Chevaliers de Colomb

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Chevaliers de Colomb
Logo de l'organisation

Devise : « Au service de l'un, Au service de tous. »

Situation
Région International
Création (139 ans)
Type Organisation catholique de service fraternel
Siège Knights of Columbus Building (New Haven, Connecticut)
Organisation
Membres 2 000 000
Chevalier suprême Patrick E. Kelly
Personnes clés abbé Michael J. McGivney

Site web http://kofc.org/un/fr/

La confrérie des Chevaliers de Colomb est un mouvement catholique de bienfaisance et sans but lucratif qui regroupe 2 millions de membres à travers le monde. Ils ont été fondés en 1882 aux États-Unis par l'abbé Michael J. McGivney, un fils d'immigrants irlandais et qui a été béatifié le 31 octobre 2020 (béatification annoncée par le Vatican le 27 mai 2020[1]). Ils ont pris leur nom en souvenir de Christophe Colomb. Les Chevaliers de Colomb sont un ordre de laïcs catholiques engagés dans la célébration de la foi, de la famille et de la fraternité, leur premier principe étant la charité.

Principes[modifier | modifier le code]

Le mouvement n'est pas rattaché à la structure juridique de l'Église. Ce n'est pas un mouvement religieux ou d'action catholique, mais essentiellement un ordre de laïcs catholiques appelés « chevaliers de Colomb »[2]. L'ordre est dirigé et géré par des laïcs, non des représentants de l'Église. Des prêtres catholiques accompagnent spirituellement chaque "Conseil" en tant que membres et chapelains. L'aumônier suprême est, depuis avril 2005, Mgr William E. Lori, archevêque de Baltimore (USA).

Les Chevaliers de Colomb, dès leur fondation aux États-Unis, se sont donné comme vocation de répondre aux besoins fondamentaux de l’homme par le soutien matériel, l'entraide fraternelle et l’engagement spirituel. Ainsi, ils sont organisés autour de trois principales activités :

  • l'animation de fraternités d'hommes mobilisés autour de leur paroisse
  • la gestion d'une compagnie d'assurance-vie pour les chevaliers américains (Canada et États-Unis)
  • le développement de projets caritatifs et missionnaires

L'abbé Michael J. McGivney a eu l'intuition, presque un siècle avant le Concile Vatican II et son décret sur l'apostolat des laïcs, de fonder un mouvement international catholique de serviteurs par la charité.

Chevaliers de Colomb - France

Pour son soutien à l'Église et aux communautés locales, ainsi que pour ses efforts philanthropiques, l'ordre est souvent considéré comme le « bras droit et fort de l'Église ».

En 2005, ce regroupement a totalisé des dons de 135,7 millions $US, en plus de 63,1 millions d'heures en services bénévoles et a recruté 407 746 donneurs de sang. Au cours de l'année fraternelle 2006, l'ordre a directement donné 143,8 millions $US à des œuvres charitables (donnant un total 1,1 milliard $US pour la décennie) et effectué 68 millions d'heures de service volontaire.

L'on considère en 2012, que sur une période de 10 ans, les Chevaliers de Colomb ont fait don de 1,5 milliard de dollars au Saint-Siège[3].

En mai 2015, le programme d'assurance de l'ordre détient plus de 99 milliards $US en police d'assurances collectives pour ses membres et a reçu les meilleures évaluations données par A. M. Best, Standard & Poor's, et l'Association de normalisation du marché de l'assurance. C'est avec un total de 19 années consécutives que le programme se classe avec une côte de « AAA », la note maximale. Par contre, en août 2011 par la firme américaine Standard & Poor's[4] révise à la baisse au niveau immédiatement inférieur (« AA+ ») pour sa perspective à long terme.

En 2017 le Pape François salue « les efforts inlassables des Chevaliers de Colomb pour défendre et promouvoir la sainteté du mariage et la dignité et la beauté de la vie familiale » et les invite à « combattre l’avènement d’une culture d’indifférence en accomplissant leurs responsabilités quotidiennes dans l’esprit de l’Évangile »[5].

À l’occasion de leur pèlerinage à Rome en février 2020, pour marquer le centenaire de leur activité caritative dans la Ville éternelle, le pape François reçoit en audience privée le Conseil d'administration des Chevaliers de Colomb et les félicite pour leur œuvre de charité universelle[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbé Michael J. McGivney, fondateur des Chevaliers de Colomb.

Fondateur[modifier | modifier le code]

L'abbé Michael J. McGivney, né à Waterbury (Connecticut), le 12 août 1852, aîné d'une famille de treize enfants dont six sont décédés en bas âge[7], il se prépare au sacerdoce en 1868 au séminaire de Saint-Hyacinthe (Québec) pour ensuite retourner aux États-Unis et terminer ses études[7]. À l'époque, l'Église catholique est mal perçue par la majorité américaine protestante. L'abbé commence son ministère comme vicaire à Noël 1877 et célèbre sa première messe dans l'église de St. Mary (New Haven)[7]. C'est dans cette paroisse que l'abbé fondra le premier conseil des Chevaliers de Colomb en 1882.

L'abbé Michael J. McGivney meurt le 14 août 1890 des suites d'une pneumonie[8].

Le 27 mai 2020 à Rome au Vatican, la Congrégation pour la cause des saints annonce la reconnaissance d'un miracle obtenu par son intercession, ce qui ouvre la voie à sa béatification[9].

Nom[modifier | modifier le code]

Le nom Colomb fut retenu pour rappeler aux Américains que le découvreur de l'Amérique, Christophe Colomb, était un catholique.

Implantation[modifier | modifier le code]

Siège des Chevaliers de Colomb, à New Haven.

Les conseils ont été créés aux États-Unis, au Canada, au Mexique, dans les Caraïbes, en Amérique centrale, aux Philippines, à Guam, à Saipan, au Japon, à Cuba et plus récemment en Pologne et en France. En 2006, les Chevaliers de Colomb étaient présents dans 12 pays et comptent près de 13 000 conseils.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Initiés aux États-Unis, les Chevaliers de Colomb y sont très influents. Le siège international des Chevaliers de Colomb est situé à New Haven, au Connecticut. Le Conseil Suprême, dirigé par le Chevalier suprême administre l'ordre en adéquation avec ses principes.

Au Massachusetts, il y eut une controverse lorsque quinze chevaliers à la législature ont voté en faveur du mariage homosexuel. C'est contraire aux préceptes de l'ordre et à la doctrine de l'Église catholique.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Québec, le premier conseil, n°284, est fondé le 25 novembre 1897 par le Dr James Guérin, grand chevalier.

Au Canada, on retrouve plusieurs chevaliers dans les assemblées législatives provinciales. Ils ont cependant peu d'impact en matière de législation sociale, notamment en matière du droit de l'avortement. Généralement, l'ordre n'agit pas comme un groupe de pression et ne s'affiche pas en tant que tel.

En France[modifier | modifier le code]

Hommage aux Chevaliers de Colomb

Pendant la Première Guerre mondiale, les Chevaliers de Colomb se sont investis massivement dans le corps expéditionnaire américain engagé en France[10]. Le Maréchal Foch est devenu membre des chevaliers de Colomb en 1921[11]. Son bâton de Maréchal (aujourd’hui au Musée de l’Armée) lui fut offert par James Flaherty alors chevalier suprême de l'ordre[10].

En août 2016, la création de conseils des Chevaliers de Colomb en France est officiellement annoncée, lors de la convention annuelle de Toronto. La France est officiellement reconnue comme un territoire dans la législation des Chevaliers de Colomb, en août 2020. À cette date elle compte 25 conseils paroissiaux répartis dans 14 diocèses et environ 600 Chevaliers[12].

Critiques[modifier | modifier le code]

En septembre 2019, Nicolas Senèze affirme dans un livre polémique Comment l'Amérique veut changer de Pape que les Chevaliers de Colomb chercheraient depuis 2018 à faire pression sur les différents cardinaux en âge de voter lors du prochain Conclave afin de faire élire un Pape à leur convenance[13],[14].

Dans le livre Sodoma, son enquête « au cœur du Vatican », Frédéric Martel affirme également que les Chevaliers de Colomb auraient acheté de nombreux exemplaires de l'ouvrage "Dieu ou rien" du cardinal Sarah. De fait, les ventes du livre étaient indirectement « gonflées » par cette opération. Les Chevaliers de Colomb ont confirmé cette opération, au demeurant parfaitement légale, pour des pays d'Afrique francophone[15]. Une enquête complémentaire du magazine Slate revient également longuement sur cette campagne[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Promulgazione di Decreti della Congregazione delle Cause dei Santi », sur press.vatican.va (consulté le 27 mai 2020)
  2. « Les racines du mouvement », Chevaliers de Colomb du Québec (consulté le 2 janvier 2009)
  3. « Vatileaks : le banquier de Dieu a peur », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mai 2013)
  4. Agence France-Presse, « États-Unis - Standard & Poor's décote des géants de la finance », Le Devoir,‎ (lire en ligne, consulté le 12 août 2011)
  5. « Le Vatican appelle les Chevaliers de Colomb à défendre « des valeurs familiales saines » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 1er avril 2021)
  6. « Le Pape loue la charité universelle des Chevaliers de Colomb - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le 3 mars 2020)
  7. a b et c « Le Fondateur », Chevaliers de Colomb du Québec (consulté le 2 janvier 2009)
  8. D Brinkley - J M Fenster, Bienheureux Michaël Mc Givney – Une vie de prêtre », Première Partie, , 204 p. (ISBN 9782365262491, lire en ligne), p. 109
  9. « Trois nouveaux saints dont Charles de Foucauld - Vatican News », sur www.vaticannews.va, (consulté le 27 mai 2020)
  10. a et b Pierre-Édouard W, « La statue de Lafayette par Bartlett », sur Le blog des Bibliothèques Médiathèques de Metz, (consulté le 1er avril 2021)
  11. « Ferdinand Foch becomes the one millionth Knight of Columbus. », The Billings Weekly Gazette,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 1er avril 2021)
  12. « une présence ancienne », sur Chevaliers de Colomb (consulté le 1er avril 2021)
  13. « « Comment l’Amérique veut changer de pape » : un livre de Nicolas Senèze », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 8 décembre 2019)
  14. « Les comploteurs américains qui veulent renverser le pape », journal,‎ (lire en ligne, consulté le 5 septembre 2019)
  15. Frédéric Martel, Sodoma, Enquête au coeur du Vatican, Paris, Robert Laffont, , p. 370-376
  16. « Nicolas Diat, le très secret éditeur des réacs », sur Slate.fr, (consulté le 8 décembre 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]