S.A.S. (série littéraire)

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S.A.S. est une série de romans d'espionnage (200 ouvrages publiés entre 1965 et octobre 2013) écrite par Gérard de Villiers, parfois qualifiés de « romans de gare » à cause de leur style léger et de leur lecture rapide. La série est intitulée ainsi en référence au prédicat honorifique Son Altesse Sérénissime du héros de la collection, Malko Linge.

Contenu et caractéristiques des romans[modifier | modifier le code]

Le héros de la collection, Malko Linge, est un agent de la CIA et un prince autrichien, propriétaire du château de Liezen[1] et fiancé à Alexandra Vogel, une blonde sulfureuse. La référence au Special Air Service n'est pas loin car Malko est un soldat souvent envoyé en territoire ennemi.

Ces romans ont la particularité de mêler voyages exotiques, sexe et intrigue violente. Les propos sont parfois considérés comme racistes envers certaines populations, ou plus exactement certaines cultures. La cible privilégiée de Gérard de Villiers est le communisme, mais on a vu Malko combattre avec une égale conviction des néonazis, des escadrons de la mort, des narco-trafiquants, des islamistes radicaux et toutes sortes de méchants, dépeints sans complaisance. De même, bien que Malko soit agent de la CIA, certaines dérives de cette organisation ou de la politique extérieure des États-Unis ne sont pas tues. Chaque roman tente de coller au plus près de l'actualité immédiate.

Chaque ouvrage donne l'impression que l'auteur fait preuve d'une grande précision documentaire et d'une connaissance privilégiée de la géopolitique. Le lecteur peut avoir l’impression d’une découverte, d’une plongée dans la réalité, que lui dissimuleraient les médias.

Plusieurs romans concernent des coups d'État ayant eu lieu (L'ordre règne à Santiago), ou ayant avorté (Putsch à Ouagadougou) ; d'autres évoquent l'assassinat programmé de personnalités politiques de premier plan (Kill Henry Kissinger ! (SAS n°34), Mort à Gandhi (SAS n°81), Tuez Rigoberta Menchu (SAS n°110), Tuez le Pape (SAS n°142), Tuez Iouchtchenko (SAS n°158).

Le tome 194 (Le Chemin de Damas - seconde partie) se termine sur un coup de théâtre venu de Malko, qui prend une décision lourde de conséquences pour la suite de sa carrière et marque ainsi un tournant dans sa manière de concevoir l'exécution de ses missions.

Le dernier épisode : La vengeance du Kremlin (numéro 200) est tout à fait représentatif de la plausibilité des informations de l'auteur et de la qualité de ses enquêtes. Dans cet épisode en effet, il est question du suicide d'un oligarque russe, Boris Berezovski, réfugié à Londres. L'enquête menée par Malko conclut à un meurtre, contrairement à la version officielle. Cinq mois après la publication de cette aventure, la justice britannique reconnaît que l'éventualité d'un meurtre n'est pas à écarter[2].

Structure habituelle des romans[modifier | modifier le code]

Nombre d'entre eux débutent par une introduction très agressive :

  • un assassinat[3] ;
  • un viol[4] ;
  • un viol suivi d'un assassinat[5] ;
  • un attentat terroriste[6] ;
  • un détournement d'avion[7] ;
  • la mise en place d'une intrigue mettant en scène :
    • un ordre difficile à exécuter venu d'un chef d'État[8] ;
    • la perte d'un navire ou d'un sous-marin[9] ;
    • le passage à l'Ouest d'un transfuge soviétique [10].

Le développement de chaque roman est émaillé de scènes de violences entrecoupées de scènes sexuelles ou de torture, avec de multiples rebondissements.

La fin de chaque roman donne lieu, très souvent, à une conclusion amère et sans illusions.

Très souvent, une femme courageuse qui a grandement aidé Malko est assassinée par ceux que combat Malko[11].

Publication[modifier | modifier le code]

D'après un article[12] paru dans l'édition du 3 janvier 2007 du journal Libération, chaque volume serait tiré à plus de 200 000 exemplaires à sa sortie. Gérard de Villiers publiant cinq ouvrages par an, et tous les stocks étant rapidement épuisés au bout de quelques mois chez les revendeurs agréés, Gérard de Villiers vendrait ainsi plus d'un million d'exemplaires par an.

Les romans, qui ont été publiés par Plon puis par les éditions Gérard de Villiers, paraissent au rythme de quatre par an à partir de 1969 puis cinq par an à compter de 2007 ; ils sont vendus en librairie (notamment dans les gares) ou par abonnement. Des recueils thématiques de plusieurs romans sont également disponibles, ainsi qu'une anthologie de passages érotiques.

À plus de 80 ans, Gérard de Villiers continuait à sillonner le monde avant d'écrire chaque épisode de la série. Un voyage s'est notamment déroulé au 2e trimestre 2012 au Mali, en vue de la préparation du tome 195 Panique à Bamako[13]. À l'occasion de la parution de cet ouvrage, Jeune Afrique a mis en ligne une longue interview de Gérard de Villiers (écrite et en vidéo)[14].

Un article de janvier 2013 paru dans The New York Times revient aussi sur la longue et prolifique carrière de l'auteur[15] et sur l'intérêt que portent les services secrets du monde entier à ses écrits. En effet, certains des évènements décrits dans les aventures de Malko se sont étrangement reproduits, parfois presque à l'identique. Ainsi Le Chemin de Damas, tomes 1 et 2 parus en 2012 est considéré comme prophétique. Le quotidien y déclare entre autres : « (Le roman) décrit une attaque visant un des centres de commandement du régime syrien, près du palais présidentiel à Damas, un mois avant qu'une attaque en tout point semblable ne tue plusieurs cadres du régime, s'enthousiasme l'auteur de l'article. C'était prophétique, m'a confié un spécialiste du Moyen-Orient, fin connaisseur de la Syrie, qui préfère ne pas être nommé. Ce livre vous donne une vision claire de l'ambiance qui règne au sein du régime, de la façon dont les acteurs agissent, d'une façon que je n'avais jamais vue auparavant. »[16]

En octobre 2013 paraît le 200e et dernier épisode de la série, l'auteur étant décédé le 31 octobre 2013 et ne souhaitant pas que son héros lui survive[17].

Depuis le début de la série, le succès était au rendez-vous. On estime qu'entre 120 et 150 millions d'exemplaires de SAS ont été ainsi vendus[18].

Couverture des livres[modifier | modifier le code]

Les toutes premières couvertures étaient blanches avec un dessin simple au trait, toujours le même, et un titre écrit en majuscules, très semblables dans leur design à celles des James Bond de la même période. Les quatre premiers titres furent lancés en même temps, accréditant l'idée d'une série destinée à durer. Les dos des premières éditions comportaient la silhouette de James Bond.

Les couvertures des éditions récentes sont noires et comportent la photographie d'une femme munie d'une arme à feu. Cette photographie est détourée selon la forme des initiales SAS (et pour l'édition allemande avec la seule lettre M - pour Malko). La personne photographiée peut évoquer un personnage du livre, sans être pour autant en relation avec le titre (par exemple sur la couverture des Amazones de Pyongyang est visible l'une des Nord-Coréennes auxquelles fait référence le titre, L'Ange de Montevideo expose une femme qui se déguise en religieuse, La Blonde de Pretoria présente une femme noire et brune).

Plus tard, dans les années 2000, un commentaire succinct écrit de la main de Gérard de Villiers à l'encre dorée apparaît sous la photo.

Parmi les différents photographes ayant collaboré à ces couvertures on peut citer Helmut Newton, Francis Giacobetti et plus récemment Thierry Vasseur[19]. Depuis 2010, le photographe Christophe Mourthé a repris la série.

Éditions étrangères[modifier | modifier le code]

En Italie les traductions sont publiées par Arnoldo Mondadori Editore dans la collection Segretissimo (it).

En 2014, Vintage Books publie deux romans SAS en américain, The Madmen of Benghazi (Les Fous de Benghazi) et Chaos in Kabul (Sauve-qui-peut à Kaboul). Le traducteur est William Rodarmor.

Publicité[modifier | modifier le code]

L'auteur fait assez fréquemment de la publicité pour certaines marques[note 1]. Au début, il s'agissait uniquement de promouvoir une compagnie aérienne scandinave dont le sigle (S.A.S.) était identique à celui de la série :

Magie noire à New York, 1968, chapitre V, pages 34–35 :

« En dépit du confort du DC-8 des Scandinavian Airlines qui l’avait amené de New York à Copenhague en six heures, il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, tournant et retournant son problème dans sa tête. Le copieux petit déjeuner servi par une belle hôtesse blonde ne l’avait pas remis d’aplomb. … Dans une chambre de repos mise à la disposition des passagers par les Scandinavian Airlines, il avait pris une douche et s’était rasé. Deux heures plus tard somptueusement enfoncé dans un fauteuil de première d’une Caravelle de la Scandinavian, il décollait pour Vienne. Même le repas gastronomique n’avait pas réussi à lui rendre son allant. C’était pourtant bon de retrouver la viande cuite à l’européenne, du vin vieux - il avait vidé presque entièrement une bouteille de Mouton Rothschild 1955 - et le service impeccable d’un grand palace. »

Après Malko voyage sur UTA :

Escale à Pago-Pago, 1969, chapitre I, page 8 :

« La Nouvelle-Calédonie, c'était déjà le bout du monde, mais enfin les confortables DC-8 de l'UTA vous y emmenaient facilement d'Europe ou de Los-Angeles. »

Idem, chapitre III, page 21[20] :

« Vingt-huit heures de jet, même dans les DC-8 confortables de l'UTA, cela secouait un homme. »

De nos jours, une compagnie aérienne française fait voyager Malko.

Voir Malte et mourir, 1979, chapitre II, page 14 :

« Pour tromper son attente, Malko se plongea dans un dépliant posé sur la table. « Air France Vacances ». Cela lui donna brutalement envie de partir. De s’évader de ce petit bureau et de sa vie pleine de contraintes et de dangers. Il parcourut le document. Aux prix proposés par Air France, il pouvait même emmener Krisantem. 2 000 frs pour les Antilles, 990 frs pour Athènes, 1 100 frs pour Istanbul, tout cela au départ de Paris-Roissy. C’était un moyen élégant de remercier le Turc de ses bons et loyaux services, sans le forcer à prendre un charter à la fiabilité douteuse. Il acheva de lire le dépliant stupéfait. À son retour de Malte, il pourrait aller faire un saut à New York en repassant par Paris, pour 1 900 frs ! Moins de 400 dollars. C’était incroyable de pouvoir s’offrir de tels prix alors que tout augmentait partout. »

Le prince Malko Linge a pendant longtemps fait la promotion d'une marque de champagne. Aujourd'hui, il vante les mérites d'une société française qui vend des équipements aux professionnels de la sécurité.

Titres de la série[modifier | modifier le code]

Hors-série[modifier | modifier le code]

L'Œil de la veuve[modifier | modifier le code]

  • Novélisation d'après le scénario du film homonyme basé sur Vengeance romaine et La Veuve de l'Ayatollah.
  • Publication : Vaugirard, 1991
  • Résumé :

Adaptations au cinéma et en bandes dessinées[modifier | modifier le code]

La série a connu deux adaptations au cinéma :

Certains romans ont par ailleurs fait l'objet d'adaptations en bande dessinée :

  • d'abord par les éditions Arédit/Artima dans la série Flash espionnage :
    • Samba pour SAS – 1973[21],
    • SAS à Istanbul – 1976,
    • Opération apocalypse - 1977.
  • puis par les éditions Glénat[22] :
    • Pacte avec le diable (2006),
    • Le Sabre de Bin-Laden (2006),
    • Mission Cuba (2007),
    • Bin Laden, la traque (2007),
    • Polonium 210 (2008),
    • L’Espion du Vatican (2008).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. S.A.S., Air France, montres Breitling et Seiko, téléviseurs et magnétoscope Akai, champagne Taittinger, cognac Gaston de Lagrange, téléphones Thuraya, meubles Claude Dalle, parfums Jacques Bogart, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La ville de Liezen en Autriche centrale n'a rien à voir avec le château de Malko Linge, car d'une part le château n'est pas très loin de Vienne, et d'autre part initialement la propriété qui entoure le château est censée avoir été amputée après la Seconde Guerre mondiale et une partie est située derrière le rideau de fer.
  2. La mort de l'oligarque Boris Berezovski pourrait être un homicide - Lefigaro.fr - 28.3.2014
  3. À titre d'exemples : L'Homme de Kabul (SAS no 25), Mourir pour Zanzibar (SAS no 30), L'ordre règne à Santiago (SAS no 39), Duel à Barranquilla (SAS no 57), La Taupe de Langley (SAS no 90), KGB contre KGB (SAS no 105), Une lettre pour la Maison-Blanche (SAS no 126), Que la Bête meure (SAS no 162).
  4. À titre d'exemple : L'Inconnu de Leningrad (SAS no 96).
  5. À titre d'exemple : Opération Matador (SAS no 56 - viol par sodomie suivi d'un double assassinat).
  6. À titre d'exemples : Vengez le vol 800 (SAS no 125), La Piste du Kremlin (SAS no 137.
  7. À titre d'exemple : Opération Apocalypse (SAS no 3).
  8. À titre d'exemples : Le Programme 111 (SAS no 161), La Vengeance du Kremlin (SAS no 200).
  9. À titre d'exemple : SAS à Istanbul (SAS no 1).
  10. À titre d'exemples : Le Bal de la comtesse Adler (SAS no 21), La Taupe de Langley (SAS no 90), KGB contre KGB (SAS no 105), Une lettre pour la Maison-Blanche (SAS no 126).
  11. À titre d'exemples : Birgitta (L'Homme de Kabul - SAS no 25) ; Anjeli et Jane (Mourir pour Zanzibar - SAS no 30) ; Oliveira (L'ordre règne à Santiago - SAS no 39) ; Tina (Duel à Barranquilla - SAS no 57) ; Jessica (La Taupe de Langley - SAS no 90) ; Galina (KGB contre KGB - SAS no 105) ; Dorothy (Vengez le vol 800 - SAS no 125) ; Ruxandra (Une lettre pour la Maison-Blanche - SAS no 126).
  12. SAS Merci des renseignements, article dans Libération du 2 janvier 2007
  13. Adama Diarra, Gérard de Villiers à Bamako : SAS Malko Linge fait ses valises pour le Mali sur L'Essor du 24 mai 2012, consulté le 10 septembre 2012.
  14. http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2697p128-131.xml0/france-mali-racisme-bachar-al-assadlivre-gerard-de-villiers-on-m-a-accuse-de-racisme-mais-c-est-faux-j-aime-l-afrique.html
  15. « Gérard de Villiers the spy novelist who knows too much », The New York Times
  16. [1]
  17. [2]
  18. [3]
  19. Frédérique Maupu-Flament et Frédéric Vasseur, SAS vu par Thierry Vasseur - Éros et Thanatos, Éditions de La Martinière, 2005, (ISBN 2732432636)
  20. Idem, p. 36
  21. Détail de Flash Espionnage no 41
  22. « SAS », sur la Bédéthèque

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]