Consonne affriquée

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Consonne afriquée.png

En phonétique articulatoire, une consonne affriquée est une consonne composée d'une phase occlusive (où le flux d'air est bloqué) suivie par une étape fricative (où l'air retenu est relâché pour passer par une ouverture plutôt étroite). Ce son est produit en l'espace de temps nécessaire à la production d’une occlusive ou d'une fricative simples.

Ces deux étapes doivent se produire au même point d’articulation et sont donc homorganiques. Dans le cas de /t͡ʃ/ (anciennement noté /ʧ/), le premier élément n'est pas à proprement parler [] (occlusive dentale) mais une occlusive postalvéolaire comme [ʃ]. D’ailleurs, si on veut décrire cette articulation (/ʃ/) avec précision, il faut ajouter qu'elle est simultanément palatale dans la plupart des langues (prévélaire en français) et qu’elle comporte le plus souvent un avancement labial (plus ou moins prononcé selon le phone qui suit), mais cela n'est pas le cas en castillan, par exemple. Toutes ces coarticulations sont également présentes dans l'élément occlusif, et il est donc exclu de symboliser les affriquées au moyen de deux symboles distincts (/tʃ/). Cela pourrait laisser penser que'il y a occlusion au niveau dental ou alvéolaire, suivie d'une constrictive postalvéolaire.

En effet, on a bien /t͡ʃ/ dans un très grand nombre de langues comme l'anglais, le castillan, l'italien et en français. Dans cette denerière langue, on trouve parfois aussi la séquence /t.ʃ/ entre deux syllabes distinctement séparées, mais la prononciation usuelle reste affriquée, y compris entre deux mots successifs.

Notation[modifier | modifier le code]

Les affriquées sont souvent représentées avec deux consonnes à la suite : ([kx]). Cependant, un symbole unique serait préférable pour montrer qu'elles ne forment qu'un unique phonème. Ce choix d'un symbole unique pour les affriquées a été fait pour le pinyin, romanisation du chinois mandarin standard (z, c, j, q, zh, ch). Pertinent du point de vue linguistique, cela est toutefois une complexification pour le locuteur débutant, chinois ou étranger. La pertinence linguistique et la praticité peuvent donc s'opposer. Unicode dispose de ligatures propres pour six des des affriquées les plus communes. Pour les autres, l’Association phonétique internationale recommande le recours à la ligature tirant [o͡o].

Une autre méthode indique la partie fricative en exposant ([pf]). On retrouve également les mêmes méthodes pour indiquer la prénasalisation, la barre de liaison pouvant être utilisée (certaines consonnes affriquées peuvent elles-mêmes être prénasalisées).

Liste des affriquées pulmoniques de l'API[modifier | modifier le code]

Remarque sur la terminologie[modifier | modifier le code]

Les affriquées sont appelées occlu-constrictives (parfois [se]mi-constrictives). Seul ce terme est fait allusion aux deux phases successives de ce mode d’articulation : la phase occlusive (aussi appelée parfois plosive bien que ce terme soit plus courant en anglais) et la phase constrictive (fricative).

On utilise aussi parfois le terme semi-occlusive, ou mi-occlusive[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]