Étangs palavasiens

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Étangs palavasiens
Image illustrative de l’article Étangs palavasiens
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hérault
Géographie
Coordonnées 43° 30′ 36″ nord, 3° 51′ 00″ est
Type Lagune
Altitude m
Hydrographie
Alimentation Lez, Mosson
Émissaire(s) Méditerranée
Géolocalisation sur la carte : Hérault
(Voir situation sur carte : Hérault)
Étangs palavasiens
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Étangs palavasiens

Les étangs palavasiens sont une série d'étangs côtiers liés entre eux constituant un complexe lagunaire. Ils sont situés dans l'Hérault au sud de l'aire urbaine de Montpellier et s'étendent depuis la commune de Pérols jusqu'à Frontignan ; le site tire son nom de la commune de Palavas-les-Flots située entre deux des principaux étangs.

Ce complexe lagunaire de plus de 5 000 hectares, présente une mosaïque de milieux naturels doux, saumâtres et salés, d’une grande richesse écologique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le complexe des étangs palavasiens est constitué de 7 étangs principaux traversés par le canal du Rhône à Sète ainsi que d'autres petits étangs faisant partie d'une vaste zone humide. À l'origine, il n'existait qu'une seule lagune qui s'est progressivement divisée en raison du comblement sédimentaire naturel ainsi que des aménagements anthropiques.

Les étangs palavasiens s'inscrivent dans une unité littorale de plus de 12 000 ha, incluant les communes de Frontignan, Vic-La-Gardiole, Mireval, Villeneuve-lès-Maguelone, Lattes, Palavas-les-Flots et Pérols.

Les différents étangs[modifier | modifier le code]

Carte des étangs palavasiens

De l'ouest à l'est, de Frontignan à Pérols :

Étangs secondaires :

  • l'étang de La Peyrade ;
  • l'étang des Mouettes ;
  • le Maupas ;
  • l'étang des Moures.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Les étangs palavasiens sont alimentés par le Lez, la Mosson et par le Canal du Rhône à Sète, ils sont également en communication avec la mer Méditerranée par plusieurs graus ainsi qu'indirectement avec les étangs de Thau et de l'Or.

Patrimoine Naturel[modifier | modifier le code]

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Le complexe lagunaire fait l’objet de quatre sites Natura 2000 ainsi que de nombreux inventaires ZNIEFF. La diversité des milieux est liée à différents facteurs écologiques, notamment le gradient de salinité et les phénomènes d’inondation et d’exondation. Les lagunes offrent une importante richesse biologique tant au niveau avifaunistique (oiseaux paludicoles, anatidés, etc.) que floristique (Nivéole d’été, Plantain de Cornut, Pigamon méditerranéen, etc.).

Etang de Vic

Les zones humides périphériques des lagunes présentent également une richesse écologique remarquable reposant sur un équilibre fragile entre les apports d’eau douce et la présence d’eau saumâtre. Les étangs sont alimentés en eau salée par les graus, qui constituent des milieux pionniers indispensables à la reproduction des larolimicoles et constituent des continuités écologiques à préserver.

Le complexe lagunaire a un rôle paysager indéniable, tout comme le Bois des Aresquiers, bois littoral unique à l’échelle du département. Si les anciens salins de Frontignan et de Villeneuve sont aujourd’hui devenus des zones humides naturelles à forts enjeux écologiques, les infrastructures des anciennes exploitations salicoles sont toujours présentes et constituent des marqueurs paysagers et culturels forts qui témoignent de l’activité humaine passée. D’autres activités économiques traditionnelles perdurent : viticulture, pêche, élevage, fauche, chasse sur les lagunes...

Etang du Méjean

Les étangs palavasiens sont à l’interface entre d’importants centres urbains (agglomération de Montpellier notamment) et la côte. Les lidos séparant la mer de l’Etang d’Ingril et de l’Etang du Grec sont fortement urbanisés (Frontignan, Palavas-les-Flots). Le reste de la bande sableuse entre ces stations balnéaires est épargnée et présente des milieux dunaires de qualité, notamment sur le lido des Aresquiers au droit de l’Etang de Vic.

Les étangs palavasiens et leur zone humide sont reconnus pour leur patrimoine par la Convention de Ramsar depuis 2008[1]. Les zones remarquables : Marais de la Grande Palude, Marais de la Grande Maïre, Salins de Frontignan, Marais du Maupas.

Les oiseaux présents sur le site sont nombreux : Tadorne de Belon, Flamant rose, Grand Cormoran, Mouette rieuse, Goéland leucophée, Sterne pierregarin, Sterne naine.

Pression urbaine[modifier | modifier le code]

Palavas-Les Flots

Du fait de leur positionnement géographique entre deux grandes agglomérations (Sète et Montpellier) et en tant que bassin de réception des bassins versants du Lez et de la Mosson, les étangs palavasiens reçoivent une quantité importante d’intrants (matière organique et polluants divers), qui impactent la qualité de l’eau. Par ailleurs, les échanges hydrauliques mer/étangs sont perturbés par la fragmentation engendrée par le Canal du Rhône à Sète.

La dynamique démographique et urbanistique de l’agglomération de Montpellier exerce une forte pression foncière sur les milieux naturels. Sur la bande côtière, le tourisme balnéaire, les activités récréatives, le nautisme et la cabanisation fragilisent le cordon littoral. A ces pressions s’ajoute un phénomène d’érosion important. 

Protections[modifier | modifier le code]

Bois des Aresquiers

Dès 1975, une partie des étangs palavasiens (l'Estagnol) est classée Réserve naturelle nationale par arrêté[2], suite à une mobilisation de naturalistes et de chasseurs. Aujourd'hui, quatre sites classés ainsi qu’un arrêté préfectoral de protection de biotope (APB) sur l’Etang du Grec (Palavas-les-Flots) protègent des milieux naturels pour leurs qualités écologiques et paysagères. Le Conservatoire du littoral intervient sur six secteurs : Etang des Mouettes, Salins de Frontignan, Bois des Aresquiers, Etang de Vic, Salines de Villeneuve, Etang du Méjean. Aujourd’hui 2 370 ha sont protégés par le Conservatoire. Ce dernier exerce le droit de préemption au titre des espaces naturels sensibles (ENS) par substitution au Conseil départemental de l’Hérault. L’action foncière est concertée dans le cadre de schémas d’intervention foncière impliquant le Conseil départemental de l’Hérault, les Communes concernées et le Conservatoire, dans un objectif commun de protection, de mise en valeur et d’ouverture au public des espaces naturels sensibles. L'agglomération de Sète assure la gestion des sites qui concernent son territoire.

Panneau d'information de zone de protection

L’action foncière du Conservatoire cible la maîtrise des berges des étangs afin de constituer des zones tampons qui assureront la préservation du paysage, de la richesse écologique et de la qualité de l’eau. La maitrise foncière de certains plans d’eau est également envisagée (Etang des Moures et une partie de l’Etang de Pierre Blanche), ce qui permettra de mettre en place une gestion globale des usages à l’échelle du site de l’Etang de Vic. Le maintien et la restauration des continuités écologiques passe notamment par le maintien des échanges mer-lagunes et par l’entretien des passes entre les étangs et le canal du Rhône. Sur les cordons dunaires du lido, les actions de restauration des milieux dunaires, de mise en défens des secteurs les plus sensibles, ainsi que l’information et la sensibilisation du public sont indispensables pour préserver les milieux naturels. 

Le Conservatoire des espaces naturels (CEN-LR) est quant à lui gestionnaire du site des Salines de Villeneuve-Lès-Maguelone, en collaboration avec le Syndicat mixte des étangs littoraux (SIEL). Ce dernier, animateur Natura 2000 sur les étangs palavasiens, assure également l’animation du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) en place.

Sur les autres projets Wikimedia :

Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Etangs palavasiens », sur Service d’information sur les Sites Ramsar (consulté le 18 mars 2015)
  2. Réserve naturelle nationale : L'Estagnol (FR3600027), publié en 2003 par le Muséum national d'Histoire naturelle, sur le site de l'INPN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]