Pacte de Björkö

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Le pacte de Björkö est un accord secret de défense mutuelle qui ne fut jamais appliqué et qui fut signé par l'empereur Nicolas II de Russie et son cousin le Kaiser Guillaume II, le 12 (24) juillet 1905 à bord de l'Étoile polaire.

Visite[modifier | modifier le code]

Guillaume II organise cette visite quatre jours avant en envoyant un télégramme à son cousin l'empereur de Russie, lui proposant une entrevue secrète. Le dimanche 23 juillet, le Kaiser arrive de la baie de Vyborg au large de l'île de Björkö (appartenant au grand-duché de Finlande de l'Empire russe) à bord de son yacht, le SMY Hohenzollern et jette l'ancre à côté du yacht de Nicolas II, l'Étoile polaire[1]. Ce dernier est dubitatif.

Pacte[modifier | modifier le code]

Le pacte secret comprend quatre articles signés par les deux cousins et contresignés par le comte von Tschirschky, le comte Alexandre von Benckendorff, et le ministre de la marine, Alexeï Biriliov.

« Leurs Majestés Impériales, l'empereur de toutes les Russies d'un côté et l'empereur d'Allemagne de l'autre, afin d'assurer la paix en Europe se sont accordées sur les points suivants du traité ci-dessous, relatif à une alliance défensive :

  • Article I : si un État européen attaque l'un des deux empires, la partie alliée s'engage à aider l'autre partie contractante avec toutes ses forces militaires et navales.
  • Article II : les hautes parties contractantes s'engagent à ne conclure aucune paix séparée avec un ennemi commun.
  • Article III : le présent traité prend effet à partir du moment de la conclusion de la paix entre la Russie et le Japon et peut être dénoncé par notification un an à l'avance.
  • Article IV : quand ce traité prend effet, la Russie entreprend les démarches nécessaires pour en informer la France et proposer à cette dernière d'y adhérer en tant qu'alliée. »

Contexte[modifier | modifier le code]

En pleine guerre russo-japonaise, la Russie est affaiblie militairement, alors que la Grande-Bretagne soutient le Japon et que la France adopte officiellement une attitude neutre. Ce traité est dirigé en premier chef contre la Grande-Bretagne, éternel adversaire du Grand Jeu en Asie et redonne l'initiative à la Russie dans son alliance avec la France.

Effet[modifier | modifier le code]

Ce pacte est immédiatement lettre morte à cause de l'Alliance franco-russe. Le comte de Witte et le comte Lambsdorff, qui n'ont pas été avertis, dénoncent aussitôt un tel pacte s'il n'est pas signé par la France. L'empereur de Russie, qui en fait n'était pas convaincu de cette alliance, se range à leur avis, à la consternation du Kaiser. Nicolas II écrit à Guillaume en novembre 1905 à cet effet. Formellement le pacte n'est pas rompu, mais du fait de l'absence de la France, il n'a aucun crédit.

Les termes du pacte sont repris dans la presse, après la chute de l'Empire russe, le 29 décembre 1917 dans les Izvestia et le 31 décembre 1917 dans les colonnes de l'Excelsior à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sidney B. Fay, « The Kaiser's Secret Negotiations with the Tsar, 1904-1905 », The American Historical Review, vol. 24, no 1,‎ octobre 1918, p. 48-72

Notes[modifier | modifier le code]