Vladimir Lambsdorff

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Vladimir Lambsdorff (1896)

Le comte Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff (en russe : Владимир Николаевич Ламсдорф), né le 6 janvier 1845 à Saint-Pétersbourg, décédé le 19 mars 1907 à San Remo, est un homme politique russe, ministre des Affaires étrangères sous le règne d'Alexandre III, ministre des Affaires étrangères sous le règne de Nicolas II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de la Baltique allemande, Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff a étudié au lycée Alexandre à Saint-Pétersbourg.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Lors du Congrès de Berlin (13 juin au 13 juillet 1878) Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff figure parmi les personnalités présentes dans la suite du prince Alexandre Gortchakov. En 1884, le comte assiste à l'entrevue entre Nicolas II, Guillaume Ier et François-Joseph.

Protégé par Nicolas de Giers, ce dernier désigne Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff comme son successeur potentiel. Otto von Bismarck convainc la Russie de rejoindre la Ligue des trois empereurs mais sans l'Autriche-Hongrie. Lambsdorff est favorable à ce rapprochement russo-allemand, mais Otto von Bismarck est démis de ses fonctions, le nouveau chancelier allemand, Leo von Caprivi rejette la proposition du chancelier de fer. En 1897, le comte est nommé adjoint au ministre des Affaires étrangères. Trois ans plus tard, il succède à Mikhaïl Mouraviov.

À sa prise de fonction, ses principales préoccupations sont axées sur la question orientale et le projet de réforme administrative de l'Empire ottoman. Fin 1902, le comte se rend à Belgrade, Sofia et Vienne pour s'entretenir avec le ministre serbe, Nikola Pašić (1845-1926), le représentant des Affaires étrangères macédonien, Hristo Tatarchev (1869-1952), le ministre des Affaires étrangères de l'Empire austro-Hongrois, Agenor Maria Gołuchowski (1849-1921) et leurs souverains respectifs sur l'impasse des Balkans. En septembre 1903, il accompagne Nicolas II à Vienne et à Mürzzuschlag. Fait surprenant de la part d'un homme politique russe, il anticipa l'effondrement de l'Empire ottoman face au nationalisme slave. En août 1903, il condamne énergiquement le soulèvement de l'Ilinden et les autres activités de l'Organisation révolutionnaire macédonienne.

Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff se montra également très sensible envers la cause des sionistes, tant qu'il favorisa le Juif austro-hongrois et fondateur du sionisme, Theodor Herzl (1860-1904). Le principal évènement du mandat de Lambsdorff fut la Guerre russo-japonaise (1904-1905), malgré tout, le comte ne put être accusé d'être à l'origine de ce conflit par sa politique extérieure. Au contraire, il proposa à la Russie de renoncer à ses ambitions en Corée afin de préserver les intérêts de l'empire russe en Mandchourie. Concernant la politique en Extrême-Orient, en sa qualité de président du Comité des affaires d'Extrême-Orient, l'amiral Alexeï Abaza exerça une plus grande influence sur le tsar. Après le départ en retraite d'Alexeï Abaza, en 1902, la Russie revint sur sa promesse d'évacuer la Mandchourie, les évènements poursuivirent leur spirale descendante pour aboutir à la guerre.

Pendant et après la guerre, Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff fut largement éclipsé par la forte personnalité de son proche collaborateur Serge Witte. Afin de sauver le prestige de la Russie impériale, face aux exigences du Japon, ensemble, ils négocièrent le traité de Portsmouth le 5 septembre 1905. À son retour, le comte apprit que le tsar, sans avoir consulté ses ministres avait secrètement signé un traité d'alliance à l'amiable avec Guillaume II (traité de Björkö, 24 juillet 1905). Si Nicolas II avait écouté les arguments de Serge Witte et de Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff « Toute l'Histoire de l'Europe et du monde auraient été différente »[réf. nécessaire].

Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff resta célibataire sans enfants. Des rumeurs évoquent son homosexualité.

En 1906, Lambsdorff fut relevé de ses fonctions, il fut remplacé par Alexandre Petrovitch Izvolsky. Le comte fut nommé au Conseil d'État dont il fut souvent absent, il préférait les séjours sur la Riviera italienne.

Décès[modifier | modifier le code]

Vladimir Nikolaïevitch Lambsdorff décéda le 19 mars 1907 à San Remo.

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Mombauer, Annika; Deist, Wilhelm. The Kaiser: New Research on Wilhelm II's Role in Imperial Germany. Cambridge University Press, 2003. Page 119.

Liens internes[modifier | modifier le code]