Shakespeare and Company

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48° 51′ 09″ N 2° 20′ 49″ E / 48.8525, 2.347 ()

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La librairie Shakespeare and Company en 2004.

Shakespeare and Company est une librairie indépendante située dans le 5e arrondissement de Paris. Shakespeare and Company sert à la fois de librairie et de bibliothèque spécialisée dans la littérature anglophone. L'étage sert aussi de refuge à des voyageurs, connus comme « tumbleweeds », hébergés en échange de quelques heures de travail dans la librairie chaque jour[1].

Sylvia Beach[modifier | modifier le code]

Ce nom vient d'une autre librairie, du même nom, tenue autrefois par l'Américaine Sylvia Beach, située au 8 rue Dupuytren (de 1919 à 1921), puis au 12 rue de l'Odéon (de mai 1921 à 1941). Cette librairie fut considérée, pendant l'entre-deux-guerres comme le centre de la culture anglo-américaine à Paris. Elle était souvent visitée par des auteurs appartenant à la « Génération perdue », tels qu'Ernest Hemingway, Ezra Pound, F. Scott Fitzgerald, Gertrude Stein et James Joyce. Considéré comme étant de haute qualité, le contenu de la librairie reflétait les goûts littéraires de Sylvia Beach. Shakespeare and Company, tout comme ses habitués littéraires, sont continuellement mentionnés dans Paris est une fête d'Hemingway. Les clients pouvaient acheter ou emprunter des livres comme le controversé L'Amant de lady Chatterley de D. H. Lawrence, interdit en Angleterre et aux États-Unis.

C'est Sylvia Beach qui a publié, en 1922, la première édition du livre de James Joyce, Ulysse, qui a par la suite été interdit aux États-unis et en Angleterre. Shakespeare and Company publia plusieurs autres éditions d'Ulysse. La première « Shakespeare and Company » fut fermée en décembre 1941 à cause de l'occupation de la France par les puissances de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. Le magasin aurait été fermé parce que Sylvia Beach avait refusé de vendre le dernier exemplaire de Finnegans Wake de Joyce à un officier allemand. Le magasin de la rue de L'Odéon n'a jamais rouvert.

George Whitman[modifier | modifier le code]

George Whitman photographié en 2008 par Olivier Meyer.
Lawrence Ferlinghetti et la jeune Sylvia Whitman devant la librairie en 1981.

En 1951, une autre librairie anglophone fut ouverte à Paris, sous le nom de « Le Mistral », au 37 rue de la Bûcherie, par l'Américain George Whitman[2]. Le magasin devint rapidement un centre de la culture littéraire. C'est à la mort de Sylvia Beach en 1962, que le nom de la librairie fut changé en Shakespeare and Company. Dans les années 1950, beaucoup d'écrivains de la beat generation tels qu'Allen Ginsberg, Gregory Corso et William Burroughs y logèrent. La fille de Whitman, Sylvia, s'occupe maintenant de la tenue de la boutique, près de la place Saint-Michel et à deux pas de la Seine.

George Whitman tient depuis cinquante ans ce qu’il appelle « une utopie socialiste se faisant passer pour une librairie ». Sa boutique a longtemps été un centre littéraire attirant des gens comme Henry Miller, Richard Wright, et William Burroughs. Plus important encore, George invite, depuis ses débuts, les gens à y vivre. Il affirme que plus de 40 000 personnes ont dormi à un moment ou à un autre dans un des treize lits parmi les livres. Tout ce qu’il vous demande, c’est de faire votre lit le matin, de donner un coup de main à la boutique et de lire un livre par jour. Cinq mois de vie ici m’ont inspiré mon propre ouvrage sur l’endroit[3]. Jeremy Mercer's top 10 bookshops

Sylvia Whitman[modifier | modifier le code]

La fille de George Whitman, Sylvia, reprend la boutique en 2001[4]. Elle a su donner un second souffle à la librairie en organisant plusieurs festivals culturels, qui remportent un franc succès. Par exemple, tous les deux ans depuis 2003 se tient le FestivalandCo qui fait se rencontrer à Paris les écrivains anglophones en vogue et à découvrir. La librairie est également devenue un asile pour les écrivains qui souhaitent rester pour quelques nuits. En contrepartie, il faut respecter certaines conditions : lire un livre par jour; aider deux heures à la boutique; pour finir, rédiger une page autobiographique en y joignant une photo.

Sylvie Whitman dirige la librairie dans un souci de rencontre perpétuelle entre le livre et le lecteur. L'agencement de la boutique, les animations organisées, telles que la création en 2010 d'un prix littéraire Paris Literary Prize ou les lectures hebdomadaires, sont autant de moyens de favoriser cette rencontre.

Références à la télévision et dans des films[modifier | modifier le code]

  • Shakespeare and Company apparaît dans la troisième saison de Highlander comme une librairie parisienne tenue par Watcher Don Salzer. Dans la quatrième saison, l'Immortel Methos utilise une pièce cachée dans la cave de la librairie pour entreposer ses journaux anciens.
  • Shakespeare and Company apparaît dans la scène d'ouverture du film Before Sunset où le protagoniste Jesse Wallace est interrogé à propos de son livre.
  • George and Co, Portrait d'une librairie en vieil homme[5] est un portrait documentaire de 52 minutes sur la librairie, ses hôtes et son propriétaire, George Whitman. Il est réalisé par Gonzague Pichelin et Benjamin Sutherland.
  • Les expériences de Jeremy Mercer à Shakespeare & Company sont centrales dans son roman Time Was Soft There.
  • Shakespeare et Company apparaît dans le film Julie and Julia lorsque Julia Child cherche un livre de cuisine française écrit en anglais.
  • Elle apparaît également dans le film Before Sunset de Richard Linklater.
  • Shakespeare et Company apparaît dans le film Minuit à Paris de Woody Allen.
  • Shakespeare et Company apparaît dans l'émission The Late Late Show with Craig Ferguson diffusée en août 2011 sur CBS[6].

Références dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Le romancier français Yannick Haenel a fait de Shakespeare & Co un des principaux points du chute pour le protagoniste et narrateur de son roman Cercle, paru aux Éditions du Seuil en 2007.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hélène Franchineau, « Shakespeare and Co ou les dormeurs du livre », LEMONDE.FR,‎ 2009 (consulté en 31 décembre 2010)
  2. Nicolas Ungemuth, « La grande histoire d'une petite librairie », LeFigaro.fr,‎ 2008 (consulté en 31 décembre 2010)
  3. George Whitman has been running what he calls "a socialist utopia masquerading as a bookstore" for 50 years. His store has long been a literary hub, attracting the likes of Henry Miller, Richard Wright, and William Burroughs. More importantly, George has been inviting people to live in his shop from its very first days. There are now 13 beds among the books, and he says that more than 40,000 people have slept there at one time or another. All he asks is that you make your bed in the morning, help out in the shop, and read a book a day. After living here for five months, I was inspired to write my own book about the place.
  4. Pour cette section voir : La librairie Shakespeare and Co de nos jours, sur L'Intermède
  5. Portrait of a Bookstore as an Old Man (2003) sur IMDB
  6. [1]. Consulté le 21 mars 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Hemingway at Shakespeare & Company, par John Affleck, sur Literary Traveler (anglais)
  • The Beats go on, par Alix Sharkey, le 3 mars 2002, sur The Observer (anglais)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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