Bazarnes

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Bazarnes
La mairie de Bazarnes
La mairie de Bazarnes
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Joux-la-Ville
Intercommunalité Chablis, Villages et Terroirs
Maire
Mandat
Andrée Blandin
2014-2020
Code postal 89460
Code commune 89030
Démographie
Gentilé Bazarnais, Bazarnaise
Population
municipale
424 hab. (2015 en augmentation de 4,18 % par rapport à 2010)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 39′ 39″ nord, 3° 39′ 46″ est
Altitude Min. 109 m
Max. 282 m
Superficie 19,39 km2

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Liens
Site web mairie-bazarnes@wanadoo.fr

Bazarnes est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bazarnes est à 18 kilomètres au sud d'Auxerre, au bord de l'Yonne en rive gauche. La commune est riveraine de cette rivière sur 4 km, et est également bordée par le canal du Nivernais.

Les grandes villes les plus proches de Bazarnes sont:

La gare la plus proche est Auxerre.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Vincelles (5,5 km) Cravant (3,4 km) Accolay (3,5 km) Rose des vents
Val-de-Mercy (10 km) N Sainte-Pallaye (1,4 km)
O    Bazarnes    E
S
Fontenay-sous-Fouronnes (9,2 km) Trucy-sur-Yonne (3,5 km) Prégilbert (3 km)
Trucy-sur-Yonne

Les autres villages proches sont :

Sery, 4,9 km au sud ;
Vermenton, 5,3 km à l'est ;
Vincelottes, 5,6 km au nord ; et
Irancy, 10 km au nord.

Relief[modifier | modifier le code]

La commune est sur un plateau se terminant à l'est par des coteaux abrupts de la vallée de l'Yonne. Le village, décentré vers l'est sur le territoire de la commune, est au pied du plateau. Au sud, le plateau est entaillé perpendiculairement à l'Yonne (vallée Foussy, vallée Monin, la Côte Noire[1]) par la vallée d'une ancienne rivière maintenant à sec.

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Histoire[modifier | modifier le code]

Pour des articles plus généraux, voir Histoire de l'Yonne et Histoire de la Bourgogne.
Ancienne église Saint-Georges du XIIe siècle

VIe siècle[modifier | modifier le code]

La parochia est citée au VIe siècle sous le nom de Bacerna[2] La commune figure sur le tracé de la via Agrippa[3]. On y a retrouvé des vestiges préhistoriques et antiques.

VIIe siècle[modifier | modifier le code]

À l'occasion de fouilles archéologiques d'urgence menées en 1993 suite à la mise au jour d'un dallage lors d'une tranchée de drainage, des sarcophages mérovingiens ont été découverts autour de l'ancienne église Saint-Georges, témoignant ainsi de l'existence d'un lieu de culte ancien remontant au VIIe siècle[4].

XIe – XIIe siècles[modifier | modifier le code]

En 1099, les trois frères seigneurs de Toucy et Bazarnes, Ithier, Hugues et Nargeot ou Nargaud, possédant en commun l'île de Crisenon, fondent l'abbaye de Crisenon à 2 km au sud sur la commune de Prégilbert. Devenu plus récemment une pisciculture, ce site permet de recouper quelques éléments historiques sur la vie du village grâce aux archives exploitées sur les sires de Saint-Vérain et de Toucy, protégés de l'évêque d'Auxerre[5].

Au XIIe siècle l'église Saint-Vérain est construite. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en 1926[6].

En 1189 et 1192, Narjot de Toucy négocie avec les religieuses de Crisenon une rente issue de la production de ses moulins, puis un droit de pêche dans l'Yonne ainsi qu'une dotation de deux muids de vin issus de son clos, attestant d'une activité de meunerie et de viticulture sur le territoire de la commune.

En 1196 Hugues de Noyers, 57e évêque d'Auxerre (1183-1206), autorise les religieux de Saint-Marien d'Auxerre à augmenter la part du curé de Bazernes sur les dîmes de la grange du Boucher[7].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, au Maunoir, la maladrerie Notre-Dame de Saint-Quentin soigne les lépreux. En 1693, n'accueillant plus de malades, une partie des biens est mise au service de la léproserie-maladrerie Sainte-Marguerite d'Auxerre (1231-1773)[8].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1732, le loup fait des ravages dans la région d'Auxerre et le curé de Bazarnes invoque Saint-Vérain et Saint-Georges "après que l'enfant de Jeannin a été retirée de la gueule d'une bête". Jusqu'en 1734, les registres paroissiaux témoignent de la présence destructrice du loup[9].

En 1791, Exchausses (Echausse), le curé de Bazarnes, refuse de prêter serment à la Constitution civile du clergé et démissionne. Il avait été désigné lors des États généraux de 1789 et se trouvait également, sur procuration du curé Cuny, curé de Fontaines[10].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1830, le député Jacques Roman adhère à la monarchie de Juillet.

En 1887, le cimetière qui se trouvait autour de l'église est transféré à la sortie du village[11].

Entre 1890 et 1895, la commune rachète les terrains en vue de la construction du barrage du Maunoir sur le canal du Nivernais, prévue en 1930 et justifiée par la mise au gabarit de la péniche normale de 300 tonnes[12].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le 9 juillet 1944, neuf résistants du maquis de la Souille sont exécutés par les Allemands lors d'une embuscade[13],[14].

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1827?   Jacques Roman Opposition constitutionnelle propriétaire
1899 1904 Alphonse Courvoux    
1904 1913 Mary Caquereau    
1913 1919 Isidore Gourlot    
1919 1925 Alfred Mathé    
1925 1928 Théophile Defaix    
1928 1929 Gaston Melou    
1929 1938 Onésime Bénard    
1938 1944 Gaston Melou    
1944 1946 Jean Pinard    
1946 1947 Raoul Gourlot    
1947 1957 Gabor Naphegyi    
1957 1978 René Charreau    
1978 1997 Roger Amelin    
1997 2001 Martine Corbet    
2001 2014 Michel Deschaintres[15]    
2014 en cours Andrée Blandin DVD Retraitée

Fiscalité[modifier | modifier le code]

Taux et produits des impôts locaux à Bazarnes (en 2015)[16]
Taxe Taux appliqué (part communale) Recettes dégagées en €
Taxe d'habitation (TH) 18,50 % 458 000
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 18,50 % 339 000
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 51,17 % 61 000
Cotisation foncière des entreprises (CFE) 0,00 % 0

Budget[modifier | modifier le code]

En 2015, selon la Direction générale des Finances publiques (DGFiP)

Évolution de l'endettement (en milliers d’€)[17]
Évolution des dépenses d’équipement (en milliers d’€)[17]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[19].

En 2015, la commune comptait 424 habitants[Note 1], en augmentation de 4,18 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
487487517559577596596617555
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
594613609604585605603583534
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
517501470387413366341381360
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
410410357395383357400409416
2015 - - - - - - - -
424--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Les données suivantes concernent l'année 2014 [22]. 214 femmes pour 202 hommes. En moyenne, 22 % de la population a moins de 19 ans, 60 % se situe entre 20 et 64 ans et 18 % a plus de 65 ans.

Pyramide des âges à Bazarnes en 2014 en pourcentage
HommesClasse d’âgeFemmes
90 ans ou +
8,9 
75 à 89 ans
7,9 
16,8 
60 à 74 ans
17,3 
20,8 
45 à 59 ans
18,7 
20,3 
30 à 44 ans
21,5 
16,8 
15 à 29 ans
15,0 
16,3 
0 à 14 ans
19,6 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ancienne église Saint-Georges du XIIe siècle
Portail roman formant avant-corps avec colonnettes à chapiteaux et voussures au décor varié, surmonté d'un bandeau de modillons denticulés.
Nef et bas-côtés XIIe / XIIIe siècle, grandes arcades retombant sur des piles massives, berceau brisé sur doubleaux dans la nef centrale (une seule travée XIIIe siècle, les autres refaites), voûtes d'arêtes sur les bas-côtés (refaites en partie XIXe siècle), chevet circulaire, absidiole nord (seule conservée), clocher carré moderne.
Mobilier : toile de la déposition de la croix XVIe siècle, chaire à prêcher mobile sur roulettes XVIIIe siècle (classée MH[23]), statues de saint Quentin, de sainte Anne enseignante[11], Saint Georges (sur la façade)[24].
  • Lavoir du XIXe siècle, grand "impluvium" avec deux passerelles et un très grand passage couvert.
  • Porte de grange XIIe siècle dans une propriété en bordure de la rue principale (provient de l'ancienne chapelle Saint-Quentin érigée en 1275). La grange et la porte sont inscrites MH[25].
  • Plaine de jeux et de loisirs
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

La gare de Cravant - Bazarnes, de type PLM et située sur la ligne Auxerre-Clamecy, ouverte en 1870 [28], devient une gare importante après la mise en service en 1873[29] de la section vers Avallon, dont l'embranchement se situe à un kilomètre plus au sud.

En 2002, la gare du village a également servi de décor au film Mischka de Jean-François Stévenin avec Jean-Paul Roussillon[30].

En 2012, une usine de la commune a participé à un épisode de la série télévisée "Une famille formidable"[31].

À Bazarnes, passe la véloroute icaunaise "Auxerre - Coulanges-sur-Yonne"[32] qui s’étire sur 62 km de Clamecy à Auxerre en longeant le canal du Nivernais[33].

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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Foin, La Voie d'Agrippa, de Saint-Moré à Bazarnes, Auxerre, Gallo, . . (versé aux Archives départementales de l'Yonne, réf. BROCH 1346)
  • Christian Sapin, Bourgogne romane, Dijon, . 
  • C. Arnaud, Les églises de l’ancien diocèse d’Auxerre du milieu du XIe siècle au début du XIIIe siècle, SSHNY, , p. 499-506. 
  • S. Aumard, « Les premières églises rurales de l’auxerrois : première synthèse archéologique », dans C. Delaplace (dir.), Aux origines de la paroisse rurale, Paris, , p. 42-58. 
  • Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup : 3 000 attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Fayard, , 623 p. (ISBN 978-2-213-62880-6, présentation en ligne). 
    Réédition augmentée : Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup : la question des attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 634 p. (ISBN 978-2-8185-0505-2).
  • Léo Hamon, La Révolution à travers un département (Yonne), Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, . 

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte - Vallée Foussy, vallée Monin, la Côte Noire sur Géoportail.
  2. Abbé Jean Lebeuf, Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre..., vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 886 p. (lire en ligne), p. 116,154.
  3. Pierre Nouvel, « Les voies romaines en Bourgogne antique : le cas de la voie dite de l'Océan attribuée à Agrippa », 20e colloque de l'Association Bourguignonne des Sociétés Savantes, Saulieu. A.B.S.S. / Amis du vieux Saulieu, 2012,‎ 16-17 octobre 2010, p. 9-57 (lire en ligne).
  4. « Bazarnes », sur bourgognemedievale.com (consulté le 1er septembre 2017).
  5. « Sires de Saint-Vérain et Toucy », sur thierryhelene.bianco.free.fr (consulté le 1er septembre 2017).
  6. a et b « Église Saint-Vérain », notice no PA00113615, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Lebeuf 1743, p. 324, vol. 1.
  8. « État des fonds hospitaliers - Liste des hôpitaux de l'Yonne et des documents archivés », Archives départementales de l'Yonne, série H, supplément p. 196, sur [www.yonne-archives.fr/ yonne-archives.fr] (consulté le 1er septembre 2017).
  9. Sylvie et Robert Biton, Les loups dans l'Yonne (lire en ligne).
  10. États généraux. Cahiers des sénéchaussées et baillages [Angoumois - Clermont-Ferrand], t. 2, (lire en ligne), p. 113.
  11. a et b « Bazarnes - Église paroissiale Saint-Vérain (anc. Saint-Georges) - (canton de Vermenton) », Bulletin du centre des études médiévales d'Auxerre, sur cem.revues.org (consulté le 1er septembre 2017).
  12. « Barrage du Maunoir (canal du Nivernais) » (consulté le 1er septembre 2017).
  13. Véronique Sellès, « Son père Gaston, résistant, a été tué à Bazarnes en juillet 1944 », L'Yonne Républicaine,‎ (lire en ligne).
  14. Jacques Tissu (chef du Maquis 4 du SNM), ARORY Association pour la Recherche sur l'Occupation et la Résistance dans l'Yonne.
  15. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  16. « Les comptes des communes », sur DGFIP, (consulté le 1er septembre 2017).
  17. a et b « Les comptes des communes - Bazarnes - Yonne », sur DGFIP (consulté le 28 mars 2017).
  18. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  22. « Évolution et structure de la population en 2014 Commune de Bazarnes », sur Insee (consulté le 1er septembre 2017)
  23. « Chaire à prêcher mobile », notice no PM89000133, base Palissy, ministère français de la Culture.
  24. Statue de Saint Georges.
  25. « Maison en bordure de la rue principale (grange) », sur [1].
  26. « Jacques Roman 1765-1836 », sur le site de l'assemblée nationale (consulté le 1er septembre 2017).
  27. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 302.
  28. « Cravant - Bazarnes », sur Wikia trains.
  29. « Auxerre et son histoire ».
  30. « Je découvre la route du cinéma dans l'Yonne », sur Yonne Tourisme (consulté le 1er septembre 2017).
  31. « Une Famille formidable en tournage dans une entreprise de Bazarnes », sur l'Yonne.fr (consulté le 1er septembre 2017).
  32. « Voie Verte Auxerre - Coulanges-sur-Yonne : étape de la voie verte du canal du Nivernais », Les voies vertes dans l'Yonne, sur ma-voie-verte.fr (consulté le 1er octobre 2017).
  33. « Auxerre Clamecy à bicyclette », sur Yonne Tourisme