Pavel Milioukov

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Pavel Nikolaïevitch Milioukov

Pavel Nikolaïevitch Milioukov (en russe : Павел Николаевич Милюков ; né le 15 janvier 1859 à Moscou et mort le 31 mars 1943 à Aix-les-Bains) est un historien russe et ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire russe au début de 1917.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pavel Milioukov poursuit ses études secondaires au Premier lycée classique de Moscou.

Pavel Milioukov mène une carrière académique d'historien et de professeur à l'université de Moscou. Du fait de ses idées libérales, il est arrêté et emprisonné par les autorités tsaristes en 1901, sous le règne de Nicolas II. Une fois libéré, il est invité aux États-Unis pour y délivrer une série de cours. Adversaire résolu de la monarchie absolue, il revient en Russie en 1905, où il assiste à la Conférence panrusse des zemstvos en mai 1905 chez Margarita Morozova, et devient ensuite l'un des leaders du Parti constitutionnel démocratique (KD, ou parti des Cadets). Milioukov devient plus modéré après la révolution de 1905. À la troisième et à la quatrième Douma, il est le chef incontesté du parti KD.

Pendant la Première Guerre mondiale, il adopte un point de vue impérialiste en revendiquant la ville de Constantinople pour la Russie. En août 1915, avec d'autres partis libéraux, les Octobristes, il organise le « bloc progressiste ». Quand éclate la révolution de Février 1917, Milioukov cherche vainement à sauver la monarchie. Il devient ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire et se montre partisan de la poursuite de la guerre. Le 18 avril, Milioukov envoie une note aux gouvernements alliés dans laquelle il promet que la Russie continuera la guerre « jusqu’à la victoire finale ». Dans des termes ambigus, il fait part de son soutien à la politique du gouvernement provisoire qui prévoit l’annexion de territoires étrangers et le paiement d’indemnités par les vaincus. Cette note, dont le contenu s’oppose à celui de la déclaration « aux peuples du monde entier » qu’a faite le soviet de Petrograd le 15 mars, provoque des manifestations de protestation armées organisées par les ouvriers et les soldats de la capitale les 20 et 21 avril[1].

Désavoué, Milioukov démissionne le 15 mai 1917. En août 1917, il prend une part active dans la préparation du putsch de Kornilov. Ennemi de la révolution d'Octobre, il devient le conseiller politique du général Anton Ivanovitch Dénikine avant de s'enfuir à l'étranger. Émigré à Paris, il revient à des idées plus radicales et reste un des leaders de la tendance républicaine et démocratique de l'émigration russe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les thèses d'avril de Lénine et la chute de Milioukov », Encyclopédie Encarta.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Melissa Kirschke Stockdale, Paul Miliukov and the Quest for a Liberal Russia, 1880-1918, Cornell University Press, 1996, 379 p.
  • (en) Thomas Riha, A Russian European: Paul Miliukov in Russian Politics, University of Notre Dame Press, 1969, 373 p.

Source[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Bennigsen, « Milioukov (P. N.) », Encyclopædia Universalis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]