Pauline Julien

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Pauline Julien
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Surnoms
La renarde
La PasionariaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Québec (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Pauline Julien (née à Trois-Rivières, le - décédée à Montréal, le ) est une chanteuse, autrice-compositrice et actrice québécoise. Elle a acquis une grande notoriété au Québec, en France ainsi que dans le Canada anglophone. Elle est une icône de la chanson québécoise est aussi une figure souverainiste et féministe importante au Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pauline Julien, née Pauline Bibiane Julien, fille d'Émile Julien et de Marie-Louise Pronovost.[1] est la cadette d'une famille de onze enfants, établie à Trois-Rivières et plus tard à Cap-de-la-Madeleine. Son père Emile était cousin germain de Maurice Duplessis. L'un de ses frères, André, a été maire de Cap-de-la-Madeleine jusqu'en 1960.

Julien épouse l'acteur Jacques Galipeau en 1950 avec lequel elle aura eu deux enfants. Elle est d'abord comédienne dans des troupes de théâtre de Québec et de Montréal[2], puis fait un séjour de six ans à Paris, de 1951 à 1957, grâce, notamment, à une bourse de Maurice Le Noblet Duplessis[3]. Elle y fait du théâtre, mais c'est en tant que chanteuse qu'elle se fait remarquer[4]. Elle entame alors une carrière de chanteuse dans les cabarets, ainsi qu'à la télévision et à la radio française[2]. Elle y interprète alors des chansons (entre autres) de Léo Ferré, de Boris Vian et de Bertolt Brecht. Elle est aussi la première à interpréter Gilles Vigneault en France.

Julien vit entre Montréal et Paris de 1957 à 1961[2], puis reprend rapidement le chemin de la scène dans le circuit des cabarets montréalais. En 1958, on la retrouve au Cabaret Saint-Germain-des-Prés de Jacques Normand, le rendez-vous montréalais de la chanson française.

Après sa séparation d'avec Jacques Galipeau, elle rencontre en 1961 le poète, journaliste et homme politique Gérald Godin, qui devient son compagnon l'année suivante et ce pendant plus de 30 ans, jusqu'au décès de celui-ci en 1994, à la suite d'une longue lutte contre le cancer du cerveau[5],[4].

À son retour à Montréal, en 1962, elle présente à son public son premier disque Enfin... Pauline Julien. Deux ans plus tard, c'est avec une chanson de Gilles Vigneault, intitulée Jack Monoloy, qu'elle gagne le deuxième prix au Festival de Sopot, en Pologne. C'est le début d'une grande carrière pour la chanteuse, qui se produira sur les plus grandes scènes d'Europe et du Canada jusqu'à la fin des années 1980[3],[2]. Elle chantera également en URSS, en Afrique et en Amérique latine[2].

À partir de la fin des années 1960, le répertoire de Pauline Julien se compose presque uniquement de chansons d'auteurs québécois, tels que Gilbert Langevin, Jean-Paul Filion et Raymond Lévesque[2]. Elle commence à écrire les textes de quelques-unes de ses chansons en 1968[2]. Au cours des 10 années suivantes, la musique de ses chansons sera composée par François Dompierre, Claude Dubois, Michel Robidoux, Stéphane Venne, Robert Léger (en), Pierre Flynn, Gerry Boulet, Gaston Brisson, François Cousineau et Jacques Marchand, les trois derniers étant ses directeurs musicaux à un moment ou à un autre. Elle compose également des chansons sur des paroles de Michel Tremblay[2].

Dans les années 1980, Julien développera une grande complicité avec l'autrice-compositrice-interprète française Anne Sylvestre, dont elle a fréquemment interprété certaines chansons, notamment Non, tu n'as pas de nom et Une sorcière comme les autres. Les deux artistes montent un spectacle en collaboration avec la poétesse Denise Boucher qui sera présenté au Québec et en Europe pendant plus de deux ans, sous le titre Gémeaux croisées.

Julien continue parallèlement à jouer au théâtre dans les années 1980, jusqu'au début des années 1990, dans des pièces comme Grandeur et décadence de la ville de Mahogonny de Brecht-Weill (1984) ou La Maison cassée de Victor-Lévy Beaulieu (1991)[2].

En plus du théâtre et de la chanson, Pauline Julien aura aussi apporté sa contribution au cinéma en étant de la distribution des films Bulldozer de Pierre Harel, La Mort d'un bûcheron de Gilles Carle et de quelques autres productions. Dans les années 1990, elle aura eu le temps de participer à une mission humanitaire au Burkina Faso et de s'adonner à l'écriture romanesque avec son ouvrage Il fut un temps où l'on se voyait beaucoup, paru à l'été 1998.

Atteinte d'aphasie dégénérative à partir des années 1980, elle se retire progressivement de la scène[4], et, ayant perdu son compagnon, ne pouvant plus chanter ni jouer, elle se suicide[6] le (à 70 ans).

Le fonds d'archives de Pauline Julien est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[7].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

À son retour au Québec, au tournant des années 1960, Julien commence à défendre la cause souverainiste et devient une figure importante du mouvement indépendantiste du Québec[4]. C'est en 1964 qu'elle aurait pris sa première position politique publique en refusant de chanter pour une cérémonie organisée en honneur de la Reine Élizabeth II[4],[2]. En 1969, elle provoque un scandale qui fait le tour du monde en interrompant le discours du secrétaire d'État canadien, lors d'une conférence ministérielle sur la Francophonie au Niger, avec un « Vive le Québec libre ! » sonore, parce que le ministre canadien, parlant de la francophonie, omettait de mentionner le Québec[3].

Pauline Julien et son conjoint Gérald Godin font partie des centaines de personnes arrêtées et emprisonnées durant les évènements d'octobre 1970, en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, en raison de leurs allégeances politiques[2]. C'est aussi à partir des années 1970 que Pauline Julien commence à défendre la cause féministe[2]. En général, elle se défendait de faire de la politique partisane et se disait plutôt citoyenne engagée[8].

Selon la cinéaste Pascale Ferland, qui a réalisé un documentaire sur l'artiste, « Pauline Julien était une femme étonnamment d’avant-garde. Il y avait beaucoup d’artistes qui chantaient pour l’indépendance [du Québec] à cette époque, c’était en vogue, mais au-delà de ça, elle prenait vraiment position pour les femmes, pour les démunis et militait pour les travailleurs. »[9]

L'échec du référendum de 1980 aurait profondément affecté la chanteuse. C'est peu de temps après qu'elle commence à être atteinte d'aphasie[4].

Dans les dernières années de sa vie, elle continue à s'impliquer pour des causes humanitaires, en se rendant notamment au Burkina Faso et au Rwanda[2].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 1962 : Enfin... Pauline Julien
  • 1963 : Pauline Julien
  • 1964 : Solidad et Barbarie [pour enfants]. Pauline Julien. HFL-8002.
  • 1965 : Pauline Julien chante Raymond Lévesque
  • 1966 : Pauline Julien chante Boris Vian
  • 1967 : Suite québécoise
  • 1969 : Comme je crie, comme je chante… (textes de Gilbert Langevin)
  • 1971 : Fragile
  • 1972 : Au milieu de ma vie, peut-être la veille de...
  • 1973 : Aller voir, vous avez des ailes
  • 1973 : Pour mon plaisir... Gilles Vigneault
  • 1974 : Licence complète
  • 1977 : Femmes de paroles
  • 1978 : Mes amies d' filles
  • 1978 : Les Sept Péchés capitaux
  • 1980 : Fleur de peau
  • 1980 : Je vous entends chanter
  • 1982 : Charade
  • 1984 : Où peut-on vous toucher ?

Albums en public[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Pauline Julien (Collection Québec Love)
  • 1996 : Pauline Julien
  • 1997 : Brecht & Weill
  • 1998 : Au temps des boîtes à chansons
  • 1998 : Les Années de la Butte à Mathieu
  • 2001 : Rétrospective

Filmographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1985 : L'Échappée belle, Népal (Montréal 1985), écrit en collaboration avec Denise Hébert
  • 2009 : La renarde et le mal peigné; Fragments de correspondance amoureuse 1962-1993 (correspondance avec Gérald Godin, Leméac Éditeur

Honneurs[modifier | modifier le code]

Héritage et influence[modifier | modifier le code]

Pauline Julien et son conjoint Gérald Godin sont les sujets du documentaire Québec... un peu... beaucoup... passionnément... réalisé par Dorothy Todd Hénaut en 1989, sur le mouvement indépendantiste du Québec[2].

Un spectacle-hommage intitulé La renarde : sur les traces de Pauline Julien a eu lieu lors des Francos 2018 pour souligner les 20 ans de la mort de la chanteuse[10]. Pauline Julien a aussi fait l'objet de nombreuses pièces de théâtre[11].

En 2018, la cinéaste Pascale Ferland réalise le documentaire Pauline Julien, intime et politique, qui brosse le portrait de la chanteuse et le rôle notable qu'elle a joué dans la lutte pour l'indépendance du Québec.

Le Centre des arts de la scène Pauline Julien, la salle de spectacles Pauline Julien et le Centre Pauline-Julien, dédié à la francisation des adultes immigrants, ont été nommés en son honneur[2]. Elle possède également une rue à son nom, à Montréal.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le nom à la naissance et les noms des parents sont tirés de l'acte de baptême (baptême 83, feuillet 29, Registre de la paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses-de-Trois-Rivières pour l'année 1928)
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o Christian Rioux et Betty Nygaard King, « Pauline Julien », L'encyclopédie canadienne,‎ (lire en ligne)
  3. a b et c « Il y a 20 ans nous quittait Pauline Julien, la Pasionaria du Québec », Radio-Canada,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d e et f « Pauline Julien, l'interprète fougueuse qui voulait faire du Québec un pays », Radio-Canada Première,‎ (lire en ligne)
  5. Guy Godin, « Gérald Godin, le député-poète », dans Denis Chartrand et René Beaudoin (dir.), Rencontrer Trois-Rivières, Trois-Rivières, Éditions Le Sabord, , p. 222-226
  6. Pauline Julien (1928-1998) Auteure, interprète, dans Bilan du siècle, de l'Université de Sherbrooke [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)]
  7. Fonds Pauline Julien (MSS419) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  8. « Pauline Julien, femme sensible et citoyenne engagée », Radio-Canada Première,‎ (lire en ligne)
  9. Éric Moreault, « Pascale Ferland souhaite sortir Pauline Julien de l'oubli », Le Soleil,‎ (lire en ligne)
  10. « La renarde, un hommage hors norme à Pauline Julien », Radio-Canada,‎ (lire en ligne)
  11. Nicolas Gendron, « Table ronde autour de Pauline Julien : Ode à l'insoumise », Le Voir,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]