Conférence de Berlin (26-27 mars 1917)

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La conférence de Berlin des 26 et 27 mars 1917 est une rencontre gouvernementale réunissant des responsables allemands et austro-hongrois, en vue de définir les buts de guerre du Reich et de la double monarchie.

Contexte[modifier | modifier le code]

La révolution russe de février 1917 change les perspectives du conflit, obligeant les belligérants à modifier, du moins en surface, les buts de guerre qu'ils cherchent à atteindre. Le Deuxième Reich et ses alliés sont ainsi amenés à se réunir afin de mesurer les conséquences de la révolution russe sur leur manière de conduire le conflit. Une conférence des ministres des puissances centrales se réunit ainsi à Vienne le 16 mars à Berlin les 26 et 27 mars 1917, pour reformuler les conditions aux quelles ces empires pourraient négocier la cessation des hostilités.

Il faut dire qu'à partir du milieu de janvier 1917, les Alliés sont tout à fait conscients des divergences dans les buts de guerre allemands et austro-hongrois. Cette divergence s'accentue au fil des mois, et est clairement visible lors des conférences austro-allemandes du mois de mars 1917.

En mars 1917, les négociateurs austro-hongrois exposent les ambitions de la double monarchie dans le royaume de Bucarest, et monnaient l'influence austro-hongroise en Roumanie contre l'abandon de la Pologne au Reich. Ainsi, dès le mois de mars 1917, lors des premières conférences austro-allemandes, les diplomates allemands affirment ne poursuivre aucun objectif politique dans le royaume, tandis que les diplomates austro-hongrois proposent un règlement global de la question des changements de souveraineté, mettant en jeu la France, l'Italie et la Russie d'une part, le Reich et la double-monarchie, d'autre part, aux dépens de la Roumanie, la France recouvrant une partie de l'Alsace-Lorraine, en échange de quoi le Reich contrôlerait la Pologne, promise à la double-monarchie, qui, en échange de ce renoncement, se dédommagerait en annexant l'Olténie roumaine (qui avait déjà été autrichienne entre 1718 et 1739). Cependant, les représentants du Reich repoussent cette proposition austro-hongroise et réaffirment l'intérêt du Reich pour le contrôle du port de Constanța et des voies de communication, notamment les voies de chemins de fer reliant ce port au Danube. Ainsi, lors des négociations de 1917, les négociateurs allemands souhaitent voir le Reich intégrer la « convention ferroviaire à quatre », liant depuis 1883 l'Autriche-Hongrie, la Serbie, la Bulgarie et l'empire ottoman, afin de garantir dans la durée la sûreté des liaisons entre le Reich et le royaume de Bucarest.

Résultat de la conférence de Berlin du 26-27 mars 1917[modifier | modifier le code]

La conférence de Berlin du 26-27 mars 1917 fait suite à la conférence de Vienne, n'ayant pas été suivie d'un accord relatif au partage des conquêtes européennes, entre le Reich et la double monarchie.

Cette conférence donne à Ottokar Czernin l'occasion de revenir sur les dispositions prévues à Vienne, et de conditionner le fait de laisser les mains libres au Reich en Pologne à l'octroi de la liberté d'action en Roumanie pour la double monarchie ; de plus, le ministre austro-hongrois conditionne l'ouverture de négociations austro-allemandes en vue de la conclusion d'une union douanière entre les deux empires à l'attribution de la Roumanie à la double monarchie, ouverture ardemment souhaitée par le gouvernement du Reich.


La conférence de Vienne et celle de Berlin des 26 et 27 mars donnent lieu à la rédaction d'un unique procès-verbal pour ces deux conférences ; en effet, aucun procès-verbal n'avait été rédigé lors de la précédente conférence du 16 mars à Vienne.

Le chancelier du Reich participe à la rédaction de ce protocole, mais semble n'en informer ni les Dioscures, Paul von Hindenburg et Erich Ludendorff, ni le secrétaire d'État aux Affaires étrangères du Reich, Arthur Zimmermann ; de même, Theobald von Bethmann Hollweg n'informe pas son successeur Georg Michaelis de l'existence de ce document. Ce texte fixe un cadre très souple aux conditions de sortie du conflit et répartit les conquêtes européennes de la quadruplice entre le Reich, la double monarchie et la Bulgarie, en fonction de participation de chacun des membres de l'alliance organisée autour du Reich à l'effort de guerre commun.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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