Leonardo (entreprise)

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Leonardo
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illustration de Leonardo (entreprise)

Création 1948 à Rome
Personnages clés
  • Giovanni De Gennaro, Président du 4 juillet 2013 (auparavant: Giuseppe Orsi, Président et Administrateur délégué[1]; Pier Francesco Guarguaglini[1])
  • Alessandro Profumo - Administrateur délégué [2]
Forme juridique Société par actions
Slogan Ingenuity at your service
Siège social Drapeau de l'Italie Piazza Monte Grappa n. 4 Rome ItalieVoir et modifier les données sur Wikidata (Italie)
Actionnaires État Italien 30,20 %
Activité Aéronautique, Espace, Électronique, Défense
Produits Avions, Hélicoptères, Systèmes spatiaux, Satellites, Systèmes Électroniques, Navires
Filiales DRS Technologies, Telespazio
Effectif plus de 47.600 (2016)
Site web leonardocompany.com

Chiffre d’affaires € 12,002 milliards (2016)[3]
Résultat net € 507 millions (2016)
À travers sa filiale Alenia Aermacchi, Finmeccanica dispose de 21 % d'Eurofighter GmbH

Leonardo (anciennement Finmeccanica, BIT : FNC) est le second groupe industriel italien et l'un des principaux groupes du secteur aéronautique et spatial du monde. Il est présent dans la défense, les hélicoptères, l'aéronautique, l'espace et l'énergie.

La société est installée dans plus de cent pays et notamment en Grande-Bretagne et aux États-Unis, où le groupe a racheté de nombreuses entreprises de défense. Il employait plus de 70 000 salariés fin 2011 et a réalisé cette année-là un chiffre d'affaires de plus de 17 milliards d'euros.

La société a changé son nom en Leonardo S.p.A. depuis le 1er janvier 2017[4]. Le changement de nom fait partie du plus grand processus de restructuration porté par l'administrateur délégué Mauro Moretti, depuis le début de son mandat en 2014[5].

Le 16 mai 2017 le Conseil d'administration a attribué à Alessandro Profumo en tant que Directeur Général de Leonardo S.p.A.[6]

Histoire[modifier | modifier le code]

Née en 1948, sous forme de holding financière du secteur mécanique intégrée dans l'IRI et est restée une holding diversifiée et soumise aux pressions politiques des différents gouvernements jusqu'en 1980, date à laquelle une réorganisation générale du secteur des participations d'État a été menée.

Le projet industriel de la grande Finmeccanica[modifier | modifier le code]

À partir de 1982 et sous l'impulsion de Fabiano Fabiani, son Directeur Général et Administrateur Délégué, le projet d'une grande Finmeccanica voit le jour. La volonté était de centraliser au cœur même de la holding financière publique toutes les entreprises italiennes intervenant dans les secteurs techniques de pointe afin d'atteindre la taille critique pour justifier de la présence italienne dans le monde ; devenir un des leaders mondiaux dans les technologies spatiales (où Fiat était le leader mondial dans les systèmes de propulsion[réf. souhaitée]), la défense, la robotique, la micro-électronique, qui étaient jusqu'alors fragmenté entre les divisions Finmeccanica et STET, toutes deux appartenant à l'IRI, Aviofer et FinBreda appartenant à l'EFIM, une autre holding d’État. Ces holdings d’État, mais avec un statut privé, et bien qu'ayant le même actionnaire, se retrouvaient en concurrence souvent sans le savoir.

Finmeccanica put ainsi, après sa sortie du giron public, acquérir des participations importantes dans de nombreuses sociétés privées italiennes et mondiales comme Aermacchi, célèbre constructeur d'avions, de Officine Aeronavali de Venise). Ce processus de restructuration fut relativement lent.

À cette époque, Finmeccanica détenait notamment les groupes :

  • Aeritalia, née de la fusion en 1969 de Aerfer avec la division aviation du groupe Fiat SpA-Fiat Avio), et spécialisée dans les avions civils moyen-courriers, tous avions militaires, mais aussi et surtout fabricant de composants complets pour les gros porteurs - fuselage et empennage des Boeing notamment,
  • Alfa Romeo divisions automobiles de tourisme et véhicules utilitaires, entreprise vendue en 1986 à Fiat Auto,
  • Ansaldo, très ancienne et importante société de mécanique, créée en 1853, grand constructeur de navires, de trains et de centrales électriques, s'est convertie à l'électronique industrielle, les centrales électriques (dont Super Phénix en France) et le secteur ferroviaire à grande vitesse.

Le rachat des sociétés de la STET[modifier | modifier le code]

Un progrès sensible dans la concentration des entreprises technologiques avancées fut atteint lorsqu'en 1989, STET céda à Finmeccanica trois entreprises clé :

  • Selenia, spécialisée dans les technologies spatiales et dans les systèmes de défense - missiles - qui fusionnera avec Aeritalia pour donner naissance à Alenia,
  • Elsag (Elettronica San Giorgio), spécialisée dans la robotique et les automatismes industriels,
  • SGS-Thomson, coentreprise italo-française dans les semi-conducteurs, qui, après la sortie de Thomson du capital en 1992 devint ST Microelectronics. C'est aujourd'hui le premier fabricant européen et le 6e mondial.

En 1990 Finmeccanica racheta les activités industrielles en Italie du groupe anglais Ferranti, qui regroupait OTE (communications mobiles), Laben (espace) et Elmer (électronique).

Les années 1990[modifier | modifier le code]

La principale difficulté rencontrée par Finmeccanica fut son manque de disponibilités financières pour lui permettre de procéder rapidement à la croissance planifiée sachant que son actionnaire principal n'aurait jamais pu soutenir seul cet effort.

C'est ainsi qu'en 1993 Finmeccanica ouvrit son capital et sera introduite en bourse.

Lorsque l'État italien décida de dissoudre l'EFIM en 1994, Finmeccanica put enfin constituer le pôle national italien de défense en reprenant des entreprises historiques comme :

  • Breda Meccanica Bresciana spécialiste dans les trains, les armes et les munitions,
  • OTO Melara SpA spécialiste dans les véhicules militaires d'assaut et l'artillerie,
  • Officine Galileo de Florence spécialiste dans les systèmes de guidage,
  • Agusta de Varese fabricant mondial d'hélicoptères civils et militaires.

Mais ce n'est qu'en 1996 que la fusion des divisions ferroviaires Ansaldo et Breda put se concrétiser pour donner naissance à AnsaldoBreda.

En 1991, ailleurs dans le monde, Finmeccanica racheta des grandes entreprises comme :

des entreprises spécialisées dans l'automation industrielle.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Entre 1999 et 2000, Finmeccanica signe d'importants accords internationaux qui donneront une nouvelle impulsion à son développement au niveau mondial avec :

  • l'anglais Marconi (en) devenu BAE Systems, Finmeccanica créera une coentreprise : AMS, qui fusionnera toutes les activités de défense de Selenia ;
  • l'anglais GKN, Finmeccanica créera Agusta Westland, qui est le second producteur d'hélicoptères au monde, qu'il rachètera intégralement en 2004.

Le groupe Finmeccanica a été privatisé en juin 2000, par la mise en bourse des actions détenues par l'IRI. À la suite de cette opération, l'État Italien conserve 32,45 % du capital.

Malgré l'importante participation dans STMicroelectronics et le maintien des activités industrielles de base comme l'énergie et le secteur ferroviaire, à partir de 2001, sous la présidence de Pier Francesco Guarguaglini, la stratégie de développement de Finmeccanica se porte sur les domaines de l'espace et de la défense. Des rachats importants ont été opérés :

  • en 2002 :
    • l'Anglais Marconi Mobile dans les télécommunications,
    • les Italiens Telespazio, spécialiste des transmissions satellites et Aermacchi, important constructeur d'avions d'entraînement militaire,
  • en 2004 :
    • le rachat intégral des coentreprises Agusta Westland et AMS, et de toutes leurs filiales dans le monde.

Finmeccanica reste un des principaux acteurs mondiaux dans leur domaine avec ses filiales Ansaldo Energie, Ansaldo STS et AnsaldoBreda.

Finmeccanica a maintenu sa participation dans STMicroelectronics et garde une participation de 25 % dans Avio (ex Fiat Avio), principal constructeur de propulseurs d'avions, fusées et pour navires. Avio a été cédée par le groupe Fiat SpA en 2003.

En octobre 2008, Finmeccanica finalise le rachat pour 5,2 milliards de dollars de DRS Technologies[7], un groupe américain d'électronique de défense créé en 1968 et ayant réalisé 2,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2007[8].

En octobre 2013, Ansaldo Energia, qui était précédemment possédé à 55 % par Finmeccanica et à 45 % par le fonds américain First Reserve, est acquise à 85 % pour 777 millions d'euros par la Cassa Depositi e Prestiti, sorte de Caisse des dépôts et consignations italienne, à travers le Fondo Strategico Italiano. Finmeccanica garde 15 % dans Ansaldo Energia, et récupère de la transaction 400 millions d'euros[9],[10].

En février 2015, Finmeccanica annonce la vente de ses activités ferroviaires, Ansaldo Breda et sa participation de 40 % dans Ansaldo STS, au groupe japonais Hitachi pour 810 millions d'euros[11]. Hitachi devrait par la suite faire une offre de reprise sur l'ensemble des participations de Ansaldo STS pour un coût d'environ 1,86 milliard d'euros[12].

De Finmeccanica à Leonardo[modifier | modifier le code]

À partir de mars 2016, l’opération de refonte de l'image de marque de la société, voulue par Mauro Moretti avec la proposition de changer la dénomination sociale à partir du 1er janvier 2017 de la part du conseil d’administration à l’assemblée des actionnaires, va être lancée.

Avec l’approbation de la nouvelle dénomination de la part de l’assemblée des actionnaires, qui a eu lieu le 28 avril 2016, Finmeccanica devient officiellement Leonardo à partir du 1er janvier 2017, un nom choisi en référence au scientifique italien Léonard de Vinci.

Les différentes activités du groupe[modifier | modifier le code]

Électronique de Défense et de Sécurité[modifier | modifier le code]

Dans le secteur de l'électronique de défense et de sécurité, Leonardo est le numéro 2 européen et numéro 6 mondial. Ses différentes filiales sont :

  • DRS Technologies, basé à Parsippany dans le New Jersey, était un groupe d'électronique de défense américain, 14e groupe de défense américain lors de son rachat par Finmeccanica en 2008 selon le classement Fortune
  • SELEX Elsag, basée à Gênes, fabrique des systèmes de télécommunications critiques
  • SELEX Galileo est actif dans l'avionique et l'optronique.
  • SELEX Sistemi Integrati dans les radars.

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

La filiale d'hélicoptères Agusta Westland, est détenue à 100 % depuis 2004 (rachat de la part de BAE Systems). Leonardo possède également 32 % du GIE NHIndustries.

Aéronautique[modifier | modifier le code]

Alenia Aermacchi regroupe depuis le 1/01/2012 l'ensemble des activités aéronautiques civiles, basées à Naples, et militaires, basées à Turin, du groupe. Alenia Aermacchi fabrique le M-346, le seul avion d'entrainement au pilotage des avions de combat de 4e et 5e génération au monde et l'avion de transport tactique C-27J. Alenia Aermacchi participe au programme d'avion de combat F-35 de Lockheed Martin, au programme de drone de combat Neuron de Dassault Aviation et fabrique des aérostructures pour les avions de ligne tels que le A380, le B787 et le Bombardier CSeries.

Alenia Aermacchi possède également des participations dans différentes sociétés, telles que :

  • 50 % du GIE ATR avec Airbus Group, le principal fabricant d'avions régionaux à turbopropulseurs au monde
  • 21 % dans l'avion de combat européen Eurofighter
  • 51 % de SuperJet International, la structure, basée à Venise et créée en 2007, qui commercialise l'avion de ligne russe Sukhoï SuperJet 100.

Systèmes de Défense[modifier | modifier le code]

L'activité Systèmes de Défense fabrique des missiles, des torpilles, de l'artillerie et des véhicules blindés. Leonardo possède

  • 25 % de MBDA, le principal fabricant européen de missiles
  • OTO Melara, leader de l'artillerie navale et terrestre, bombes guidées et systèmes de DCA ; OTO Melara possède une joint-venture 50/50 avec Iveco (Fiat Industrial) dans la fabrication de véhicules blindés.
  • WASS (Whitehead Alenia Sistemi Subacquei), un leader mondial des torpilles racheté en 1995.

Spatial[modifier | modifier le code]

Dans le domaine spatial, Leonardo possède 2 joint-ventures avec le français Thales. Telespazio, détenu à 67 %, fournit des services satellitaires de navigation, d'observation de la Terre, de télécommunications. Thales Alenia Space, détenu à 33 % fabrique des satellites de navigation, de télécommunications, météo, militaires, scientifiques ou d'observation de la Terre.

Transports[modifier | modifier le code]

Dans les transports, Leonardo possède :

  • 40 % de Ansaldo STS, basé à Gênes, qui fabrique des systèmes de signalisation ferroviaire
  • AnsaldoBreda fabrique des trains à grande vitesse, des locomotives diesel et électriques, des tramway, des métros. Présent en France, en Italie, en Norvège, au Danemark et aux États-Unis, Ansaldo Breda est né de la fusion d'Ansaldo Trasporti avec Breda Costruzioni Ferroviarie

Les activités ferroviaires, Ansaldo Breda et les 40 % dans Ansaldo STS, ont été revendues en février 2015 au groupe japonais Hitachi[11].

Énergie[modifier | modifier le code]

Dans l'énergie, Leonardo possède 55 % de Ansaldo Energia aux côtés du fonds d'investissement américain First Reserve Corporation. Ansaldo Energia est le principal fabricant italien de centrales électriques, centrales hydrauliques, au gaz ou nucléaires.

Leonardo a revendu en octobre 2013 40 % d'Ansaldo Energia au Fondo Strategico Italiano et n'en a conservé qu'une participation résiduelle de 15 %.

Les principaux chiffres[modifier | modifier le code]

Chiffre d'Affaires en millions d'euros[13]
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Électronique de Défense et de Sécurité 6.718 7.137 6.035 5.136 4.952 5.074 6.974 6.726
Hélicoptères 3.480 3.644 3.915 4.243 4.384 4.556 3.910 3.737 
Aéronautique 2.641 2.809 2.670 2.974 3.980 3.113 1.741 10.158 
Systèmes de Défense 1.195 1.210 1.223 1.256 1.575 209 686
Spatial 909 925 1.001 1.053 1.002
Transports 1.811 1.962 1.877 1.719 1.908
Energie 1.652 1.413 981 715
Autres 410 243 305 347 138 110 88
Total 18.176 18.695 17.318 16.504 16.033 12.764 12.995
Principales données financières en millions d'euros[14]
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Chiffre d'Affaires 13.429 15.037 18.176 18.695 17.318 16.504 16.033 12.764 12.995  12.002
Résultat Net 521 621 718 557 - 2.306 - 792 74 20 527 507 
Dépenses de R&D 1.836 1.809 1.982 2.030 2.020 1.912 1.820 1.227 1.446 1.373
Carnet de Commandes 17.916 17.575 21.099 22.453 17.434 44.908 42.697 29.383 28.793 34.798
Nombre de Salariés au 31 déc. 60.748 73.398 73.056 75.197 70.474 67.408 63.835 54.380 47.156 45.631

Nota :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (it) Celestina Dominelli, Finmeccanica, Guarguaglini lascia. All'ad Orsi anche la carica di presidente, Il Sole 24 Ore, 1er décembre 2011
  2. (it) « Leonardo: the Board of Directors appoints Alessandro Profumo Chief Executive Officer », sur Leonardo Company, (consulté le 18 mai 2017)
  3. [1]
  4. (en) « Leonardo: filing of articles of association », sur Leonardocompany.com, (consulté le 12 janvier 2017)
  5. (en) « Finmeccanica meeting approves new name, 'Leonardo' », sur ansa.it/english,
  6. (en) « Leonardo: the Board of Directors appoints Alessandro Profumo Chief Executive Officer - DETAIL - Leonardo - Aerospace, Defence and Security », sur www.leonardocompany.com (consulté le 17 mai 2017)
  7. « Finmeccanica a finalisé l'acquisition de l'américain DRS », Les Échos,‎
  8. « Finmeccanica entre par la grande porte sur le marché américain de la défense », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  9. Finmeccanica to sell power unit to Italy state fund for 777 million euros, Reuters, Danilo Masoni, 4 octobre 2013
  10. Finmeccanica agrees to sell Ansaldo Energia to state fund: official, Reuters, 4 octobre 2013
  11. a et b « Hitachi to Buy Finmeccanica Train, Signalling Units », sur wsj.com,
  12. Le Japonais Hitachi met la main sur les activités ferroviaires de Finmeccanica, La Tribune, 24 février 2015
  13. (en) « Leonardo: the BoD proposes the distribution of a € 14 cent. dividend after six years », sur Leonardocompany.it (consulté en 23/03/ 2016)
  14. (en) « Leonardo: the BoD proposes the distribution of a € 14 cent. dividend after six years », sur Leonardocompany.it (consulté le 23 mars 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]