Accolay (Yonne)

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Accolay
Accolay (Yonne)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Commune Deux Rivières
Intercommunalité Chablis, Villages et Terroirs
Statut commune déléguée
Maire délégué Dominique Charlot
2014-2020
Code postal 89460
Code commune 89001
Démographie
Population 409 hab. (2014 en diminution de -9.51 % par rapport à 2009)
Densité 44 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 39′ 41″ nord, 3° 42′ 34″ est
Altitude Min. 110 m
Max. 231 m
Superficie 9,27 km2
Élections
Départementales Joux-la-Ville
Historique
Date de fusion 1/1/2017
Commune(s) d'intégration Deux Rivières
Localisation
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Accolay
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Accolay

Accolay est une ancienne commune française située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne-Franche-Comté devenue avec Cravant, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Deux Rivières.

Géographie[modifier | modifier le code]

Accolay est traversée par la Cure affluent de l'Yonne et par le canal d'Accolay qui relie la commune voisine de Vermenton à l'Yonne et au canal du Nivernais. Elle est desservie par la route départementale 606 (ancienne RN 6 Paris - Chambéry) et le sentier de grande randonnée no 13 (chemin de Compostelle).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Accolay est un des plus anciens lieux mentionnés du département de l'Yonne. Il est cité dans le règlement de l'évêque d'Auxerre saint Aunaire comme paroisse de son diocèse au VIe siècle sous le nom d'Accolacus. Nous retrouvons ce toponyme en 1215 sous la forme Accolaium dans les archives du Chapitre cathédral d'Auxerre.

Ce nom serait formé du patronyme gaulois Accola, le suffixe acus s'appliquant aux villages constitués autour des villae gallo-romaines[1].

Accolay dérive du latin Accōla signifiant « à côté de » et faisant sans doute allusion à Auxerre, dont Accolay était autrefois une partie du pagus et diocèse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Quatre villae sont connues : Bréau où un moulin (molendino de Brualt) est mentionné en 1127 et 1136, occupé de l’époque romaine au Moyen-Âge inclus ; Le Tiolet, avec un dépôt de monnaies enfoui en ou vers 286 ; Sous Bertry, occupé dès la Tène jusqu'à la fin du haut Moyen-Âge ; et dans le village même, un gros établissement gallo-romain et du haut Moyen-Âge[2].

En 596 le règlement de saint Aunaire, 18e évêque d'Auxerre (572-605), inclut Accolay dans les trente principales paroisses du diocèse[3].

Geoffroy de Champallement, 50e évêque d’Auxerre, de 1052 à 1076, a fait du chapitre cathédral le seigneur d’Accolay par donation " d’excellentes terres situées à Saint-Bris et à Accolay "[4]. Celle-ci a été confirmée par le vénérable Humbaud son successeur immédiat, qui y ajouta des dîmes[5] (c’est cet évêque qui réalisa la fondation de Pontigny).

En 1781, le chapitre cathédral d'Auxerre tirait de cette paroisse une dîme de blé de 70 bichets, pour celle d’avoine 16 bichets, pour celle de vin 20 feuillettes. Le chapitre tirait en totalité de cette paroisse un revenu de 1 021 livres[6].

La notoriété de la commune est étroitement liée à la présence sur le site d'une communauté de potiers à l'origine de la poterie d'Accolay (XXe siècle).

Quelques céramiques d'art modernedes Potiers d'Accolay

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Maire actuel
Période Identité Étiquette Qualité
2008 2017 Dominique Charlot[7] SE Retraité de l'enseignement, réélu en 2014[8],
président de la communauté de communes de Chablis Villages et Terroirs

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 dans cette commune est le suivant[9] :

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV) 11 3,81
Marine Le Pen (FN) 72 24,91
Nicolas Sarkozy (UMP) 62 21,45 113 41,09
Jean-Luc Mélenchon (FG) 42 14,53
Philippe Poutou (NPA) 7 2,42
Nathalie Arthaud (LO) 3 1,04
Jacques Cheminade (SP) 0 0,00
François Bayrou (MoDem) 16 5,54
Nicolas Dupont-Aignan (DLR) 0 0,00
François Hollande (PS) 76 26,30 162 58,91
Inscrits 338 100,00 338 100,00
Abstentions 45 13,31 46 13,61
Votants 293 86,69 292 86,39
Blancs et nuls 4 1,37 17 5,82
Exprimés 289 98,63 275 94,18

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 409 habitants, en diminution de −9,51 % par rapport à 2009 (Yonne : −0,46 %, France hors Mayotte : 2,49 %).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9061 0551 0341 0621 1591 1881 1521 1941 160
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0181 0771 0821 017927940976918915
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
806756671581506470420486411
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
380344371384377433462423409
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Accolay, église Saint-Nizier (chevet).
    L'église paroissiale Saint-Nizier à Accolay[14] date des XIe, XIVe et XVIIIe siècles. Elle comprend un chœur et une abside romans, séparés de la nef classique, voûtée en bois, par un retable de la fin du XVIIe siècle. Elle possède notamment trois statues datées de 1695 et classées au titre des monuments historiques.
  • Le pont de pierre sur la Cure a été construit en 1842 (les trois arches médianes) et modifié en 1880 lors de la construction de l'embranchement d'Accolay du canal du Nivernais (l'arche marinière et la cinquième arche, côté nord).
    Pont sur la Cure et le canal
  • Rue de la Fontaine, une source pérenne alimente au fil de l'eau trois lavoirs.
Accolay, quai de la Marine, lavoir (vers 1880).
  • À l'emplacement de l'ancienne « maison du passeur », en bordure du canal, un oratoire dédié à saint Nicolas a été édifié en 2006 pour abriter la statue réalisée par le sculpteur et céramiste Yves Varanguin. Cette statue est portée en procession à l'occasion des traditionnelles joutes nautiques du village, le dernier dimanche d'août. Ces joutes et cette statue rappellent le flottage des bois du Morvan vers Paris, pour lequel Accolay était le dernier port sur la Cure jusqu'au début du vingtième siècle. Avant la construction du pont d'Accolay sur cette rivière, en 1842, le « passeur » faisait la traversée en barque des personnes et des animaux.
    Saint Nicolas, céramique Y. Varanguin.
    Oratoire Saint-Nicolas (2006).







La statue réalisée par le céramiste Yves Varanguin en 2006 s'inspire de la légende de saint Nicolas, évêque de Myre,en Asie mineure au IVème s., et de la sculpture romane au portail de l'église de Vermenton (XIIème s.).

Saint Nicolas est le patron des gens de rivières, et notamment des flotteurs.

  • Le mûrier blanc situé au lieudit Le Poirier Rond est cité parmi Les Arbres remarquables de Bourgogne[15]. Cette essence a été propagée au XVIIe siècle pour l'élevage des vers à soie. Ce mûrier est l'un des plus septentrionaux connus en Bourgogne.
Mûrier blanc (Accolay, lieudit Le Poirier Rond)


  • Cabane de vigneron en pierres sèches
    Jusqu'au début du XXème s. les vignerons construisaient dans leurs vignes des cabanes en pierre sèches, aujourd'hui une quinzaine d'entre-elles sont restaurées.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France, Larousse,
  2. (2008) Pierre Nouvel, « La vallée de la Cure à l'époque gallo-romaine : Découvertes anciennes et apports des prospections aériennes et terrestres 1991-2008 », Bulletin de la Société d'Études d'Avallon, no 84,‎ , p. 14-43 (lire en ligne, consulté le ), p. 12.
  3. Jean Lebeuf (abbé), Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre..., vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne), p. 116.
  4. H. Fisquet, La France pontificale, (Gallia Christiana), Sens et Auxerre, Paris, E. Repos, (lire en ligne), p. 279
  5. C. Demay, Cahiers des paroisses du baillage d’Auxerre pour les États généraux de 1789, texte complet d’après les originaux avec une introduction de C. Demay, Auxerre, Société des sciences de l’Yonne, (lire en ligne), p. 21-23
  6. C. Demay, Cahiers des paroisses du baillage d’Auxerre pour les États généraux de 1789, texte complet d’après les originaux avec une introduction de C. Demay, Auxerre, Société des sciences de l'Yonne, (lire en ligne), p. 21-23.
  7. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  8. « Résultats de l'élection municipale de 2014 à Accolay », sur http://www.cartes-2-france.com (consulté le )
  9. Ministère de l'Intérieur - Yonne (Bourgogne), « Résultats de l'élection présidentielle de 2012 à Accolay » (consulté le )
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. Chantal Arnaud, Les églises de l'ancien diocèse d'Auxerre - Étude historique et monumentale, Auxerre, Société des Sciences historiques de naturelles de l'Yonne, 1er trimestre 2009, 1051 p., pp. 387-393
  15. Alain Desbrosse, Les arbres remarquables de Bourgogne, Éditions de l'Escargot Savant, , 464 p. (ISBN 978-2-918299-39-4), tome 2, pp.316-321