Robert Denoël

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Denoël.
Robert Denoël
Robert Denoël (1945).jpg

Robert Denoël vers 1945.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 43 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Éditions Denoël

Robert Denoël est un éditeur français d'origine belge né le à Uccle et assassiné le à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts d'éditeur[modifier | modifier le code]

Après avoir été galeriste, Robert Denoël commence son activité éditoriale en juillet 1928 en s’associant à l'Américain Bernard Steele pour fonder à Paris les « Éditions Denoël et Steele ». Durant les années 1930, il se fait connaître comme un éditeur de grand talent publiant des textes d'Antonin Artaud, Roger Vitrac, Louis Aragon, Elsa Triolet, Jean Genet, Nathalie Sarraute, Charles Braibant, Paul Vialar, Sigmund Freud, René Allendy, Otto Rank, et Louis-Ferdinand Céline dès 1932. Il publie également des essais de toutes obédiences, des auteurs d'extrême droite ou fascistes comme Lucien Rebatet, Robert Brasillach ou Adolf Hitler, mais aussi des progressistes comme Franklin D. Roosevelt[1]. Il dirige également de 1934 à 1939 la maison d'édition La Bourdonnais, qui fera paraître une cinquantaine de titres.

À partir de 1937, Steele, qui craint la montée de l'antisémitisme en France, part pour les États-Unis avec sa mère et revend ses parts à Denoël, lequel poursuit seul sous le nom « éditions Denoël ».

La guerre et l'occupation[modifier | modifier le code]

En 1940, Robert Denoël établit des cloisonnements entre ses fonctions éditoriales, en fondant la maison les Nouvelles Éditions Françaises (NEF), où il publie des ouvrages imposés par l’occupant. En 1944, il liquide cette maison, et il fonde les Éditions de la Tour, où il édite une dizaine de livres avant sa mort.

Sous l'occupation, il compte parmi les éditeurs français impliqués dans la collaboration (ainsi que Bernard Grasset, Gaston Gallimard, Baudinière, Armand Colin, Fernand Sorlot, etc.). Il ouvre sa maison d'édition, comme Fernand Sorlot, au capital allemand. Il obtient d'un investisseur d'outre-Rhin (Audermann) un prêt de deux millions de francs, en échange de quoi Denoël lui vend 365 des 725 parts de sa société.

Grand admirateur de Céline, il fait l'éloge, dans le Cahier jaune, en novembre 1941, de la noblesse de la « haine » propre à l'auteur de Bagatelles pour un massacre[2].

Zones d'ombre autour d'un assassinat[modifier | modifier le code]

Denoël est tué après la Libération, le , dans des conditions troubles. Il est touché par une balle de revolver, au sortir de sa voiture garée à l'angle du boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle à Paris. Des papiers importants — tel un dossier établissant le comportement collaborationniste de tous les éditeurs parisiens pendant la guerre, rédigé pour préparer sa défense dans un procès intenté à sa maison d'édition — et une valise contenant des pièces et des lingots d'or disparaissent de sa voiture[3].

À la mort de Robert Denoël, la maison d'édition devient la propriété de l'avocate Jeanne Loviton[4] (connue sous le pseudonyme de Jean Voilier) qui, après avoir été l'épouse de Pierre Frondaie et la maîtresse de Paul Valéry, était devenue sa maîtresse. En 1948, Jeanne Loviton revend 90 % des parts à Gaston Gallimard, l'adversaire acharné de Denoël.

Au cours des nombreux procès autour de l'assassinat et de la succession de Denoël apparaissent les noms de personnalités entendues comme témoins tels l'avocat Pierre Roland-Lévy, proche du Parti communiste français, alors chef de cabinet du ministre du Travail et qui est promu en 1947 membre du Conseil supérieur de la magistrature ; Guillaume Hanoteau, avocat radié du barreau de Paris, qui devint ensuite dramaturge puis journaliste à Paris Match en 1952, et chroniqueur à Télé 7 jours en 1960[5].

Denoël publia environ 700 titres, et obtint un succès considérable avec les publications des œuvres de Céline dont Voyage au bout de la nuit (1932) et Mort à crédit (1936), mais aussi de ses pamphlets antisémites, ainsi que Les Décombres de Lucien Rebatet.

Famille[modifier | modifier le code]

Son épouse, Cécile Denoël, est morte en 1980 dans le Midi de la France. Son fils, également prénommé Robert, épousa Arlette Aubinière qui lui donna deux fils, Patrice et Olivier.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Louise Staman, Assassinat d'un éditeur à la Libération. Robert Denoël (1902-1945), Paris, éditions e/dite ; traduit de l'américain par Jean-François Delorme (ISBN 978-2-846-08114-6)
    L'édition originale, With the Stroke of a Pen (éditeur : Thomas Dunne Books, St Martin Press, New York, 2002), comprend des passages qui ont été supprimées dans la version française de 2005.
    Gordon Zola, Le Père Denoël est-il une ordure ? (2013) aux éditions du Léopard Démasqué. Une comédie documentée sur l'assassinat de Robert Denoël.
  • Pierre Boudrot, Bibliographie des Éditions Denoël et Steele (10 mai 1930 - 31 mars 1937), Paris, Librairie Henri Vignes et Éditions des Cendres, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. catalogue en ligne sur le site bnf.fr.
  2. Pascal Ory, Les Collaborateurs 1940-1945, Points Histoire, éditions du Seuil 1976, p. 217 et 219.
  3. A. Louise Staman, op.cit., p. 227-241.
  4. « Le destin tragique de Robert Denoël » - Entretien avec A. Louise Staman, propos recueillis par Marc Laudelout, louisferdinandceline.free.fr.
  5. Index des témoins, "Robert Noël, éditeur", site de Henri Thyssens.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]