Web-brigades

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Web-brigades (en russe : Веб-бригады) est une expression créée par la journaliste russe Anna Polianskaïa, calquée sur les Red brigades (Brigades rouges, en russe : Красные бригады) pour dénommer des groupes d'utilisateurs du réseau informatique international, contributeurs ou hackers, qui interviennent sur la toile pour faire valoir un point de vue, effacer des données qui ne leur conviennent pas, défendre une cause commerciale, religieuse, idéologique, politique ou autre, et détruire les sites ou les contributions de leurs contradicteurs. Ces groupes peuvent soit se former spontanément en raison de l'identité de conviction et/ou d'intérêts de leurs membres, soit être constitués et coordonnés par les instances communicantes d'une entreprise, confession, boîte à idées, parti politique ou tout autre groupe de pression.

Contexte d'apparition[modifier | modifier le code]

Dans un article intitulé L'Œil virtuel de Big Brother publié en avril 2003 sur le site américain Vestnik Online[1] la journaliste française d'origine russe Anna Polianskaïa, ex-assistante de la militante d'opposition assassinée Galina Starovoïtova (en)[2], affirma qu'il existe des groupes d'utilisateurs reliés au FSB, qu'elle dénomma web red brigades. Un autre journaliste russe, Aleksandr Ioussoupovski répliqua dans le Journal russe (en russe : Русский журнал) du 25 avril 2003, édité par le politologue Gleb Pavlovski (en), qu'elle était paranoïaque et que son affirmation relevait de la théorie du complot.

Élargissement du concept[modifier | modifier le code]

En février 2009, l'opposante Tatiana Kortchevnaïa révéla avoir elle-même fait partie d'une web-brigade d'opposants à Vladimir Poutine[3].

Après ces aveux, l'expression web-brigades, quoique vigoureusement contestée et considérée comme un fantasme par de nombreux commentateurs tels ceux du RIO-Centre (un centre russe de recherches sociologiques)[4], se répandit dans le milieu des journalistes et des historiens oppositionnels d'Europe de l'Est et des pays anciennement ou actuellement communistes (Chine) où elle désigne, pour l'opinion de ces pays, une réalité incontestable. Dans son documentaire de 2011: Hackers, ni dieu ni maître, F. Benoît[5] présente entre autres la Web-brigade ultranationaliste russe Nashii ("les nôtres"), dirigée par Konstantin Goloshkokov qui, pour "punir" l'Estonie d'avoir déboulonné un monument symbolisant l'occupation soviétique, a réussi en avril 2007 à saturer et bloquer la majeure partie des systèmes informatiques de ce pays[6].

Logo d'une web-brigade affiliée à la Quatrième internationale

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vestnik Online: [1]
  2. "Ils ont tué une seconde fois Galina Starovoïtova", par Anna Polianskaïa
  3. "La confession de Tatiana Kortchevnaïa sur son blog, Livejournal du 24 février 2009 (en russe). Voir aussi traduit en anglais sur le blog de Kortchevnaïa sur SublimeOblivion.com, et Comment la « fille » de Kasparov fut clonée, par Elena Kalachnikova, sur dni.ru du 29 février 2009 (en russe), ou encore sur "La réponse de Molodaïa Gvardia" les aveux de Tatiana Korchevnaya du 25 février 2009 (en russe)
  4. "Grands groupes de la société russe: analyse des perspectives d'organisation d'actions collectives".
  5. F. Benoît: Hackers, ni dieu ni maître sur [2]
  6. Sur la cyber-attaque russe contre l'Estonie en 2007: [3]