Marie-Ève Lacasse

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Marie-Ève Lacasse
Description de l'image Marie-Eve Lacasse-studio-169.jpg.
Alias
Clara Ness
Naissance (38 ans)
Hull, Canada
Nationalité Française et Canadienne
Activité principale

Marie-Ève Lacasse, née en 1982 à Hull dans la région de l'Outaouais au Canada, est une auteure et journaliste canadienne naturalisée française[1].

Ses livres sont traversés par de nombreuses thématiques allant du sentiment d’étrangeté à la critique du capitalisme en passant par la notion de territoire ou la transformation de soi. Expérimentant différents genres littéraires, ses écrits empruntent aux catégories du roman, de l’autofiction, du récit ou de l'exofiction. Ils sont publiés à la fois en France et au Canada.

Marie-Ève Lacasse est également reconnue comme journaliste dans le milieu vitivinicole. Elle réalise de nombreuses émissions pour la radio et publie régulièrement des reportages et des textes littéraires sur la sociologie du vin ainsi que sur le monde paysan et la ruralité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Lacasse grandit en banlieue d'Ottawa, au Canada. Elle est scolarisée au Collège Saint-Joseph de Hull (en), au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal[2] et à l'Université de Montréal. Elle publie un premier recueil de nouvelles à quatorze ans, Masques, qui remporte le Prix Littéraire Le Droit. L'année suivante, elle découvre la France grâce à un concours littéraire organisé par le journal culturel Voir[3]. Ce voyage sera déterminant et l’orientera vers ce pays où elle émigre en 2003, avec une bourse d'étude. Elle obtient en 2007 un Master de Lettres Modernes à l'Université Paris VII.

Vie littéraire[modifier | modifier le code]

Après Masques (1997), deux romans suivent sous le pseudonyme de Clara Ness : Ainsi font-elles toutes[4],[3] (2005) chez XYZ Editeur, (Montréal), un roman fortement inspiré par l'écriture et la pensée de Philippe Sollers, dont elle revendique la filiation[5]. Le livre est très bien accueilli. Le second, Genèse de l'oubli, sorti un an plus tard chez le même éditeur, fait l'objet d'une chronique virulente dans Le Devoir, qui demande si le « phénomène Clara Ness » n'est pas une « affaire Minou Drouet »[6]. Très affectée, elle s'arrête d'écrire et ne publiera son prochain livre qu'onze ans plus tard.

En 2017 sort Peggy dans les phares chez Flammarion[7], roman qui retrace la vie de Peggy Roche, compagne discrète de Françoise Sagan. Le livre est très remarqué. Le journal ELLE[8] lui consacre un dossier de quatre pages. Transfuge, Télérama[9], Le Figaro Littéraire, Le Figaro Magazine[10], L'Express[11], LIRE et Le Monde des Livres en font une critique louangeuse. Il reçoit également le « coup de cœur » d’Olivia de Lamberterie au Masque et la Plume sur France Inter[12] et apparaît dans plusieurs listes de Prix. Il remporte finalement le Prix Spécial du jury Simone Veil[13]. Le livre est également bien reçu au Canada et fait l'objet de nombreux articles dans La Presse[14], Le Devoir[15], le Huffington Post[16] et le Journal de Montréal[17].

Autobiographie de l'étranger, paru en mars 2020[18], marque une coupure dans le style volontairement « littéraire » de l'auteure. Proche de l'autofiction, il est néanmoins qualifié de roman par son éditeur. Marie-Ève Lacasse y retrace les raisons intimes de son départ en France et donne un éclairage critique sur l’Histoire et l'« idéologie » canadienne. Dans une interview accordée à l'émission « Littérature sans frontières » sur RFI, elle déclare : « Il n'y a rien de plus universel que le fait de se sentir perpétuellement étranger. La maison n'est pas physique, elle n'a pas de murs ; se sentir chez soi n'a pas de lien avec la géographie. »[19] Par ses prises de position, elle se rapproche des travaux de la théoricienne Dalie Giroux[20] ainsi que du philosophe anti-capitaliste Alain Deneault. « La glorification de la supposée différence », explique-t-elle dans une interview au journal Les Libraires, « brise les chaînes de solidarité qui font contre-poids devant les abus politiques, économiques, policiers, bref, toutes les violences.»[21]

La promotion du livre est interrompue par l'épidémie, en France et dans le monde, du Covid-19, entraînant la fermeture, le 17 mars 2020, des librairies et des lieux culturels et publics. Néanmoins, le journal Libération le sélectionne parmi les « livres à lire en temps de confinement »[22]. La journaliste Virginie Bloch-Lainé en fait une lecture féministe, et souligne les passages qui traitent de la construction des catégories de « féminité » et de « virilité »[23]. Le journal Les Libraires l'analyse comme un « appel à une forme de lucidité à la fois téméraire et salutaire », où la littérature est vécue « comme d’un espace qu’il faut constamment défendre »[24]. Le Soleil de Québec parle d'un livre « Fascinant »[25]. Josyane Savigneau, sur RCJ, en fait une critique élogieuse[26] ainsi que Mario Cloutier, journaliste à Radio-Canada[27]. À l'émission La librairie francophone sur France Inter diffusée le 19 septembre 2020, puis sur TV5 Monde, la critique est également unanime.

Engagement universitaire[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Lacasse participe régulièrement à des colloques en France et à l'étranger [28]. En 2018 elle intervient au séminaire sur l'« Archéologie du genre » dirigé par Judith Revel[29] à l'Université Paris X-Nanterre où elle présente les archives de jeunesse de la photographe canadienne Alix Cleo Roubaud. À l'Université de Toronto en mars 2018, elle donne une conférence sur « La déterritorialisation des lieux de l'écriture » aux étudiants du Département de littérature française[30],[31].

Elle publie également dans des revues scientifiques et artistiques comme Filigranes, Zinc et Talweg[32].

Marie-Ève Lacasse s'est retirée volontairement de tous les réseaux sociaux pour des raisons politiques[33]. Elle publie en 2018 dans la revue de sciences humaines Chimères[34] un long article sur les « libertés surveillées » de ces réseaux et continue d'en déplorer l'aspect publicitaire et policier, comme elle le confirme dans une interview au journal Le Devoir daté du 29 février 2020[35].

Publications[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Articles universitaires[modifier | modifier le code]

  • « La Parade Sauvage », revue Jet d’encre , Université de Sherbrooke, Québec (Canada), 2007.
  • « Du rêve dans les romans de Philippe Sollers », revue Filigranes : approches psychanalytiques , Université du Québec à Montréal (CAN), 2008.
  • « Le même piano… », actes de colloque, communication publiée sous le pseudonyme de Clara Ness, Figures tutélaires, direction Beïda Chikhi , Paris, PUPS-La Sorbonne, 2009.
  • « La pensée diffractée », revue Talweg no 3, Le Mouvement, 500 exemplaires, 60 pages (textes de Marie Richeux, Nathalie Quintane , Montassir Sakhi), 2016.
  • « Cette sauvage mélancolie propre à la chair », revue Zinc, sur le mythe de « La Corriveau », Montréal, 2017.
  • « Moins grecs que nous ne le croyons. Sur internet, les libertés LGBTQI sous haute surveillance », revue Chimères no 92 , 2018.
  • « “Jeunesse (naufrage de la)”. Réflexions sur Joseph Conrad et Fritz Zorn », revue Influencia no 27 , janvier 2019.
  • « Syndrom Asperna: w archiwach Natalie Barney », actes de colloque, revue Konteksty (en polonais, non traduit) n°LXXIV, Université de Varsovie, 2020.

Collaborations artistiques[modifier | modifier le code]

  • Festival META, interview publique de Cécile Guilbert, Galerie Laurent Mueller, Paris, 4 avril 2015[36]

Conférences / Colloques[modifier | modifier le code]

  • « Natalie Barney : Quels liens de mémoire avec les salonnières du passé ? », Librairie Violette & Co, 12 novembre 2017[37]
  • « Aspern’s syndrome: in the archives of Natalie Barney », communication au colloque "The Inquiry with the Archives. Archives and Artistic Practices", Institute of Polish Culture, University of Warsaw/EHESS/CRAL, 11-13 décembre 2017
  • « Louange du lieu. Conférence sur « La déterritorialisation des lieux de l'écriture », Université de Toronto, département de français, 7 mars 2018
  • « Canada : Enquête sur un féminicide. Observations sur l’Enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées », Librairie Violette & Co, 2 avril 2018[38]
  • « Effacement, censure, auto-censure, éparpillement : les archives saisies par leurs manques », communication dans le cadre du séminaire « L’archive du genre, le genre des archives » sur Alix Cléo Roubaud, projet COMUE UPL « Genre et transmission: pour une autre archéologie du genre » (dir. Judith Revel, Université Paris Nanterre/Sophiapol, et Anne E. Berger, université Paris 8/LEGS), 14 avril 2018

Bourses et résidences[modifier | modifier le code]

Elle obtient en 2018 une bourse Mission Stendhal Hors les Murs de l’Institut français [39] avec laquelle elle peut séjourner à Ottawa pour la première fois vingt ans après son départ. Cette résidence donnera naissance à Autobiographie de l’étranger[40],[31]. En 2019-2020, elle est auteure résidente au Lycée Bergson, à Paris, avec la Bourse des écrivains en Ile-de-France accordée par le Conseil régional d'Île-de-France[41]. Elle sera également résidente de la Fondation Jan Michalski en Suisse (promotion 2020, résidence à l'été 2021)[42].  

Journalisme[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Lacasse dans les vignes de l'Échalier (Rablay-sur-Layon, Loire)

En tant que journaliste, Marie-Ève Lacasse écrit sur les vins nature et les savoirs paysans d'un point de vue sociologique et littéraire. On peut retrouver l'intégralité de ses reportages sur son site personnel, pruine.com[43]. Avec le musicien Laurent Le Coustumer, elle co-réalise depuis 2020 un podcast sur les femmes dans le milieu du vin, Filles de Vignes[44]. Elle est rédactrice en chef adjointe, avec Antonin Iommi-Amunategui, du site nowineisinnocent.com[45] et réalise des créations sonores que l’on peut entendre notamment sur radiovino.fr.  Parmi les vignerons-nes qu'elle a pu interviewer, on trouve les plus grandes figures du vin nature en France : le Domaine Richaud (Cairanne), Michèle Aubéry et Maxime-François Laurent (Domaine Gramenon, Rhône), le Domaine Breton (Loire), la famille Carroget à La Paonnerie (Loire), la famille Tarlant (Champagne), Hélène Thibon (Ardèche), Sylvie Augereau (Loire), la vinaigrière Nathalie Lefort (Banyuls) et plusieurs autres.

Prix[modifier | modifier le code]

Marie-Ève Lacasse a été membre du jury du Prix Françoise Sagan en 2018. Elle est par ailleurs membre de la Société des Gens de Lettres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Ève Lacasse, Autobiographie de l’étranger, Flammarion, , 188 p. (ISBN 978-2-08-150621-3, lire en ligne)
  2. « Marie-Eve Lacasse / Maison des écrivains et de la littérature », sur www.m-e-l.fr (consulté le 5 avril 2020)
  3. a et b Jérémy Laniel, « Marie-Ève Lacasse : Peggy dans les phares », sur Voir.ca (consulté le 5 avril 2020)
  4. « Clara Ness (auteur de Ainsi font-elles toutes) », sur Babelio (consulté le 5 avril 2020)
  5. « sollersienne (Clara Ness) - Philippe Sollers/Pileface », sur www.pileface.com (consulté le 5 avril 2020)
  6. « Roman québécois - Impair, mauvaise passe et manque », sur Le Devoir (consulté le 12 mai 2020)
  7. Marie-Ève Lacasse, « Peggy dans les phares de Marie-Ève Lacasse - Editions Flammarion », sur editions.flammarion.com (consulté le 5 avril 2020)
  8. « Peggy Roche, la discrète maîtresse de Françoise Sagan au coeur d’un livre - Elle », sur elle.fr, (consulté le 5 avril 2020)
  9. Peggy dans les phares, Marie-Ève Lacasse (lire en ligne)
  10. « Marie-Ève Lacasse », sur Le Figaro.fr (consulté le 5 avril 2020)
  11. « Peggy Roche et Françoise Sagan, au rythme des heures riantes et affolées », sur LExpress.fr, (consulté le 5 avril 2020)
  12. « Le masque et la plume Livres », sur www.franceinter.fr (consulté le 5 avril 2020)
  13. a et b « La Québécoise Marie-Ève Lacasse remporte le Prix français Simone Veil », sur revue.leslibraires.ca (consulté le 5 avril 2020)
  14. « Marie-Ève Lacasse: sous le masque de l'élégance », sur La Presse, (consulté le 5 avril 2020)
  15. « La garde du coeur de Françoise Sagan », sur Le Devoir (consulté le 5 avril 2020)
  16. « «Peggy dans les phares»: l'amoureuse de Françoise Sagan révélée par une Québécoise », sur HuffPost Québec, (consulté le 5 avril 2020)
  17. Karine Vilder, « Le dernier amour de Françoise Sagan », sur Le Journal de Montréal (consulté le 5 avril 2020)
  18. Marie-Ève Lacasse, « Autobiographie de l’étranger de Marie-Ève Lacasse - Editions Flammarion », sur editions.flammarion.com (consulté le 5 avril 2020).
  19. « Littérature sans frontières - Marie-Ève Lacasse, entre deux mondes », sur RFI, (consulté le 31 mai 2020)
  20. Proximify, « Membres », sur uniweb.uottawa.ca (consulté le 5 avril 2020)
  21. Isabelle Beaulieu, « Marie-Ève Lacasse : Le difficile pari de l’exil », sur Revue Les libraires, (consulté le 12 mai 2020)
  22. « Tonino Benacquista, Shumona Sinha, Marie-Eve Lacasse... Cinq livres à lire confinés », sur Libération.fr, (consulté le 8 mai 2020)
  23. « «Papa» d’Outaouais », sur Libération.fr, (consulté le 8 mai 2020)
  24. Dominic Tardif, « Suis-je satisfait de ma vie? », sur Revue Les libraires, (consulté le 8 mai 2020)
  25. « Panorama: lu, vu et entendu cette semaine », sur Le Soleil, (consulté le 8 mai 2020)
  26. Yohan Ziri, « « Autobiographie de l'étranger » de Marie-Eve Lacasse paru aux éditions Flammarion », sur RCJ (consulté le 8 mai 2020)
  27. « LITTÉRATURE: Vivre dans la faille », sur En toutes lettres, (consulté le 6 juillet 2020)
  28. (en) « Writings Of Archives: Archives and Artistic Creation », sur ehess.fr
  29. « L’archive du Genre, le genre des archives », sur UMR LEGS - CNRS (consulté le 5 avril 2020)
  30. « Lettre d’information - mars 2018 », sur Consulat général de France à Toronto (consulté le 5 avril 2020)
  31. a et b « ICI Radio-Canada Première | Balados, livres audio », sur Radio-Canada (consulté le 5 avril 2020)
  32. « TALWEG N.3 ; transrevue ; pensées - art contemporain - Talweg - Librairie Ombres Blanches », sur www.ombres-blanches.fr (consulté le 5 avril 2020)
  33. Marie-Ève Lacasse, Autobiographie de l’étranger, Flammarion, , 188 p. (ISBN 978-2-08-150621-3, lire en ligne)
  34. Marie-Ève Lacasse, « Moins grecs que nous ne le croyons. Sur internet, les libertés LGBTQI sous haute surveillance », sur cairn.info
  35. « «Autobiographie de l’étranger»: ici comme ailleurs », sur Le Devoir (consulté le 5 avril 2020)
  36. META Éditions, « META festival#1 », sur META festival (consulté le 5 avril 2020)
  37. « Les Ami-es de Violette and Co vous invite à un échange autour de Natalie Clifford Barney (1876-1972) : du mythe de la séductrice à l'oeuvre de la salonnière - 16h - Violette and Co votre librairie en ligne », sur www.violetteandco.com (consulté le 5 avril 2020)
  38. « Forum Anarchiste Révolutionnaire • Afficher le sujet - Revues, bulletins d'infos féministes », sur forum.anarchiste-revolutionnaire.org (consulté le 5 avril 2020)
  39. « Les 12 lauréats 2018 de la Bourse Hors Les Murs Stendhal », sur www.actualitte.com (consulté le 5 avril 2020)
  40. « Marie-Ève Lacasse », sur Institut français (consulté le 5 avril 2020)
  41. « Marie-Ève Lacasse au lycée Henri-Bergson (Paris XIX) - remue.net », sur remue.net (consulté le 5 avril 2020)
  42. « Écrivains en résidence 2020 – Fondation Jan Michalski » (consulté le 5 avril 2020)
  43. « Qui sommes-nous ? – Pruine. », sur www.pruine.com (consulté le 5 juillet 2020)
  44. « Filles de vignes », sur www.fillesdevignes.com (consulté le 7 février 2021)
  45. « « No wine is innocent » reloaded – No wine is innocent », sur www.nowineisinnocent.com (consulté le 7 février 2021)

Liens externes[modifier | modifier le code]