectly Natural (« La transphobie est quelque chose de tout à fait naturel ») traitant de la transidentité[30]. L'article, jugé transphobe, crée la polémique, et un appel à boycotter Rooster (l'agence de publicité au sein de laquelle McInnes travaille en tant que directeur artistique) est lancé sur Internet[31]. La direction de Rooster incite alors McInnes à prendre congé de ses fonctions « pour une durée indéterminée »[31]. La page Web de l'article affiche à présent un message d'avertissement informant que l'article a été reporté comme « haineux » par la communauté de Thought Catalog, et offre un lien vers une page regroupant des réflexions sur les propos de McInnes et les principes du site[30]. Au nom du principe de liberté d'expression de Thought Catalog, l'article original est disponible à la lecture par le biais d'un lien « Continue » (continuer) en bas de la page[30].

Accusations d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

En 2017, McInnes tourne une vidéo en Israël pour le site The Rebel Media, où il fait plusieurs déclarations sur les Juifs, la Shoah et l'Holodomor, qui lui valent des accusations d'antisémitisme[32] : il minimise alors ses propos[7]. La vidéo est favorablement accueillie par les milieux nationalistes, racistes et néonazis, et des personnalités telles que David Duke (militant raciste et ancien membre du Ku Klux Klan) et Richard B. Spencer (militant d'extrême droite lié à la mouvance alt-right) adressent leur compliments à McInnes pour sa vidéo, qui leur répond : « Désolé, les nazis, je ne voudrais pas vous blesser, mais je ne vous aime pas : j'aime les Juifs »[7],[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 2003 : avec Suroosh Alvi, Shane Smith, The Vice Guide to Sex and Drugs and Rock and Roll, Grand Central Publishing (ISBN 978-0446692816)
  • 2004 : avec Suroosh Alvi, Shane Smith, Vice Dos and Don'ts: 10 Years of VICE Magazine's Street Fashion Critiques, Grand Central Publishing (ISBN 978-0446692823)
  • 2012 : How to Piss in Public: From Teenage Rebellion to the Hangover of Adulthood, Éditions Scribner (ISBN 978-1451614176). Réédité en 2013 par le même éditeur sous le titre The Death of Cool (ISBN 978-1451614183)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Sophie Can Walk (court-métrage)
  • 2009 : Are Women as Horny as Men? (court-métrage, coréalisé avec Bryan Gaynor et Chadd Harbold)
  • 2013 : The Brotherhood of the Traveling Rants (documentaire)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Lizzie Widdicombe, « The Bad-Boy Brand », sur The New Yorker, (consulté le 4 février 2018)
  2. a b c d e et f (en) Michael-Oliver Harding, « Vice co-founder Gavin McInnes on Montreal junkies, Fox News and the death of cool », sur Nightlife.ca, (consulté le 4 février 2018)
  3. a b c et d (en)Seattle police wary of May Day violence between pro- and anti-Trump groups - Seattle Times, 1er Mai 2017
  4. a et b (en) « Vows: Emily Jendriasak and Gavin McInnes », sur Gawker, (consulté le 4 février 2018)
  5. a b c et d (en) Alexandra Molotkov, « Giving Offence », sur The Walrus, (consulté le 4 février 2018)
  6. (en-US) « Emily Jendrisak【 Gavin McInnes Wife 】Age, Young, Wiki, Net Worth, Bio », Marathi.TV,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2018)
  7. a b c d e f et g (en) Simon Houpt, « Vice co-founder Gavin McInnes’s path to the far-right frontier », sur The Globe and Mail, (consulté le 4 février 2018)
  8. (en) Caroline May, « ’Godfather of Hipsterdom’ Gavin McInnes: Feminism makes women miserable », sur The Daily Caller, (consulté le 4 février 2018)
  9. (en) « Is gay marriage really about "revenge, sabotage" and anti-Christian bias? », sur Rebel Media,
  10. Alexis Bernier, « «Vice», méchamment branché », sur Libération, (consulté le 4 février 2018)
  11. a et b (en) Gavin McInnes, « Street Carnage Is Dead », sur StreetCarnage.com, (consulté le 9 juin 2018)
  12. (en) Brian Braiker, « Creating Ads for People Who Hate Ads », sur Adweek, (consulté le 4 février 2018)
  13. (en) Alfred Maskeroni, « In Vans Ads, Gavin McInnes Explains How to Do Absolutely Everything », sur Adweek, (consulté le 3 mars 2018)
  14. (en) « Articles de Gavin McInnes sur Taki's Magazine » (consulté le 3 mars 2018)
  15. (en) « Articles Gavin McInnes sur TruthRevolt » (consulté le 3 mars 2018)
  16. (en) « Get Off My Lawn », sur CRTV (consulté le 3 mars 2018)
  17. (en) Gavin McInnes, « “F*** them”: 10 secrets about Fox News (now that I've quit) », sur The Rebel Media, (consulté le 3 mars 2018)
  18. a b c et d « Qui sont les Proud Boys, ce groupe qui cherche à « défendre l'Occident »? », sur Radio-Canada.ca, (consulté le 12 mars 2018)
  19. (en) Ashley Southall, « Police Seek 9 Proud Boys Supporters on Riot Charges After Brawls With Antifa », sur www.nytimes.com, (consulté le 4 août 2019)
  20. a b c d et e (en) Jason Wilson, « Proud Boys founder Gavin McInnes quits 'extremist' far-right group », sur The Guardian, 2018-22-19 (consulté le 9 juin 2019)
  21. a b et c (en) « Proud Boys founder denies inciting violence, responds to whether he feels responsible for group's behavior », sur abcnews.go.com, (consulté le 4 août 2019)
  22. a b et c (en) « Proud Boys Founder Files Defamation Lawsuit Against Southern Poverty Law Center », sur www.npr.org, (consulté le 4 août 2019)
  23. a et b (en) Minyvonne Burke, « Three more Proud Boys members arrested for violent Manhattan fight », sur NBC News, (consulté le 16 décembre 2018)
  24. (en) Alan Feuer et Ali Winston, « Founder of Proud Boys Says He’s Arranging Surrender of Men in Brawl », sur The New York Times, (consulté le 4 août 2019)
  25. (en) Jason Wilson, « FBI now classifies far-right Proud Boys as 'extremist group', documents say », sur The Guardian, (consulté le 9 juin 2019)
  26. (en) Maxine Bernstein, « Head of Oregon’s FBI: Bureau doesn’t designate Proud Boys as extremist group », sur oregonlive.com, (consulté le 9 juin 2019)
  27. (en) Tim Stelloh, « 'Proud Boys' founder Gavin McInnes out at Blaze Media », sur nbcnews.com, (consulté le 4 août 2019)
  28. a b c et d (en) Vanessa Grigoriadis, « The Edge of Hip: Vice, the Brand », sur The New York Times, (consulté le 11 février 2018)
  29. (en) Gavin McInnes, « Letter to Gawker from Gavin McInnes », sur Gawker, (consulté le 11 février 2018)
  30. a b et c (en) Gavin McInnes, « Transphobia Is Perfectly Natural », sur thoughtcatalog.com, (consulté le 6 mai 2018)
  31. a et b (en) Kristina Monllos, « Rooster CCO Gavin McInnes Asked to Take Leave of Absence », sur Adweek, (consulté le 3 mars 2018)
  32. a et b (en)Rebel Media is defending contributor behind 'repulsive rant' that was praised by white supremacists - Riley Sparks - National Observer, 15 Mars 2017