Tettigoniidae

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Tettigoniidae ( Sauterelle[1]) est une famille d'orthoptères qui comprend plus de 6400 espèces. Le nom de cette famille de sauterelles dérive de nom Tettigonia, donné par Linnaeus, en 1748. Il fait appel au grec ancien τέττιξ / téttix, qui désigne la cigale, en raison du fait que les sauterelles stridulent, comme celles-ci[2].

Ces insectes sont principalement nocturnes et lors de la période de reproduction, ils communiquent par stridulation. De nombreuses espèces pratiquent l'art du camouflage et ressemblent à s'y méprendre à une feuille[3].

Description[modifier | modifier le code]

Les Tettigoniidae mesurent entre 5 et 130 mm. Il s'agit d'insectes arboricoles qui sont fréquemment entendus durant la saison estivale[4]. Les membres de cette famille se distinguent des Acrididae (criquets) par leurs longues antennes qui dépassent la longueur du corps. Les antennes des criquets sont plus courtes et plus épaisses.

Liste des sous-familles[modifier | modifier le code]

Selon Orthoptera Species File (28 mars 2010)[5] :

Certaines sous-familles de Tettigoniidae sont parfois traitées comme des familles (comme les Bradyporidae, les Conocephalidae, les Meconematidae et les Phaneropteridae).

Diversité et distinction des espèces[modifier | modifier le code]

Beaucoup de tettigoniidés miment les plantes pour se camoufler, en adoptant des formes et des couleurs proches de celles de leur environnement. Elles sautent brutalement pour échapper à leurs prédateurs. Quelques espèces ont des couleurs plus ternes ou très contrastées. De rares sauterelles (tropicales) ont évolué en divergeant du schéma classique et ont adopté des formes éloignées de celles de la plupart des sauterelles.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les mâles ont des organes produisant des sons (via la stridulation) situés sur les angles postérieurs de leurs ailes avant. Chez certaines espèces, les femelles sont aussi capables de stridulation. Au moment de la reproduction, le mâle fournit à la femelle une spermathèque sous forme d'un spermatophylax (organe rattaché aux spermatophores des mâles, et qui est consommé par la femelle) ; la fonction du spermatophylax serait d'augmenter la durée de fixation du spermatophore et d'accroître ainsi les chances de paternité[6].

Les œufs de sauterelles sont généralement ovales et déposés par la femelle dans les sols meubles grâce à leur oviscapte.

Distribution[modifier | modifier le code]

On en compte 255 espèces en Amérique du Nord, mais la plupart des espèces vivent en zone tropicale.

Écologie[modifier | modifier le code]

Les sauterelles sont souvent omnivores et ont de longues antennes. Les criquets sont herbivores stricts et ont de courtes antennes articulées. Le régime alimentaire des sauterelles est habituellement herbivore (feuilles, fleurs, écorces, et parfois graines), mais quelques espèces se comportent aussi en prédateurs se nourrissant d'autres insectes, d'escargots, voire de petits vertébrés (serpents ou lézards). Quelques espèces sont localement considérées comme nuisibles par les producteurs de cultures commerciales.

Quelques grandes sauterelles européennes et tropicales peuvent, si on les manipule sans précaution, pincer ou infliger des morsures douloureuses (non venimeuses), mais elles n'arrivent que rarement à percer la peau. Certaines espèces en brousse, comme Ruspolia baileyi en Ouganda et dans les régions voisines, sont consommées.

En France[modifier | modifier le code]

Tettigonia viridissima ou la grande sauterelle verte, parfois confondue avec Tettigonia cantans (la sauterelle cymbalière) sont localement très courantes. Tettigonia cantans est plus rare dans le nord, a les ailes plus courtes et son stridulement, faible au début, devient de plus en plus fort, plus rapide et dure longtemps.

Invasions et Histoire[modifier | modifier le code]

La bible et les chroniqueurs passés citent tout au long de l'histoire des épisodes d'invasion de sauterelles, responsables de défoliations à grande échelle (l'une de ces invasions était l'une des dix plaies d'Égypte de la Bible). Dans l'Antiquité, on combattait les invasions parfois par l'allumage d'incendies[7]. Au Moyen Âge, une dévastation de l'Hispanie vers 584 aurait été causée par des sauterelles : selon Grégoire de Tours, « le royaume de la Manche -Carpitanie- était cruellement dévasté par les sauterelles, de telle sorte qu’il n’y avait ni arbres, ni vignes, ni forêts, ni fruits, ni aucune verdure, qu’elles n’eussent entièrement détruits… »[8]. En réalité, il s'agit du criquet pèlerin et non de sauterelles, mais à cette époque, on ne faisait pas cette différence.

À la fin du VIe siècle, vers 595, une invasion de sauterelles est également signalée par Paul Diacre dans le N.-E. de l'Italie : « Il y eut cette année-là une très forte sécheresse, de janvier jusqu'à septembre, qui fut cause d'une grande famine. Il y eut aussi dans le territoire de Trente une multitude de sauterelles, plus grandes qu'elles ne sont d'ordinaire ; chose étonnante, elles mangèrent les herbes, les plantes des marais, mais touchèrent à peine aux moissons des champs. Elles revinrent aussi l'année suivante, exactement de la même façon. »[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Sauterelle (insecte) » (voir la liste des auteurs).
  • Krauss, 1902 : Die namen der ältesten Dermapteren-(Orthopteren-) Gattungen und ihre Verwendung für Familien- und Unterfamilien-Benennungen auf Grund der jetzigen Nomenclaturregeln. Zoologischer Anzeiger, vol. 25, n. 676, p. 530-543 (texte original).
  1. Heiko Bellman et Gérard Chr. Luquet, Le guide des sauterelles, grillons et criquets d'Europe occidentale, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste », 383 p. (ISBN 978-2603015643), p. 70.
  2. Family Tettigoniidae – Katydids consulté 2010/07/28, publié 2008/01/01
  3. Ediotrs of Encyclopaedia Brittanice & others."Katydid". Encyclopaedia Brittanica Online. Retrieved9 October 2014.
  4. Rentz, David (15 July 2010). "A Guide to the Katydids of Australia". Journal of Insect Conversation 14 (6): 579–580.doi:10.1007/s10841-010-9312-4.
  5. *Orthoptera Species File (28 mars 2010)
  6. Karim Vahed (1998), The function of nuptial feeding in insects : review of empirical studies ; Biological Reviews, Volume 73 pages 43–78 Accès à l'article (PDF)]
  7. Modèle:HomIli, XXI
  8. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre sixième
  9. Paul Diacre, Histoire des Lombards, Livre IV, 2

Liens externes[modifier | modifier le code]

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