Yves Guillou

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Yves Guillou
Fonctions
Maire de Caen

(13 ans, 10 mois et 1 jour)
Réélection
Prédécesseur André Détolle
Successeur Jean-Marie Louvel
Conseiller général du Calvados

(8 ans)
Circonscription Canton de Caen-1
Prédécesseur Henri Le Rasle
Successeur Jean-Marie Louvel
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bourbriac (Côtes-du-Nord)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Caen (Calvados)
Parti politique Rassemblement du peuple français

Yves Guillou, né le à Bourbriac (Côtes-du-Nord) et mort le à Caen, est un homme politique français. Il fut maire de Caen après guerre et un des maitres d'œuvre de la reconstruction de la ville détruite pendant la bataille de Normandie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ingénieur des ponts et chaussées originaire de Côtes-du-Nord, il s'installe à Caen en 1924 comme entrepreneur de travaux publics, après avoir participé aux chantiers de reconstruction de l'est de la France, touché par la Première Guerre mondiale[1].

Il est élu au conseil municipal de Caen en 1929 et devient l'adjoint chargé des travaux publics d'André Detolle. À ce poste, il engage la rénovation de la ville à travers les travaux d'assainissement, la modernisation des rues, et la mise en place de lampadaires électriques, qui augmente la pression fiscale de la cité. Surnommé de ce fait « Guillou le Conquérant », il est battu aux élections de 1935. Refusant de travailler avec l'armée allemande sous l'Occupation, il est arrêté par la Gestapo ; il échappe à l'exécution des prisonniers politiques de la prison de Caen en étant libéré quelques jours avant par l'intervention du médecin-chef de la Feldkommandantur[2].

À la Libération, appelé par le préfet Pierre Daure au sein de la délégation spéciale, il en réclame la présidence et s'oppose à ce que des membres de la municipalité collaborationniste démise y siège, conditions qu'il obtient le [2]. La délégation gère l'urgence, celle de déblayer les 2,2 millions de mètres cubes de débris et gravats sur 120 hectares, et de donner un toit à chacun. Alors qu'il n'arrive qu'en sixième place aux élections municipales de mai 1945, derrière le docteur Raymond Villey et l'abbé Louvel[3], Yves Guillou est élu maire avec 27 voix sur 32 grâce à sa position centriste rassembleuse[2]. Il rejoint les rangs du RPF en 1947[4].

Pour obtenir la réparation intégrale des dommages de guerre aux sinistrés et le maximum de crédits pour la reconstruction, Yves Guillou se fait élire en mai 1945 Président de la Commission permanente des communes sinistrées, puis Vice-président de l'Association des maires de France. Il sera un des promoteurs de la loi du sur la réparation des dommages de guerre.

Dans une ville ravagée par la bataille de Caen, à la population décimée et où 13 000 des 15 000 logements sont détruits ou endommagés, il gère la pénurie du quotidien, et rebâtit la cité. Avec Pierre Daure, qui en deviendra en 1948 le recteur, il rouvre l'université de Caen dès dans les bâtiments de l'École normale, pour éviter un transfert des facultés vers celle de Rouen[5].

Il prend également en main la reconstruction de Caen qu'il juge trop lente. Il choisit l'urbaniste en chef Marc Brillaud de Laujardière, avec qui il travaille à un centre moderne dont le château est mis en valeur, une ville plus aérée et ensoleillée par l'élargissement des rues existantes, un urbanisme organisé autour de deux artères, la rue Saint-Jean et l'avenue du Six Juin[1].

Lors de la visite Vincent Auriol le , il présente au président de la République un projet approuvé par le conseil municipal en [6], d'un mémorial de la Victoire dans le château de Caen. L'idée est reprise par Jean-Marie Girault lors de son accession à la mairie à travers le Mémorial de la Paix[2]. Face au refus du projet de nouvelle mairie de Brillaud de Laujardière par le comité des architectes du Calvados, Yves Guillou propose d'installer l'administration municipale dans l'ancien lycée, l'abbaye aux Hommes, déménagement effectif le [6].

Caen intègre à son territoire le quartier de la Guérinière[7] en 1951 et la commune de Venoix en  ; il impose alors une élection partielle, où l'abstention atteint 40 %, qu'il gagne en battant les candidats de la gauche. Un an plus tard, lors des élections du 26 avril 1953, il est réélu face aux trois listes socialiste, communiste et de l'Union familiale et ouvrière, emportant à 63 % des suffrages, 25 des 36 sièges municipaux[2]. À cette occasion, il quitte le mouvement gaulliste pour le CNI[4].

Mais, victime d'une congestion cérébrale lors du lancement des travaux de l'église Saint-Gerbold de Venoix en , il laisse le pouvoir à son adjoint, le gaulliste Henri Buot, sans démissionner[2]. Aux élections de 1959, son fauteuil va au MRP Jean-Marie Louvel, conseiller depuis 1953 et maire de facto selon Jean-Paul Brunet depuis la vacance de Guillou[8].

Hommages[modifier | modifier le code]

Premier maire de la reconstruction de Caen, Yves Guillou est à l'origine, entre autres, de l'ancien boulevard de la Prairie, rebaptisé boulevard Yves-Guillou le [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Louis Laroque, « Caen - Ils ont rebâti la ville », Le Point no1862, 22 mai 2008
  2. a b c d e et f Guillaume Le Du et Laurent Alexandre, « Yves Guillou, le maire bâtisseur », Ouest France, édition Caen, 19 février 2001.
  3. Son frère, Jean-Marie Louvel, succèdera à Yves Guillou à la mairie de Caen en 1959
  4. a et b Jean-Paul Brunet (dir.), Les conseillers municipaux des villes de France au XXe siècle, Presses universitaires de Bordeaux, 2007, p. 109-111.
  5. « Caen - La victoire de la vie », Le Point no1648, 18 janvier 2007.
  6. a et b « Chronologie », Caen et la reconstruction, 1944-1963, Amis des musées de Normandie.
  7. Jusqu'alors lieu-dit de la commune de Cormelles-le-Royal.
  8. Jean-Paul Brunet (dir.), op. cit., p. 113.
  9. « Yves-Guillou, 1er maire de la reconstruction - Caen »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur ouest-france.fr (consulté le ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Maurin, Guillou le Conquérant, bâtisseur de Caen 1880-1963, Bayeux, OREP éditions, , 271 p. (ISBN 978-2-8151-0146-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]