Aéroport de Lausanne-Blécherette

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Aéroport de Lausanne
Lausanne-Blécherette
image illustrative de l’article Aéroport de Lausanne-Blécherette
Localisation
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Canton de Vaud
Ville Lausanne
Date d'ouverture 1919
Coordonnées 46° 32′ 43″ nord, 6° 37′ 00″ est
Altitude 622 m (2 041 ft)

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Pistes
Direction Longueur Surface
36/18 875 m (2 871 ft) asphalte
Informations aéronautiques
Code OACI LSGL
Type d'aéroport Civil (Réseau aérodromes régionaux III)
Gestionnaire Aéroport Lausanne « La Blécherette » SA
Site web aéroport Consulter
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L'aéroport de Lausanne-Blécherette (code OACI : LSGL) est un aéroport régional situé au nord de Lausanne dans le canton de Vaud en Suisse. Il enregistre plus de 35 000 mouvements par an dont 10 % de l’activité est due aux vols d’affaires.

Localisation[modifier | modifier le code]

Aménagé au nord de Lausanne, dans le quartier de la Blécherette, l'aéroport est situé à proximité de la sortie 9 (Lausanne-Blécherette) de l'autoroute A9. Il est à une dizaine de minutes du centre-ville en véhicule personnel et à une quinzaine par les deux lignes de bus le desservant. Il est aménagé sur un plateau, entouré de prairies et d'exploitations agricoles. Une base de la Garde aérienne suisse de sauvetage (REGA) le jouxte, ainsi qu'un restaurant.

La piste, longue de 875 m est orientée nord-sud (36/18).

Histoire[modifier | modifier le code]

Création de l'aérodrome[modifier | modifier le code]

Initialement terrain communal aménagé par la Confédération en place d'armes dès 1899, le terrain de La Blécherette est utilisé en 1910 pour la première fois comme piste d'aviation par le Genevois Henri Speckner avant de devenir, l'année suivante, l'une des premières places d'aviation civile du pays[1].

Vue aérienne de l'aérodrome de La Blécherette en 1925.

Très vite se posa la question des hangars, indispensables aux avions et à leur entretien. Un premier hangar fut construit avec l'appui du municipal Auguste Gaillard en 1914, la veille de la Première Guerre mondiale, à l'ouest de la piste, près de la ferme La Grangette. Bientôt, l'augmentation du trafic nécessita la construction d'ateliers et d'un autre hangar en 1922. Construit cette fois à l'est de la piste, il fut muni d'une très grande porte basculante, aujourd'hui classée à l'inventaire cantonal. En 1926, la Commune reprend l'exploitation et l'administration de l'aéroport, suite aux difficultés financières de la société exploitante, et y crée un atelier mécanique. Sa gestion est confiée par la Direction des finances jusqu'en 1934 puis à la Direction des travaux.

En 1922, un émetteur radio est installé au Champ de l'Air pour donner des informations météorologiques aux avions. Il s'agissait du 4e émetteur en Europe après Berlin, Paris et Londres. Il fut aussi utilisé pour distraire les passagers des avions en diffusant de la musique. Radio-Lausanne était née, noyau de la future RTS.

En 1936, la Confédération achète des terrains sur la plaine d'Ecublens, à l'ouest de Lausanne pour y créer le hub aérien de la Suisse occidentale. Ce projet est rendu caduc par la construction d'une piste d'aviation à Genève-Cointrin pendant la seconde guerre mondiale. Le terrain ainsi acquis permit l’expansion de l'EPFL. L'aéroport de Lausanne a donc indirectement contribué à la création de deux entités importantes de l’agglomération lausannoise et romande.

Le 1er septembre 1979, la base de la Garde aérienne suisse de sauvetage (REGA) devient opérationnelle.

Débats sur le maintien de l'aérodrome[modifier | modifier le code]

Après l’abandon des projets d’aérodromes à Ecublens en 1960, et d’Etagnières en 1978, la question de l'avenir de l’aérodrome était toujours posée. Il était nécessaire de rénover les infrastructures de l'aérodrome, aux coûts de fonctionnements élevés, si celui devait être conservé. En 1983, un crédit de 380´000 francs est voté par le Conseil communal pour les travaux d’entretien des bâtiments d’exploitation de la Blécherette. En plus de ce crédit, il devenait nécessaire d’envisager la construction d’une piste en dur pour assurer une exploitation efficace et une sécurité accrue.

En 1986, la Municipalité prend la décision de fermer l’aéroport lorsque la concession de son exploitation sera échue en décembre 2006. Lors de la séance du 23 février 1988, le Conseil communal refusa cette décision, mais autorisa la Municipalité à entreprendre les démarches en vue de sa privatisation. Dans le même temps, les opposants au maintien de l'aérodrome, dont les riverains, demandaient sa suppression en raison des nuisances engendrée par le trafic aérien. La question de fond du débat était alors l’aménagement général du plateau de la Blécherette après la suppression de l’aérodrome. Au vu de la polémique engendrée par le sujet, la Municipalité, elle même divisée, soumit au Conseil communal le Plan partiel d’affectation (PPA) de La Blécherette. Une décision favorable du Conseil communal permit de soumettre la décision au référendum spontané et ainsi de laisser aux Lausannois la décision de maintenir ou non l’aéroport. Le préavis est accepté le 5 mai 1992 et, le 21 juin, les Lausannois se prononcèrent à 60% pour le maintien de l’aérodrome[2].

Le , pour célébrer les 80 ans de la Section vaudoise de l'Aéro-Club de Suisse (AéCS), un meeting aérien « portes ouvertes » est organisé. Ce jour a été choisi pour coïncider avec la parution de l'ouvrage « La Blécherette : 80 ans d'aviation » de Philippe Cornaz, premier du genre entièrement consacré à l'aéroport de la Blécherette[3].

Le renouveau de l'aérodrome[modifier | modifier le code]

Depuis le , la société anonyme Aéroport de la région lausannoise « La Blécherette » SA (ARLB) exploite l'aérodrome, depuis que la ville de Lausanne lui a cédé sa concession d'exploitation. Cette concession a été renouvelée en 2006[4].

La piste d'atterrissage de 875 mètres, originellement en herbe, a été convertie en dur en mai 2000, favorisant un développement des vols d'affaires qui représentent aujourd'hui près de 10 % du total des vols[5].

En août 2011 se déroulait le meeting gratuit du Centenaire, confirmant les anciens dans leur foi en l'aviation.

En 2014, le projet Métamorphose de la ville de Lausanne nécessite la destruction des hangars historiques de l'aéroport. Il ne restera finalement que le hangar 2 "Lausanne" avec sa porte monumentale.

Une première compagnie aérienne[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, aucune compagnie aérienne commerciale n'a desservi l'aéroport de Lausanne.

Depuis le mois de janvier 2014, une compagnie nommée Seven Aviation a été fondée sans capital de départ, pour des vols reliant Lausanne à Paris et Londres. Cette compagnie, qui a obtenu le soutien de l'OFAG, a détourné les prescriptions européennes stipulant que les avions monomoteurs, ici des Pilatus PC-12, ne sont pas autorisés à desservir des vols commerciaux [6].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal de l'aéroport avec la tour, la douane et le restaurant.

L'aéroport dispose d'une piste en asphalte de 875 mètres de long orientée nord-sud (36/18).

Activités[modifier | modifier le code]

Pôle de formation aéronautique[modifier | modifier le code]

Plusieurs écoles d'aviation sont basées à Lausanne-Blécherette, notamment le Groupement de Vol à Moteur et Aéro Formation. Il existe aussi des écoles pour pilotes professionnels.

Le Groupement de Vol Moteur dispose de un CZAW SportCruiser (en) PS28 Cruiser (HB-WXB), deux Robin DR400 (HB-KFD et HB-KFI), un Diamond DA40 (HB-SDO), un Piper Warrior PA28 (HB-PNL), deux Piper PA-28 Dakota (HB-PMP et HB-PQH), deux Piper Cub L4 (HB-OKN et HB-OWO), un Super Cub PA-18 (HB-ORV) et un Mudry Cap 10 (HB-SAX) pour la voltige aérienne.

Pôle d'aviation historique[modifier | modifier le code]

Les avions historiques de l’Association pour le maintien du patrimoine aéronautique (AMPA) devant le hangar Lausanne datant de 1922.

La Blécherette est connue comme étant un pôle de compétence dans la restauration et l'exploitation d'avions historiques. Le Groupement des Avions Historiques a été créé en 1973 pour assurer le maintien à Lausanne du De Havilland DH-60GIII Moth Major HB-UPE de 1934. Depuis, l'Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique (AMPA) y a installé son atelier de restauration.

L'AMPA est propriétaire et/ou exploite les avions suivants[7] :

D'autres appartiennent à des membres actifs de l'AMPA[7] :

Le Groupement des Avions Historiques (GAH) est propriétaires des avons suivants[7] :

Base de la REGA[modifier | modifier le code]

Le EC-145 de la base REGA 4 devant l'ancien hangar en 2008.

Le 1er septembre 1979, la base de la Garde aérienne suisse de sauvetage (REGA) est devenue opérationnelle avec la mise en service d'une SA-319B Alouette III Astazou, s'abritant provisoirement dans deux containers, l'un pour le bureau et l'autre à titre de dépôt du matériel d'intervention. L'Alouette III s'abrite, elle, dans le hangar militaire encore existant à cette époque. Le 24 juin 1981, le premier hangar de la REGA à Lausanne est inauguré et restera opérationnel pendant les 28 années suivantes. C'est donc depuis le 1er septembre 1979 que le code radio "REGA 4", indicatif de l'hélicoptère lausannois, est coutumier des pilotes de la Blécherette. Près de 900 interventions y sont opérées en moyenne chaque année. En Suisse romande, la REGA dispose également d'un hélicoptère à Genève (REGA 15) opéré par la base REGA-HUG. En Valais, le secours et le sauvetage par hélicoptère est essentiellement assuré par Air Glaciers, qui peut élégamment intervenir dans les Alpes bernoises et vaudoises et par Air Zermatt, principalement dans le Haut-Valais. Les seuls mouvements de nuit à Lausanne sont ceux de l'hélicoptère ambulance, à la Blécherette ou au CHUV. Suite à la modernisation de l'aéroport, une nouvelle base a été inaugurée au nord de la piste en novembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'aéroport de Lausanne à la Blécherette », sur lausanne.ch (consulté le 15 juillet 2008)
  2. L'aéroport de Lausanne à la Blécherette - La Blécherette dans le débat, lausanne.ch
  3. « Meetings – années 1990 », sur lausanne.ch (consulté le 15 juillet 2008)
  4. « Aérodrome de Lausanne-La Blécherette : Concession d’exploitation - Renouvellement (art. 36a LA) » [PDF], sur admin.ch (consulté le 15 juillet 2008)
  5. Jean-Marc Corset, « L'aérodrome bucolique ouvre sa piste aux vols européens d'affaires », 24 Heures,‎ (lire en ligne)
  6. Une nouvelle compagnie s'installe à la Blécherette, Giuseppe Melillo, 14 février 2013, lausannecites.ch
  7. a, b et c Avions, Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique (AMPA)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cornaz, La Blécherette : 80 ans d'aviation, Lausanne, Section vaudoise de l'Aéro-club de Suisse,
  • Philippe Cornaz, L'aviation vaudoise, Montreux, Imprimerie Corbaz,
  • Marc Gander et Jean de Mestral, Roméo-Victor, vol glaciers..." : places d'atterrissage de nos montagnes, Lausanne,

Liens externes[modifier | modifier le code]