Thrace orientale

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La Thrace orientale.
La Thrace.

La Thrace orientale, Thrace d'Adrianople ou Thrace Adrianopolitaine (turc : Doğu Trakya, bulgare : Източна Тракия ou Одринска Тракия, Iztotchna Trakiya ou Odrinska Trakiya, grec moderne : Ανατολική Θράκη - Аnatoliki Traki) constitue la partie sud-est de la Thrace historique (qui comprenait au sud-ouest en Thrace occidentale aujourd’hui en Grèce, et au nord en Roumélie orientale, aujourd’hui en grande partie en Bulgarie).

Géographie[modifier | modifier le code]

Le terme Thrace orientale est apparu à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, lorsque la région historique de la Thrace fut partagée entre plusieurs pays. Ses limites n'ont donc pas été stables et ne sont pas totalement objectives.

La Thrace orientale constitue l'extrémité sud-est des Balkans et de l'Europe. Elle est délimitée :

De nos jours, la Thrace orientale représente la partie européenne de la Turquie et compte à ce titre pour 3 % du territoire turc (les 97 % restants étant asiatiques)[1]. Située l'actuelle région de Marmara, elle correspond aux provinces turques d'Edirne, de Kırklareli et de Tekirdağ ainsi qu'aux parties européennes des provinces d'Istanbul et de Çanakkale.

Cet ensemble représente une superficie de 23 764 km2, soit 60% de la surface de la Suisse, une surface plus importante que celle de certains pays européens comme la Slovénie ou encore le Luxembourg, comparable à celle de la Macédoine slave, et une population de 9 799 745 habitants[2], qui est plus importante que la population de nombreux pays européens, comme la Suède, l'Autriche, l'Irlande ou encore la Hongrie.

Historique[modifier | modifier le code]

La Thrace doit son nom aux Thraces, peuple indo-européen qui vivait dans la région dans l'Antiquité.

Le dernier royaume thrace indépendant fut annexé par les Romains à la mort du roi Rhémétalcès III, et la province romaine de Thrace fut créée en 46 ap. J.-C..

La Thrace orientale et côtière (Astée) étant alors urbanisée et profondément hellénisée, il n'y eut pas de romanisation (limitée et circonscrite à la Thrace rurale de l'intérieur, la Sapée) et cette province romaine, érigée en diocèse par Dioclétien, resta de langue et de culture grecque. La christianisation du pays était déjà très avancée lors de la division de l'Empire romain en 395 : la région devient alors le cœur de l'Empire romain d'orient dont la capitale est Constantinople. Au VIe siècle, les Slaves vinrent s'ajouter aux populations locales, et au IXe siècle, ils étaient christianisés à leur tour.

Les Ottomans annexèrent toute la Thrace en 1386, l'appellent Roumélie (« pays des Romains ») et y fixent leur capitale à Edirne sur la Maritsa jusqu'à la prise de Constantinople, dont ils font la capitale de leur Empire (Istanbul). En conséquence, à partir du XVe siècle, les Turcs se sont, à leur tour, ajoutés aux populations antérieures, convertissant, en outre, une partie des Bulgares à l'Islam. La domination ottomane sur l'ensemble de la Thrace dura jusqu'en 1878, lorsque le Nord de celle-ci, soit la Roumélie orientale fut érigé en province chrétienne autonome qui, en 1885, s'unit à la Bulgarie (les Bulgares chrétiens y étant largement majoritaires).

Quant au Sud, soit la Thrace occidentale et la Thrace orientale, il resta dans ce qu'on nomma alors la Turquie d'Europe jusqu'en 1913, lorsqu'à l'issue des guerres balkaniques, le traité de Bucarest attribua à la Bulgarie la Thrace occidentale et à la Turquie l'orientale (y compris le nord de l'actuel Nome de l'Évros, devenu bulgare en 1915 et grec en 1919 avec toute la Thrace occidentale).

Au XXIe siècle, la Thrace est partagée entre trois pays : la Thrace occidentale fait partie de la Grèce ; au nord, la Roumélie orientale est en Bulgarie tandis que la Thrace orientale appartient à la Turquie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]