Fritz Krüger

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Fritz Otto Krüger, est né le 7 décembre 1889 à Spremberg en Lusace, et mort le 17 août 1974, à Mendoza en Argentine[1]. Krüger est un romaniste, philologue et ethnographe allemand du début du XXe siècle, chef de file de l'école Hambourgeoise des mots et des choses. Ses travaux méconnus en France, sont reconnus à l'international et considérés comme une référence sur la péninsule ibérique.

Cursus[modifier | modifier le code]

Krüger a débuté ses études secondaires dans sa ville natale et les a terminées dans le village voisin de Zittau[2].

Durant l'été 1908, il étudie la philologie romane à Tübingen avec le professeur Voretzsch, spécialiste du français et de l'occitan. Durant l’hiver 1908-1909, Krüger suit, à l'université de Halle, les cours des professeurs Suchier et Schädel, spécialiste du catalan formé par Voretzsch. C'est Voretzsch, phonéticien, qui l'initie à la dialectologie romane et plus spécifiquement à l'étude de la péninsule ibérique. Krüger côtoie les linguistes catalans Pere Barnils, Antoni Griera et Manuel de Montoliu qui l'initient à leur domaine d'étude.

De février à juillet 1910, Krüger s'installe à l'université de Montpellier où il suit les cours de français de Maurice Grammont et les cours de catalan et d'espagnol de Jean Amade. Sur proposition de Schädel, Krüger - à l'ouest - et Karl Salow[3] - à l'est - soutiennent une thèse de géographie linguistique, basée sur des enquêtes de terrain menées dans 161 localités et visant à préciser la frontière géographique entre le catalan et le languedocien, depuis Salses jusqu'à Andorre[4]. Les deux auteurs publient ensemble les cartes qui synthétisent leurs travaux, à la fin de l'ouvrage de Salow.

De retour en Allemagne, Krüger soutient sa thèse de doctorat en juin 1911 à l'université de Gießen, sous la direction du professeur Dietrich Behrens, avec son atlas linguistique de 481 cartes réalisées dans 101 villages : « Sprachgeographische Untersuchungen im Languedoc und Roussillon » (« Recherche en géographie linguistique dans le Languedoc et le Roussillon »). Il obtient la mention « très honorable » et devient l'assistant scientifique de Schädel.

Au cours de l'été 1911, Krüger prend ses nouvelles fonctions à Hambourg, à l'Institut colonial nouvellement fondé et qui deviendra l’université de la ville et où il fait la connaissance de Max Léopold Wagner. En 1912, il obtient une bourse pour étudier en Espagne. Il se rend quelque temps à Madrid où il travaille avec le phonéticien Tomás Navarro Tomás avant de parcourir l'Estrémadure et les régions occidentales de León, rassemblant des matériaux pour sa thèse qu'il publie en 1913 : « Studien zur Lautgeschichte westspanischer Mundarten » (…). Krüger est mobilisé en 1915. Un an plus tard, blessé, il est évacué du champ de bataille. En 1919, il passe un examen d'État qui lui permet d'enseigner au niveau secondaire, puis soutient une thèse sur les dialectes d'Estrémadure et du León qui lui ouvre l'accès à l'enseignement universitaire. Il travaille comme tuteur privé ou professeur suppléant à l'université de Hambourg récemment instituée.

C'est à Hambourg, que Krüger se lie d'amitié avec le romaniste spécialiste du Sarde, Max Leopold Wagner, qui publie en 1921 « Das ländliche Leben Sardiniens im Spiegel der Sprache » (« La vie populaire de la Sardaigne telle qu'elle se reflète dans la langue »). Ce travail influence profondément Krüger. Tous deux sont des dialectologues de terrain, mais Wagner amène Krüger à s’intéresser aux régions difficiles d'accès et à l'étude des relations entre les mots et leur environnement culturel : la méthode des mots et des choses (« Wórter und Sachen ») fondée par Hugo Schuchardt et Rudolf Meringer au début du siècle.

Cette inflexion se manifeste dès 1925 dans « Die Gegenstandskultur Sanabrias und seiner Nachbargebiete[5] » (« La culture de l'objet en Sanabre et dans les régions voisines »), ouvrage sous-titré « Contribution à l'ethnographie espagnole et portugaise ». Mais c'est par son œuvre majeure relative aux Pyrénées et plus particulièrement dans « Die Hochpyrenäen » (« Les Hautes Pyrénées ») que Krüger adopte cette nouvelle orientation méthodologique.

La méthode consiste à présenter la géographie du territoire étudié, décrire en détail les objets voire les pièces qui les composent, le lexique et bien entendu la phonétique, discipline de ses premier maîtres : Schädel et Voretzsch. Les publications de Krüger comprennent de nombreuses gravures et photographies, comme en écho à l’appel lancé aux dialectologues par Hugo Schuchardt[6] en faveur d'un atlas illustré (« Bilderatlas ») voire d'un musée de ces illustrations « autochtones ». Krüger accorde en revanche peu d'importance aux documents d'archives. à la culture spirituelle, aux coutumes et croyances, à la magie ou à la littérature populaire. Ces choix distinguent les méthodes de Krüger de manière assez radicale des méthodes de l’école de dialectologie romane de Toulouse fondée par Jean Séguy dans les années 1950 et qui accordait une grande importance aux faits historiques au point de les cartographier, en annexes à leurs atlas linguistiques[7]. Cela n'a toutefois pas empêché cette école de s'appuyer sur les travaux de Krüger, significativement présent dans les bibliographies[8] ni Jean Séguy d'ajouter son nom à la tabula gratulatoria de la notice biographique et bibliographique de Moldenhauer[9].

En 1923, Krüger est nommé à la chaire de linguistique du séminaire des langues et de la culture romanes de l'université de Hambourg (Seminar für romanische Sprachen und Kultur an der Hamburgischen Universität), d'abord comme maître de conférences, puis en 1928 comme professeur titulaire, en collaboration avec Walter Küchler licencié par les nazis en 1933[10]. Ensemble, ils fondent en 1928 la revue « Volkstum und Kultur der Romanen » (Folklore et culture des peuples romans), dont le seizième et dernier volume parait en 1944. Cette revue compte en outre trente-sept annexes regroupées sous le titre de « Hamburger Studien zu Volkstum und Kultur der Romanen» (« Etudes hambourgeoises du folklore et de la culture des peuples romans »).

Sous l'égide de Krüger, plus de cinquante études ethnographiques et dialectologiques sont menées, dont seize en France[11].

La seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ethnographe et linguiste, principalement impliqué sur la péninsule ibérique, le Roussillon, les Pyrénées et le Languedoc, Krüger rend compte des différences linguistiques et culturelles entre le nord et le sud de la France[12],[13], ainsi que sur les similitudes culturelles du nord de la France, Picardie et Normandie notamment, attribuant certains traits - habitat, travail des champs, moyens de transport - aux effets d'un rayonnement culturel venu d'Allemagne.

Certaines analyses philologiques un demi-siècle plus tard, y voient une caution à la politique pangermaniste et conquérante, au détriment du nord de la France et de la Pologne. Le corollaire implicite de cette lecture, fait de Krüger le soutien d'une France méridionale libre : cette France qu'il connait le mieux, son terrain d'enquête privilégié et dont il a tant besoin qu'il reste plus traditionnel que moderne[10],[14].

Pour Olaf Deutschmann[15] qui fut son élève - mais pas son disciple - le comportement de Krüger relève de la maladresse politique et non du nazisme convaincu. Deutschmann appelle à un jugement plus nuancé et contextualisé, précisant que politiquement et intellectuellement, Krüger appartenait aux nationalistes allemands mais n'était pas Nazi, rappelant que les Nazis ont dissout plusieurs mouvements nationalistes.

Le 28 août 1945, parce qu'il fait partie des près de 900 signataires de la déclaration des professeurs en faveur d'Adolf Hitler et identifié par le gouvernement militaire britannique comme sympathisant du parti national socialiste des travailleurs allemands auquel il adhère depuis le 1er mai 1937[16], Krüger est démis de ses fonctions.

En 1948, il quitte volontairement et définitivement l'Allemagne et rejoint son ancien élève Alfred Dornheim[17] à l'Universidad Nacional de Cuyo de Mendoza en Argentine. Il prend la suite de Joan Coromines et dirige et jusqu'à sa retraite, l'Instituto de Lingüística et sa revue Anales del Instituto de Lingüística, fondée en 1940.

Sous l'impulsion de Krüger, l'Instituto de Lingüística devient l'un des centres les plus importants de linguistique et de philologie romane d'Amérique du Sud[18].

Démarche scientifique[modifier | modifier le code]

Filiation[modifier | modifier le code]

Sur le plan scientifique, la méthode de travail de Krüger emprunte à ses maîtres, Voretzsch (son professeur d'ancien français) et Schädel (son maître en phonétique), ainsi qu'à plusieurs rencontres de ses premières années : Meyer-Lübcke, Meringer, Menendez-Pidal, José Leite de Vasconcelos Cardoso Pereira de Melo et Max Léopold Wagner avec qui il demeurera ami toute sa vie.

Antoni Griera identifie six domaines d'étude pour la dialectologie[19] : les monographies dialectales, la recherche des frontières dialectales, la sémasiologie, la géographie linguistique, la toponymie et l'étude de la culture matérielle (Wörter und Sachen, fondé par Schuchardt et Meringer) qui constitue l'essentiel de l'œuvre de Fritz Krüger et de son école. Griera précise la filiation de ce mouvement, dont il attribue l'origine à l'archiduc Ludwig Salvator et à son œuvre : Die Balearen geschildert in Wort und Bild.

Finalités[modifier | modifier le code]

Krüger et Küchler exposent dans l'avant-propos du premier volume de la revue, ce qui sera la ligne de conduite des seize volumes de Volkstum und Kultur der Romanen : contribuer à explorer et découvrir les manifestations spécifiques de l'ingéniosité humaine - langue et culture - avec une large place à l'ethnographie. Loin des formules conceptuelles et théoriques, considérant que l'essence d'un peuple peut difficilement être mis en équation, que toute tentative d'expliquer l'individu ou l'individu en tant qu'expression d'une essence formulée au terme d'un processus cognitif, doit savoir céder la place à la description des faits et reconnaitre ses propres limites face au secret de la vie elle-même[20],[2].

En introduction du premier volume de la série d'ouvrages que Krüger consacre aux Hautes-Pyrénées, il indique que la culture pyrénéenne, encore préservée des influences de la civilisation industrielle, permettait à l'époque de ses enquêtes sur le terrain, de connaître l'évolution génétique de la culture romane méditerranéenne. Il précise que son travail s'appuie sur l'observation ethnographique des choses, pour expliquer des faits de langue[21],[2].

Pendant plus de 35 ans, Krüger s'est fixé l'objectif d'« observer le langage en son union instrumentale avec la vie, étudier les objets par une méthode ethnographique exacte, établir l'origine, le développement et le rayonnement des formes de vie rurales qui remontent très loin dans le temps ; mettre en valeur de grands ensembles de l'histoire de la culture, avant que la civilisation contemporaine ne les écrase »[9].

Krüger témoigne des conséquences techniques et dialectales de l'affrontement entre traditions et progrès en des campagnes reculés, où subsistent d'anciennes traditions oubliées ailleurs.

Méthode et outils[modifier | modifier le code]

La particularité de l'école de Hambourg fondée et animée par Krüger, réside dans son approche systémique de l'ethnolinguistique. Tous étudient en divers terrains de l'espace Roman, les mêmes aspects fondamentaux et vitaux : alimentation de base (travail des champs, sylviculture, apiculture), gestion de la ressource en eau, moyens de transport, habitat. Cette approche vise d'une part, à rendre possible la comparaison et l'analyse des différences culturelles dans l'espace et, par le choix de terrains traditionnels et de terrains modernes, dans le temps. D'autre part, elle rend possible à terme une analyse globale sur l'ensemble de l'espace roman, chaque étude, chaque thèse contribuant à la connaissance d'un socle commun cumulable.

Par son travail de géographie linguistique variationniste et comparative, où il met l'accent sur la phonétique et l'étymologie[6], par la rigueur de ses enquêtes linguistiques sur le terrain à la frontière linguistique, notamment entre catalan et languedocien, Krüger a montré sa maîtrise de la méthode des Atlas linguistiques[4]. Sa collaboration avec Ebeling sur la castaña (châtaigne) est citée comme étude ethnolinguistique de référence.

Apports[modifier | modifier le code]

L'apport majeur de Krüger et du nombre considérable d'enquêtes et de thèses de son école hambourgeoise des mots et des choses, consiste en l'accumulation de données relatives à des terrains et une époque où l'on dispose de très peu de matériau, et ce suivant une méthode partagée - habitat, moyens de transport, techniques agro-pastorales - visant à l'analyse cumulative et comparative à l'échelle spatiale de l'ensemble du domaine roman. Ces descriptions cependant comptent des impasses significatives : croyances, coutumes, processus qui mobilisent les objets techniques décrits et processus de formation des mots eux-mêmes.[10]

Krüger est reconnu à l'international, notamment pour ses apports à la connaissance des langues ibériques.

« Fritz Krüger, a continué à Hambourg, les efforts de Schädel en créant l'école de dialectologie de Hambourg, si féconde et si florissante. Les recherches réunies dans la revue Volkstum und Kultur der Romanen, l'ouvrage monumental Die Hochpyrenäen, plus de cinquante thèses de doctorat qui portent, en leur majorité, sur le domaine linguistique des deux versants des Pyrénées et de l'Espagne, sont le meilleur témoignage de la fécondité de l'œuvre du grand maître, qui après cinquante années, poursuit encore avec énergie au loin, en Amérique du Sud, ses recherches sur la culture populaire et la dialectologie. »

— Antoni Griera, Orbis, t VII, 1958, p. 350

Héritage[modifier | modifier le code]

Parmi les scientifiques de renom formés par Fritz Krüger, se trouvent Manuel de Paiva Boleo, Alfred Dornheim, Wilhelm Bierhenke, Werner Bergmann, Walter Brinkmann, auteur d'une étude de référence sur les ruches et les abeilles dans l'espace roman, Rolf Olbrich, Rudolf Wilmes et Lotte Lucas-Beyer dont la thèse publiée en 1944 dans le dernier numéro de la revue Volkstum und Kultur der Romanen et dans Hamburger Studien zu Volkstum und Kultur der Romanen, résulte d'une enquête de terrain sur la vie du paysan des forêts dans les Landes de Gascogne[22], peu après la disparition de Félix Arnaudin.

Exilé de son pays, méconnu en France, Krüger laisse une œuvre dialectologique et ethnographique de premier plan pour la péninsule ibérique[23] et pour la France[11], plus proche des choses que des mots mais d'un grand intérêt historique et muséologique, ainsi que des outils pédagogiques revisités et approfondis pour l'enseignement de l'espagnol et du portugais[24],[25].

Krüger était avant tout un travailleur forcené, manquant sans doute de hauteur de vue[10], un folkloriste romaniste représentant de l'école « Wörter und Sachen » dont il a fondé à Hambourg, une émanation plus proche de la culture des objets que de la linguistique, partant de la « chose » pour chercher le fait de langue qui s'y rapporte. Toutefois, son livre sur les « dialectes espagnols occidentaux[26] » a ouvert la voie à la dialectologie espagnole[15].

Domaines d'enquête[modifier | modifier le code]

Tandis que Max Léopold Wagner se spécialise dans le sarde, le judéo-espagnol et l'espagnol parlé aux Amériques, et que Gerhard Rohlfs enquête en Italie, en Grèce et en Gascogne, Krüger étudie l'ouest de la France, le Languedoc et le Roussillon, les Pyrénées et la péninsule ibérique[27].

La France[modifier | modifier le code]

En 1950, Fritz Krüger publie « Géographie des traditions populaires de la France[28] ». Cet ouvrage de synthèse cite les principaux travaux ethnographiques, linguistiques et de géographie humaine relatifs à la France, principalement fruit du travail de chercheurs français et de romanistes de l’école de Hambourg[11].

Les travaux de Krüger et des romanistes Hambourgeois demeurent globalement méconnus en France[11]. Le MUCEM à Marseille, par héritage du musée national des arts et traditions populaires, conserve trois traductions manuscrites non-publiées de l'anthropologue Louis Dumont[29] : « Ruches et ruchers dans les pays romans », de Brinkmann ; « Les Hautes-Pyrénées », de Krüger ; « Transports et instruments de transport dans les Pyrénées centrales françaises », de Schmolke.

Les Pyrénées[modifier | modifier le code]

Au cours des étés 1927 et 1929, Krüger et son épouse collectent dans les Pyrénées, surtout le versant espagnol, des matériaux pour un projet particulièrement ambitieux, avec une attentions spécifique portée sur tout le versant sud des Pyrénées centrales[30], de la vallée d'Ansó à Andorre, en passant par la Conca de Tremp et le Val d'Aran[2].

Cette œuvre majeure sera publiée sur plusieurs années. Outre le monumental « Die Hochpyrenäen » en 6 volumes que Krüger dédie à son « ami et chercheur de génie » Max Léopold Wagner, plusieurs articles, antérieurs comme ultérieurs, relèvent de ce même terrain[31].

Die Hochpyrenäen est un ouvrage de géographie humaine très détaillé, en droite ligne de l'école des Wôrter und Sachen (Les mots et les choses) fondée par Meringer et Schuchardt, qui fournit une documentation exceptionnellement riche et créée un précédent favorable aux développements de l'étymologie prélatine et pré-indoeuropéenne dans les Pyrénées[32]. Le vaste domaine d'enquête comprend, pour le Midi de la France, la partie septentrionale des départements des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne et de l'Ariège, c'est-à-dire la région depuis le Gave d'Aspe jusqu'à l'Ariège, limitée, au Nord, par une ligne passant par Bédous, Argelès-Gazost, Barbazan, Saint-Girons et Foix. Pour l'Espagne, le territoire situé entre la rivière Esca et le fleuve Segre, en Catalogne, jusqu'à Tamarite au nord-ouest de Lérida[4].

Ramon Violant i Simorra publie en 1942, un résumé très détaillé de chacun des six volumes de cette œuvre linguistique et ethnographique[30].

L'Espagne et le Portugal[modifier | modifier le code]

Krüger est considéré comme l'un des principaux dialectologues de la péninsule ibérique, avec Menendez Pidal, Cuervo et Alonso. Son étude dans l'ouest espagnol fait référence en matière de phonétique historique[4]. Ses travaux ultérieurs étudient les zones de mélanges dialectaux, où se multiplient les interférences et les compromis linguistiques[33],[34].

Krüger a par ailleurs établi une bibliographie complète sur la question de la division dialectale de la Catalogne dans son article de géolinguistique en Languedoc et Roussillon[35]. Il est l'auteur d'importants travaux linguistiques sur le portugais[36], et à l'interface entre dialectes portugais et espagnols.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

La bibliographie de Krüger comptait 404 titres en 1959, de son atlas linguistique manuscrit qui compte 500 cartes et 100 points d'enquête[39], à son étude de 800 pages sur le mobilier populaire dans l'espace Roman, publiée en 1963[40]. La liste en est initiée en 1952 par Rolf Olbrich dans l'hommage totalisant 1154 pages que lui rendent soixante linguistes d'Amérique et d'Europe, publié en deux tomes par l'Université de Cuyo[41],[42]. Gerhard Moldenhauer complète cette biographie en 1959, à l'occasion du soixantième anniversaire de Krüger, dans une notice-hommage à laquelle 255 linguistes joignent leur nom[9].

France[modifier | modifier le code]

  • (de) Fritz Krüger, « Volkskundliche Forschung in Südfrankreich », Volkstum und Kultur der Romanen, I,‎ , p. 34-68
  • (de) Fritz Krüger, Sprachgeographische Untersuchungen in Languedoc und Roussillon, Hamburg, (lire en ligne). Également in Revue de Dialectologie Romane, 3, 1911, pp. 144-183, pp. 287-338, 4, 1912, pp. 1-15 et 5, 1913, pp 1-88.
  • (de) Fritz Krüger, « L'Art populaire en France, Strasbourg, 1931. Compte-rendu. », Volkstum und Kultur der Romanen, VI,‎ , p. 172-173
  • Fritz Krüger, Géographie des traditions populaires en France (avec un album de 22 figures), CUadernos de Estudios Franceses, Universidad de Cuyo, Mendoza, Argentina, 255 p.
  • (de) Fritz Krüger, « Tradition und Kulturwandlungen in Westfrankreich », Zeitschrift für romanische Philologie, Bd. LXVIL,‎ , p. 184 ssq
  • (de) Fritz Krüger, « Compte-rendu. L'industrie familiale du lin et du chanvre, Toulouse, 1942 », Volkstum und Kultur der Romanen, XV,‎ , p. 339
  • (de) Fritz Krüger, « Compte-rendu. Folklore paysan, Paris. », Volkstum und Kultur der Romanen, XIII,‎ , p. 115-116
  • (de) Fritz Krüger, « Compte-rendu. La Camargue. Numéro spécial de la revue "Le Chëne". IV. », Volkstum und Kultur der Romanen, XIII,‎ , p. 1-112

Domaine Pyrénéen[modifier | modifier le code]

  • (de) Fritz Krüger, « Sach- und Wortkundliches vom Wasser in den Pyrenäen », Volkstum und Kultur der Romanen, II,‎ , p. 139-243.
  • (de) Fritz Krüger, « Worfeln und Verwandtes in den Pyrenáen », Miscellánea filológica dedicada a D. Antonio Ma Alcover con motivo de la publicación del Diccionari Catalá-Valenciá-Balear,‎ , p. 509-524.
  • (de) Fritz Krüger, Die Hochpyrenäen, A.1. Landschaften, Haus u. Hof, Hamburg, , 238 p. Ce tome présente une analyse comparative des logements permanents et de ceux liés à la vie pastorale dans les différentes vallées des Pyrénées étudiées.
  • (de) Fritz Krüger, Die Hochpyrenäen, A.2. Landschaften, Haus u. Hof, Hamburg, , 400 p. Ce tome compare l'architecture intérieure et extérieure de l'habitat Pyrénéen.
  • (de) Fritz Krüger, « Die Hochpyrenäen. B. Hirtenkultur », Volkstum und Kultur der Romanen, VIII,‎ , p. 1-103. Ce tome est consacré à la culture matérielle pastorale dans les Hautes-Pyrénées.
  • (de) Fritz Krüger, « Die Hochpyrenäen. C.1. Ländliche Arbeit. », Butlleti de Dialectologia Catalana, Barcelona.,‎ , p. 39-240. Ce tome est consacré à l'ethnographie et à la linguistique des moyens de transport dans les Hautes-Pyrénées : transport de personnes comme de marchandises, monte-charge, etc.
  • (de) Fritz Krüger, Die Hochpyrenäen, C.2. Getreide-Heuernte - Bienenwohnung, Hamburg, , 500 p. Ce tome étudie en détail les pratiques agricoles et apicoles pyrénéennes.
  • (de) Fritz Krüger, « Die Hochpyrenäen. D.1. Hausindustrie, Tracht, Gewerbe. », Volkstum und Kultur der Romanen, VIII,‎ , p. 201-328 (lire en ligne). Ce tome, ainsi que le suivant, est dédié à l'artisanat et plus spécialement le tissage du lin, au costume, au commerce.
  • (de) Fritz Krüger, « Die Hochpyrenäen. D.2. Hausindustrie, Tracht, Gewerbe. », Volkstum und Kultur der Romanen, IX,‎ , p. 1-103 (lire en ligne), et ses tables et cartes annexes[lire en ligne]. Ce tome, ainsi que le précédent, est dédié à l'artisanat et plus spécialement le tissage du lin, au costume, au commerce.
  • (de) Fritz Krüger, Die spanisch-französische Pyrenäengrenze, Hamburg, Hamburger Fremdenblatt, (lire en ligne)
  • (de) Fritz Krüger, « Haus und Hausrat des alten Luchonnais : Nach dem wissenschaftlichen Nachlass von W. Schroeder », Innsbruck : Sprachwissenschaftliche Institut der Leopold-Franzens-Universität,‎ , p. 255-278
  • (es) « El Pirineo Español. Arte popular decorativo en Cataluña. La fiesta de Navidad. », Anales del Instituto de Lingüistica. Universidad Nacional de Cuyo, Mendoza., vol. IV,‎ , p. 157-190 (lire en ligne)

Espagne et Portugal[modifier | modifier le code]

  • (de) Fritz Krüger, Studien zur lautgeschichte westspanischer Mundarten auf Grund von Untersuchungen an Ort und Stelle Mit Notizen zur Verbalflexion und zwei Übersichtskarten, Jahrbuch der Hamburgischen Wissenschaftlichen Anstalten, t. XXXI, 1913 (lire en ligne)
  • (es) Fritz Krüger, El Dialecto de San Ciprian de Sanabria: monographia leonesa, , 263 p. (lire en ligne)
  • (es) Fritz Krüger, « Mezcla de dialectos », Homenaje ofrecido a Menéndez Pidal, t. II,‎ (121-166)
  • (de) Krüger, Fritz, Die gegenstandskultur Sanabrias und seiner nachbargebiete: ein beitrag zur spanischen und portugiesischen volkskunde, De Gruyter, , 322 p.
  • (de) Fritz Krüger, « Die Nordwestiberische Volkskultur », Wôrter und Sachen, Band X,‎ , p. 81
  • (es) Fritz Krüger, « Las brañas. Contribución a la historia de las construcciones circulares en la zona astur-galaico-portuguesa », Boletín del Instituto de Estudios Asturianos, nº 8,‎ (lire en ligne)
  • (es) Ebeling, W., Krüger, Fritz., « La castaña en el noroeste de la peninsula iberica : Estudio etnográfico-lexicológico », Anales del Instituto de Lingüística, nºV, Mendoza : Universidad Nacional de Cuyo,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Homenaje a Fritz Krüger, Universidad Nacional de Cuyo, Mendoza, 1952[43]
  • Homenaje a Fritz Krüger, Tomo II, Mendoza, 1954[44]

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • (es) Olbrich, Rolf, « Bibliografía de las publicaciones de F. Krüger », Homenaje a Fritz Krüger,‎ , p. 7-30. (lire en ligne)

Cursus, bio-bibliographie de Fritz Krüger[modifier | modifier le code]

  • (es) Sol Perez Corti, « Fritz Krüger en la Argentina: sobre El argentinismo "es de lindo" », SEHL,‎ (lire en ligne)
  • (es) Ros Fontana, Ignasi., Fritz Krüger : fotografias de un trabajo de campo en Asturias (1927), XIXÓN, Museu del pueblu d'Asturies, (lire en ligne)
  • (es) Artur Quintana Font, « Bio-bibliographie de Fritz Krüger », Los altos Pirineos, Garsineu, Espagne,‎
  • (es) Carmen Ortiz García, Diccionario histórico de la antropología española, CSIC - CSIC Press, (ISBN 978-84-00-07443-2, lire en ligne)
  • (de) Olaf Deutchmann, « Fritz Krüger 1931-1945 : ein aide-mémoire : Die Hamburger Schule, wissenschaftliche und ideologische implikationen », Wörter und Sachen, Österreichische une deutsche Beiträge zur Ethnographie une Dialektologie Frankreichs. Ein französisch-deutsch-österreichisches Projekt,‎ , p. 167-172
  • (de) Walter Theodor Elwert, « Fritz Krüger », Neue Deutsche Bibliographie, Duncker & Humblot, Berlin,‎ , p. 103-104 (lire en ligne)
  • Gerhard Moldenhauer (La tabula gratulatoria compte 255 noms), Fritz Krüger notice biographique et bibliographie, Louvain, Belgique, Centre International de Dialectologie Générale, , 30 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Krüger, Fritz (Friedrich) @ HPK », sur www.hpk.uni-hamburg.de (consulté le )
  2. a b c et d (es) Artur Quintana Font, Bio-bibliographie de Fritz Krüger, Los Altos Pirineos, Garsineu Edicions, (ISBN 978-84-88294-46-3, lire en ligne)
  3. (de) Karl Salow, Sprachgeographische Untersuchungen über den östlichen Teil des katalanisch-languedokischen Grenzgebietes von Dr. Karl Salow, Gräfe & Sillem in Komm.,
  4. a b c et d Sever Pop, La dialectologie : aperçu historique et méthodes d'enquêtes linguistiques, Louvain : Chez l'auteur, (lire en ligne)
  5. (es) Olbrich, Rolf, « Bibliografia de las publicaciones de Fritz Krüger », Homenaje a Fritz Krüger, vol. I sur II, Universidad Nacional de Cuyo,‎
  6. a et b (de) Leo Spitzer, Hugo Schuchardt-Brevier, ein Vademekum der allgemeinen Sprachwissenschaft, als Festgabe zum 80 Geburtstag des Meisters, Halle, Niemeyer, , 396 p. (lire en ligne), p. 125
  7. Séguy, Jean (linguiste), « Les cartes auxiliaires de l'ALG. Essai d'aréologie méthodique », Via Domitia n° III,‎ , p. 36-62 (lire en ligne)
  8. Dinguirard, Jean-Claude, Ethnolinguistique de la haute-vallée du Ger (lire en ligne), Bibliographie
  9. a b c d et e Centre international de dialectologie générale, Biographies et conférences ...: Fritz Krüger, notice biographique et bibliographique par M.A. Gerardo Moldenhauer ..., Centre international de dialectologie générale près l'Université catholique de Louvain, (lire en ligne)
  10. a b c et d Christian Bromberger, « Un demi-siècle après... Redécouvrir les travaux de l'école romaniste de Hambourg », Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, vol. 18, no 3,‎ , p. 9–20 (DOI 10.3406/mar.1990.1442, lire en ligne, consulté le )
  11. a b c et d Mots et choses de l'ethnographie de la france. Regards allemands et autrichiens sur la France rurale dans les années 30 - BEITL BROMBERGER, BE (lire en ligne)
  12. (de) Krüger, Fritz, « Mittelrneerländisch-römisches Kulturerbe in Südfrankreich », Sache, Ort und Wort Festschrift Jakob Jud zum 60. Geburtstag, Romanica Helvetica, vol. 20,‎ , p. 339-363 (lire en ligne)
  13. (de) Krüger, Fritz (Staats- und Universitäts- Bibliothek Hamburg), « Die Grenzen des französischen Volkstums », Hansische Hochschulzeitung, vol. Hefte 7, Jahrgang 21,‎ , p. 154-163 (lire en ligne)
  14. (de) Wolfgang Settekorn, « Die Hamburger Schule, wissenschaftliche und ideologische implikationen », Wörter und Sachen, Österreichische une deutsche Beiträge zur Ethnographie une Dialektologie Frankreichs. Ein französisch-deutsch-österreichisches Projekt.,‎ , p. 139-166
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