Agronomie

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L'agronomie est l'ensemble des sciences exactes, naturelles, économiques et sociales, et des techniques auxquelles il est fait appel dans la pratique et la compréhension de l'agriculture. L’agronomie qui naît en même temps que l’économie politique, se pense et s’érige à partir d’une question centrale : comment produire plus, comment rendre compatible le développement du produit et celui de la société, comment nourrir les villes et assurer le bien-être des populations rurales ? Ainsi, l’intervention de l’ingénieur agronome ne se justifie que s’il y a tentative ou volonté politique pour rationaliser la production. On dit bien agronomie, et non pas agrologie, car cette discipline est née d’une réflexion sur la rationalisation de la production agricole, non d’une interrogation sur la nature. Les sciences vétérinaires sont parfois exclues de cette définition[1].

Le terme vient des mots grecs agro, campagne ou champs et nomos, loi ou règle.

Dès son apparition en français à la fin du XVIIIe siècle[2], le mot agronomie désigne aussi bien l'étude des lois qui régissent les phénomènes naturels (comme dans astronomie), que la définition de règles que les agriculteurs peuvent appliquer pour améliorer leurs productions.

Agronome au travail
Un des défis de l'agronomie est de mieux comprendre les variations inter et intra-parcellaires (ici mises en évidence par l'image satellitale fausses-couleurs) pour mieux adapter la gestion du sol et des plantes aux conditions pédogéologiques et contextuelles locales, ainsi qu'à leurs évolutions temporelles (photo : NASA Earth Observatory)[3]

Agriculture et agronomie[modifier | modifier le code]

Les termes d'agriculture et d'agronomie sont souvent utilisés indifféremment, alors qu'il s'agit de deux concepts différents.

Origines du champ de l'agronomie et de la fonction d'agronome[modifier | modifier le code]

L'agronomie et la fonction d’agronome, au contraire d’autres comme celles de médecine et médecin ou d'herboristerie et d’apothicaire, sont relativement nouvelles. Avant le XVIIIe siècle on ne trouve pas véritablement de volonté collective savante pour l’amélioration de l’agriculture semblable, par exemple à celle qui existe depuis l’Antiquité en faveur de la santé des hommes. Jusqu’au XVIIIe siècle, on ne trouve pas de lieux de formation spécifiques de spécialistes des « sciences » ou « techniques » agricoles. Il n’existe pas non plus de règlements ou de lois définissant et précisant une telle fonction, ses objets, ses droits et ses devoirs, comme il en existe pour les médecins, les chirurgiens, les apothicaires ou encore les juges, les drapiers ou les épiciers[2]. C’est dans le cadre de circonstances particulières qu’une telle volonté collective s’engage à la fin de la première moitié du 18 ème sur le continent, une génération plus tôt dans les Îles Britanniques mobilisant dans un premier temps des « auteurs ruraux » auxquels s’ajoutent autour de 1750, des savants, les « physiciens agriculteurs » (souvent appelés simplement « agriculteurs » - en anglais « agriculturist ») : le développement de l’idéologie de « l’utilité » comme valeur essentielle sinon unique de la science ; le choix des méthodes, « observations » et « expériences », de la nouvelle science comme moyens les plus adéquats pour comprendre et maîtriser la nature ; la reconnaissance de l’agriculture comme fondement essentiel, principal sinon unique de l’économie et de l’enrichissement du royaume et de ses habitants ; le développement de l’alphabétisation et de l’acculturation des campagnes d’une grande partie du royaume à partir de la fin du XVIIe siècle ; le mouvement des Lumières en faveur de l’émancipation des individus[2].

Il faut rejeter les expressions telles qu’agronomie antique, latine, ou andalouse, ou bien telles qu’agronomie chinoise ou indienne pour leur anachronisme ou leur « anatopisme » (selon que l’on confonde les époques ou les lieux). Ne pas reconnaître le statut d’agronomes à des auteurs latins, arabes ou chinois, exprimerait-il une forme de mépris d’inspiration européo-centriste et positiviste ? Tout au contraire, l’utilisation hors de propos de ce terme suppose que tout discours « rationnel » sur l’agriculture se réfère obligatoirement à ce qui s’est passé en Occident, particulièrement en France (puisque c'est particulièrement dans ce pays que ce champ a pris une telle existence autonome), à partir du 18 ème, refusant ainsi implicitement toute alternative, toute autonomie et toute cohérence interne à d’autres lieux et d’autres époques, obéissant bien, dans ce cas, à une vision linéaire (anachronique, « anatopique », européo-centriste – franco-centriste -, positiviste) de l’histoire[2]. Reconnaître l’apparition, à une époque et à un lieu donnés, de l’agronomie, ne signifie pas pour autant une prise de position de discontinuisme. Les liens, malgré la nouveauté, avec le passé sont ténus. Pour aider à comprendre les spécificités de ce champ de recherche et d’enseignement, son émergence et son développement, il semble nécessaire de le relier aux contextes précis successifs qui ont déterminé son histoire. Ce n’est évidemment pas seulement une question de mots, même s’ils sont souvent un moyen d’identifier une époque, un projet, une discipline. D'autres termes que « agronomie » ou « agronome » sont utilisés notamment à l’époque encore incertaine de l’émergence du champ des sciences agricoles, ou bien selon les langues. Thaer parle en 1809, par exemple, des Grundsätze der rationellen Landwirthschaft, littéralement des « principes du mesnage des champs rationnel » (ou « principes de la gestion rationnelle des terres »). Plusieurs auteurs du 19e, de Tessier à Gasparin, parlent de « science de l’agriculture ». Tessier utilise aussi le terme de « science agriculturale »[2].

L’histoire de l’agronomie est parfois assimilée (ou étroitement mêlée) à l’histoire de l’agriculture, particulièrement pour les périodes précédant le 19e. Cela signifie-t-il que l’agriculture aurait une histoire, mais que les sciences agronomiques seraient immuables en attente d’être découvertes dans le monde incorporel des idées ? Ou bien pense-t-on que les sciences agronomiques du passé seraient l’agriculture ? Ainsi outre tous les discours « rationnels » écrits on ferait aussi entrer tous les « savoirs » et pratiques agricoles, de toutes les régions du monde et ce depuis le néolithique, dans le champ de l’agronomie. On serait pas loin d’y faire entrer tout ou presque tout[2].


D'une façon générale, l'agronomie est la science visant à comprendre les mécanismes en jeu en agriculture et à les améliorer. Ceci explique que l'on parle parfois de sciences agronomiques.

L'agriculture quant à elle est la pratique de l'activité agricole. Idéalement l'agriculture se nourrit des réflexions agronomiques.

Dans son acception restreinte, l'agronomie embrasse la connaissance des techniques agricoles en interaction avec le milieu (date de semis, valeur des assolements, choix des semences, calcul de la minéralisation de la matière organique, techniques d'élevage…). Dans une acception plus large, l'agronomie comprend également la connaissance de l'organisation socio-économique de l'agriculture (forme sociale, financement, fonctionnement des marchés, structures familiales)[2].

Différentes définitions de l'agronomie coexistent ou se sont succédé[4]. Ainsi, dans les années 1950, Stéphane Hénin définissait l'agronomie comme une "écologie du champ cultivé", tandis que les ouvrages d'agronomie français actuels utilisent généralement la définition proposée ultérieurement par Michel Sebillotte[1]: "l'étude, menée simultanément dans le temps et dans l'espace, des relations au sein de l'ensemble constitué par le peuplement végétal et le milieu physique, chimique et biologique, et sur lequel l'homme agit pour en obtenir une production"[5].

Histoire de l'agronomie[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Si dès la plus haute Antiquité, les évocations des travaux ruraux sont présents dans l'iconographie (bas-reliefs égyptiens par exemple) et font l'objet de l'attention des élites dans certaines civilisations (rôle des paradeisias, palais et fermes impériales, dans l'Empire perse achéménide) il faut attendre l'agronome punique carthaginois (ancienne Tunisie) Magon (antérieur au iie siècle av. J-C mais sans qu'il soit aisé de le dater) pour que soit fait référence à un traité d'agronomie structuré. Sa valeur fut si bien reconnue que le Sénat romain en ordonna la traduction. D'une manière générale l'aristocratie romaine marqua un certain intérêt pour l'agronomie ce qui se traduisit par une succession d'auteurs (Caton l'Ancien, Varron, Columelle, Palladius...) et de traités portant sur l'agriculture.

Du Moyen Âge au début du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le progrès agronomique diffuse essentiellement au travers des abbayes notamment bénédictines. Dès la Renaissance, le regain général de l'écriture et de la lecture affectera également l'agronomie. Si dans un premier temps on se contenta essentiellement de publier en latin puis dans les langues vernaculaires les traités antiques (voir l'article Traités médiévaux sur l'agriculture), dans un deuxième temps furent produits des traités originaux (Bernard Palissy). Le plus connu en France est celui du gentilhomme Olivier de Serres auteur du Théâtre d'agriculture; néanmoins la diffusion de l'agronomie reste confidentielle. Ensuite dans la seconde moitié du xviiie siècle la diffusion et l'étude de l'agronomie se renouvelèrent par l'intermédiaire des sociétés royales d'agriculture et de savants tels que Duhamel du Monceau auteur des Éléments d'agriculture en 1762.

Au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, les physiocrates s'intéressent à l'agriculture sous son aspect économique, tandis qu'un ensemble de grands propriétaires terriens (Jethro Tull, Arthur Young, Mathieu de Dombasle) expérimentent de nouvelles méthodes qu'ils diffusent dans des ouvrages et codifient parfois sous forme de théories. En parallèle se créent des sociétés nationales ou locales d'agriculture et des fermes expérimentales[6]. La première de France, la Société royale d'agriculture de la généralité de Paris, est fondée par Louis XV en 1761 et compte dans ses correspondants des agronomes comme Victor Yvart.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'agronomie naît comme discipline universitaire au cours du XIXe siècle, où se développent à la fois la recherche et l'enseignement autour de l'agriculture[2]. Participent à ce mouvement dans la première moitié du siècle des agronomes comme Thaer, Thouin ou de Gasparin. En France, la ferme école de la Saulsaie est créée en 1842, l'Institut National Agronomique, en 1848, l'école régionale d'agriculture de Bretagne en 1849. En 1868 est créé le réseau des stations de recherche agronomiques[2]. Aux États-Unis, l'enseignement supérieur agricole se met en place grâce au Morill Act de 1862 puis au Second Morill Act de 1890. Les stations de recherche agricole sont crées en 1887 par le Hatch Act, dans le cadre des établissements d'enseignement précédemment créés[2]. En Allemagne les stations de recherche agricole se mettent en place dans les années 1850 et 1860[2].

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'agronomie subit de profondes mutations sur un plan épistémologique et technique. Elle est également confrontée à de profondes mutations du contexte agricole.

L'agronomie subit une rupture conceptuelle qui consacre sa séparation définitive d'avec l'agriculture et son avènement comme science à part entière: désormais, la théorie scientifique précède la collecte des données, contrairement à ce qui avait prévalu précédemment[7]. Caractérisée par de nouveaux concepts, comme le "profil cultural"[8] (S. Hénin) qui permet une approche théorique de l'étude des sols, l'itinéraire technique ou le système de culture, elle conduit à la rédaction d'une nouvelle définition de l'agronomie par Sebillotte[5].

À partir des années 1980, de nouveaux outils sont disponibles pour la recherche agronomique. La biologie moléculaire ouvre de nouvelles possibilités pour la sélection variétale (cartographie puis séquençage des génomes, création d'OGM), l'étude des pathogènes et ravageurs ou l'étude des communautés microbiennes des sols ou du rumen (qPCR, métagénomique)[2]. Le développement de l'informatique permet l'essor de la modélisation et de la biométrie grâce au développement de puissants moyens de calcul statistiques désormais couramment utilisés lors des expérimentations[2].

Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'agronomie est également confrontée à de profondes mutations du contexte agricole. Après une phase de forte croissance de la production agricole, caractérisée par le développement des engrais et pesticides de synthèse, liés aux progrès parallèles réalisés en matière de productions végétales et animales (sélection et amélioration), l'agriculture est confrontée à une série de difficultés. Les fonctions économiques, environnementales et sociales de l'agriculture sont aujourd'hui au cœur d'un vaste débat de société. De récentes crises (vache folle, organismes génétiquement modifiés, pesticides, Escherichia coliO104:H4[9]), ont bien montré la complexité et l'importance de ce débat, en mettant notamment en évidence le lien entre recherche agronomique et intérêts économiques : association extrêmement efficace pour accélérer l'innovation mais posant problème dès lors qu'il convient de l'évaluer objectivement. En effet, les spécialistes, impliqués dans des programmes industriels peuvent se retrouver juges et parties. C'est le problème plus général du conflit d'intérêt étendu aux chercheurs.

Compte tenu des importantes difficultés économiques du monde agricole et paysans au cours des années 1980-90 marquée par une chute constante du prix des matières agricoles, certains agronomes estiment indispensable de mettre à jour les mécanismes explicatifs de l'évolution de l'agriculture en les reliant à l'évolution de la demande sociale. L'approche agronomique purement locale est enrichie et complétée par une approche qui vise à replacer l'agriculture et les systèmes de production mis en place dans le contexte mondial. À l'heure de la mondialisation des échanges, il paraît impossible d'interpréter correctement les stratégies agricoles sans connaître les politiques agricoles et les accords internationaux notamment dans le cadre de Organisation mondiale du commerce qui conditionne le prix des matières premières et donc la rentabilité des productions.

Développement des concepts conciliant environnement et agriculture[modifier | modifier le code]

Les dégradations environnementales, liées à l'agriculture industrielle, au développement industriel et au fort accroissement de la population mondiale, ont soulevé de nombreuses questions et entraîné le développement, voire l'apparition de nouvelles préoccupations pour la science agronomique (dépollution, traitement des déchets, aménagement rural, lutte biologique, lutte intégrée et production intégrée). L'agriculture est confrontée également aux crises de surproduction

L'essor du concept de développement durable à partir de la conférence de Rio de 1992 marque un nouveau virage avec l'apparition de préoccupations concernant la dégradation des ressources naturelles (baisse de fertilité des sols, pollution des eaux, érosion, perte de biodiversité domestique…) occasionnée par l'industrialisation de l'agriculture[10]. Dans cette perspective qui vise à terme une réduction drastique des impacts liés aux intrants, l'agronomie se fixe comme objectif de soutenir le développement d'une agriculture maintenant voire augmentant les rendements des cultures et des productions animales tout en respectant les équilibres naturels. L'agriculture est conçue comme un écosystème anthropisé - agrosystème - dont l'homme fait partie et qu'il doit maintenir en équilibre.

Dans ce contexte, l'essor des nouvelles technologies, biotechnologie et informatique, a ouvert de nouveaux champs d'études menant au développement de l'agriculture de précision. Mais il existe un désaccord entre les agronomes sur la place à accorder à ces nouvelles technologies dans la résolution des problèmes actuels. Certains n'y voient que des moyens secondaires, susceptibles mêmes d'aggraver les effets pervers de l'agriculture industrielle quand d'autres en font le pilier d'une nouvelle révolution verte. À l'opposé d'autres solutions ont été proposées par les agronomes, basées sur l'utilisation des régulations naturelles des agro-écosystèmes : agriculture de conservation, agriculture durable, agroécologie, intensification écologique, révolution doublement verte... Des agronomes se sont également intéressés à l'agriculture biologique, une forme d'agriculture née en dehors de la recherche agronomique. Parmi d'autres formes d'agriculture se voulant respectueuses de l'environnement, la biodynamie et la permaculture sont marginalement étudiées par des agronomes[11]'[12]. Dans les années 90, l'INRA propose l'"extensification" (plus tard renommé "désintensification")[13],[14]comme nouveau modèle agricole dans le cadre d’une baisse des prix garantis et de la déprise agricole et qui vise à diminuer la quantité de travail et de capital (et donc d’intrants) utilisés par unité de surface, dans une logique avant tout économique. Les années 90 voient également la promotion du concept de multifonctionnalité de l'agriculture qui vise à prendre en compte dans les politiques agricoles la diversité des fonctions sociales et environnementales de l'agriculture (souveraineté alimentaire, emploi, gestion des paysages...) au delà de la fonction de production agricole[15].

Le début du XXIe siècle voit la multiplication dans la littérature scientifique des termes désignant de nouvelles formes d'agriculture plus respectueuses de l'environnement: agriculture durable[16], agriculture durable à faible niveau d’intrants[17], écoagriculture, modernisation écologique de l’agriculture[18]...

Agronomie : une science locale[modifier | modifier le code]

L'agriculture étant une mise en valeur d'un territoire donné ayant ses caractéristiques propres, l'agronomie replace des connaissances génériques dans un contexte local. Il s'agit en effet de comprendre un milieu pour en tirer le meilleur parti agricole. Dans sa partie concernant les pratiques agricoles proprement dites, l'agronomie est étroitement liée à la pédologie dans la mesure où elle est étroitement liée aux sols et aux climats, qui ne sont jamais les mêmes d'une région à l'autre. C'est la raison pour laquelle en France, par exemple, certaines spécialisations se font en agronomie tropicale, dont les spécificités ne sont pas comparables à l'agriculture de la métropole. On parle souvent de terroirs, lesquels doivent être traités différemment les uns des autres.

Recherche agronomique[modifier | modifier le code]

En France, la recherche agronomique en milieu tempéré est réalisée principalement à l'INRA (Institut national de recherche agronomique)[19],[20] mais également à l'IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture), anciennement CEMAGREF (Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts). En ce qui concerne la recherche agronomique tropicale française, elle est effectuée au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et à l'IRD (Institut de recherche pour le développement). Un E-dossier Agropolis International présente ces compétences de recherche à Montpellier [21].

Formation à l'agronomie[modifier | modifier le code]

Siège d'Agrocampus Ouest à l'Agrocampus de Rennes

En France, l'agronomie est enseignée dans différentes écoles, en premier lieu les grandes écoles agronomiques qui forment des ingénieurs agronomes : AgroParisTech (ancien Institut National Agronomique de Paris-Grignon) et les ENSA (Écoles nationales supérieures agronomiques) comme celui de Rennes-Angers (Agrocampus Ouest), mais elle est aussi enseignée dans d'autres établissements d'enseignement supérieur tels Agrosup Dijon, les ENITA (Écoles nationales d'ingénieurs des travaux agricoles), l'ESITPA (École d'ingénieurs des Chambres d'Agriculture), les écoles de la FESIA (Fédération des écoles supérieures d'ingénieurs en agriculture), l'ISTOM (École supérieure d'agro-développement international), les Instituts universitaires de technologie Génie biologique et les lycées agricoles (depuis les BEPA-CAPA jusqu'au BTSA (Brevet de Technicien Supérieur Agricole)). Depuis quelques années, des Licences Professionnelles, menées en partenariat avec des établissements du supérieur, sont apparues.

En Suisse, l'Hepia[22], haute école du Paysage, d’Ingénierie et d'Architecture de Genève, prépare dans sa filière Agronomie au diplôme d'ingénieur agronome grade Bachelor en 3 ans. Cette formation francophone de niveau universitaire à plein temps enseigne les productions biologiques. Les autres particularités de cette formation résident d'une part dans son enseignement qui a une forte dimension appliquée, d'autre part dans sa focalisation sur les cultures spéciales : horticulture, aspects vivriers, ornementaux et médicinaux, solutions horticoles pour l'environnement construit. Une formation universitaire, comprenant Bachelor et Master, est aussi proposée, en langue allemande, à l'École polytechnique fédérale de Zurich. Dès le Bachelor, les étudiants se voient offrir un vaste choix de cours et de modules et peuvent se spécialiser ensuite au Master dans l'une des trois directions suivantes : production animale, production végétale ou économie agraire[23].

Au Québec, le baccalauréat en agronomie est offert à l'Université McGill à Montréal, en anglais, et à l'Université Laval à Québec, en français. Les deux baccalauréats sont reconnus par l'Ordre des Agronomes du Québec.

En Belgique francophone, les ingénieurs agronomes, ou bio-ingénieurs, peuvent suivre leur formation dans trois universités, l'Université Catholique de Louvain (UCL) à Louvain-la-Neuve, l'Université libre de Bruxelles (ULB) et l'Université de Liège (ULg) sur son site de Gembloux - Agro-Bio Tech (anciennement la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux). Ces formations comptent 3 ans de baccalauréat et 2 ans de maîtrise. Plusieurs écoles supérieures (notamment à ATH, Ciney, Liège, Huy…) donnent aussi accès à des diplômes d'agronomie en 3 ans Baccalauréat en agronomie ou 5 ans, dont le diplôme porte le titre d'ingénieur industriel en agronomie.Cette dernière formation (ISIa à Huy, Ath et Gembloux) compte également 3 ans de Baccalauréat et 2 ans de Maîtrise.

À la Haute École de la Province de Namur sur son site de Ciney, en septembre 2015, une année de spécialisation en agriculture-biologique a été ouverte pour compléter la formation après les trois ans de baccalauréat (un bac +4). C'est une exclusivité dans l'enseignement supérieur en Belgique; Ce genre de formation existe également en France et est de niveau "licence".

En Algérie, la formation d'agronomie est assurée par l'ENSA d'Alger (École Nationale Supérieure d'Agronomie, ex-INA : Institut National Agronomique). L'ENSA comprend 9 départements assurant différentes spécialités, telles que : la botanique, l'économie rurale, la foresterie, le génie rural (à savoir, le machinisme et l'hydraulique agricoles), les productions animales (la zootechnie), les productions végétales (la phytotechnie), les sciences du sol, la technologie alimentaire (à savoir, les technologies des industries agroalimentaires et la nutrition humaine), et la zoologie agricole. La Grande École délivre deux diplômes de fin d'études correspondant à un niveau d'études de BAC+5 : Ingénieur en Agronomie et Master 2[24].

Au Maroc, la formation en agronomie et génie agricole est offerte par deux institutions: l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II à Rabat et l'École Nationale d'Agriculture de Meknès. Différentes spécialités sont offertes : génie agricole, agronomie, sciences de l'agroalimentaire, médecine vétérinaire et topographie. Les études sont généralement de 5 à 6 ans et le baccalauréat est obligatoire pour accéder à ces institutions.

Au Sénégal la formation d'agronomie est assurée par l'ENSA de Thiès (École Nationale Supérieure d'Agriculture).

En Côte d'Ivoire la formation des ingénieurs agronomes est assurée par l'ESA (École Supérieure d'Agronomie).

Au Cameroun, la formation a lieu à la Faculté d'agronomie et des sciences agricoles (FASA).

Les entreprises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sous la direction de T Doré, M Le Bail, P Martin, B Ney et J Roger-Estrade, L'Agronomie aujourd'hui, Quae, (ISBN 978-2-7592-0000-9)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Gilles Denis, L’agronomie au sens large Une histoire de son champ, de ses définitions et des mots pour l’identifier in Histoire et agronomie : entre ruptures et durée,
  3. « Precision Farming : Image of the Day », earthobservatory.nasa.gov (consulté le 12 octobre 2009)
  4. Stéphane HÉNIN, Michel SEBILLOTTE, « AGRONOMIE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 6 mai 2016. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/agronomie/
  5. a et b Sebillotte M., 1977. Agronomie et agriculture, document pour l'enseignement de lre année à la chaire d'agronomie, INA P-G, 61 p.
  6. Maurice Agulhon, Gabriel Désert, Robert Specklin, Georges Duby, Histoire de la France rurale, tome 3,
  7. P Jouve, Périodes et ruptures dans l’évolution des savoirs agronomiques et de leur enseignement, 1997, in Histoire et agronomie : entre ruptures et durée
  8. « L’agronomie : discipline et interdiscipline »
  9. « Bactérie E. coli : des graines germées sont responsables de l'épidémie mortelle », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. « Dossier de l’environnement de l’INRA n°27 23 agriculture durable : les fondements d'un nouveau contrat social ? »
  11. Turinek, M.; Grobelnik-Mlakar, S.; Bavec, M.; et al., « Biodynamic agriculture research progress and priorities », RENEWABLE AGRICULTURE AND FOOD SYSTEMS,‎
  12. Ferguson, Rafter Sass; Lovell, Sarah Taylor, « Permaculture for agroecology: design, movement, practice, and worldview. A review », AGRONOMY FOR SUSTAINABLE DEVELOPMENT,‎
  13. « Dossier de l’environnement de l’INRA n°24 83 Désintensification et préservation des ressources naturelles (eau et sols) »
  14. Guy P., Fraval A. (dir.), 1998. L’extensification. Dossiers de l’Environnement de l’INRA n°16, Paris, 150 pp.
  15. « La brève incursion de la multifonctionnalité dans le champ politique Quels enseignements pour le débat sur la gestion des services environnementaux (SE/PSE) ? »
  16. Eric Lichtfouse, Mireille Navarrete, Philippe Debaeke, Véronique Souchère, Caroline Alberola, Josiane Ménassieu, « Agronomy for sustainable agriculture. A review », Agronomy for sustainable development, no 29,‎ , p. 1-6
  17. JJ Kesler, M Moolhuijzen, « Low external input sustainable agriculture: expectations and realities », Netherland Journal of Agricultural Science,‎
  18. L.G. Horlings, T.K. Marsden, « Towards the real green revolution? Exploring the conceptual dimensions of a new ecological modernisation of agriculture that could ‘feed the world’ », Global Environmental Change,‎
  19. Gilles Denis, « « De l’Institut des recherches agronomiques au premier Institut national de la recherche agronomique (1916-1946) » », in Christophe Bonneuil, Gilles Denis et Jean-Luc Mayaud, Sciences, chercheurs et agriculture, Paris, Harmattan et Quae,‎ , pp. 85-112 (ISBN 978-2-7592-0274-4)
  20. Gilles Denis, « Une histoire institutionnelle de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) – Le premier Inra (1946-1980) », Histoire de la recherche contemporaine. La revue du Comité pour l’histoire du CNRS,‎ , p. 125–136 (ISSN 2260-3875, DOI 10.4000/hrc.802, lire en ligne)
  21. « Portail Agronomie plantes cultivées et systèmes de culture - Dossier Agropolis International », sur www.agropolis.fr (consulté le 11 juin 2016)
  22. http://hepia.hesge.ch/fr/bachelor/filiere/science-de-la-vie/agronomie/ hepia.hesge.ch
  23. http://www.agrl.ethz.ch/ agrl.ethz.ch
  24. http://www.ensa.dz/

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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