François Dompierre

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François Dompierre
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Naissance
Nom de naissance
François Dompierre
Nationalité
Activité
Distinctions
Prix du Coq d'or (1975)
3 Prix Félix (1980, 1982)
3 Prix Génie (1984, 1985, 1996))
Prix Gémeau (1997)
Grand prix de la SOCAN (2008)
Œuvres réputées
Les Glorieux, 24 Préludes, Les Diableries, Concerto pour piano

François Dompierre. ( à Ottawa, Canada[1] - ) est un compositeur, chef d'orchestre, communicateur et producteur québécois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Organiste de formation, François Dompierre se produit en 1961 dans un récital d'organiste à la cathédrale Notre-Dame de Chartres. Il est ensuite admis au Conservatoire de musique de Montréal, où il étudie notamment auprès de Clermont Pépin[1]. À sa sortie du Conservatoire en 1964, il entreprend une carrière en tant qu’accompagnateur et auteur-interprète avant de se consacrer principalement à l'écriture de chansons. Il compose entre autres pour Julie Arel, Pierre Calvé, Renée Claude, Emmanuëlle, Louise Forestier, Claude Gauthier, Pauline Julien, Félix Leclerc et Monique Leyrac. À titre d'arrangeur, il produit des orchestrations symphoniques pour Richard Séguin en 1993. De même, sa collaboration avec Félix Leclerc est particulièrement fructueuse. Dompierre signe en effet les arrangements des albums Le tour de l'île, Mon fils et surtout Chansons dans la mémoire longtemps, un coffret de trois albums comprenant 36 chansons qui lui mérite le Félix de l'arrangeur de l'année au Gala de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) de 1979. Il signe également les arrangements et la direction d'orchestre du troisième album de l'auteure-compositeure-interprète Christine Charbonneau, paru en 1968 chez Les Disques Gamma[2].

Composition instrumentale[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses collaborations avec les interprètes de la chanson, Dompierre se consacre à la composition instrumentale. Plusieurs de ses œuvres se retrouvent en 1974 sur son disque Dompierre qui connaît un vif succès[3]. Ce disque est entièrement produit par Dompierre. On retrouve sur cet album, notamment, les pièces suivantes : La chasse-galerie, Ragtime pour plus tard et surtout Saute-mouton qui connaît un grand succès radiophonique. Cette dernière pièce sera d'ailleurs reprise en 1981 par le chef d'orchestre allemand James Last qui en fera lui aussi un succès. Une particularité de cet album est qu'il contient deux disques avec des enregistrements sur trois faces seulement, la dernière face étant réservée à un dessin de Serge Chapleau.

En 1982, ce sera Hors d’œuvres qui lui vaudra le trophée Félix du meilleur disque instrumental et c'est sur cet opus que se retrouvent les titres suivants : Tir d'aile, Sept huit n'œuf, Têtes de violons et Meringue glacée.

Ses compositions lui donnent l'occasion d'exercer son activité de chef d’orchestre avec plusieurs ensembles. Il a ainsi dirigé, en 1978, la création de son Concerto en la pour piano avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), œuvre qui est enregistrée sous la baguette de Charles Dutoit sous étiquette Deutsche Grammophon avec Édith Béluse au piano. Il s'agissait du premier enregistrement de la compagnie au Canada. L'œuvre, qui fait également intervenir un quatuor jazz-rock (guitare, basse, violon et batterie), illustre la démarche du compositeur qui puise à toutes les sources d'inspiration. Sur le disque, on retrouve une autre de ses compositions, Harmonica Flash avec Claude Garden à l'harmonica.

La violoniste Angèle Dubeau lui commande en 1981 un concerto pour violon et orchestre. Dompierre reçoit également des commandes pour les œuvres imposées à l'occasion du Concours international de Montréal de violon (Les Diableries), en 1979, ainsi que du Concours de musique du Canada (Kaléidophone), en 1983. On lui commande aussi la musique pour le pavillon du Québec à Osaka en 1970, un Concerto pour violon et orchestre d'Angèle Dubeau pour l'Expo 86 à Vancouver, Les Jardins intérieurs, musique d'environnement pour le Jardin botanique de Montréal en 1989, la musique pour accompagner les feux d’artifice marquant la clôture des festivités du 350e anniversaire de la fondation de Montréal en 1992, ainsi que Les Glorieux, sous la direction de Kent Nagano à l'OSM à l’occasion du centenaire du club de hockey Canadien en 2009. Le disque Flash Back, paru en 2007, synthétise sa production pianistique qu’il interprète lui-même sur le disque.

En 1988, il compose et dirige Charles Trenet, un profil symphonique avec l'Orchestre symphonique de Québec en présence de l'artiste français.

En juillet 2012, ses 24 préludes en forme de boogie et de bien d'autres choses encore sont créés au Festival de Lanaudière sous les doigts d'Alain Lefèvre, devant un public de plus de 5 000 personnes. Il s'agit de 24 préludes composés dans les 12 tons majeurs et les 12 tons mineurs selon la tradition classique, mais dans le style caractéristique du compositeur, qui suit une orientation pop-jazz très syncopée assise sur une solide formation classique. Un enregistrement studio de l'œuvre paraît en septembre 2012 sur étiquette Analekta.

Musique de film et de scène[modifier | modifier le code]

Dompierre est également très actif dans le domaine du cinéma où il signe la trame musicale d’une soixantaine de films. Parmi les productions les plus connues, mentionnons O.K. Laliberté (Marc Carrière), IXE-13 (Jacques Godbout), Bonheur d'occasion (Claude Fournier), Le Sang des autres (Claude Chabrol), Mario (Jean Baudin - Prix Génie 1985 pour la meilleure musique de film), Le Matou (Jean Beaudin - Prix Génie 1986), Le Déclin de l'empire américain et L'Âge des ténèbres (Denys Arcand), The Kid Brother (Claude Gagnon), Les Portes tournantes (Francis Mankiewicz) et L'Odyssée d'Alice Tremblay de Denise Filiatrault.

À la scène, il compose la musique de la comédie musicale avec Demain matin, Montréal m'attend sur un texte de Michel Tremblay (21 chansons pour la version de 1970 et révision avec 25 chansons pour la version de 1995) et de Paris brûle-t-il?, d'après le livre de Larry Collins et de Dominique Lapierre sur un livret de Leonard H. Orr. Sa contribution musicale à plusieurs messages publicitaires est soulignée par le Prix du Coq d’or en 1975.

Autres activités[modifier | modifier le code]

En tant que chef d'orchestre, François Dompierre a eu l'occasion de se produire avec l'Orchestre de chambre de Hull, l'Orchestre symphonique de Sherbrooke, l'Orchestre symphonique de Québec, l'orchestre I Musici de Montréal, l'Orchestre Métropolitain et l'Orchestre des jeunes du Québec.

En 1994, Dompierre introduit le concept de Syntphonika, avec la collaboration d'André Perry, maquette sonore fournie par des synthétiseurs pour accompagner des musiciens sur scène, le but étant de fournir un volume sonore comparable à un grand orchestre avec un nombre réduit de musiciens. Le projet n'aura cependant pas de suite.

Communicateur et conférencier chevronné, il devient animateur régulier à la radio de Radio-Canada en 2000. De même, il anime des ateliers dédiés à la musique de film.

Il est également l'auteur de livres Je m'amusique, livre musical sous forme de jeu éducatif destiné à l'apprentissage de la musique dans les écoles[4], et Les plaisirs d’un compositeur gourmand, série d'anecdotes autour du thème de la bouffe.

Cet intérêt pour la cuisine, constant chez lui, l'amène à organiser des ateliers sur différents thèmes culinaires. Il a d'ailleurs longtemps tenu une chronique gastronomique dans la revue L'Actualité ainsi qu'à la radio avec Suzanne Lévesque.

L'ensemble de son œuvre lui vaut le Grand prix de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) en 2008. Le 30 septembre 2013, un événement tenu à la salle l'Astral de Montréal rend hommage à ses 50 ans de carrière.

Style[modifier | modifier le code]

La démarche de François Dompierre repose sur un refus de cloisonnement à des courants stricts et sur un recours revendiqué à la musique tonale. À ce titre, il aime procéder à la fusion tonale du classique, du rock, du jazz, du pop, le mélange des genres étant dicté non seulement par les considérations de la commande ou du propos, mais également par son choix stylistique délibéré. « Je veux qu'on mélange les styles parce que ça ressemble à la vie, parce que c'est l'image des communications qui nous gouvernent aujourd'hui. »[5]

Musique de concert[modifier | modifier le code]

  • 1974 : Sonate pour ondes Martenot et piano, composée à la demande de Sylvette Allart.
  • 1979 : Diableries, commande du Concours de musique du Canada.
  • 1979 : Concerto pour piano et orchestre en La majeur.
  • 1979 : Harmonica flash, concerto pour harmonica.
  • 1981 : Concerto pour violon et orchestre.
  • 1982 : Petit Concerto pour Saint-Irénée, œuvre écrite à la demande de Françoys Bernier pour le Domaine Forget.
  • 1983 : Kaléïdophone, commande du Concours de Musique du Canada à titre de pièce imposée.
  • 1986 : Concerto pour violon et orchestre.
  • 1988 : Charles Trenet, un profil symphonique.
  • 1989 : Jardins intérieurs, commande du Jardin botanique de Montréal.
  • 1991 : Ouverture, commande de Canadair.
  • 2008 : Les Glorieux, commande de l'Orchestre symphonique de Montréal, avec Kent Nagano, sur un texte de Georges-Hébert Germain sur une mise en scène de Denis Bouchard. Œuvre en 5 mouvements : ouverture en trois périodes, le rêve, la guerre, la défaite et la gloire.
  • 2012 : 24 Préludes en forme de boogie et de bien d'autres choses pour piano.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1963 : François Dompierre vol. 1. Disque comprenant 10 chansons chantées par Dompierre, enregistré pour la maison Sélect Archambault.
  • 1975 : Dompierre Borne-fontaine. Disque de pièces instrumentales pour grand orchestre. Produit à compte d’auteurs et distribué sous étiquette Barclay par Polygram.
  • 1979 : Concerto pour piano et orchestre. Disque enregistré sur étiquette Deutsche Grammophon avec l'Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit.
  • 1981 : Hors d’œuvre. Disque de pièces instrumentales pour grand orchestre inspirées du thème de la bouffe. Des recettes sont fournies à l'intérieur de la pochette.
  • 1989 : Les Jardins intérieurs.
  • 2007 : Flash-Back. Disque de pièces instrumentales pour piano enregistré par les disques CBC, Radio-Canada.
  • 2012 : 24 Préludes en forme de boogie et de bien d'autres choses..., interprétation d'Alain Lefèvre, Analekta.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme compositeur[modifier | modifier le code]

Comme Acteur[modifier | modifier le code]

Récompenses et mises en candidature[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Candidatures[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1994 : Gourmandises et autres plaisirs de vacances… en Floride du Sud-Est, Éditions du Boréal, (ISBN 9782890526563).
  • 2000 : Les plaisirs d'un compositeur gourmand, Éditions du Boréal, (ISBN 9782764600825).

Document[modifier | modifier le code]

  • 1997 : Seize heures avec François Dompierre, documentaire réalisé par Télé-Québec.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b «  Dompierre, François », dans l'Encyclopédie de la musique au Canada (en ligne).
  2. http://www.leparolier.org/quebecois/classartistes/c/christinecharbonneau.htm
  3. « François Dompierre », sur qim.com (Québec Info Musique).
  4. Avec la collaboration de Lorraine Desmarais et Michel Fortin, paru aux éditions Opérama en 1988.
  5. Nathalie Petrowski, François Dompierre : un musicien pour toute saison dans Le compositeur canadien, octobre 1980, p.27

Liens externes[modifier | modifier le code]