Béatrice Nodé-Langlois

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Béatrice Nodé-Langlois
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Béatrice Nodé-Langlois, écrivain et artiste peintre française, est née le 4 avril 1940 à Compiègne. Également critique d'art et critique littéraire, elle partage sa vie entre le 3e arrondissement de Paris et Saint-Roman-de-Codières dans les Cévennes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Béatrice Nodé-Langlois, Culture manga, technique mixte 40x40cm, 2016

Béatrice Nodé-Langlois est née le 4 avril 1940 à Compiègne[1], pendant la période des exodes qui accompagnent la Seconde Guerre mondiale et qui vont situer sa plus tendre enfance à Marseille.

Effectuant des études en sociologie, Béatrice Nodé-Langlois est élève de Pierre Bourdieu[2] et de Jean Duvignaud. Elle est ensuite successivement conceptrice-rédactrice publicitaire (collaboratrice des agences André Coutau-Benton and Bowles, J. Walter Thompson et Ted Bates (en)), puis professeur en communication et en culture générale à l'ISEA-ITL Groupe École des cadres de Paris Neuilly-sur-Seine, avant d'épouser le sociologue Mike Burke, co-fondateur du Centre de communication avancée du groupe Havas[3],[4] et, encouragée en cela par ce dernier, de se consacrer entièrement à l'écriture et à la peinture, une longue période de pastelliste précédant son passage à la peinture acrylique.

Chez Béatrice Nodé-Langlois, relève-t-on[5], se confirment « d'étroites affinités électives entre le pinceau et la plume ». Énonçant son intérêt pour les travaux d'Isidore Isou et Henri Michaux[6], puis évoquant, à propos d'un voyage en Chine, l'absence de séparation qu'elle y voit confirmée entre peinture et écriture, « jusqu'à la Grande Muraille qui se présente comme une sculpture-écriture tracée à la crête, non seulement de la Chine, mais de notre planète »[7], elle-même interroge : « Peindre ? D'abord s'agit-il bien de peindre ? Ou d'une autre façon d'écrire ? »[5]

En mai 1993 sur la place de la Concorde, Béatrice Nodé-Langlois accomplit le geste de ramasser dans un caniveau une canette métallique écrasée. Elle observe que cette canette « garde quelques traces de son passé d'aguicheuse publicitaire »[8], et que ces « restes de carrosserie lustrée mêlée à des rouilles, des plaies et des bosses » suggéraient « une beauté parlant de souffrance »[8]. Là se situe, pour cette artiste, l'acte inaugural inspirateur de toute la part de son œuvre classée sous le thème des Écrasés. « J'avais perçu, confie-t-elle, l'image d'un perdant de chair et d'os, voire, à travers lui, l'ombre éternelle de l'écrasement »[8].

Rassemblant en des techniques mixtes les canettes métalliques ramassées et la peinture acrylique, Les Écrasés, selon Béatrice Nodé-Langlois, « dérisoires petits cadavres de métal évoquant nos lendemains de fête et les stigmates de nos désenchantements »[8], mettent en lumière que « le rejet n'est pas une fatalité, que le devenir, et le changement, et la chance existent »[8], et tiennent du bas-relief : abimées, déchirées, aplaties, oxydées ou grumeleuses, les canettes écrasées peuvent en effet altérer la surface de leurs toiles, leur imposer rudesse et bizarreries, contraindre la fluidité de la peinture à cohabiter avec des rigidités métalliques[8].

Béatrice Nodé-Langlois écrit depuis 2001 dans la revue La Critique parisienne et est depuis 2011 membre de l'association Empreintes et arts regroupant des artistes et des psychanalystes[9].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Béatrice Nodé-Langlois, Cherchez l'intrus, technique mixte, 46x55cm, 2016

Livres publiés[modifier | modifier le code]

  • La mère retrouvée, Plon, 1998.
  • Les écrasés, acte de naissance, Éditions d'écarts, 2001.
  • Exposée, roman autobiographique, Éditions d'écarts, 2013[10],[11].

Thèmes picturaux[modifier | modifier le code]

  • Chants de la terre, 1994.
  • L'amour, la mort, 1996.
  • La terre en partage, 1997.
  • Figures libres, 1998.
  • Les écrasés, 2000, 2004.
  • Hauts bois et plein champ, 2002.
  • La dame aux pinceaux, 2003.
  • Sept milliards, 2012.
  • Je peins à partir d'accidents, 2014.
  • Les nouveaux écrasés, 2016.

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

  • Huis-clés, recueil de textes, reproductions et originaux d'œuvres plastiques par Jean-Pierre Paraggio, Robert Chapuis, Béatrice Nodé-Langlois, Tony Pusey, Georges Lem, André Bernard, Gabriel Peries, Tina Korr, Man Ray, Michel Dambrine, Ki Wist, Bernard Thomas-Roudeix, Claude Chabret, Claude-Lucien Cauët, Estela Rivello-Peries, édition limitée à 368 exemplaires numérotés, décembre 1989.

Articles sur l'art et le design[modifier | modifier le code]

Béatrice Nodé-Langlois, Pleins champs, acrylique sur toile, 73x116cm, 2001

Articles de critique littéraire[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Rencontres avec de grands fantômes corsetés de marbre blanc, La Critique parisienne, n°62, octobre 2009 (lire en ligne).
  • Deux croquis, La Critique parisienne, n°66, octobre 2011 (lire en ligne).
  • Une visite au Prado, La Critique parisienne, n°73, avril 2015 (lire en ligne).
  • Une expérience qui marque, La Critique parisienne, n°74, octobre 2015 (lire en ligne).

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Compagnie financière, Genève, 1978[1].
  • Béatrice Nodé-Langlois - Pastels, Espace Art et Buffet, avril 1986.
  • Galerie Margot Virgil, Paris, décembre 1988[1] - janvier 1989, avril-mai 1989.
  • Béatrice Nodé-Langlois - Grands formats, espace Demours, Paris, novembre 1993.
  • Galerie BBK, Oldenbourg, février-mars 1994[1].
  • Galerie Philippe Gand, Paris, septembre 1994[12].
  • Béatrice Nodé Langlois - L'amour, la mort, Galerie Jean-Claude Riedel, Paris, janvier-février 1996[1].
  • Magic Company, Paris, 1997.
  • Hôtel Forest-Hill, porte de la Villette, Paris, 1997.
  • Radio Erevan, Nuremberg, 1997.
  • Galerie Paramythiosis, Paris, 1998.
  • Théâtre d'Asnières-sur-Seine, 1998.
  • Tea-follies, Paris, 2000.
  • Galerie Mireille Batut d'Haussy, 5 rue de l'Arbalète, Paris, 2001.
  • Hommage respectueux aux Cévennes, Espace Paris-Musique, Paris, juin 2002.
  • Galerie Mediart, Paris, 2003[1] (La dame aux pinceaux[13]), juin-juillet 2012 (Sept milliards[14]), octobre 2016 (De nouveau les écrasés[15],[16]).
  • Contrast Gallery, Bruxelles, 2004.
  • La boîte à lettres, Asnières-sur-Seine, 2010.
  • Galerie Oh ! Lez'Arts, Bois-Colombes, 2011.
  • Médiathèque Lucie-Aubrac, Ganges, octobre 2014.
  • Les écrasés, Le Monte Cristo, Le Havre, mars 2018.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Béatrice Nodé-Langlois et Marie-Christine Darlay, Le lieu d'imapges, Paris, mai 1983.
  • Salon Figuration critique, Grand Palais, Paris, septembre 1990.
  • Figuracion critica, Fundacion Santillana, Santillana del Mar, mai-juin 1991.
  • Salon des réalités nouvelles, Paris, 1992, 1993, 1996.
  • Salon de Montrouge, 1994.
  • Salon de Levallois-Perret, 1994.
  • Galerie moderne, Bad Zwischenahn, 1994.
  • 1ere Biennale internationale de Malte, 1995.
  • Galerie Mediart, Paris, 1995 (Petits formats), 1999 (Calendriers d'artistes), 2005 (Du noir au blanc), 2016 (Bouteilles, canettes écrasées).
  • Galerie Aria, Noisy-le-Grand, 1997.
  • Salon coup de cœur, espace Cardin, Paris et Galerie Pierre-Cardin, Bruxelles, 1998.
  • Institut polonais de Paris, 1999.
  • Galerie Simone Nathan-Achère, Limoges, 2000.
  • Galerie F.C., Paris, 2003.
  • Récoltes, médiathèque de Châtenay-Malabry, 2005.
  • Médiathèque d'Asnières-sur-Seine, 2007.
  • Les stèles de la Création, église de la Madeleine, Paris, 2009.
  • L'atelier ravageur, Le château d'Asnières, Asnières-sur-Seine, 2011.
  • Mairie du 9e arrondissement de Paris, 2011.
  • I comme..., Galerie L'Écu de France, Viroflay, 2012.
  • Itinéraires - art contemporain : tenue correcte exigée, La Cour des arts, Tulle, septembre-octobre 2012[17].
  • Noir sur blanc, Le Cube blanc, Paris, 2013.
  • Douze artistes, mairie de Bois-Colombes, 2014[18].
  • Résonances d'enfance, Galerie du point G et église Saint-Pierre, Tulle, juin 2016.
  • Bleu comme une orange, mairie d'Auvers-sur-Oise, 2016.
  • Sitges, Espagne, 2016.
  • Petits riens : une exposition itinéraires - art contemporain, Espace Christiane-Peugeot, Paris, septembre-octobre 2017.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Écriture[modifier | modifier le code]

  • « Exposée, qui est désigné comme un roman, mêle subtilement le récit de l'aventure épique de l'exposition à des réflexions plus profondes sur la création. La question fondamentale "Qu'est-ce que peindre ?" sous-tend tout le livre avant d'être clairement abordée. La narration originale surprend par des dialogues improbables (avec un courant d'air, par exemple)... Cette plume sensible et travailleuse est bien celle d'un écrivain. » - Célian de Préval[19]

Peinture[modifier | modifier le code]

  • « Béatrice Nodé-Langlois réinvente un langage ayant tout à la fois un tel pouvoir d'évocation et de dissimulation que malgré la clé que nous croyons détenir nous nous égarons vite, très vite, dans cette accumulation, ce grouillement, cet enchevêtrement, cette bousculade de signes aux tonalités bleues, grises, jaunes ou roses, pâles, fragiles et tendres, raffinées, sensuelles, où il nous est permis de lire tout et son contraire, d'y voir d'innocents jeux labyrinthiques ou quelques troublants tracés anthropomorphiques, "parlant aux sens, reconnaît-elle, bien plus qu'à l'intellect" et grâce auxquels cette peinture aime cultiver une certaine ambiguïté. » - Pierre Brisset[6]
  • « La couleur est primordiale chez Béatrice Nodé-Langlois. Il y a chez elle une jubilation de plonger dans la plénitude de ce qu'elle peut offrir, plus que dans sa matière, car les papiers et les toiles certes portent la vibration intense de la couleur, mais dans la légèreté. Pas d'épaisseur ni de pâte, et pourtant on pourrait le croire tant le plaisir et le jeu de la couleur sont là... C'est de la couleur qu'émergent les formes, silhouettes dont on ne sait en fait si elles apparaissent ou au contraire s'évanouissent bientôt. » - Laurence Pythoud[20]
  • « Ces œuvres aux faux airs primitifs (mais ni naïves ni ludiques) se subdivisent en bandes vaguement horizontales ou en parcelles géométriques aux contours irréguliers racontant chacun une histoire animée, souvent fantasmatique. Ces toiles éclatées, au style très personnel, peuvent intriguer, dérouter, mais ne sauraient laisser indifférent. » - Marc Hérissé[21]

Conservation[modifier | modifier le code]

Collections privées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Delarge 2001.
  2. Marie-Anne Lescourret, Bourdieu - Vers une économie du bonheur, Flammarion, 2008.
  3. Bibliothèque nationale de France, Mike Burke
  4. Cairn-info, Mike Burke
  5. a et b P.B., Béatrice Nodé-Langlois ou le désordre maîtrisé, « Le Parisien », avril 1986.
  6. a et b > Pierre Brisset, Béatrice Nodé-Langlois, « L'Œil », avril 1989.
  7. Béatrice Nodé-Langlois, Exposée, Éditions d'écarts, 2013.
  8. a, b, c, d, e et f > Béatrice Nodé-Langlois, Les écrasés, acte de naissance, Éditions d'écarts, 2001.
  9. Empreinte et arts, présentation de l'association
  10. Éditions d'écarts, "Exposée" de Béatrice Node-Langlois, présentation du livre, 2013
  11. Raphaëlle Pia, Béatrice Nodé-Langlois, "Exposée", « La Critique parisienne », n°70, 2013
  12. Michel Nuridsany, « Béatrice Nodé-Langlois », Le Figaro, mardi 20 septembre 1994.
  13. Actual Art, "La dame aux pinceaux", Béatrice Nodé-Langlois à la Galerie Mediart, présentation de l'exposition, 2003
  14. Béatrice Nodé-Langlois, Sept milliards, La Critique parisienne, n°67, avril 2012
  15. Galerie Mediart, Béatrice Nodé-Langlois - De nouveau "Les Écrasés", octobre 2016
  16. Béatrice Nodé-Langlois, De nouveau les écrasés, La Critique parisienne, n°76, octobre 2016
  17. La Cour des arts, Tulle, Tenue correcte exigée, présentation de l'exposition
  18. Ville de Bois-Colomes, Douze artistes, présentation de l'exposition, 2014
  19. Célian de Préval, "Exposée" de Béatrice Nolé-Langlois, « Artension », 2013.
  20. Laurence Pythoud, Béatrice Nodé-Langlois, « L'Œil », novembre 1993.
  21. Marc Hérissé, Béatrice Nodé-Langlois, « La Gazette de l'Hôtel Drouot », n°4, 26 janvier 1996.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]