Village d'Empire

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec les villes d'Empire

Un village d'Empire (en allemand : Reichsdorf ; en latin : pagus Imperii) est un lieu du Saint-Empire romain germanique qui, compte tenu des privilèges qui lui ont été concédés ou reconnus, est considéré comme possédant l'immédiateté impériale mais qui, n'ayant pas le droit de siéger ni de voter à la diète d'Empire, n'est pas un État impérial.

Les villages d'Empire n'ont pu être dénombré avec certitude. Contrairement aux villes d'Empire, dont une première liste figure dans le registre des redevances de 1241, les villages d'Empire n'étaient pas répertoriés dans la matricule d'Empire et, n'ayant pas le droit de siéger ni de voter à la diète d'Empire, ne figurent pas dans ses compte-rendus. À cela s'ajoute la diversité des franchises obtenues. La liste des villages d'Empire dressée par Hugo en 1836[1] reste, en dépit de son ancienneté, la référence.

Dans sa nomenclature des composantes de l'Empire, Johann Stephan Pütter classe les villages d'Empire dans la catégorie des membres de l'Empire immédiats non états, avec les chevaliers d'Empire et les ganerbinats.

Les villages d'Empire sont reconnus en 1648 lors de la paix de Westphalie à côté des États et des chevaliers d'Empire.

Un hameau d'Empire (en allemand : Reichsweiler) est un lieu du Saint-Empire romain germanique bénéficiant de privilèges équivalents.

Les villages et hameaux d'Empire sont les derniers restes d'anciens bailliages dissous au XVe siècle. Peu nombreux, ils sont constitués de communes ou de petits territoires situés sur d'anciennes terres de la couronne. Leurs habitants ne sont sujets à aucun servage et ne doivent aucun corvée ; uniquement subordonnés à l'Empereur, ils s'administrent eux-mêmes et possèdent la haute juridiction.

Au XIVe siècle, il existe une centaine de villages ou hameaux d'Empires, dont le nombre décline par la suite par gages, donation ou soumission.

Villages et hameaux d'Empire d'Alsace[modifier | modifier le code]

En 1648, l'Alsace compte une quarantaine de villages et hameaux d'Empire relevant du grand-bailliage (en allemand : Landvogtei) d'Haguenau, créé pour la défense des dix villes d'Empire de la Décapole (Zehnstädtebund) et administré par un grand-bailli (Landvogt), vicaire de l'Empereur.

En 1648, l'Alsace compte trente-sept villages d'Empire : Batzendorf[2], Bernolsheim, Berstheim[3], Bilwisheim, Bitschhoffen[4], Bossendorf[5], Dangolsheim[5], Eschbach[4], Ettendorf[4], Forstheim[6], Grassendorf[4], Gunstett[6], Hegeney[4], Hochstett[3], Huttendorf[4], Kindwiller[4], Kriegsheim[5], Kuttolsheim, Lixhausen[4], Minversheim[6], Mittelschaeffolsheim[5], Mommenheim[5], Morschwiller[4], Mutzenhouse[5], Niederschaeffolsheim[5], Ohlungen[6], Ringeldorf[4], Rottelsheim[5], Scherlenheim[4], Soufflenheim[6], Surbourg[6], Uberach[4], Wahlenheim[5], La Walck[4], Wingersheim[5], Wintershouse[3] et Wittersheim[6].

Elle compte aussi trois hameaux d'Empire : Gebolsheim[6] (aujourd'hui partie de Wittersheim), Keffendorf[6] (aujourd'hui partie d'Ohlungen) et Rumersheim[5] (aujourd'hui partie de Berstett).

Sous le règne de Louis XIV, le nombre des villages et hameaux d'Empire est réduit à trente-sept. Minversheim est inféodé à la maison de Wangen. Wittersheim et Gebolsheim sont inféodés, le 22 décembre 1661, à Jean-Adolphe Krebs de Bach (Johann Adolph Krebs von Bach) par le duc de Mazarin, alors grand-bailli. Ohlungen et Keffendorf sont achetés par le stettmeister vorstatt de Haguenau.

Le Historisches Lexikon der Deutschen Länder recense dix villages d'Empire ne subsistant pas en 1648 : Barr[7], Cosswiller[8], Gertwiller[9], Geudertheim[10], Heiligenstein[11], Illkirch[12] (aujourd'hui, partie d'Illkirch-Graffenstaden), Illwickersheim[12] (aujourd'hui, Ostwald), Oberburgheim[13] (aujourd'hui, partie de Bourgheim), Romanswiller[14] et Seebach[15].

Autres villages d'Empire[modifier | modifier le code]

Le Historisches Lexikon der Deutschen Länder recense les villages d'Empire suivants : Althausen[16] (aujourd'hui, partie de Bad Mergentheim), Auersbach[17], Aufkirchen[17] (aujourd'hui, partie de Gerolfingen), Bauerbach[18] (aujourd'hui, partie de Bretten), Billigheim[19] (aujourd'hui, partie de Billigheim-Ingenheim), Böckingen[20] (aujourd'hui, partie d'Heilbronn), Böhl[21] (aujourd'hui, partie de Böhl-Iggelheim), Dachstetten[22] (aujourd'hui, partie d'Oberdachstetten), Dienheim[23], Dierbach[24], Dörrenbach[25], Dürrenhembach[26] (aujourd'hui, partie de Wendelstein), Duttenberg[26] (aujourd'hui, partie de Bad Friedrichshall), Elsenz[27] (aujourd'hui, partie d'Eppingen), Ems[28] (aujourd'hui, Hohenems), Erden[29], Erlenbach[30] (aujourd'hui, Erlenbach bei Kandel), Erlendorf[30], Freisbach[31], Gebsattel[32], Geldersheim[33], Ginsheim[34] (aujourd'hui, partie de Ginsheim-Gustavsburg), Godramstein[35] (aujourd'hui, partie de Landau in der Pfalz), Gommersheim[10], Grossgartach[36] (aujourd'hui, partie de Leingarten), Hassloch[37], Heidingsfeld[38] (aujourd'hui, partie de Wurtzbourg), Hollar[39] (aujourd'hui, partie de Friedberg), Idenheim[40], Iggelheim[40] (aujourd'hui, partie de Böhl-Iggelheim), Impflingen[41], Ingelheim[41] (aujourd'hui, Ingelheim am Rhein), Kandel[42], Kröv[43], Melbach[44] (aujourd'hui, partie de Wölfersheim), Michelbach[45] (aujourd'hui, partie de Schmelz), Minderslachen[46] (aujourd'hui, partie de Kandel), Minfeld[46], Mosau[47], Mundeslacht[48], Nerreth[49] (aujourd'hui, partie de Wendelstein), Obergriesheim[50] (aujourd'hui, partie de Gundelsheim), Neurod[51], Oberschefflenz[52] (aujourd'hui, partie de Schefflenz), Ockstadt[53] (aujourd'hui, partie de Friedberg), Odenheim[53] (aujourd'hui, partie d'Östringen), Offenau[54], Raubersried[55] (aujourd'hui, partie de Wendelstein), Rohrbach[14], Rottershausen[56] (aujourd'hui, partie d'Oerlenbach), Steinweiler[57], Sulzfeld[58], Urferhseim[59] (aujourd'hui, partie d'Illesheim), Westheim[60], Westhofen[60] (aujourd'hui, partie de Schwerte) et Wilgartswiesen[61].

Villages d'Empire subsistant en 1803[modifier | modifier le code]

En 1803, quelques villages d'Empire subsistent :

Ils sont médiatisés par le recès de la diète d'Empire :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) L. Hugo, « Verzeichnis der freien Reichsdörfer in Deutschland », Zeitschrift für Archivkunde : Diplomatik und Geschichte, vol. 2 (1836), p. 446-476 et 477-521
  2. Jean-Daniel Schöpflin, Histoire de dix villes jadis libres et impériales de la Préfecture de Haguenau, p. 313
  3. a, b et c op. cit., p. 313
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m op. cit., p. 315
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k op. cit., p. 314
  6. a, b, c, d, e, f, g, h et i op. cit., p. 316
  7. Historisches Lexikon der Deutschen Länder, p. 43
  8. op. cit., p. 347
  9. op. cit., p. 217
  10. a et b op. cit., p. 225
  11. op. cit., p. 262
  12. a et b op. cit., p. 308
  13. op. cit., p. 481
  14. a et b op. cit., p. 577
  15. op. cit., p. 657
  16. op. cit., p. 12
  17. a et b op. cit., p. 30
  18. op. cit., p. 46
  19. op. cit., p. 69
  20. op. cit., p. 74
  21. op. cit., p. 76
  22. op. cit., p. 127
  23. op. cit., p. 139
  24. op. cit., p. 140
  25. op. cit., p. 146
  26. a et b op. cit., p. 150
  27. op. cit., p. 166
  28. op. cit., p. 167
  29. op. cit., p. 171 et p. 173
  30. a et b op. cit., p. 173
  31. op. cit., p. 195
  32. op. cit., p. 209
  33. op. cit., p. 211
  34. op. cit., p. 220
  35. op. cit., p. 224
  36. op. cit., p.235
  37. op. cit., p. 256
  38. op. cit., p. 261
  39. op. cit., p. 265
  40. a et b op. cit., p. 307
  41. a et b op. cit., p. 309
  42. op. cit., p. 226
  43. op. cit., p. 352
  44. op. cit., p. 423
  45. op. cit., p. 430
  46. a et b op. cit., p. 432
  47. op. cit., p. 437 et p. 438
  48. op. cit., p. 442
  49. op. cit., p. 480
  50. op. cit., p. 482
  51. op. cit., p. 464
  52. op. cit., p. 486
  53. a et b op. cit., p. 488
  54. op. cit., p. 492
  55. op. cit., p. 551
  56. op. cit., p. 584
  57. op. cit., p. 686
  58. op. cit., p. 698
  59. op. cit., p. 733
  60. a et b op. cit., p. 782
  61. op. cit., p. 793
  62. op. cit., p. 697
  63. op. cit., p. 298
  64. op. cit., p. 666
  65. op. cit., p. 223
  66. op. cit., p. 661

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]